Le commandant de la 2e Escadre, le colonel Luc Girouard, a tenu à accueillir ses troupes en personne à leur descente de l’avion.
Le commandant de la 2e Escadre, le colonel Luc Girouard, a tenu à accueillir ses troupes en personne à leur descente de l’avion.

Des militaires de Bagotville reviennent de la Roumanie

Normand Boivin
Normand Boivin
Le Quotidien
Alors que les pilotes de CF-18 de l’Escadron 433 s’apprêtent à patrouiller le ciel de l’Europe de l’Est pour apaiser les tensions entre la Russie et l’Ukraine, une quarantaine de membres de la 2e Escadre était de retour à Bagotville, mercredi midi, après leur avoir préparé le terrain.

Ces militaires avaient pour mission d’aménager les infrastructures nécessaires à l’aéroport international Mihail-Kogalniceanu de Constanta, une ville balnéaire sur la mer Noire, en Roumanie.

« Même s’il s’agit de la cinquième mission de l’Aviation royale canadienne dans cette partie du monde depuis 2014, on doit refaire plusieurs travaux afin d’accueillir nos CF-18 et leurs pilotes », expliquait à la presse le commandant de la 2e Escadre, le colonel Luc Girouard, quelques instant avant que le Polaris de l’ARC (une version militaire de l’Airbus 310) se présente en finale de la piste 29.

« Quand on plie bagage et qu’on revient, il y a des choses qui demeurent, mais d’autres qui partent pour faire de la place aux autres. » Il fallait notamment construire des hangars démontables venus de Bagotville, afin de mettre les chasseurs à l’abri en cas de mauvais temps et offrir un espace de travail adéquat pour les techniciens d’entretien des aéronefs, et passer de nouvelles ententes avec des fournisseurs militaires internationaux.

COVID-19

Avant de partir à la fin du mois de juillet, les quelque 70 membres de l’escadre avaient dû se soumettre à une période d’isolement de 14 jours, puis passer un test pour la COVID-19. Même chose à leur retour puisque dès leur arrivée au Saguenay, après le passage des douanes, ils ont dû se diriger vers des quartiers d’isolement ou se confiner avec les membres de leur famille pour une autre quinzaine.

Il en fut ainsi pour les sept pilotes de chasse de l’Escadron 433 qui se sont envolés pour la Roumanie le 24 août après deux semaines de quarantaine. Et une fois là-bas, pas question de faire du tourisme pendant leur temps libre.

« Pour l’instant, le commandement a décidé que tout le monde est confiné sur la base. Seuls les responsables de l’approvisionnement et les responsables de la liaison avec les autorités locales peuvent aller en ville », poursuit le commandant Girouard.

Environ 155 militaires canadiens sont en mission actuellement sur cette base roumaine, dont une vingtaine de la 2e Escadre, lesquels voient au bon fonctionnement des infrastructures en place.

Police aérienne

Selon ce dernier, le retour de la majorité des membres de la 2e Escadre coïncide avec une étape importante de la mission canadienne de quatre mois qui doit se terminer le 31 décembre.

En effet, les pilotes de chasse de Bagotville ont terminé l’étape de l’évaluation opérationnelle exigée par l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) qui chapeaute la mission, et peuvent maintenant commencer la surveillance de l’espace aérien roumain.

Comme ils le font au Canada, à Cold Lake et Bagotville, ils seront en alerte 24 heures sur 24, sept jours par semaine, et participeront à des missions d’entraînement avec des partenaires de l’OTAN.

« Le Canada veut ainsi démontrer sa solidarité avec les autres membres de l’organisation et servir de force pour prévenir une agression d’un adversaire quelconque », a poursuivi le colonel.

L’Ukraine, un ancien territoire soviétique qui souhaite joindre l’OTAN, a un important contentieux avec la Russie et les avions du traité servent entre autres de force de dissuasion en patrouillant le pays voisin.

À l’automne 2019, les pilotes canadiens de Cold Lake avaient assuré la police aérienne en Roumanie, prenant la relève des Italiens qui avaient assumé la tâche au printemps et à l’été. Depuis le départ des Canadiens en janvier 2020, l’aviation roumaine avait assumé seule la mission de l’OTAN.

Le commandant de la 2e Escadre, le colonel Luc Girouard, était satisfait du travail de ses troupes en Roumanie.