Le député fédéral, Steven MacKinnon, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, l'entrepreneur Pierre Mantha et la ministre responsable de l'Outaouais à Québec, Stéphanie Vallée

De la vodka et du gin à saveur gatinoise

Le rêve « fou » d’un « gars de pick-up » est maintenant prêt à prendre son envol. Dans ses locaux de l’est de Gatineau, Artist in Residence (AiR) Distellerie se prépare dans l’espoir de pouvoir vendre, au cours des prochains mois, ses premières bouteilles de gin et de vodka à la Société des alcools du Québec (SAQ).

L’entrepreneur Pierre Mantha était tout sourire, mardi matin, alors que plusieurs dignitaires sont venus saluer son courage d’avoir mis sur pied une distillerie artisanale dans immeuble de 15 000 pieds carrés au coeur de l’Aéroparc industriel.

Le président d’AiR Distillerie a eu l’idée de se lancer dans un tel projet il y a trois ans, lors d’un voyage en Colombie. Le premier produit à germer dans son esprit a été la Vodkalight, une vodka à faible teneur en calories. Mais selon M. Mantha, c’est le Waxwing Bohemian Gin qui devrait faire son entrée en premier sur les rayons de la SAQ.

Alors que l’entrepreneur affirme que le gin arrivera à la SAQ en juin et la vodka en septembre, ce n’est pas aussi clair du côté de la société d’État. « Ils ont rempli un dossier, mais ne l’ont pas envoyé formellement, c’est encore sous forme de brouillon, a fait savoir mardi la porte-parole de la SAQ, Linda Bouchard. [...] On attend de leurs nouvelles. [...] C’est n’est pas quelque chose qui est nécessairement long, mais il faut que tout soit analysé, que tout soit conforme. »

Mme Bouchard ajoute que dans un monde idéal, si les analyses des produits étaient « reconnues conformes par la SAQ au cours des prochains jours, ils pourraient effectivement être commercialisés au cours de l’été ».

Si tout va bien avec la SAQ, M. Mantha espère que le scénario se répétera l’an prochain avec la Régie des alcools de l’Ontario (LCBO).

Produits locaux

Tant pour la vodka que pour le gin, la distillation se fait à partir de maïs local. Le nom de la distillerie a été choisi pour qu’un artiste puisse s’associer à chaque produit qui y sera créé. Un whisky et un « spiritueux de type moonshine » devraient aussi faire partie de l’éventail d’AiR Distillerie, un nom à la base anglophone qui a été choisi en raison de la vision « à long terme » de l’entreprise, a indiqué M. Mantha. « D’ici deux ans, on va vendre des produits d’ici à d’autres pays », prévoit-il.

L’homme d’affaires admet qu’il aurait pu opter pour la voie facile, en fabriquant son gin avec de l’eau, de l’éthanol et des épices. « Nous, c’est un peu plus compliqué, on le fait de A à Z », explique-t-il. L’entreprise utilise donc de l’eau de source et le maïs, un processus de fabrication qui s’échelonne sur deux semaines « pour faire 4000 bouteilles ».

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, estime qu’AiR Distillerie proposera des « produits phares » de la région, comme le fait La Laiterie de l’Outaouais ou la ferme Dalton avec son sirop d’érable. « Ça fait boule de neige des produits comme ça, a déclaré le maire. C’est plus que juste quelque chose qu’on vend, c’est une région qu’on construit. »

Le projet a pu bénéficier de l’aide d’Ottawa et de Québec. Le député fédéral de Gatineau, Steven MacKinnon, a annoncé mardi l’octroi d’une contribution remboursable de 300 000$ de Développement économique Canada à AiR Distillerie, tandis que la députée provinciale de Gatineau et ministre responsable de l’Outaouais, Stéphanie Vallée, a annoncé qu’Investissement Québec offre à l’entreprise un soutien de 400 000$ sous forme de prêt.

Mme Vallée a souligné qu’AiR Distillerie est un bel exemple de la notion de « manufacturier innovant » et de « l’importance que ça peut occuper dans l’économie d’une ville, dans l’économie d’une province ».