Des «clients agressifs» l’auront poussé à fermer la succursale Tecnic du secteur Sainte-Foy, le 27 juillet dernier.
Des «clients agressifs» l’auront poussé à fermer la succursale Tecnic du secteur Sainte-Foy, le 27 juillet dernier.

Des «clients agressifs» forcent une école de conduite de Sainte-Foy à fermer

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Le Soleil
Il n’y a pas que dans la restauration que les comportements de clients récalcitrants exaspèrent les propriétaires de commerces. D’autres secteurs du service à la clientèle en sont eux aussi à repenser leurs activités pour protéger leurs employés. C’est le cas de Stéphan Santerre, copropriétaire d’une dizaine d’écoles de conduite Tecnic dans la grande région de Québec.  

Avec l’annonce samedi de la microbrasserie L’Esprit de Clocher de fermer indéfiniment ses portes à cause de certains clients «qui ne veulent pas suivre les consignes», M. Santerre tenait également à témoigner au Soleil de ce qu’il observe entre les murs de ses succursales.  

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Des «clients agressifs» l’auront poussé à fermer celle du secteur Sainte-Foy, le 27 juillet dernier. «Ma fille travaille là et elle est revenue en pleurs à la maison un soir. Les parents des jeunes [qui suivent les cours] se choquent et les moniteurs doivent s’interposer», mentionne avec regret le copropriétaire de l’école de conduite Tecnic. 

Heureusement, la fermeture de la succursale de Sainte-Foy ne l’empêche pas d’être opérationnelle, puisque les lignes téléphoniques fonctionnent aussi à distance. Tout de même, il n’exclut pas la possibilité de procéder à la fermeture d’autres succursales «pour assurer un environnement sécuritaire aux employés.» 

«La violence des clients et l’hostilité frappe de plein fouet nos employés. Nous recevons des menaces physiques et verbales tous les jours», nous écrivait par courriel la consultante du propriétaire, dimanche.   

Mécontents des retards… et des masques  

Il faut dire que les écoles de conduite sont demeurées fermées pendant trois mois, au plus fort de la crise sanitaire.  

«On manque de disponibilités et les gens sont frustrés. Ils ne se souviennent pas qu’on a été fermé longtemps», déplore M. Santerre.  

Résultat, les retards se sont accumulés et on tente au maximum de ne pas reporter les rendez-vous pratiques pour ne pas ralentir davantage les jeunes dans le processus d’obtenir leur permis de conduire.  


« La violence des clients et l’hostilité frappe de plein fouet nos employés. Nous recevons des menaces physiques et verbales tous les jours »
Consultante de Stéphan Santerre

Si un jeune se présente sans masque on lui en vend un à trois dollars, plutôt que de reprendre le cours. Les mesures mises en place concernant le port du masque causent donc elles aussi des conflits. Des parents ont déjà refusé de payer pour un masque, raconte le copropriétaire de plusieurs écoles Tecnic.   

«Problème de société» 

Stéphan Santerre réévalue la situation ce lundi, à savoir ce qu’il compte faire pour la suite des choses. Installer des caméras dans tous les locaux? Faire une enquête interne approfondie? L’avenir nous le dira, mais une chose est certaine; Stéphane Santerre entend bien éviter à tout prix à ses employés de vivre des situations désagréables avec des clients.  

«La fermeture, c’est malheureux parce que les bons clients subissent les effets des mauvais clients», illustre-t-il. On ne veut pas tous les brimer, mais on n’accepte plus des comportements comme ça.»  

«C’est un problème de société. Partout, les employés donnent le meilleur d’eux-mêmes, ils ne méritent pas ça. Ce sont des mesures temporaires, soyons donc respectueux les uns envers les autres.»