Les soldes du Vendredi fou et du Cyber lundi s'étirent de plus en plus et touchent maintenant tous les secteurs.

Des trucs pour tirer profit du Novembre fou!

Pour Noël, les économies appartiennent à ceux qui magasinent tôt! Vous n’avez pas la berlue : oui, les soldes du Vendredi fou et du Cyber lundi sont déjà bel et bien commencés. On peut même plutôt parler de Novembre fou! Si les produits électroniques et de beauté sont encore à l’honneur, la folie des aubaines d’avant-Noël gagne maintenant tous les secteurs, même les hôtels ou les restaurants. Voici quelques conseils pour en tirer profit au maximum.

«Pourquoi attendre? Obtenez jusqu’à 70 % de rabais» ou «Solde plus fou que le Vendredi fou» : les publicités pour des ventes «pré-Black Friday» pullulent cette année. Plutôt que de concentrer les rabais entre le vendredi 23 novembre et le lundi 26, plusieurs commerçants ont décidé de lancer la saison des soldes d’avant-Noël au début du mois.

«On est rendu à un Black November. Parce que le mois de novembre, c’est vraiment rendu le mois idéal pour faire les achats de cadeaux», remarque Geneviève Faucher, cofondatrice et présidente d’Amikash, un site de remises en argent (cashback). Ces sites augmentent quant à eux le pourcentage de remboursement pour l’événement (lire autre texte). «C’est AliExpress (une branche du géant chinois du commerce en ligne Alibaba) qui donne un peu le coup d’envoi avec son événement le 11 du 11.»

«Le jeu de n’importe quel détaillant c’est de vous vendre, lui, un produit que vous auriez acheté autrement ailleurs. Plus on extensionne en amont, plus on s’en va au début du mois de novembre, plus on a de chances de vous faire acheter chez nous et plus tôt», remarque Jacques Nantel, professeur émérite à HEC Montréal.

Il remarque toutefois que les soldes ne créent pas de nouveaux achats, mais bien un déplacement. Le commerçant mise par contre sur le fait que vous allez peut-être faire un autre achat à prix régulier pendant que vous êtes dans son magasin ou sur son site.

Selon un sondage réalisé auprès de 1022 consommateurs pour Ebates Canada, environ la moitié des Canadiens (50 %) comptent magasiner lors du Vendredi fou et 44 % lors du Cyber lundi. Ils pensent ainsi pouvoir rayer de leur liste le tiers des cadeaux de Noël. Les articles les plus populaires sont les appareils électroniques, les vêtements et les jouets. 

D’ailleurs, le coup de sonde note aussi que les Canadiens aiment magasiner tôt, l’expérience devenant de plus en plus désagréable au fur et à mesure que le 24 décembre approche! Ils trouvent d’ailleurs que la sélection se dégrade (87 %) et les aubaines (58 %) se font plus rares.

On achète quand?

Alors, on achète maintenant ou on attend le jour J? Risque-t-on de passer à côté d’une plus grosse aubaine? Il y a plusieurs rabais intéressants dès maintenant, croit Geneviève Faucher. Un des gros avantages d’acheter pendant la vraie fin de semaine est la livraison gratuite qu’offrent la majorité des commerçants, peu importe le montant de la transaction, remarque-t-elle.

«Ce qui va arriver des fois au Black Friday ou au Cyber lundi c’est qu’il va y avoir un nombre limité sur certains items», rappelle-t-elle. Par contre, si vous convoitez un item précis (marque ou modèle) et qu’il est actuellement en solde à 40 % ou 50 %, achetez-le, dit-elle! Rien ne dit qu’il sera encore en rabais le jour même.

Selon le professeur Nantel, en raison du commerce électronique, un événement circonscrit dans le temps comme le Vendredi fou est moins pertinent même si les aubaines sont intéressantes. «La concurrence est tellement large et tellement internationale que je vous ferais le pari que n’importe quel produit que vous voudriez, n’importe quel jour de l’année, il y a moyen d’avoir le meilleur deal en ville à quelque part.»

Pièges à éviter?

Quels sont les pièges à éviter? Acheter un produit dont vous n’avez pas besoin ou qui ne vous convient pas, juste parce qu’il est en solde. Vaut mieux donc faire une liste et un budget.

Par ailleurs, pour être certain de faire une vraie aubaine, il est important de savoir à quel prix se détaillait l’article avant qu’il ne tombe en solde. Une vérification sur des sites concurrents pourra vous donner l’heure juste.

«Il y a beaucoup de spectacle autour de ces promotions-là. Certaines sont très bonnes, d’autres le sont moins. Il faut faire nos devoirs», constate François Charron, l’expert en technologies derrière le site françoischarron.com.

Des applis pour aider

Des applications peuvent vous aider à chercher les aubaines et à comparer les prix entre différents commerçants. Flipp ou Reebee vous permettent de faire des recherches par mots-clés parmi les promotions affichées en circulaires.

En cherchant «téléviseur», les applications vous sortiront toutes les promotions. Vous pouvez aussi préciser une marque ou une caractéristique (4K, 50 po) pour affiner votre recherche. Flipp propose même un onglet Offres, qui vous donne les meilleures aubaines du jour. Il existe aussi sur le Web des comparateurs de prix, mais M. Charron estime qu’il n’en connaît pas de «bons».

