Mario Pelchat vit des moments difficiles. Sa mère réside désormais dans un établissement de soins palliatifs de Dolbeau-Mistassini.

Des derniers moments précieux pour Mario Pelchat et sa mère

Mario Pelchat ne s’attendait pas à un tel raz-de-marée en écrivant sur les réseaux sociaux, samedi dernier, que sa mère venait de rejoindre ce qui s’apparente à sa dernière demeure, la Maison Colombe-Veilleux, un établissement de soins palliatifs de Dolbeau-Mistassini.

« Quand je suis sorti de la Maison Colombe-Veilleux, je venais d’entendre, pour l’une des rares fois de ma vie, de la bouche de ma mère : ‘‘Je t’aime.’’ Nous n’avons jamais manqué d’amour, mes parents nous le démontraient autrement, à travers plusieurs gestes. Ils font partie de cette génération qui ne disait pas ‘‘Je t’aime’’ à outrance. Et c’est tellement venu me chercher. Je suis arrivé au chalet, il était tard, mon épouse dormait et j’avais envie de parler à quelqu’un. J’ai écrit ce texte en croyant qu’il serait lu par quelques proches », a-t-il confié au Progrès, vendredi en fin de journée, alors qu’il roulait en direction de Dolbeau-Mistassini afin de retrouver sa mère Raymonde et le reste de sa famille.

L’artiste ne s’en cache pas, cette vague d’amour en provenance du public qui l’accompagne depuis des décennies l’a, à la fois, touché et bouleversé. Il en a retiré un grand bien.

Devant les milliers de commentaires qui se sont greffés au texte personnel partagé un millier de fois, le Dolmissois d’origine tient à préciser qu’il n’est pas différent des autres. Il souligne qu’il n’est pas le premier ni le dernier à vivre une telle épreuve. Quelques instants avant d’écrire ces lignes, Mario Pelchat venait de réellement prendre conscience « que sa mère pouvait disparaître ».

Le temps semble déjà avoir fait son oeuvre alors que Mario Pelchat affirme avoir cheminé depuis sa publication. « Cela me permet de l’accepter et de la laisser aller. Je peux juste accepter que c’est un passage obligé. Je commence à le comprendre », a-t-il mentionné.

Malgré la douleur rattachée à cette étape de la vie, il est conscient du privilège que représente le temps passé auprès de sa mère et le fait de pouvoir l’accompagner alors qu’elle traverse ce dernier bout de chemin.

Entre-temps, le fils se réjouit de l’amour et des nombreuses amitiés qui entourent sa chère mère, pour qui il n’a que de bons mots.

Un spectacle pour elle

L’ironie est parfois triste. Alors qu’il désirait plus que tout être au chevet de sa mère, il devait présenter, jeudi soir, un spectacle au profit de la Fondation de la Maison Albatros, qui offre des soins palliatifs aux personnes en fin de vie, à Trois-Rivières.

Présente à ses côtés depuis les toutes premières notes qu’il a chantées, c’est elle qu’il l’a convaincu de ne pas renoncer à cet engagement.

« Ma mère m’a dit : ‘‘Vas-y. Tu vas le faire et tu vas être bon. Je te connais.’’ », a-t-il évoqué.

La femme aux grandes qualités de musicienne a toujours été de bons conseils pour celui qui a amorcé sa carrière en duo avec sa soeur, Johanne Pelchat, décédée d’un cancer en 1979.

Mario Pelchat s’est remémoré les nombreuses heures passées au piano avec sa mère ainsi que les répétitions de gestuelle, de pose de voix et de diction. Selon ses dires, celle qui a été sa première gérante lui a tout montré.

Encore une fois, sa mère aura eu raison. Aussi difficile qu’il puisse avoir été à traverser, le spectacle a été synonyme de regain d’énergie pour Mario Pelchat. La soirée-bénéfice a eu l’effet d’un exutoire pour celui qui traverse ce moment difficile et personnel dans l’oeil du public.

L’artiste a pu compter sur le soutien du public, de collègues du milieu ainsi que de son équipe de musiciens et de production, qui, au fil des années, ont appris à connaître ses parents.

N’ayant dormi que quelques heures, Mario Pelchat « se mettait beau », vendredi, avant d’aller retrouver sa mère. « Jusqu’à la toute fin, elle garde sa force, son humour et nous raconte encore des histoires », a-t-il conclu.

Maison Colombe-Veilleux

La maison de soins palliatifs de Dolbeau-Mistassini est chère aux yeux de Mario Pelchat. Le nom de jeune fille de celle qui est à l’origine du premier établissement du genre au Saguenay–Lac-Saint-Jean était Pelchat. C’est que Colombe Veilleux s’avère être une cousine du père du chanteur.

« Ils y reçoivent des soins extraordinaires. Ma mère dit être traitée par des anges. Nous sommes considérés et bien traités », a confié celui qui a vu plusieurs membres de sa famille y vivre leurs derniers jours.

Mario Pelchat a rappelé que la famille est impliquée, de loin ou de près, à la maison de soins palliatifs, notamment dans le cadre de l’omnium de golf qui est organisé, depuis 20 ans, au profit de la Fondation de la Maison Colombe-Veilleux.