Amy Boulay, Gabrielle Boutin, Laurence Martineau, Camille Josse, Myriam Gauthier et Marie-Caroline Savard, toutes deux du Quotidien, qui ont accompagné les étudiants cette session, ainsi que Marc-André Houde, tiennent fièrement la dernière édition de L’Oisif, le journal étudiant du Cégep de Chicoutimi. L’équipe est complétée par Simon Desbiens, qui est absent de la photo.

Des jeunes qui aiment le papier

CHRONIQUE / Ça m’a vraiment fait plaisir de rencontrer les étudiants qui viennent de redémarrer le journal étudiant du Cégep de Chicoutimi, L’Oisif. Ils ont témoigné du plaisir qu’ils avaient de tenir entre leurs mains un journal papier et de toucher l’objet de leur travail.

C’est un plaisir quotidien que vivent la plupart des journalistes, celui d’ouvrir le journal papier dans lequel ils ont écrit, de voir le résultat de leur travail. «Ouvrir un journal papier, c’est comme faire jouer un disque vinyle sur une table tournante», a comparé Gabrielle Boutin, qui a signé une chronique intitulée «Ouvrez vos yeux: le CH est malade».

Ça donne des airs de «vintage» au journal papier, mais de savoir que des jeunes étudiants du cégep ont souhaité aussi avoir une version papier, en plus de la version électronique, ça me réconcilie avec ces milléniaux que j’ai rencontrés, des jeunes allumés avec un sens critique aiguisé et une passion pour l’écriture.

Le Cégep de Chicoutimi n’avait plus de journal étudiant depuis 2009. «Ça coïncide avec l’arrivée des réseaux sociaux. Il n’y avait pas d’intérêt de la part des élèves, j’imagine qu’ils avaient trouvé une autre façon de communiquer via le Web et les pages Facebook», explique Éric Émond, directeur des affaires corporatives et des communications au Cégep de Chicoutimi.

Travail de terrain

C’est d’ailleurs Éric Émond, lui-même ancien journaliste, qui a lancé l’idée des professeurs en arts et lettres qui ont pris la balle au bond pour recruter à l’automne des jeunes possiblement intéressés par le projet. Les jeunes étaient libres de choisir leur sujet, mais il leur a demandé de rencontrer des gens, de parler à du monde et de réaliser des entrevues pour étayer leur sujet.

«J’ai bien aimé l’expérience terrain. Pour moi, c’était une expérience nouvelle, d’aller à la rencontre des gens, de leur poser des questions et d’écrire un texte avec les propos entendus. C’est un aspect du travail de journaliste que je ne connaissais pas», a témoigné Marc-André Houde, qui a réalisé une entrevue avec le comédien Rémy Girard dans le cadre du Festival REGARD.

Même s’ils ne veulent pas nécessairement faire carrière en journalisme, les six échotiers qui ont participé à la rédaction du dernier numéro sont des passionnés de mots et de la langue française.

«J’ai découvert le style d’écriture journalistique, un style très différent des autres formes de rédaction que je connaissais. J’étais habituée aux traditionnelles introductions, développement et une conclusion, alors qu’en journalisme on doit commencer notre article avec la conclusion et donner d’autres détails par la suite», a constaté Amy Boulay, qui s’est permis une analyse sur la conquête du cinéma par Walt Disney dans le dernier numéro de L’Oisif.

Amy Boulay, qui n’hésite pas à défendre sa génération, a d’ailleurs reçu une bourse de 300 $ remise par Le Quotidien et Le Progrès, pour son implication au sein du journal étudiant, lors du Gala Bourses au mérite 2019 du Cégep qui a eu lieu récemment.

Le local est universel

Laurence Martineau, qui signe une chronique tout comme Gabrielle Boutin, a décidé de réaliser une entrevue avec son père Michel Martineau, qui promène ses Jumpaï acrobatiques partout dans la province. Ça démontre qu’une information personnelle peut aussi à la fois être universelle. «Ça fait longtemps que je voulais m’impliquer dans un journal étudiant. J’en avais eu l’idée au Séminaire, mais j’étais trop gênée pour le suggérer», dit-elle. C’est quand même étonnant de constater que tous ces élèves se soient portés volontaires pour faire partie de l’équipe du journal étudiant, mais que personne n’ait osé ou penser le proposer à la direction du cégep. Il aura fallu que le directeur aux communications propose l’idée pour que ce projet voie le jour.

Chaque élève a choisi son sujet pour cette édition, mais Camille Josse, une Française d’origine qui fait ses études à Chicoutimi, avait vécu l’expérience de traiter d’un sujet qui ne lui disait rien au départ en écrivant un texte de sport, lors de la première édition.

Ce sont les collègues du Progrès Myriam Gauthier et Marie-Caroline Savard qui ont supervisé les jeunes journalistes dans la rédaction de cette deuxième édition du journal étudiant, une expérience qui démontre que les jeunes ont encore de l’intérêt pour les nouvelles sur papier, ce qui est une bonne nouvelle pour notre industrie.