Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin, exhorte le gouvernement de Doug Ford à accepter la main tendue du fédéral.

Coupes en francophonie: l'option judiciaire commence à prendre forme

OTTAWA — La riposte judiciaire aux affronts de Doug Ford se prépare chez les Franco-Ontariens.

L'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) a confirmé vendredi qu'elle avait confié à deux avocats bien connus le mandat d'analyser la possibilité de s'adresser aux tribunaux pour faire renverser la décision d'arrêter le financement de l'Université de l'Ontario français.

L'organisation a retenu les services de deux juristes spécialisés en droits linguistiques, soit Mark Power et Ronald Caza. Ce dernier a mené, avec succès, la bataille judiciaire contre la fermeture de l'hôpital Montfort.

Les avocats seront également chargés de formuler un avis juridique sur la disposition de la loi 57, adoptée la semaine dernière à Queen's Park, qui retire l'indépendance du Commissariat aux services en français en le plaçant sous l'égide de l'Ombudsman de l'Ontario, a précisé l'AFO.

L'Université de l'Ontario français devait ouvrir ses portes le 15 janvier prochain à Toronto. Le président de l'AFO, Carol Jolin, voudrait que le fédéral finance les quatre premières années de l'université, pour donner le temps à la province de se remettre sur pied, financièrement parlant.

La ministre fédérale des Langues officielles, Mélanie Joly, s'est montrée ouverte à cette possibilité. Elle a cependant précisé que le gouvernement ontarien devait lui en faire la demande et proposer un plan chiffré avant qu'Ottawa ne délie les cordons de sa bourse.

«La province doit faire sa juste part. Une fois qu'elle aura priorisé le projet, nos critères sont clairs, le gouvernement pourra financer jusqu'à 50 % du projet», a déclaré vendredi l'attaché de presse de la ministre, Jérémy Ghio.

Aucune requête ou proposition n'a jusqu'ici été reçue au fédéral, a-t-il indiqué.

Le président de l'AFO, Carol Jolin, exhorte le gouvernement Ford à accepter la main tendue du fédéral. «Il n'est pas trop tard pour trouver une solution permettant à l'institution de poursuivre ses activités après le 15 janvier», a-t-il déclaré par voie de communiqué.