Josée Morin et Sylvain Côté aimeraient que le ministère de l’Environnement apporte une modification au projet entériné par le BAPE.

Des « sacrifiés » veulent rencontrer le ministre de l’Environnement

Un propriétaire de terrains à Nantes en désaccord avec le rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) demande à rencontrer le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette. Son ministère est le dernier à pouvoir apporter une modification avant de remettre sa recommandation à propos de la voie de contournement de Lac-Mégantic au conseil des ministres.

Le citoyen Sylvain Côté et sa conjointe Josée Morin aimeraient qu’un tracé coûtant 5 M$ de plus, qui passe au nord plutôt qu’au sud de la route 161, soit évalué. Selon eux, les six propriétaires touchés à Nantes n’y verraient que des bienfaits. « On vient dire que le temps et l’argent viennent prendre force de tout », déplorent-ils.

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« On mérite notre rencontre avec Benoit Charette en tant que sacrifiés, pense Mme Morin. Pour le côté humain, on mériterait au moins de le rencontrer. Quand on nous dit que le facteur temps est rendu important, c’est parce que nous sommes six ans plus tard, que le projet n’est pas encore commencé et que des études ne sont pas encore faites. Juste la gare de triage dans le parc industriel, elle n’était pas prévue au projet. On a réussi à l’intégrer dedans. C’est beaucoup plus demandant que de changer de bord de route. »

« On demande une variante mineure, exprime Mme Morin. Avec toutes les expropriations de l’autre côté [de la route 161], ils passent à 300 pieds d’une érablière commerciale où des enfants jouent. Ils passent à côté d’un développement résidentiel et en coupent un autre qui ne pourra pas être fait. Ils bloquent complètement le développement, et ce, pour toujours. »

Le couple ne veut ni changer complètement le tracé ni bloquer le projet de la voie de contournement. « On demande qu’ils brisent le moins possible pour que ce soit plus accepté socialement. Si on regarde les milieux humides qu’ils détruisent, au fond, ça ne coûtera rien. »

« On va récupérer ces sommes en ayant moins d’indemnisations, poursuit M. Côté. On envoie encore la voie de contournement sur notre terrain, mais ce serait moins dérangeant. »


« Le gouvernement du Canada devra acquérir jusqu’à 82 terrains, »
Transports Canada

Selon eux, dans trois des six cas, ce sont les mêmes propriétaires qui détiennent les terrains des deux côtés de la route 161 et il serait préférable de construire le chemin de fer au nord de la route, puisqu’il n’y a pas de milieu humide.

Variante
Dans son rapport, le BAPE s’est penché sur la variante proposée par ces citoyens de Sainte-Cécile-de-Whitton. Celle-ci est appelée 2Ci. « À la suite d’une analyse qu’ils qualifient de sommaire puisque le tracé n’a pas fait l’objet d’une évaluation multicritères, Transports Canada et le MTQ ont invoqué plusieurs raisons pour justifier le rejet de la variante 2Ci », peut-on lire.

« Le risque associé au passage à niveau sur la route 161 (angle de croisement, vitesses, pentes, pourcentage de véhicules lourds), une pente de 1,2 % entre la route 161 et le parc industriel, l’enclavement des résidents du lac de l’Orignal, le drainage des fossés vers le lac de l’Orignal et la plus grande proximité du tracé avec les berges de ce lac, un empiétement additionnel sur les terres agricoles de 4,7 ha, des délais pour la réalisation du projet et des coûts additionnels liés à la nécessité de faire une mise à jour de l’avant-projet préliminaire », sont les raisons mentionnées dans le rapport.

« Bien que le tracé de la variante 2Ci n’a pas fait l’objet d’une évaluation multicritères, l’enjeu de la sécurité étant crucial pour la commission d’enquête, celle-ci est d’avis que ce tracé n’est pas optimal pour la voie ferrée de contournement », peut-on également lire.

Sur le site de Transports Canada, il est mentionné que « le gouvernement du Canada devra acquérir jusqu’à 82 terrains, principalement des parcelles de lots, appartenant à 44 propriétaires, à raison de six propriétaires à Nantes, 26 à Lac-Mégantic, et 12 à Frontenac ». Les autres propriétaires de terrains touchés par le projet seraient également invités à la rencontre avec le ministre Charette.