Le phare du Borgot, aux Îles-de-la-Madeleine, tire son nom de l’instrument de signalisation sonore d’aide à la navigation.

Coup de coeur toponymique pour 12 lieux québécois

Pour souligner la Saint-Valentin, la Commission de toponymie a annoncé, mercredi, qu’elle était littéralement tombée en amour avec 12 noms de lieux québécois.

Le chemin du Petit-Canot à Rivière-à-Pierre, dans la MRC de Portneuf, ressort parmi les 12 toponymes choisis sur les 1600 que la Commission a officialisés l’an dernier.

Le chemin du Petit-Canot menait jadis à un débit de boisson clandestin. On raconte qu’au début, on y vendait un alcool fabriqué de façon artisanale, communément appelé de la «baboche», dont on faisait la contrebande. 

Au fil des ans, l’établissement a servi de la bière, du gin et du vin. Outre un verre cassé retrouvé dans un petit cours d’eau à proximité, il ne reste aucune trace de ce bar qui aurait été détruit par les flammes.

L’expression «petit canot» ou «p’tit canot» était utilisée pour désigner ce genre d’endroit qui, habituellement, était situé dans une maison privée localisée dans un rang. Une pièce de la résidence, généralement le salon ou la cuisine, était aménagée pour recevoir la clientèle, composée majoritairement d’hommes. Il était fréquent de trouver ce genre d’établissement à proximité des chantiers forestiers.

Il est aussi possible que le terme «canot» puisse référer au type d’embarcation pour traverser les rivières. Des canots étaient parfois utilisés la nuit pour transporter illégalement des contenants d’alcool, à l’abri des autorités locales. 

Le phare du Borgot, aux Îles-de-la-Madeleine, figure aussi parmi les toponymes qui ont séduit les commissaires. Situé sur l’île du Cap-aux-Meules, le phare construit en 1874 porte le nom de l’instrument de signalisation sonore d’aide à la navigation. En français acadien, ce mot désigne une corne de brume ou tout autre instrument en forme de cornet servant à amplifier le son. Le 17 janvier 2006, la municipalité des Îles-de-la-Madeleine a attribué un statut légal de protection au phare du Borgot et l’a cité comme immeuble patrimonial.

Les autres coups de cœur sont le parc Palomino-Brind’Amour et la place des Tisserandes à Montréal, la rue de la Cabinetterie à Saint-Jean-sur-Richelieu et le parc de la Coulée-Verte à Saint-Lambert en Montérégie, l’Étang du Castor errant à Ham-Nord dans le Centre-du-Québec, la place Abinan à Gatineau en Outaouais, la Pointe Irqatarvik à Ivujivik dans le Nord-du-Québec ainsi que le ruisseau de Feu et la Vieille Gare du Papier, situés à East Angus en Estrie.

Parc des Bourragans

Le coup de foudre de la Commission revient au parc des Bourragans, situé dans l’ancien faubourg Québec, dans l’arrondissement de Ville-Marie à Montréal.

Ces 12 noms de lieux ont su faire battre le cœur des commissaires notamment pour leur originalité, leur valeur poétique, leur capacité à inspirer des images fortes et riches ainsi que pour leur contribution à la promotion du patrimoine culturel. 

C’est depuis 2013 que la Commission de toponymie du Québec fait connaître les noms pour lesquels elle éprouve un béguin. Une plaque honorifique est remise à l’administration de la municipalité qui abrite le lieu.