Des armes nazis dans les mains de gangs de rue québécois

Les membres des gangs de rue à Montréal peuvent s’entretuer avec des pistolets ayant appartenu à des officiers nazis du IIIe Reich. Car une arme à feu a une durée de vie presque sans fin.

Le sergent-détective Eric Mc Kay est le responsable au Québec de l’équipe nationale de la GRC en soutien à l’application de la Loi sur les armes à feu.

Lorsqu’il a commencé sa carrière comme policier à Montréal, il a patrouillé les quartiers chauds et eu l’occasion de saisir de multiples armes prohibées, souvent très vieilles. «On saisit encore des armes à feu fabriquées durant la Deuxième Guerre mondiale, avec les marquages nazis, entre les mains des gangs de rue», témoigne le sergent-détective Mc Kay devant le juge Morand. Il n’est pas rare que les policiers retrouvent sur des scènes de crime les petits fusils mitrailleurs fabriqués par l’armurier des Hells Angels, Charles-Michel Vézina, pour la guerre des motards dans les années 1990.

La Loi sur les armes à feu au Canada remonte à 1995, six ans après le massacre de l’école Polytechnique. Cet horrible jour de décembre 1989, le tireur, muni d’une carabine semi-automatique, avait la capacité de tirer 65 coups en rechargeant seulement deux fois. Il a tué 14 jeunes femmes.

Désormais, la Loi permet des chargeurs pour les armes longues avec une capacité maximale de cinq coups. Pour les armes de poing, la capacité permise est de 10 coups.

Les chargeurs de grande capacité n’ont qu’un but : permettre aux criminels de mener leurs attaques, fait valoir le policier Mc Kay. Pour le tir à la cible ou la chasse, ils sont inutiles.

Lors du projet Flingue en 2010-2011, les policiers ont saisi chez des membres du crime organisé des centaines de chargeurs ayant une capacité jusqu’à 100 munitions.

La fabrication illégale d’armes, rendue beaucoup plus facile grâce à Internet, multiplie les ghost-gun. Ces armes à feu sont fabriquées dans des entreprises d’usinage avec du matériel de haute technologie, mais sans marquage ni numéro de série. Elles sont donc intraçables. «Elles ont une grande valeur pour le crime organisé, a témoigné le sergent-détective Mc Kay. Le tueur laisse son arme sur place et on n’aura aucune piste valable.» 

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