Dans la foulée de fermetures annoncée lundi par Lowe’s, deux magasins Rona de la région de Granby, dont celui de la rue Moeller à Granby, mettront la clé sous la porte d’ici le 1er février prochain.

Deux Rona fermeront dans la région de Granby

Dans la foulée des fermetures annoncées lundi par Lowe’s, deux points de vente Rona à Granby et Ange-Gardien mettront la clé sous la porte d’ici le 1er février prochain.

À Granby, c’est le magasin de la rue Moeller qui cessera ses activités. En février, le commerce était passé sous la bannière Rona, lui qui était auparavant affilié à la chaîne Marcil.

Les succursales de la rue Saint-Jude Nord et de la rue Denison sont pour l’instant épargnées. D’ailleurs, souligne Lowe’s, la plupart des commerces qui fermeront d’ici la fin de la présente année fiscale se situent dans un rayon de 10 miles (environ 16 kilomètres) d’un autre commerce de la chaîne. 

Selon nos informations, la quarantaine d’employés du magasin Rona de Granby auraient été informés dimanche soir.
À Ange-Gardien, la nouvelle aurait été communiquée au même moment ou tôt lundi matin, aux six travailleurs à temps plein et partiel.

La quincaillerie gardangeoise, fondée en 1948 par la famille Langevin qui en a longtemps été propriétaire, devrait fermer ses portes autour de la mi-­janvier, a-t-on appris d’une tierce source.

Tant à Granby qu’à Ange-­Gardien, les dirigeants de succursale ont redirigé La Voix de l’Est vers le siège social de Lowe’s pour toute demande d’information.

Le magasin RONA d'Ange-Gardien fait partie des neuf succursales qui fermeront leurs portes.

Performance insatisfaisante

L’entreprise américaine, qui avait avalé la chaîne québécoise de quincailleries en février 2016 pour la somme de 3,2 milliards de dollars américains, justifie la fermeture de 20 succursales américaines et 31 magasins au Canada, dont neuf au Québec, par leur performance jugée insatisfaisante. 

Lowe’s affirme ainsi vouloir se concentrer sur ses magasins les plus rentables. « Il s’agit d’une étape nécessaire dans notre réorganisation stratégique, alors que nous nous employons à solidifier l’entreprise », a déclaré le chef de la direction de Lowe’s, Marvin R. Ellison, dans un communiqué.

« Quand c’est devenu un Rona, les affaires ont commencé à baisser », réplique André Langevin, qui a possédé pendant quelques années, avec son frère, la quincaillerie fondée par leur père sur la rue Principale à Ange-Gardien.

« Dans notre temps, ça allait très bien. On avait des clients de Vancouver au Nouveau-Brunswick », raconte celui qui avait choisi de se spécialiser dans le plancher de bois franc, notamment.

Lorsqu’on lui a demandé si la disparition du commerce, qui a fait partie de sa vie et de l’histoire de sa famille, le touchait, M. Langevin s’est montré philosophe : « C’est malheureux, mais je suis passé à autre chose », a-t-il dit.

Employés sereins

Même si les décorations de Noël ont tout juste pris d’assaut les tablettes de leurs magasins, les employés des succursales touchées n’avaient pas le cœur à la fête.

En fait, ceux-ci semblaient tout de même sereins face à l’éventuelle fermeture de leur lieu de travail. Certains à qui La Voix de l’Est s’est adressée de façon informelle ont indiqué avoir entrepris une recherche d’emploi ; d’autres attendent de connaître la suite des choses.

La pénurie de main-d’œuvre dans le commerce du détail ne signifie pas que tous se retrouveront rapidement un emploi, nous a-t-on prévenus. « C’est facile à dire. Je travaillais chez Sears avant... », a affirmé une employée qui devra à nouveau se chercher du travail.

Le choc était moins dur à encaisser pour Robert Langlois, qui travaillait à la quincaillerie d’Ange-Gardien depuis 28 ans. « Moi, ça me dérange moins, je suis tout près de la retraite », explique-t-il.

Ce qui est dommage, renchérit le septuagénaire, c’est que les Gardangeois devront désormais se rendre ailleurs pour se procurer leurs fournitures de quincaillerie et les matériaux nécessaires à la réalisation de leurs projets. « Si tu veux bâtir une porcherie, ton bois, tu vas devoir payer 10 $ de gaz pour aller l’acheter à Granby ou à Farnham », illustre-t-il.

Un constat que dresse aussi le maire de la municipalité, Yvan Pinsonneault-. « On n’est pas surpris, car ce marché-là est bien compétitif, mais c’est dommage pour nous de perdre un service de proximité et des emplois », a-t-il affirmé lors d’un entretien téléphonique avec La Voix de l’Est.

« On a déjà eu deux quincailleries ; là, on n’en a plus, ajoute-t-il. On ne sait pas ce qui va advenir du terrain et de la bâtisse. J’ai espoir que quelqu’un va l’acheter pour relancer un commerce. »

Lowe’s n’a pas donné suite à la demande d’entrevue de La Voix de l’Est.