Il faut aussi faire attention aux achats croisés, avertit M. Nantel, soit des produits complémentaires qui eux, ne sont pas en solde. Par exemple, si vous achetez une jupe en rabais, la ceinture assortie ne le sera pas. Il faut donc rester vigilants.

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LES REMISES EN ARGENT : ADDITIONNER LES RABAIS

Qui n’aime pas obtenir un rabais sur un article déjà en solde? C’est ce que proposent les plateformes de remises en argent comme Ebates ou la québécoise Amikash, qui gonflent d’ailleurs leur remboursement pour le Vendredi fou et le Cyber lundi.

 «Les clients gagneront encore plus d’argent sur leurs achats Black Friday et Cyber Monday via Ebates.ca», confirme la porte-parole, Chloé Chagnon. Ebates compte plus de 4 millions de membres au Québec, selon l’entreprise. Les hausses sont déjà commencées. Chez amikash.ca, on confirme aussi que plusieurs remises sont ou seront augmentées. La plateforme a un peu plus de 105 000 membres.

«Au Québec, c’est nouveau un peu [les sites de remises]. Nous autres ça fait quand même cinq ans qu’on roule et nos membres commencent à être beaucoup plus actifs. Aux États-Unis, c’est 60 % qui achètent via une plateforme de cashback et en Europe c’est 50 %», fait valoir Geneviève Faucher, cofondatrice et présidente d’Amikash.

Comment ça marche?

Comment ça marche? Au lieu de passer directement par le site du commerçant, vous transitez par le site de remises avant. Il agit donc comme intermédiaire. Prenons un exemple. Vous voulez acheter une montre intelligente sur Amazon. Vous allez sur le site ou l’application d’Amikash ou d’Ebates pour trouver le détaillant. En cliquant sur l’icône, vous serez redirigé sur le site d’Amazon. Vous faites donc vos emplettes de la même façon qu’à l’habitude. Au bout de la chaîne, le détaillant remercie Amikash ou Ebates de lui amener de la clientèle en lui versant une commission, que les sites de remises partagent avec le consommateur.

Le pourcentage donné peut varier selon le détaillant, mais aussi selon ce que vous achetez. Chez Amikash, vous devez avoir atteint un montant de 50 $ avant de réclamer votre argent. Ebates envoie quant à lui un chèque ou un paiement par PayPal à tous les trois mois, si vous avez accumulé au moins 5 $.

Vous n’avez alors qu’à voir quelle plateforme vous offre une meilleure remise pour l’achat que vous souhaitez faire.

Si vous avez un code promo, soyez vigilants. Ils peuvent souvent être jumelés à une remise, mais pas toujours.

amikash.ca

ebates.ca

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OFFENSIVE DE COMMERÇANTS D'ICI

Le commerce en ligne, et particulièrement les soldes du Vendredi fou, est une véritable «hémorragie» pour les commerçants québécois, estime François Charron, président de votresite.ca. Les chiffres sont inquiétants, dit-il :  «9,1 milliards $ sont dépensés par les Québécois par année en ligne, mais 3 $ sur 4 sortent de la province.» 

L’organisme à but non lucratif Branchons les PME, fondé par M. Charron, a donc mis sur pied une contre-attaque il y a trois ans. Novembre bleu encourage les détaillants québécois à avoir un site transactionnel, pour commencer, et à offrir des rabais importants tout le mois de novembre pour contrecarrer l’offensive des commerçants étrangers. 

On ne cogne toutefois pas seulement sur le clou de l’achat local: on fait surtout miroiter les économies. «Vous en voulez des rabais? Il y a une gang de Québécois qui se mettent ensemble et qui en font des rabais», résume M. Charron. 

Une cinquantaine de commerçants ont joint l’initiative ainsi que monpanier.ca, qui regroupe quelque 2050 détaillants du Québec et de l’Ontario francophone. Monpanier.ca est une initiative de l’entreprise de M. Charron, votresite.ca, et de Groupe Capitales Médias, qui détient aussi six journaux, dont Le Soleil.

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DEVENEZ UN PRO DU VENDREDI FOU

1- Faites-vous une liste des articles que vous voulez acheter et un budget.

2- Comparez les prix entre les différents magasins qui offrent les produits que vous cherchez. Des applications de circulaires comme Reebee et Flipp peuvent vous aider. Cherchez à connaître le vrai prix régulier.

3- Si les soldes sont de 40 à 50 % dès maintenant, il peut valoir la peine d’acheter tout de suite. Vous n’aurez peut-être pas un meilleur rabais la fin de semaine du Vendredi fou/Cyber lundi.

4- Regardez si le marchand avec lequel vous faites affaires a une entente avec un site de remises en argent comme Amikash ou Ebates. Si oui, optez pour le site qui vous fait une plus grande remise. Attention, si vous avez un code promo, ils sont souvent, mais pas toujours, applicables avec la remise.

5- Prenez en compte les frais de livraison. Ils sont souvent gratuits pendant la fin de semaine du Vendredi fou, mais pas toujours dans les rabais qui le précèdent.