Les ministres Marc Garneau et Jean-Yves Duclos ont annoncé que Chantier Davie construira deux navires pour le fédéral.

Davie: des retombées de près d’un milliard $ [VIDÉO]

Le gouvernement fédéral a l’intention d’octroyer un contrat à la Davie pour la construction de deux traversiers dans l’est du pays, pouvant avoir des retombées économiques de près d’un milliard de dollars. Les travaux sur quatre ans pour chacun des navires pourraient fournir du travail jusqu’à 800 travailleurs.

Le ministre des Transports, Marc Garneau, et le ministre de la Famille et député de Québec, Jean-Yves Duclos, en ont fait l’annonce vendredi devant des dizaines de travailleurs visiblement heureux de la nouvelle.

Les navires qui doivent être remplacés sont le Madeleine, qui assure la liaison entre les Îles-de-la-Madeleine et Souris, à l’Île-du-Prince-Édouard, et le Holiday Island, l’un des deux navires qui relient Wood Islands à l’Île-du-Prince-Édouard à Caribou en Nouvelle-Écosse. M. Garneau n’a pas voulu s’avancer sur la valeur du contrat qui sera accordée. 

«Nos traversiers ne sont plus jeunes. Le Madeleine a 38 ans et le Holiday, 48 ans», a précisé le ministre Garneau, en rappelant que le dynamisme tant économique que touristique de ces collectivités dépendent de la qualité des liens maritimes.

Techniquement, Ottawa procède par préavis d’adjudication de contrat. Plus simplement, il évalue que Davie est le seul chantier au Canada qui peut livrer les deux navires dans les temps requis. Un autre chantier pourrait toujours déposer une offre de service. Mais il semble peu probable que des chantiers comme Irving Shipbuilding en Nouvelle-Écosse et Vancouver Shipyard puissent soumettre une proposition. Ils ont déjà fait le plein de contrats en s’accaparant la part du lion des 100 milliards $ octroyés dans le cadre du renouvellement de la flotte fédérale en 2011. Ils peinent même à livrer la marchandise.

Injustice réparée

Cet octroi de contrat à la Davie vient donc, pour plusieurs, réparer une injustice qui avait été commise à l’époque du gouvernement conservateur. «C’est une excellente nouvelle. En dehors de l’entente de 100 milliards $, il y a encore une possibilité d’aller chercher 15 milliards $ de contrats. Et là, le gouvernement fédéral dit que seul le chantier Davie a la capacité de réaliser ces contrats», s’est réjoui le maire de Lévis, Gilles Lehouillier. 

«Nous sommes très contents parce qu’on dénonce depuis 2011 l’injustice. C’est un début. Aujourd’hui, on espère que c’est un jour nouveau pour Davie, a commenté Ann Gingras, présidente du Conseil central de la CSN, Québec-Chaudière-Appalaches. Il ne faut pas juste demeurer vigilant. On va continuer à travailler fort pour faire des pressions, peu importe le parti politique au pouvoir», ajoute-t-elle.

«C’est un geste de confiance envers les travailleurs et les fournisseurs du Québec», estime Pierre Drapeau, porte-parole des fournisseurs de chantier Davie. Selon lui, une comparaison avec la construction du CTMA Vacancier permet d’estimer les retombées à environ un demi-milliard $ pour chacun des deux navires. La construction pourrait s’étaler sur une période de 48 mois pour chacun. Davie a la capacité de faire les travaux en parallèle.

Nouvelle relation

Le ministre Jean-Yves Duclos était tout aussi satisfait de l’annonce qui marque, selon lui, le début d’une nouvelle relation d’affaires avec la Davie. «C’est une belle nouvelle dans un contexte de reconstruction des relations entre le gouvernement et le Chantier Davie», a-t-il fait savoir, tout en louangeant la prise de risque de la direction et son sens de l’innovation.

On se rappelle que la Davie a livré en 2017 l’Asterix, un porte-conteneurs transformé en bateau ravitailleur pour la Marine royale, une première au Canada. Le chantier avait tenu sa promesse d’exécuter les travaux en deux ans au quart du prix de construction d’un ravitailleur.