Le recteur de l'Université d'Ottawa, Jacques Frémont.
Le recteur de l'Université d'Ottawa, Jacques Frémont.

Décès à l'Université d'Ottawa: «Parlez-leur, je vous en supplie», dit le recteur

Après le décès d’un autre membre de la communauté universitaire, le recteur de l’Université d’Ottawa (U d’O), Jacques Frémont, implore les étudiants de consulter les services disponibles sur le campus s’ils vivent du stress, de l’anxiété ou s’ils croient souffrir d’une dépression.

«Ces services sont là pour vous. Les conseillers de la clinique sans rendez-vous située au deuxième étage du 100 Marie-Curie vous verront sans délai pendant les heures d’ouverture, lance M. Frémont. Ils ont votre bien-être à cœur. Parlez-leur, je vous en supplie.»

Jacques Frémont a également profité de sa conférence de presse pour dévoiler que l’homme porté disparu à Gatineau depuis jeudi dernier, Jonathan Blanchette, est un étudiant de l’U d’O. «Nous espérons le revoir bientôt, sain et sauf. Je pense aujourd’hui à la famille, aux amis, et à tous ceux et celles qui seront touchés par cette triste nouvelle.»

Durant une conférence de presse mardi après-midi, le recteur de l’U d’O a également invité les étudiants à «ne pas croire tout ce qui est écrit sur les médias sociaux». Il insiste pour dire que la clinique de counselling sans rendez-vous livre la marchandise depuis l’embauche de six nouveaux conseillers en santé mentale l’année dernière.

«Si vous vous présentez dès maintenant, depuis que nous avons ajouté un nombre substantiel d’employés, personne n’a été refusé. Tout le monde est reçu et reçoit un rendez-vous le jour même durant les heures de bureau», affirme M. Frémont.

Le recteur reconnaît toutefois que l’Université a encore beaucoup de chemin à faire. Il rappelle que l’U d’O a récemment créé un comité consultatif sur la santé mentale afin d’entendre les doléances et les suggestions de la communauté universitaire afin d’améliorer les services de santé mentale sur le campus.

Il insiste toutefois pour dire que la situation à l’U d’O n’est pas unique dans les universités canadiennes et que plusieurs intervenants, incluant les différents paliers de gouvernement, doivent mettre la main à la pâte pour s’attaquer à cet enjeu.

«S’il y avait une solution simple au problème, ça ferait longtemps qu’on l’aurait trouvée et qu’on aurait avancé. C’est un problème éminemment complexe, on n’en comprend même pas les causes, soutient Jacques Frémont. Est-ce que les universités sont plus touchées que la société en général? Je ne peux pas vous dire, mais ce qui est clair, c’est qu’on a un problème réel à l’Université d’Ottawa comme dans toutes les universités au Canada.»

Une étudiante critique le recteur

Une étudiante au département de français, Camelia Skaf, écoutait attentivement la conférence de presse du recteur, mardi après-midi. Elle se dit déçue de sa réaction à la mort d’un autre étudiant.

«J’ai ri quand il a dit que ce n’est pas vrai ce qui est écrit sur les médias sociaux», dit Mme Skaf qui ajoute que ces propos dénigrent «l’expérience réelle» de certains étudiants sur le campus.

L’étudiante croit que le corps professoral doit être intégré aux efforts pour réduire les enjeux de santé mentale sur le campus. Avec les exigences élevées de plusieurs cours, ainsi que le coût des études et du logement, elle estime qu’il est normal que de nombreux étudiants ressentent les effets du stress.

«Tout notre temps est consacré à l’école et au travail. Il n’y a pratiquement pas de temps pour des besoins de base, comme dormir et manger. Encore moins pour avoir du fun», lance Camelia Skaf.

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Du côté d’Ottawa, vous pouvez aussi appeler la ligne de crise en santé mentale d’Ottawa en composant le 613-722-6914.