M. Trudeau s’est pointé vers 13h30 au restaurant de la rue Sainte-Anne avec ses deux élus locaux, les débutés Jean-Yves Duclos et Joël Lightbound et des membres de leur équipe respective.

Chez Jules reçoit Trudeau, comme promis

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a honoré sa promesse en se rendant dîner vendredi au restaurant Chez Jules, un établissement du Vieux-Québec qu’il avait fermé par erreur dans un discours tenu en janvier à Québec. Pour la copropriétaire, ce quiproquo aura été l’occasion de parler pénurie de main-d’œuvre avec le PM.

M. Trudeau s’est pointé vers 13h au restaurant de la rue Sainte-Anne avec ses deux élus locaux, les députés Jean-Yves Duclos et Joël Lightbound. Le premier ministre était de passage dans la capitale pour y présenter un discours au congrès de la Fédération canadienne des municipalités.

«Je l’ai appris en même temps que vous qu’il venait ici. La GRC a appelé vers 11h pour une réservation pour huit sans dire que le premier ministre serait présent», lance au téléphone, Michelle Doré, copropriétaire du restaurant. 

«Le monde dans la salle à manger capotait. Il y avait plusieurs clients. Il est allé sur la terrasse et il a serré la main à tout le monde. Il était d’une simplicité désarmante. Il avait l’air content d’être ici», ajoute-t-elle. Au-delà des préférences politiques, je dois admettre qu’il a honoré sa parole. Il s’est excusé de la méprise et m’a embrassée.»

Le 25 janvier, M. Trudeau avait parlé des effets négatifs de la pénurie de main-d’œuvre dans la région de la capitale devant des membres de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec. Il alléguait alors que le restaurant Chez Jules était fermé, faute de personnel.

À cette époque, l’affirmation paraissait douteuse aux oreilles du Soleil. Vérification faite, le restaurant était évidemment toujours ouvert. La confusion venait peut-être du fait qu’il avait dû fermer un vendredi l’été dernier pendant le Festival d’été à cause du manque de personnel. 

Équipe française

Après avoir été mis au courant de ce quiproquo, le copropriétaire et fils de Mme Doré, Marc-Antoine Doré, avait invité le PM à prendre un repas dans son établissement. M. Trudeau avait accepté l’invitation sur sa page Facebook.

En plus de donner de la visibilité à Chez Jules, cette visite médiatisée a permis d’aborder le sujet de la pénurie de main-d’œuvre. «Il a constaté que toute notre équipe en cuisine était originaire de France. Ce n’est pas par choix. C’est parce que c’est très difficile de trouver du personnel au Québec», lui a expliqué Mme Doré.

«Il m’a demandé des exemples de la pénurie de main-d’œuvre. Je lui ai expliqué qu’un soir récemment je suis parti de chez moi avec une couverture et un oreiller pour coucher à l’hôtel [un des trois qu’elle possède] après avoir reçu un appel à 23h qui m’avertissait que le veilleur de nuit ne pouvait pas entrer au travail. À 71 ans, je dois encore faire ça. La pénurie de main-d’œuvre empêche le développement à Québec et met de la pression sur les propriétaires. Les gouvernements doivent trouver des solutions.»

Pour la petite histoire, le chef de Chez Jules est Arnaud Thenot, autrefois chef responsable des dignitaires à La Rotonde à Paris, le restaurant préféré du président français Emmanuel Macron. La visite-surprise n’avait donc rien de si impressionnant… du moins en cuisine.