Coupable de voies de fait graves: soixante minutes d’enfer pour son ex

Le quinquagénaire Bryan Poirier a reconnu avoir battu et étranglé son ex-conjointe lors d’une matinée mouvementée au domicile familial de Canton-Tremblay. Le ministère public a déjà signifié son intention de demander une peine de pénitencier pour les gestes.

L’homme a plaidé coupable d’une accusation de voies de fait graves pour avoir blessé, mutilé et défiguré la victime le 22 juillet 2018. Un rapport présentenciel a été demandé et le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, rendra la sentence le 19 août.

Selon le récit de Me Marianne Girard, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Bryan Poirier a connu une année 2018 difficile. L’homme de 51 ans a appris que la femme, qui a partagé sa vie durant les 20 dernières années, n’avait plus de sentiments envers lui.

Les deux adultes ont continué à partager la même résidence, tout en faisant chambre à part. Face à une situation difficile, Poirier a même attenté à ses jours le 15 juillet. Il n’acceptait pas la possibilité que la dame puisse refaire sa vie.

Une semaine plus tard, la victime de cette agression s’est rendue à un souper chez des amis et n’est rentrée que le lendemain matin.

« Au moment où elle s’apprêtait à ranger ses vêtements, l’accusé lui a enlevé son cellulaire des mains et il lui a passé une corde autour du cou. La victime a bien essayé d’insérer ses doigts entre la corde et son cou, mais n’a pas été en mesure de le faire », raconte Me Girard.

« Il a ensuite amené la dame au sol et l’a attirée vers le sous-sol. La victime a essayé de s’agripper au mur, mais sans succès. Au sous-sol, il a couché la dame sur le divan et lui a fait des reproches. Il lui a demandé le code pour ouvrir son cellulaire, en la menaçant avec un couteau. Pendant que l’homme prenait possession du cellulaire, la victime a essayé d’activer le bouton d’urgence du système d’alarme, mais ça n’a pas fonctionné. Au retour, l’accusé lui a dit qu’elle n’aurait pas dû faire ça et il s’est mis à la frapper au visage et à serrer davantage la corde jusqu’à ce qu’elle perde conscience », a poursuivi la procureure de la Couronne.

Lorsque la victime s’est réveillée, elle avait été ramenée à l’étage et son agresseur venait de lui mettre la tête sous l’eau de la douche, pour ensuite la ramener au sous-sol.

« Il a menacé de pendre son ex-conjointe et de se pendre ensuite. Elle a crié. C’est à ce moment que l’homme a semblé reprendre ses esprits. Il s’est excusé et a relâché la corde. La dame lui a parlé d’une thérapie de couple, mais c’était uniquement pour le calmer. Ils sont remontés et il lui a préparé à manger comme si de rien n’était », a indiqué Me Girard.

Par la suite, la dame s’est réfugiée chez sa sœur avant d’être amenée à l’hôpital où les médecins ont noté de nombreuses ecchymoses à la mâchoire et aux jambes, de même que la marque de la corde autour du cou. Une plainte a été portée aux policiers de la Sûreté du Québec.

La victime croit que l’agression a duré environ une heure et a qualifié ces 60 minutes comme les pires de sa vie.

L’agresseur a mentionné ne pas se souvenir des événements.

Le juge Daoust a tout de même interrogé l’accusé à savoir s’il reconnaissait avoir violenté la dame, avoir vu des marques dans le cou, l’avoir étranglée et frappée. Bryan Poirier a répondu par l’affirmative.

« Je plaide coupable, car je l’ai fait. Je sais aussi que si un procès avait été tenu, il y aurait des chances que je sois reconnu coupable », a indiqué Poirier, dont les intérêts sont représentés par Me Charles Cantin.

Ce dernier a précisé que son client n’avait aucun antécédent judiciaire et que les événements qui lui sont reprochés ne sont qu’un seul épisode.