Le conseiller Rick Chiarelli.

Conduite inappropriée: d'autres témoignages contre le conseiller Chiarelli à Ottawa

Les témoignages relatant les présumés comportements inappropriés du conseiller municipal Rick Chiarelli s’additionnent, selon la CBC.

Dans un nouveau reportage de la société d’État, une ex-employée du bureau de M. Chiarelli parle à visage découvert et raconte notamment que l’élu a régulièrement acheté des tenues légères pour elle, l’invitant fortement à les porter durant certains événements dans le cadre de leur travail.

Cette femme soutient également que Rick Chiarelli l’a envoyé à plusieurs reprises dans des bars d’effeuilleuses de la région pour «espionner un autre conseiller municipal qui se trouvait supposément sur les lieux».

En plus de cette ex-employée, la CBC a parlé à cinq autres femmes qui ont obtenu des entrevues pour un poste au bureau de M. Chiarelli. Une d’entre elles a également travaillé pour le conseiller dans le passé.

Dans un premier reportage, la CBC s’entretenait notamment avec une femme qui avait obtenu une entrevue pour un emploi avec Rick Chiarelli. Elle alléguait notamment que l’élu lui a posé des questions inappropriées, comme si elle se sentait à l’aise de venir au travail sans soutien-gorge. Les nouveaux témoignages viennent supporter ces allégations puisqu’il aurait fait à plusieurs reprises des commentaires sur le port de ce sous-vêtement chez ses employées.

Rappelons que M. Chiarelli fait l’objet d’une enquête par le commissaire à l’intégrité de la Ville d’Ottawa, après que la femme interviewée dans le premier reportage de la CBC ait porté plainte.

Le conseiller est en congé au moins jusqu’au 9 octobre. Il souhaitait obtenir un congé de maladie afin de pouvoir s’absenter pendant une période prolongée. Même s’il clamait avoir été hospitalisé d’urgence, ses collègues du conseil municipal ont refusé de se prononcer sur cette demande mercredi. Selon un autre reportage de la CBC, il se serait rendu en République tchèque quelques jours après qu’il ait formulé sa demande de congé de maladie.

«Il n’y a pas de mots»

Dans une déclaration commune, le maire d’Ottawa, Jim Watson, et la conseillère Theresa Kavanagh — agente de liaison du Conseil pour la condition féminine et l’équité des genres — se disent «troublés par les récentes allégations qui pèsent contre le conseiller Chiarelli».

«Il n’y a pas de mots qui puissent exprimer notre déception, soulignent M. Watson et Mme Kavanagh. Nos premières pensées vont aux femmes qui ont eu le courage de raconter leur expérience. [...] Nous espérons que ces femmes partageront aussi leur expérience avec le commissaire à l’intégrité afin que ces incidents puissent faire l’objet d’une enquête indépendante et sérieuse.»

Les conseillers Jeff Leiper, Catherine McKenney et Shawn Menard vont plus loin dans une autre déclaration. «Le conseil municipal a le pouvoir de suspendre un conseiller pendant 90 jours. Par contre, il devrait démissionner et présenter ses excuses immédiatement s’il sait que ces témoignages sont véridiques».