Les Forces armées canadiennes ont été déployées à Quyon, mercredi, et une équipe du Droit est montée à bord d’un des blindés.

Des blindés au village de Quyon [VIDÉO]

QUYON – Une patrouille en véhicule blindé léger (VBL 6) des Forces armées canadiennes attire les regards dans les petites rues de Quyon. Des militaires sont déployés afin de soutenir les autorités civiles dans leur lutte contre la crue des eaux, qui a bien failli faire céder une importante digue en début de semaine.

Le Droit a pu monter, mercredi, à bord d’un VBL 6 en compagnie du sous-lieutenant Jacob Peel, qui dirige le 5e peloton de la compagnie B du 3e Bataillon du Royal 22e Régiment.

En se promenant dans le petit village de la municipalité de Pontiac, un passage dans la zone touchée par la crue de la rivière des Outaouais est inévitable. Le VBL 6 ne peut toutefois pas s’aventurer trop loin sur les artères inondées, où la solidité de la chaussée n’est pas assurée.

L’immense véhicule doit s’immobiliser en arrivant près du chemin Ferry, où deux digues tentent de retenir l’eau qui menace le village. La première digue a menacé de céder en début de semaine, ce qui a forcé toutes les ressources à en ériger une seconde dans l’urgence.

L’équipe du sous-lieutenant Peel accumule les heures de travail depuis près de trois semaines. En partant de Valcartier, ils sont arrêtés à la base de Longue-Pointe, à Montréal, avant d’aller prêter main-forte à Bécancour et à Rigaud. Ils ont ensuite pris la direction de l’Outaouais, où ils ont notamment travaillé sur l’autoroute 50 « jusqu’à 2 h du matin » et à Val-des-Monts, avant d’arriver à Pontiac mardi.

« Mon peloton est très motivé », assure le sous-lieutenant Peel, en reconnaissant que le rythme pour le remplissage de sacs de sable n’est pas toujours aussi soutenu que lors des premières journées du déploiement.

Pendant que le grésil commençait à pincer les visages, bénévoles et militaires profitaient de la pizza gracieusement offerte par un restaurateur du coin.

À Quyon, les élèves en congé forcé à cause de la crue sont visiblement impressionnés par les véhicules militaires qui sillonnent les rues encore carrossables. Les citoyens se mêlent aux soldats près des tas de sable où les pelles s’activent à longueur de journée.

Pendant que le grésil commençait à pincer les visages, bénévoles et militaires profitaient de la pizza gracieusement offerte par un restaurateur du coin.

Le peloton du sous-lieutenant Peel se concentrait surtout sur les sacs de sable et la consolidation des digues. Le travail des soldats est jugé « extraordinaire » par la mairesse de Pontiac, Joanne Labadie, qui apprécie tant leur travail physique que leur expertise en ingénierie pour protéger les infrastructures municipales. « Si on perd nos systèmes d’eau et d’égouts, on va être obligés d’évacuer tout le village », a-t-elle rappelé.

Le directeur du service d’incendie de Pontiac, Richard Groulx, se montrait résigné devant la force de l’eau, qui s’étend sur « 47 kilomètres de plage » dans la municipalité de moins de 6000 âmes. « Mère Nature a son agenda je crois, a-t-il lancé. On est obligés de se plier à ça. »

À l’instar d’autres municipalités rurales, Pontiac doit composer avec des ressources humaines, matérielles et financières limitées. « C’est terrible, si on se compare à Gatineau », estime M. Groulx, qui espère que le gouvernement du Québec soutiendra les petites municipalités touchées pour éponger les « coûts astronomiques » de la crue.

Mais au-delà des considérations de la sorte, le directeur du service d’incendie s’inquiète aussi pour la phase de rétablissement.

« Ça va être incroyable, appréhende M. Groulx. […] Quand l’eau est autour, ça fait de belles photos pour les journaux et la télévision, mais le pire reste à venir. Le pire, c’est le rétablissement, quand les gens retournent chez eux et voient le travail qu’il y a à faire, le nettoyage et les sacs remplis d’eau contaminée qu’il faut enlever. »

Sur les quelque 1960 résidences qui étaient inondées mercredi en Outaouais, la municipalité de Pontiac en comptait 224, ce qui a mené à l’évacuation de 285 personnes.