Chabot s'entend pour huit ans avec les Sénateurs

Les Sénateurs d’Ottawa n’avaient pas vraiment le choix de miser gros sur Thomas Chabot pour tenir leur promesse de rebâtir leur équipe autour de lui.

Le défenseur étoile de 22 ans aurait pu explorer ses options en attendant pour négocier, lui qui pouvait devenir joueur autonome avec compensation l’an prochain. C’est pourquoi sa décision d’accepter une prolongation de contrat de huit ans pour 64 millions $ se veut si importante pour cette organisation qui a vécu une descente aux enfers lors des deux dernières années, incluant une vente de feu de vedettes (Erik Karlsson, Mark Stone, Matt Duchene et Mike Hoffman) au cours des 14 derniers mois.

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Le prochain capitaine, c’est lui

« On s’est assis pour discuter peu après le 1er juillet, et sans entrer dans les détails, on a su tout de suite qu’on pourrait trouver une solution, a relaté le directeur général Pierre Dorion en conférence de presse jeudi. Nous avons parlé à ses agents (Ian Pulver et Dominic De Blois) de notre plan à long terme, ils ont relayé notre vision de comment les Sénateurs pourraient connaître du succès avec Thomas et nous avons réussi à nous entendre tard (mercredi) soir... Les deux partis voulaient un contrat à long terme, mais je pense que ça en dit long sur l’engagement de Thomas envers les Sénateurs et notre plan à long terme. »

Il reste encore une année au contrat d’entrée du premier choix de l’équipe (18e au total) au repêchage de 2015, à un salaire de 832 500 $. Par la suite, son nouveau pacte entrera en vigueur et lui rapportera 8 millions $ en moyenne par année à compter de 2020-2021. Il fera 7 M$ lors des deux premières saisons, puis 4 M$ en 2022-23, puis 8 ou 10 $ lors des saisons subséquentes jusqu’à la fin de l’entente, en 2027-2028.

Chabot a dit que de voir le centre Colin White s’engager envers le club pour six ans à un salaire de 4,75 M$ par an le mois dernier a pesé dans la balance lorsqu’est venu le temps pour lui de s’engager pour rester dans la capitale nationale jusqu’à l’âge de 30 ans.

« Premièrement j’ai la chance de jouer dans la Ligue nationale de hockey. Deuxièmement, j’ai la chance d’être un gros morceau d’une équipe de la LNH qui veut rebâtir autour de moi et d’autres joueurs. Avoir la chance d’être ici, avec les fans qu’on a... On sait qu’ils adorent l’équipe, la ville est extraordinaire, j’ai toujours été bien traité ici, j’ai adoré chaque moment que j’ai été ici. Quand l’opportunité est venue d’avoir un contrat de huit ans, c’est sûr on n’a jamais hésité. Je veux avoir ma maison à Ottawa pour longtemps », a d’abord commenté Chabot.

« Colin et moi, on s’est parlé tout l’été. Le fait de le voir signer un contrat à long terme, de le voir heureux de rester ici pour plusieurs années, ça incite beaucoup de jeunes joueurs à avoir la même intention, d’être sur la même page. C’est ça qui est important, tout le monde veut bâtir ensemble. Il y a beaucoup de talent dans notre chambre, que ce soit ici en ce moment ou dans la Ligue américaine... Il va y avoir des hauts et des bas parce que nous sommes jeunes, on va tous faire des erreurs, mais ce qui compte, c’est à quel point les gars veulent être ici », a-t-il ajouté au sujet de White.

Chabot n’avait pas joué la veille lors du gain de 4-3 contre les Maple Leafs de Toronto parce qu’il ne se sentait pas à 100 %. Dorion a indiqué qu’il n’en avait pas parlé aux soigneurs de l’équipe parce qu’il tenait à jouer aux côtés du défenseur recrue Maxence Guénette, nerveux à l’idée de jouer un premier match de la LNH. « Ça montre bien le caractère qu’il a... Il est venu dans mon bureau avec son agent et je lui ai dit qu’il n’allait pas jouer », a-t-il relaté. 

Quand le contrat de Chabot entrera en vigueur l’an prochain, il ne faudrait pas se surprendre que le « C » de capitaine soit alors brodé sur son chandail numéro 72, lui qui a établi des sommets personnels avec 14 buts et 55 points en 70 matches l’an dernier.

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Pas de prime à la signature? Pas de problème

La tendance dans la LNH est aux contrats comportant d’importantes primes à la signature versées le 1er juillet de chaque année.

Le pacte monstre signé par Thomas Chabot jeudi, le plus important de l’histoire des Sénateurs et le plus haut salaire annuel (8 M$) versé à un joueur québécois de l’histoire de la LNH, n’en comporte aucune. En comparaison, le contrat similaire signé cet été par Jacob Trouba en arrivant avec les Rangers de New York, pour sept ans à 8 M$ par an, comporte 22 M$ de primes contre 8 M$ en salaire pour les trois premières saisons.

« Honnêtement, ce n’est pas quelque chose dont je me suis occupé, les conversations ont été entre mes agents et Pierre. Tout a bien été et quand mes agents sont arrivés avec ce contrat-là à signer, j’étais très heureux et content de comment c’était formulé », a commenté Chabot à ce sujet.

Dorion n’a pas trop voulu discuter de cet aspect de l’entente. « La chose la plus importante, c’est que nos partisans vont pouvoir voir jouer Thomas pour les neuf prochaines années », a-t-il déclaré.

Les agents de Chabot, Ian Pulver et Dominic De Blois, étaient présents à la conférence de presse et ce dernier a indiqué que des bonis versés le 1er juillet n’étaient pas une priorité pour son client. « C’est un engagement qui a été pris des deux côtés et c’est un engagement qui s’est fait de manière organique. Thomas a embrassé la situation et il a dit qu’il était prêt à prendre cet engagement envers l’organisation qui l’a repêché. Ça témoigne du genre de kid qu’il est. Avec tout ce qui s’est passé cette année avec la situation des RFA (joueurs autonomes avec restriction), pour lui, de signer ce contrat, ça envoie un signal aux partisans et à l’organisation, et au monde du hockey aussi... Il a signé un contrat assez intéressant, l’argent est là. Comme Thomas nous a dit, je n’ai pas besoin d’argent le 1er juillet... Avoir un dépôt le 1er juillet, ce n’était pas un make or break pour lui », a confié De Blois au Droit.

À noter que le pacte ne comporte pas de clause de non-échange lors des quatre premières années. Lors des quatre dernières, il pourra soumettre une liste de 10 équipes auxquelles il ne pourrait pas être échangé.