Congédié après 30 ans d’ancienneté, le tribunal ordonne de l’indemniser

MONTRÉAL - Le tribunal vient d’annuler le congédiement d’un travailleur qui avait... plus de 30 années d’ancienneté dans une entreprise. Il ordonne aussi à son employeur de le réintégrer dans son emploi et de lui verser 23 000 $.

Le Tribunal administratif du travail donne ainsi gain de cause à Jacques Bourdages, qui travaillait dans une quincaillerie, propriété de J. Albert Cormier & Fils, à Bonaventure, au moment de son congédiement en décembre 2016.

L’employeur avait soutenu qu’il s’agissait d’un licenciement résultant d’une réorganisation de l’entreprise. Mais le tribunal a jugé qu’il s’agissait plutôt d’un «prétexte pour se débarrasser du demandeur».

J. Albert Cormier exploitait trois succursales à Bonaventure, Maria et New Richmond, en Gaspésie. Il avait construit une nouvelle succursale, en 2016, qui avait entraîné une baisse des ventes dans les autres établissements. Il avait donc décidé de réorganiser son entreprise, en abolissant des postes tout en affichant huit offres d’emplois.

Le tribunal admet qu’il y a eu baisse des ventes et restructuration de l’entreprise. Toutefois, il souligne qu’en n’offrant aucun des nouveaux postes à M. Bourdages, en présumant qu’il n’accepterait pas une modification de ses conditions de travail et en lui préférant un commis de neuf mois d’expérience ayant presque le même salaire, l’employeur a «camouflé un congédiement».

Il ordonne donc à l’employeur de réintégrer M. Bourdages dans son emploi, de lui verser 22 338 $ à titre de salaire et 758 $ en intérêts.