Tyna Bernier remettra des « boîtes douceurs » pour réconforter l’âme et le cœur des jeunes adultes de 18 à 35 ans touchés par le cancer.

Des «boîtes douceurs» afin d'aider les malades du cancer

Tyna Bernier est une guerrière. La jeune femme de 32 ans combat le cancer du sein depuis un an. À travers son rôle de porte-parole provincial pour la Fondation Néz pour vivre, elle souhaite transmettre un message d’espoir. Elle remettra d’ailleurs des « boîtes douceurs » pour réconforter l’âme et le cœur des jeunes adultes de 18 à 35 ans touchés par la maladie.

« Je veux offrir aux jeunes adultes une figure de référence, positive, ambitieuse et résiliente », dit-elle à propos de son rôle auprès de la fondation.

L’année dernière, au mois de février, Tyna se rendait à l’hôpital pour se faire extraire un kyste banal. « Mais je me suis retrouvée avec 16 biopsies », dit-elle.

Puis, le diagnostic tombe : trois cancers ont attaqué un sein. Elle doit alors subir une mastectomie bilatérale complète.

« D’apprendre à mes enfants que j’avais le cancer a été la pire épreuve de toute ma vie », avoue la Roxtonaise.

Trois mois plus tard, elle se soumet alors à des traitements de chimiothérapie pour une durée de six mois. S’en suivront des traitements de radiothérapie pour six semaines.

« C’était très difficile. La fatigue s’installe, on perd nos cheveux, nos cils et nos sourcils. On perd nos repères », témoigne celle qui travaille comme intervenante sociale dans le réseau de la santé.

Normaliser le cancer

Cette épreuve n’a pas abattu Tyna. Loin de là.

« J’ai deux petits gars qui comptent sur moi pour que la routine se maintienne. La guérison n’était pas une option, lance-t-elle. Mes enfants ont besoin d’une maman forte, présente, courageuse. »

La mère de Trystan et Raphaël continuait d’accompagner ses enfants au motocross et au soccer, malgré la fatigue, la douleur et les traitements féroces.

« Déjà qu’ils n’ont pas de mots pour s’exprimer, je me suis sentie coupable longtemps de leur imposer ça, mais je ne peux rien y changer », poursuit-elle.

Le fait que Tyna demeure la même maman aussi impliquée a eu un impact direct sur ses enfants.

« Je pense que c’est pour ça qu’ils ont été capables de le vivre et d’être résilients. Il s’agit de normaliser une situation temporaire », explique-t-elle.

Extérioriser

L’écriture et la musique faisant partie intégrante de sa vie, Tyna a décidé l’an dernier de participer à un concours d’écriture qui consistait à expliquer pourquoi elle était une fan de U2. Son texte a retenu l’attention de la fondation et elle a eu la chance de rencontrer Bono en personne. Un homme d’une simplicité désarmante, paraît-il.

« C’est avec ce concours que j’ai connu la Fondation Néz pour vivre », se souvient-elle.

L’écriture a accompagné Tyna tout au long de sa guérison. « Ça m’a permis d’évoluer et de mettre des mots sur mes maux. »

La fondatrice de Néz pour vivre, Francine Laplante, et Tyna ont eu un véritable coup de cœur l’une pour l’autre lorsqu’elles se sont rencontrées pour la première fois. De leurs échanges est née la « boîte des douceurs ».

Ces cadeaux contiennent une panoplie d’objets utiles aux personnes atteintes du cancer qui doivent composer avec les effets des traitements : baume à lèvres, taie d’oreiller, bas, shampoing, livres, huiles essentielles composent le contenu de cette boîte pleine d’attentions. Même des roches sur lesquelles des mots d’encouragement sont inscrits ont été confectionnées.

Ces « boîtes des douceurs » seront remises gratuitement aux personnes malades bénéficiaires des services de la fondation, dont la mission est de venir en aide aux personnes atteintes du cancer et âgées de 18 à 35 ans.

Tous les articles ont été fournis par une cinquantaine d’entreprises sensibles à cette maladie. Les paquets de douceurs qui seront distribués dans les prochains mois seront également personnalisés selon le sexe et les goûts de la personne.

Tyna mentionne au passage qu’elle est toujours à la recherche de donateurs. Elle souhaiterait avoir, entre autres, des ustensiles en bambou ou encore des chargeurs portatifs.

La jeune femme a pris le temps de rencontrer chaque donateur, car selon elle, « c’est la force du nombre qui fait une différence ».

Visiblement, son nouveau rôle de porte-parole qu’elle honore depuis près de trois mois avec la Fondation Néz pour vivre la motive énormément. Plusieurs projets sont dans les cartons, dont une bande dessinée mettant son histoire en vedette.

Résilience

Depuis qu’elle a reçu le diagnostic, 15 mois se sont écoulés. Tyna l’assure : elle va bien.

Même si son combat contre le cancer n’est pas terminé, elle ne baisse pas les bras.

« Je n’ai jamais dit que j’étais pour abandonner. Jamais », indique-t-elle.

Puisque le cancer est trop vorace et le risque de récidive élevé, Tyna poursuit la chimiothérapie en comprimés pour les deux prochaines années.

« J’ai 18 pilules à prendre. Au moins ce n’est pas 20, ça pourrait être pire », termine-t-elle, optimiste pour l’avenir.