La présidente de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS), Lyne Sauvageau

Congrès de l’ACFAS à Gatineau: «essentiel d’engager un dialogue»

Les milliers de scientifiques réunis à Gatineau cette semaine sont mobilisés autour de la nécessité de créer des liens plus forts avec le grand public.

«Le discours qui est appuyé par les faits scientifiques a parfois un peu de difficulté à s’imposer», soutient la présidente de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS), Lyne Sauvageau, en ouverture de congrès lundi matin.

«La science n’est rien si elle n’a pas de suivi auprès de la société. On a beau avoir des résultats, si ça reste toujours une conversation entre chercheurs, ça ne fait pas beaucoup avancer la société», ajoute le recteur de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), Denis Harrisson.

Selon ce dernier, le premier colloque baptisé «Une économie écologique pour le Québec: Comment opérationnaliser une nécessaire transition» est le sujet parfait pour incarner ce thème du dialogue entre les chercheurs et la société, un thème qui sera mis de l’avant durant l’ensemble du congrès de l’ACFAS cette semaine.

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«Il y a une trentaine ou une quarantaine d’années, des scientifiques ont commencé à nous alerter que notre mode de développement économique posait un danger pour notre planète. Ils ont prêché dans le désert pendant plusieurs années», rappelle M. Harrisson.

«Un colloque comme aujourd’hui a une importance fondamentale parce qu’il ne réunit pas seulement les chercheurs, mais il convie aussi les représentants de la société civile et des politiciens. Ça permet de faire circuler les idées qui sont débattues ici, à travers toutes les strates de la population», ajoute Mme Sauvageau.

Les militants ont besoin des chercheurs

Pour lancer le colloque sur la transition vers une économie écologique, l’artiste et militant environnemental Dominic Champagne était invité à titre de conférencier. Il a voulu lancer un message clair aux scientifiques rassemblés: leur travail est essentiel pour la lutte aux changements climatiques.

«Il faut que la pression continue et pour qu’elle soit de plus en plus crédible, pour faire un changement dans l’opérationnalisation de la transition, elle doit s’appuyer sur ce que vous émettez.»

«Vous avez un devoir de vous commettre et de vous faire entendre, lance M. Champagne aux chercheurs présents dans la salle. Pour mettre les gouvernements au pied du mur, on a besoin de la science parce que la science, c’est un début de terrain neutre.»