Baptiste Teufel a prêté serment au pape en lui jurant fidélité sur le drapeau de la Garde suisse, en habit d’apparat et portant l’armure, et en levant trois doigts vers le ciel, en référence à la Trinité chrétienne.

De Saint-Fulgence à la cour du pape

La garde rapprochée du pape François compte maintenant dans ses rangs un fils du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Baptiste Teufel, l’un des cinq enfants des anciens propriétaires de L’Auberge La Tourelle et dont la grand-mère paternelle est originaire de Saint-Fulgence, a été assermenté comme hallebardier de la Garde suisse pontificale, le 6 mai dernier.

Baptiste, maintenant âgé de 22 ans, a fait ses trois premières années de secondaire à Charles-Gravel, à Chicoutimi-Nord. À 15 ans, il est retourné en Suisse avec sa famille, d’où il est originaire, au moment où ses parents ont décidé de se départir de leur auberge de Saint-Fulgence. Depuis, il a notamment fait l’école des recrues pour l’armée.

Maximilien Teufel et Anne Farine entourent Baptiste le jour de son assermentation. Il est aussi accompagné de ses frères Thomas, Lucas, Joshua, et de sa soeur Marie.

Sur le coup, Maximilien Teufel et Anne Farine avouent avoir été quelque peu surpris par la décision de Baptiste, quoiqu’ils s’en attendaient, mais aujourd’hui, ils estiment qu’il est à sa place. Ils ont assisté à son assermentation en compagnie de leurs enfants en mai dernier. Un parcours un 1000 kilomètres, entre Fribourg et Rome.

« Nous avons pu rencontrer le pape François et nous lui avons serré la main. Il nous a dit ‘‘priez pour moi’’ », ont mentionné les parents au Quotidien alors qu’ils se trouvaient en vacances à leur maison de Saint-Fulgence pour quelques semaines.

Depuis 1506, les gardes sont appelés à protéger le pape et sa résidence. Au total, cette année, ce sont 23 nouveaux gardes suisses, affectés à la protection du Saint-Père, qui ont été assermentés dans la cour interne du Palais Apostolique. La date du 6 mai a été choisie en l’honneur des 147 gardes suisses qui ont sauvé le pape Clément VII au détriment de leur propre vie lors du Sac de Rome, en 1527.

Baptiste Teufel a donc prêté serment au pape en lui jurant fidélité sur le drapeau de la Garde suisse, en habit d’apparat et portant l’armure, et en levant trois doigts vers le ciel, en référence à la Trinité chrétienne.

« Baptiste vit donc au Vatican, dans la caserne suisse avec les autres gardes. Il doit faire des tournées et il est parfois plusieurs heures sans bouger. Il a un peu un rôle de policier, de douanier. Il doit garder les frontières, surveiller les entrées et les sorties du Vatican », ont expliqué M. Teufel et Mme Farine, visiblement bien fiers de leur fils, et mentionnant au passage qu’il y a de moins en moins de candidats pour occuper ce poste.

Ce travail n’empêche cependant pas les gardes de se marier et d’avoir une famille. Ils doivent d’abord compléter un premier contrat de 26 mois, pendant lequel ils sont deux par chambre. Ensuite, ils peuvent demander une chambre individuelle.

Les membres de la Garde suisse pontificale sont aussi appelés à assurer la protection du pape à l’extérieur des frontières, mais Baptiste n’a pas encore été affecté à cette tâche. Cependant, il le côtoie à l’occasion, notamment lorsqu’il doit monter la garde devant sa porte, la nuit venue.

Au total, cette année, ce sont 23 nouveaux gardes suisses, affectés à la protection du Saint-Père, qui ont été assermentés dans la cour interne du Palais Apostolique. La date du 6 mai a été choisie en l’honneur des 147 gardes suisses qui ont sauvé le pape Clément VII au détriment de leur propre vie lors du Sac de Rome, en 1527.

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LES TEUFEL TOUJOURS ATTACHÉS AU SAGUENAY

Maximilien Teufel et Anne Farine passent quelques semaines de vacances à Saint-Fulgence.

(Mélanie Côté) – En mettant un terme à leur aventure de trois ans avec La Tourelle de Saint-Fulgence, Maximilien Teufel et Anne Farine n’ont pas fait une croix sur le Saguenay-Lac-Saint-Jean, bien au contraire. Ils reviennent chaque année pour garder contact avec la famille et, aussi, parce que « c’est un beau coin pour les vacances ». 

La mère de M. Teufel est une Harvey de Saint-Fulgence, son père est de Genève, et sa soeur habite au Saguenay depuis 40 ans. Il y retrouve aussi chaque année cousins, cousines, oncles et tantes. L’attachement est donc bien présent pour la famille qui habite aujourd’hui à Fribourg, en Suisse. « C’est comme la Gruyère, mais au Québec ! », compare-t-il.

Au début des années 2010, les parents étaient accompagnés de quatre de leurs cinq enfants, l’un d’eux étant resté en Suisse pour suivre une formation d’informaticien. Ils ont donc fait une partie de leurs études à l’école primaire de Saint-Fulgence et à l’école secondaire Charles-Gravel.

Quand ils parlent d’attachement, ils ne le font pas uniquement pour plaire aux cousins québécois. Un reportage mettant la famille Teufel en vedette, diffusé en janvier sur la chaîne RTS Fribourg, montre à quel point la famille vit un déchirement « propre aux binationaux ». 

« Ça fait deux ans que je n’y suis pas retournée et ça me manque beaucoup. J’ai le projet d’aller étudier là-bas et j’aurais envie de faire l’école de sage-femme », mentionnait d’ailleurs Marie, alors que son frère Lucas ajoutait qu’il « adore retourner là-bas. Je vais aller y vivre au moins un moment ». 

« Quand on est ici, on a envie d’être là-bas, quand on est là-bas, on a envie de revenir. On est des éternels insatisfaits », a ajouté Lucas, ce à quoi son père a répondu être « bien dans l’avion, quand on passe d’un continent à l’autre ! » Un fait que Maximilien Teufel et Anne Farine ont confirmé lorsque rencontrés par Le Quotidien à leur maison de Saint-Fulgence.

Joshua, 18 ans, le plus jeune de la famille, est d’ailleurs venu passer quelque temps dans la région, cet hiver. Il a comme projet de venir s’y établir dans un avenir rapproché. 

« Il aimerait revenir pour faire des jardins. Il fait une formation de maraîcher et il adore ça. Depuis qu’il est venu vivre ici, il y a quelque chose qui l’a attiré. Il aime la nature », ont expliqué ses parents. 

Maintenant propriétaires du Restaurant du Cygne, à Fribourg, 

M. Teufel et Mme Farine sont retournés pour la première fois sur le site désert de La Tourelle, la semaine passée. « Une façon pour nous de boucler la boucle », souligne Mme Farine, se désolant de l’incendie survenu en mars 2017 alors qu’ils n’étaient plus propriétaires.