«Oui, il y a un décrochage scolaire, mais il y a aussi un décrochage parental. Il y a un décrochage de l’école, il n’y a même pas assez de valorisation. Il faut se regarder dans les yeux pour les bonnes raisons comme société», a soutenu le ministre de l'Éducation mercredi.

Décrochage scolaire: les libéraux refusent de prendre le blâme

Les libéraux refusent de prendre le blâme du faible taux de diplomation au Québec. Le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx estime que les parents doivent, entre autres, se regarder dans le miroir.

«Oui, il y a un décrochage scolaire, mais il y a aussi un décrochage parental. Il y a un décrochage de l’école, il n’y a même pas assez de valorisation. Il faut se regarder dans les yeux pour les bonnes raisons comme société», a-t-il soutenu en point de presse mercredi.

Le ministre faisait le parallèle avec les communautés anglophones québécoises, dont les enfants réussissent mieux à l’école que les francophones. «Des communautés parfois bien plus mobilisées que les nôtres», évoque-t-il. 

M. Proulx assure qu’il ne cherche pas à faire porter la faute sur un groupe en particulier. «L’ensemble de la société doit se demander : est-ce que j’en fais suffisamment pour l’éducation?»

M. Proulx réagissait à l’étude «Décrochage scolaire au Québec : 10 ans de surplace, malgré les efforts de financement», publiée par l’Institut du Québec. Cette étude démontre qu’entre 2004 et 2014, l’écart s’est creusé entre le Québec et les autres provinces, le Québec se situant en queue de peloton avec 64 % de diplomation en 2015. Cet écart est encore plus significatif chez les garçons, car seulement 57 % réussissent à obtenir leur diplôme d’études secondaires en cinq ans. Et cela, même si le Québec fait un effort financier similaire aux autres provinces en éducation. 

Tout en reconnaissant qu’au Québec, «on a encore du chemin et du travail à faire», le ministre Proulx a soutenu que les comparaisons entre le Québec et l’Ontario doivent être prises avec un grain de sel. Parce que dans la province voisine, la note de passage est de 50 % au lieu de 60 %, et que des aménagements sont possibles quant aux matières sanctionnées qui mènent au diplôme. 

L’Institut du Québec recommande de créer un Institut d’excellence en éducation, afin que les décisions pédagogiques prises dans les écoles se basent sur des résultats de recherches et de bonnes pratiques. Le ministre Proulx a dit être en train de rédiger un projet de loi pour permettre la création de cet Institut. Il espère pouvoir déposer ce projet de loi d’ici la fin de la session parlementaire, en juin. 

Jouer au yo-yo

De leur côté, les partis d’opposition ne se sont pas gênés pour mettre le bonnet d’âne sur la tête du gouvernement libéral. Le Parti québécois a accusé les libéraux d’avoir coupé des services en éducation, avant d’en redonner. «C’est jouer au yo-yo avec l’éducation», a lancé le chef Jean-François Lisée. 

Le député Alexandre Cloutier a d’ailleurs déposé un projet de loi qui crée «un bouclier de protection budgétaire des services à l’éducation, à l’enfance et à la protection de la jeunesse». Ce projet de loi prévoit que les coûts de base du système d’éducation soient dorénavant protégés de toute compression budgétaire.

«C’est un retard inexcusable de diplomation», s’est insurgé Jean-François Roberge, député de la Coalition avenir Québec. Selon lui, le Québec doit oser revoir le système d’éducation et les façons de faire. Notamment en donnant la chance à tous les petits Québécois de fréquenter la maternelle quatre ans, alors que seulement 5 % des enfants y ont accès aujourd’hui. 

Pour Gabriel Nadeau-Dubois, de Québec solidaire, les écoles du Québec sont en crise, et le ministre Proulx doit réagir. «L’attitude du ministre, ça s’appelle du jovialisme. On fait comme s’il n’y avait pas de problème.»