Alain Bellemare a rencontré les employés de l’usine de Bombardier de La Pocatière et a répondu à toutes leurs questions.

Bombardier: l’usine de La Pocatière destinée à un bel avenir, selon Bellemare

LA POCATIÈRE – Si certains employés et élus avaient des appréhensions en apprenant que le grand patron de Bombardier débarquait pour la première fois mardi à l’usine de La Pocatière, leur inquiétude s’est vite transformée en confiance. «La raison pour laquelle je suis ici, c’est pour rassurer nos employés, a indiqué Alain Bellemare. Il y a encore un avenir et on va continuer à apporter du travail ici.»

C’est le discours qu’a tenu le président et chef de la direction devant plus de 450 travailleurs de l’usine bas-laurentienne, après quoi il a répondu à toutes leurs questions.

À quelques jours du congé des Fêtes, cette visite qui, même si elle prenait des allures de campagne de relations publiques, a été fort bien accueillie.

«Ici, on a de grandes compétences, a rappelé M. Bellemare aux employés. On n’a pas d’autres usines comme celle de La Pocatière dans notre réseau en Amérique du Nord. On a une expertise très élevée, de l’expérience et des capacités, par exemple dans les cars bodys et la fabrication de précision.»

Par cette visite, Alain Bellemare cherchait aussi à faire taire certaines rumeurs qui voulaient que la direction de Bombardier songeait à mettre la clé sous la porte de son usine du Kamouraska.
«Ce n’est pas du tout notre intention, a lancé le président. Au contraire, on veut en faire un centre d’excellence!»

Même si le carnet de commandes est vide dans un horizon d’un an et demi, soit après la livraison des voitures Azur du métro de Montréal, l’avenir réside, selon M. Bellemare, dans des parties de contrats que l’usine de La Pocatière pourrait réaliser en soutien à d’autres usines de la multinationale.

«Des structures de trains peuvent être fabriquées ici pour d’autres projets, envisage le dirigeant. Les technologies avancées en soudure, par exemple, sont des expertises difficile à trouver à travers le monde et on a ça ici. Les capacités qu’on a ici sont uniques dans notre système.»

Pour le maire de La Pocatière, cette visite du numéro un de Bombardier apportait un certain soulagement.

«Il a répondu à l’appel, se réjouissait Sylvain Hudon. Je suis encouragé. Il l’a répété devant les employés: l’usine ne fermera pas. Bombardier est capable de trouver sa niche pour produire des pièces pouvant servir à d’autres contrats. C’est une filière intéressante.»

Le même état de confiance se lisait sur le visage du préfet du Kamouraska. «Les employés étaient contents de voir M. Bellemare, a observé Yvon Soucy. Le grand patron de Bombardier ne se serait pas déplacé à La Pocatière s’il n’avait pas eu des choses intéressantes à dire!»

Même son de cloche de la part du président du syndicat des travailleurs de l’usine. «Ça faisait longtemps qu’on attendait une visite comme celle-là, a exprimé Claude Michaud. Les employés sont satisfaits des réponses.»

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BELLEMARE NE DIGÈRE PAS LA PERTE DU CONTRAT DE VIA RAIL

Par ailleurs, le président et chef de la direction de Bombardier a encore de travers dans la gorge la perte du contrat de VIA Rail accordé récemment à la multinationale allemande Siemens. 

«C’est une grande déception d’avoir perdu ce contrat-là et j’ai encore de la difficulté à comprendre qu’on ne peut pas exiger du contenu local, alors que tous les pays à travers le monde le font», a-t-il déploré.

Les élus locaux partagent la même opinion. 

«C’est inconcevable qu’il n’y ait pas de contenu local, s’indigne le maire de La Pocatière, Sylvain Hudon. S’il y avait 20% de contenu local, ils gagneraient beaucoup plus de contrats!» 

«Quelles retombées des trains fabriqués en Inde ou en Californie ont-elles pour le Québec ou pour le Canada?, interroge le préfet du Kamouraska, Yvon Soucy. Aucune. Pour moi, c’est incompréhensible.»