Consigne sur le verre: offensive à l'entrée des SAQ

Des militants et militantes de partout au Québec ont tenu samedi une nouvelle opération de signatures à l'entrée de 25 établissements de la Société des alcools (SAQ). Ces actions ponctuelles surviennent dans le cadre d'une campagne réclamant l'instauration d'une consigne pour le recyclage et le tri du verre dans la province.

La Confédération des syndicats nationaux, le Syndicat canadien de la fonction publique et le Syndicat des Métallos signalent que la vaste majorité du verre placé dans les bacs de récupération québécois est ultimement utilisé dans des sites d'enfouissement, en tant que matériau de recouvrement, entre autres.

Selon Recyc-Québec, seulement 14 % du verre récupéré par les Québécois en 2015 a été recyclé. 

«On sait que la SAQ dispose d’un réseau de distribution efficace et bien implanté dans toutes les régions du Québec. Les camions se rendent remplis de bouteilles dans plusieurs points de vente et de distribution pour ensuite revenir vides vers les entrepôts. On peut facilement penser à un système de consigne intelligent en tirant profit de cet extraordinaire réseau», conclut à ce sujet le président du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-Québec), Denis Bolduc.

L'adjoint au directeur québécois des Métallos, Dominic Lemieux, assure que cette idée bénéficie d'un important soutien populaire.
«Trouvez-moi quelqu'un qui est en faveur qu'on enfouisse 180 millions (de bouteilles) annuellement au Québec dans les dépotoirs!», a-t-il lancé en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

À l'approche des élections provinciales, les syndicats veulent profiter de ce qu'ils perçoivent comme une bonne conjoncture, alors que la SAQ s'est montrée ouverte à une telle consigne pour la première fois cette semaine.

C'est le succès de la première séance de signatures, en décembre dernier, qui a poussé les organisateurs à répéter l'expérience ce samedi. «[Ça] nous démontre clairement l'appui de la population à l’instauration d’une consigne sur toutes les bouteilles vendues à la SAQ», estime le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau. 

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Son groupe avait déjà suggéré que la Société des alcools organise la collecte des bouteilles à travers son vaste réseau, grâce à une consigne. Les citoyens auraient ainsi droit à un crédit sur leur carte de fidélité [Inspire] pour chaque bouteille rapportée, par exemple. 

La pétition a maintenant recueilli pas moins de 25 000 signatures, selon le président. «Nous comptons bien en ajouter plusieurs milliers d’ici le dépôt des pétitions à l’Assemblée nationale, avant la fin de la présente session parlementaire, Pour nous, une chose demeure certaine : il faut mettre fin au gaspillage du verre», ajoute-t-il. 

Trop de verre 

Une quantité beaucoup trop grande de verre se retrouverait au sein des sites d'enfouissement au Québec actuellement, juge Dominic Lemieux, adjoint au directeur québécois des Métallos, le syndicat représentant les salariés de l'usine de fabrication de verre Owens Illinois, à Pointe-Saint-Charles. 

«Au même moment, l’usine doit acheter du verre à fort prix dans le reste du Canada et aux États-Unis. Cette situation est totalement absurde», juge-t-il. En utilisant davantage de verre recyclé dans les recettes de fabrication de nouveau verre, on peut réduire les émissions de GES liées au procédé et au transport du verre.»

Autre action symbolique: cette semaine, à l'Assemblée nationale, les 125 députés provinciaux ont reçu une bouteille de vin vide en cadeau. L'objectif: sensibiliser nos élus à l'importance d'instaurer une consigne sur le verre, devant l'absence d'un système de tri et de recyclage adéquat du matériel. Au Canada, Le Québec et le Manitoba demeurent les seules deux provinces à ne pas avoir de consigne sur le verre.

Avec La Presse canadienne