L’homme de 68 ans a plaidé coupable à une accusation de fabrication de faux document, mardi, au Palais de justice de Chicoutimi.
L’homme de 68 ans a plaidé coupable à une accusation de fabrication de faux document, mardi, au Palais de justice de Chicoutimi.

Cent heures de travaux communautaires pour avoir falsifié ceux d’un autre condamné

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
Un homme de 68 ans au parcours sans tache et qui faisait du bénévolat pour un organisme accueillant des accusés condamnés à réaliser des travaux communautaires a plaidé coupable à une accusation de fabrication de faux document, mardi, au Palais de justice de Chicoutimi. Se laissant attendrir par un accusé, il a accepté d’inscrire que ses travaux communautaires avaient été réalisés, alors que ce n’était pas le cas. Ironie du sort, le sexagénaire a écopé de 100 heures de travaux communautaires, qu’il devra réaliser au cours des prochains mois. 

L’homme de 68 ans s’est présenté devant le juge de la Cour du Québec, Pierre Lortie, mardi après-midi. La mine basse, il a plaidé coupable à l’accusation de fabrication de faux document qui pesait contre lui. 

Selon le récit des procureurs, l’homme était bénévole dans un organisme qui permet aux accusés de réaliser leurs travaux communautaires et ainsi purger la peine rendue par le tribunal à leur endroit. Mais l’an dernier, il a admis s’être laissé attendrir par l’histoire de l’un d’eux, qui disait avoir plusieurs problèmes familiaux. L’accusé en question avait demandé au bénévole d’inscrire qu’il avait terminé ses travaux. Le sexagénaire s’est plié à sa demande. 

L’avocat de l’individu, Me Luc Tourangeau, a expliqué que son client avait reçu ce genre de demandes d’accusés plus d’une fois par le passé, mais qu’il n’y avait jamais succombé. Précisons que le bénévole n’a pas eu d’argent en échange. 

L’organisme communautaire avait constaté des irrégularités dans les rapports d’heures de travaux, ce qui a mené à une enquête, puis à une accusation.

« On se fie à ces personnes pour que les peines que le tribunal rend soient purgées, c’est assez grave », a affirmé le procureur de la poursuite, Me Michaël Bourget. 

Les deux parties s’étaient entendues pour proposer une peine de 100 heures de travaux, ce que le juge Pierre Lortie a accepté. 

« C’est un peu décourageant, surtout lorsque je vois un bon monsieur au parcours sans tache comme vous devant moi », a souligné le magistrat à l’endroit de l’accusé. Ce dernier s’est excusé avant de quitter le palais de justice.