«C’était évident que, ce qui me manquait [avant les Fêtes], c’était de la force», indique Laurent Dubreuil.

Coupe du monde: Laurent Dubreuil à 0,05 seconde du bronze au 500 m

MONTRÉAL — Une pause et un retour aux sources, voilà ce qu’il fallait à Laurent Dubreuil pour entamer la deuxième moitié de sa saison du bon patin. Le spécialiste de la longue piste est passé tout près de monter sur le podium au 500 m de la Coupe du monde d’Hamar, samedi.

Le patineur de vitesse a stoppé le chrono à 34,812 s. Il a accusé un retard de 0,16 seconde sur le médaillé d’or, le Russe Pavel Kulizhnikov, et de 0,05 seconde sur le troisième, le Néerlandais Dai Dai Ntab.

«C’était évident que, ce qui me manquait [avant les Fêtes], c’était de la force. J’ai fait un gros bloc d’entraînement à la fin décembre et deux semaines plus tard, j’ai réalisé mon meilleur temps à vie au 500 m à Calgary. J’ai atteint un niveau plus haut que ce que j’avais réussi jusqu’à maintenant. J’ai poursuivi mes entraînements et aujourd’hui, je suis cinquième avec une course qui était loin d’être parfaite. Je suis content, mais j’ai l’impression d’avoir laissé la victoire sur la glace», a expliqué le Lévisien.

C’est la deuxième fois cette saison que l’athlète de 26 ans prend le cinquième rang à cette épreuve. À sa première Coupe du monde en novembre, Dubreuil avait fini à égalité avec l’Allemand Nico Ihle à Obihiro.

En Norvège, il juge avoir fait une faute majeure dans son entrée du deuxième virage. Tout juste avant, dans le deuxième droit, il a fait 10 poussées au lieu de 12.

«Mon timing n’était vraiment pas bon. J’ai commencé à croiser avant d’être dans le virage. J’ai corrigé la situation, mais je n’étais pas assez incliné sur la piste et mes poussées n’avaient aucune pression parce que je n’étais pas assez appuyé dans la glace. Mon départ était correct, mais pas grandiose. J’ai eu une petite perte d’équilibre. Quand tu es à 5 centièmes d’une médaille, n’importe quelle petite erreur compte! J’avais les jambes pour faire un podium, même gagner!»

L’asthme sous surveillance

De retour sur la ligne de départ pour le 1000 m, le Québécois a fait face à un autre défi : son asthme. Laurent Dubreuil a fait savoir qu’il a été un peu malade dans les deux dernières semaines et que son asthme était moyennement en contrôle ces derniers temps.

«Si j’avais forcé, j’aurais pu avoir un très bon résultat, mais je suis à six jours de mon 500 m des Championnats du monde par distance individuelle, ma course la plus importante. Donc, considérant que j’ai fait un peu d’asthme après mon 500 m, me taper une crise pour un 1000 m ça pourrait vraiment nuire à mes chances la semaine prochaine et pour celles du 500 m de dimanche», a-t-il dit, lui qui a fini 17e en 1 min11,057 s.

Ce week-end, sa concentration et son énergie ne sont pas déployées sur cette épreuve. Il a fait cette course pour amasser des points au classement général du circuit de la Coupe du monde pour l’équipe canadienne.

«Je ne suis pas déçu. Je l’ai fait pour que le pays ait des points pour les places de l’an prochain. Les gens qui sont dans le top-20 à la fin de la saison classent une personne dans le groupe A. Si je n’avais pas fait la course, je serais sorti des 20 premiers», a dit Laurent Dubreuil, 15e provisoire au classement.

Gélinas-Beaulieu pris de panique

Oublier de respirer n’est jamais une bonne idée lorsqu’on fait un exercice physique intense. Parlez-en à Antoine Gélinas-Beaulieu qui a vécu une course haute en émotions lors du 1000 m du groupe A.

«J'ai paniqué dès le départ de mon exécution en ayant peur de perdre pied. Par la suite, dans l'échange de corridor, j’ai eu peur d'être dans les jambes de mon compétiteur. Pour finir, ma trajectoire de la dernière courbe était trop serrée et j'ai presque fauché les blocs. J’ai réussi à garder mon corps en bonne position, mais tous ces imprévus m'ont fait paniquer et j'ai oublié de bien respirer», a partagé le patineur de 26 ans.

Malgré tout cela, à sa première course de l’année 2019, le Sherbrookois a terminé en 16e place avec un chrono de 1 min 10,959 s. Heureux que cette épreuve soit maintenant derrière lui, Beaulieu-Gélinas sait sur quoi travailler, notamment la position de son corps pendant sa course afin d’éviter que ses hanches se lèvent.

«C’est quand même étonnant, ce que la panique peut faire sur la performance et le bien-être, l'ayant vécu pour la première fois cette saison. Ma femme et moi travaillons beaucoup sur des exercices de respiration et de relaxation afin de mettre ces anxiétés de côté. Il va juste falloir que je pense à nouveau à elle durant ma course demain! Je me concentre surtout sur mon exécution dans ma préparation pour les mondiaux. Ma forme devrait être à son peak la semaine prochaine!» a-t-il conclu.

Dans les groupes B, le Montréalais Christopher Fiola a terminé 5e du 500 m et 13e du 1000 m.

L’équipe canadienne sera de retour sur l’anneau de glace dimanche pour la dernière journée de cette compétition.