La manifestation s'est mise en marche à 13h30 avec comme slogan «on bouge pour le climat».

Climat: Québec se joint à la mobilisation mondiale [VIDÉO] [PHOTOS]

Des centaines de personnes ont répondu vendredi dans les rues de Québec à l’appel du collectif «La planète s’invite à l’université» pour la mobilisation mondiale contre les changements climatiques.

Des étudiants, des élèves du secondaire, des parents avec leurs enfants, des salariés et des aînés s’étaient donné rendez-vous devant l’hôtel de ville à 13h avec de nombreuses pancartes dénonçant l’inaction des dirigeants.

Selon les élèves, les gouvernements n’en font pas assez pour prévenir le réchauffement climatique. «On demande au gouvernement d’établir des lois qui vont atteindre les cibles proposées par le GIEC [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat]», a expliqué Andréane Moreau, l’une des co-porte-parole du collectif.

Ils réclament également aux institutions scolaires plus de transparence dans leurs investissements, et l’instauration d’un programme à l’environnement et à la crise climatique à l’école.

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Dans une ambiance bon enfant, les manifestants ont marché en direction du jardin Jean-Paul-L’Allier dans Saint-Roch en scandant des slogans comme : «Crions plus fort pour que personne ne nous ignore». Sur les pancartes, on pouvait lire : «Quand c’est fondu, c’est foutu», «Désolé Legault en 2034, nous serons toujours sur Terre, sauras-tu la préserver?» «Ta planète tu la veux bleue ou bien cuite?» ou encore «C’est quoi votre plan B?».

«Les dirigeants des pays ne font pas grand-chose à part dire de belles paroles. Il y a de nombreux problèmes avec le pétrole, les pesticides, les produits chimiques. Il faut s’unir pour faire bouger les choses», a déploré Soraya Touil-Préfontaine, 15 ans.

«Les jeunes sont sensibilisés aux changements climatiques», s’est réjoui Stéphane Brousseau, 52 ans. «On ne pourra pas continuer comme ça. Il faudra un changement drastique de la société. Malheureusement, le gouvernement ne bougera pas tant que l’économie ne sera pas affectée par les changements climatiques», a-t-il jugé.

Le Soleil a également vu des pancartes de Québec 21, recyclées par deux étudiants de l’Université Laval, Mathieu Rodier et Vincent Michaud, pour faire un clin d’œil aux idées climatosceptiques de Jean-François Gosselin. À la place du troisième lien, ils ont écrit un slogan humoristique : «La Terre, seule planète avec de la bière».

Rencontre avec le ministre 

Pour la députée de Québec solidaire Catherine Dorion, il y a urgence d’agir pour sauver la planète. Ce changement viendra grâce à la mobilisation des jeunes comme aujourd’hui, qui envoient un message clair à toute la société. «Dans 10-15 ans, l’histoire va changer de cap. Ce sont des choses qu’on n’a jamais vues à un tel stade avec des jeunes», a-t-elle souligné. «Quand une société voit sa jeunesse se lever, c’est un espoir pour tout le monde. Les jeunes ont des parents, des grands-parents, ça leur met des étoiles dans les yeux à eux aussi. Ça viendra bien plus des jeunes que des personnes à l’Assemblée nationale», a-t-elle poursuivi.

Les jeunes sont d’ailleurs très critiques vis-à-vis des gouvernements. Seront-ils entendus? Le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charrette, a invité vendredi les élèves à une rencontre. Ceux-ci ont accepté, mais pour l’instant, aucune date n’est fixée. Le collectif La planète s’invite à l’université ne souhaitait pas rencontrer le ministre avant la manifestation.

«On va entamer la discussion, mais on veut des résultats concrets. Sinon, on continuera à mettre la pression», a fait valoir Andréane Moreau, qui n’exclut pas des débrayages les vendredis comme à Montréal ou ailleurs dans le monde.

L’origine du mouvement

L’origine du mouvement remonte à août, quand une étudiante suédoise de 15 ans, Greta Thunberg, a décidé de sécher ses cours pour manifester devant le parlement de son pays, chaque vendredi.

Seule au début, elle a réussi à mobiliser d’autres étudiants. Sa notoriété l’a amenée à s’adresser aux dirigeants du monde entier lors de la COP 24, à Davos.

Sa volonté de changer les choses a eu un écho auprès des jeunes du monde entier, qui se sont rassemblés à leur tour face à la crise climatique. En Grande-Bretagne, plusieurs milliers d’étudiants ont déclenché une grève, le 15 février. Des actions similaires ont également été répertoriées en Allemagne et en Belgique en janvier.

Au Québec, plusieurs manifestations se sont déjà déroulées, les vendredis, à Montréal.

Une autre grève étudiante mondiale est annoncée pour le 27 septembre.

C'est en grand nombre que les étudiants ont manifesté dans les rues de Québec dans cette journée de grève internationale pour le climat.

