Le suspect a été arrêté peu avant 1h par la police de Québec, près de l’Espace 400e.
Le suspect a été arrêté peu avant 1h par la police de Québec, près de l’Espace 400e.

Deux morts et cinq blessés dans le Vieux-Québec: le suspect arrêté

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
Un homme dans la vingtaine a fait au moins deux morts et cinq blessés à l’arme blanche le soir de l’Halloween dans une véritable cavale meurtrière de près de trois heures, qui l’a mené du Château Frontenac au Vieux-Port.

Le suspect, né en 1996, a été intercepté par hasard vers 00h45 par les agents de sécurité du Port de Québec, près d’Espace 400e.

À ce moment, il était couché au sol, pieds nus et en hypothermie. Il s’est rendu aux policiers sans offrir de résistance, les mains dans les airs.

Lors de son arrestation, il avait une épée avec lui, a confirmé Étienne Doyon, porte-parole du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) lors d’un point de presse tenu dans la nuit. Selon des informations préliminaires obtenues par Le Soleil, il planifiait son geste depuis un an et demi.

Peu après son arrestation, l'homme a été formellement identifié par les policiers et transporté vers un centre hospitalier pour évaluer son état. 

En soirée, il aurait «égorgé» sa première victime dans le secteur du Château Frontenac avec son épée de 36 pouces de long. Peu après 22h, trois jeunes femmes ont trouvé la victime au sol. Son corps avait été «transpercé dans le centre dans le haut du corps», ont-elles dit au Soleil, il y avait «beaucoup de sang». Elles ont alerté les autorités et quitté rapidement les lieux.

Le suspect avait laissé son véhicule garé en face du château, moteur en marche. À son bord se trouvait l’étui de l’épée qui aurait servi à commettre les crimes. La police y aurait aussi trouvé des bidons d’essence.

Des témoins l’ont vu courir, arme à la main. Ils rapportaient aussi au 911 qu’il était déguisé «en médiéval». Les premiers appels ont été reçus à 22h28. Au moins deux témoins ont confirmé qu’il avait les cheveux «blonds châtains». Plus tard, on apprenait qu’une perruque était retrouvée près d’un pistolet sur la rue des Remparts. Lors de son arrestation, l’homme était vêtu de noir et portait un masque noir. Il était bel et bien habillé en personnage médiéval. 

Après avoir perpétré son premier meurtre, il a poursuivi sa route. Il a fait un blessé dans l’escalier casse-cou qui mène à la terrasse Dufferin et une autre victime près de la boutique de Noël, rue de Buade. Il s’est ensuite dirigé sur la rue des Remparts, où une seconde personne a été tuée de façon tout aussi brutale que la première.

Le suspect aurait «égorgé» sa première victime dans le secteur du Château Frontenac. 
Après avoir perpétré son premier meurtre, il a poursuivi sa route. Il a fait un blessé dans l’escalier casse-cou qui mène à la terrasse Dufferin.

Opération majeure

Des dizaines de policiers ont été dépêchés sur les lieux dès le premier signalement, ainsi que plusieurs ambulances. Le secteur a rapidement été bouclé. Il était impossible de passer les portes Saint-Louis ou Saint-Jean sans rencontrer des policiers armés.

Tout passant était sommé de rentrer chez lui. Des résidents ont entendu les policiers crier à plusieurs reprises, pour que les résidents demeurent à l’intérieur. 

Les journalistes sur place ont aussi reçu comme indication de demeurer à l’intérieur de leur véhicule. Chaque signalement rapporté concernant un individu suspect déclenchait un déploiement rapide pour valider l’information.

La police de Québec avait demandé à tous les citoyens de la ville de demeurer à l'intérieur, les portes verrouillées.

Même si la menace a été neutralisée, le SPVQ demandait aux citoyens de tous les secteurs de demeurer à l’intérieur (Vieux-Québec, Haute-Ville, colline parlementaire). Plusieurs scènes de crimes devaient être passées au peigne fin pendant la nuit.

Le porte-parole du SPVQ, Étienne Doyon, a confirmé que le suspect avait été formellement identifié quelques minutes après son arrestation. On incite la population à transmettre toutes les informations concernant les événements au 911.

Des dizaines de policiers ont été dépêchés sur les lieux dès le premier signalement, ainsi que plusieurs ambulances.

Atmosphère tendue

L’opération policière majeure a contrôlé le Vieux-Québec pendant plusieurs heures. Une inquiétude planait dans les différents secteurs touchés. Des résidents ont été reconduits dans leur résidence par les policiers, d’autres se sont vu refuser le passage.

À quelques endroits, on essayait de contacter les voisins qui devaient rentrer tard, pour éviter qu’ils se déplacent seuls dans les rues dangereuses.

Rappelons que c’était soir d’Halloween samedi. Ce jour-là, il n'est pas inhabituel de voir déambuler des personnes déguisées dans les rues, tard le soir. 

Au milieu de la nuit, le terrible événement survenu à Québec avait déjà fait des échos ailleurs dans le monde. On parlait du personnage médiéval dangereux dans les journaux britanniques The Guardian et The Daily Mail, notamment.  

L’opération policière majeure a contrôlé le Vieux-Québec pendant plusieurs heures. Une inquiétude planait dans les différents secteurs touchés.
Le suspect avait laissé son véhicule garé en face du château, moteur en marche. À son bord se trouvait l’étui de l’épée qui aurait servi à commettre les crimes. La police y aurait aussi trouvé des bidons d’essence.
Tout passant était sommé de rentrer chez lui. Des résidents ont entendu les policiers crier à plusieurs reprises, pour que les résidents demeurent à l’intérieur.