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DES MANIFESTATIONS DANS PLUSIEURS VILLES AU QUÉBEC

Des dizaines de milliers de jeunes ont marché, manifesté et scandé des slogans dans de nombreuses villes du Québec vendredi pour réclamer des actions concrètes pour le climat, se joignant ainsi au mouvement de mobilisation mondial.

Plus de 150 000 étudiants québécois avaient débrayé dans ce but.

Leurs actions concertées ont eu lieu à Montréal, Québec, Saguenay, Joliette, Rimouski, Baie-Comeau, Sherbrooke, Gaspé, Sept-Îles et bien d’autres villes. Certains ont défilé dans les rues, alors que d’autres se sont rassemblés à des endroits jugés stratégiques, comme une institution d’enseignement ou l’hôtel de ville.

Les étudiants voulaient aussi dénoncer l’immobilisme des gouvernements et exiger d’eux plus d’action pour empêcher le réchauffement de la planète.

Au cours des dernières semaines, les associations étudiantes de nombreux cégeps et universités ont tenu des votes de grève afin de se joindre à cette initiative planétaire qui fait boule de neige.

Des élèves montréalais ont même forcé la suspension de leurs cours, en formant des chaînes humaines autour de leurs écoles secondaires. D’autres ont fait l’école buissonnière pour rejoindre les manifestations.

On voyait surtout des jeunes déambuler, mais il y avait aussi des enseignants faisant partie du mouvement «Les Profs pour la planète» et des citoyens qui, sans être sur les bancs d’école, étaient présents pour soutenir les jeunes et leurs revendications.

«Ce ralliement avait pour but de rappeler à quel point il est urgent d’agir pour contrer les changements climatiques; une urgence qui, depuis trop longtemps, reste ignorée des responsables politiques», a fait savoir par communiqué le collectif «La planète s’invite à l’Université», l’un des instigateurs des manifestations.

À Montréal et à Québec notamment, des marches se sont mises en branle en début d’après-midi. Celle de la métropole a rassemblé le plus grand nombre de personnes, et elle s’est déployée au rythme des tambours qui étaient en tête de file.

«Crions plus fort, pour que personne ne nous ignore», pouvait-on entendre dans les rues de ces deux villes.

Car «il n’y a pas de planète B», ont écrit plusieurs sur des affiches brandies à bout de bras. Sur d’autres pancartes, à travers les drapeaux et les banderoles, on pouvait lire «l’alarme climatique a sonné» ou encore «rejoins le côté vert de la force».

«Pourquoi la grève? Parce que ça démontre que nous, les étudiants, sommes prêts à nous mobiliser pour exiger une responsabilisation de nos institutions gouvernementales et scolaires face à l’urgence climatique. Parce que le temps est à la crise et qu’il est plus que temps d’entamer ce débat de société. Et, surtout, parce que nous avons encore le choix de rester spectateurs de l’inaction de nos gouvernements ou d’agir. Alors, pourquoi la grève? Je répondrais plutôt: pourquoi pas!» a dit Camille Poirot, étudiante à l’Université Laval, dans le communiqué transmis par le collectif «La planète s’invite à l’Université».

Des politiciens se sont joints aux jeunes, mais pas le ministre de l’Environnement du Québec, Benoit Charette, ni la ministre fédérale Catherine McKenna. Ils ont toutefois dit se réjouir de l’engagement des jeunes pour la planète, Mme McKenna ajoutant même que tous devraient les imiter.

La manifestation à Montréal

Vendredi, le premier ministre du Québec, François Legault, s’est dit content de voir des jeunes de tous les pays manifester pour que les citoyens s’intéressent à la réduction des gaz à effet de serre (GES).

«Moi je suis content du message envoyé par les jeunes, pas juste au Québec, mais partout dans le monde parce qu’on habite tous sur la même planète. C’est un effort qu’on doit faire ensemble», a-t-il dit lors d’un événement à Bromont.

Car cet objectif ne peut être atteint si une seule province canadienne ou un pays fait des efforts, a-t-il souligné.

Les jeunes demandent notamment aux gouvernements d’adopter une loi climatique pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 degré Celsius.

Le Collectif «La planète s’invite à l’Université» exige aussi le respect des cibles recommandées par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), par la réduction des émissions mondiales de CO2 de 50 pour cent d’ici 2030 et la réduction de près de 50 pour cent des émissions de méthane d’ici 2050.

De semblables manifestations ont eu lieu vendredi dans d’autres villes canadiennes comme Moncton, Winnipeg, Toronto, Regina et Vancouver, et dans de nombreux pays de par le monde.

Les jeunes Québécois ont ainsi répondu vendredi à l’appel mondial lancé par la jeune militante suédoise Greta Thunberg qui a lancé le bal en séchant ses cours pour manifester à répétition devant le parlement de son pays.

  La Presse canadienne