Le père d’Athéna Gervais, Alain, est d’avis qu’une étape importante vient d’être franchie par Santé Canada, mais il croit qu’il reste encore du travail à faire pour mettre en garde les jeunes.

Boissons alcoolisées sucrées: le père d’Athéna Gervais ne lâchera pas le morceau

Pour le père d’Athéna Gervais, Alain, la disparition des boissons sucrées à forte teneur en alcool dans les dépanneurs et épiceries du Canada est un pas en avant. Un meilleur travail de sensibilisation doit toutefois être effectué pour éloigner les jeunes de cette industrie, estime-t-il.

« On n’a pas atteint complètement ce qu’on voulait, mais on a fait un pas de géant dans la bonne direction », a partagé Alain Gervais, au cours d’un entretien téléphonique.

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Athéna Gervais, dont la mère est originaire de Saint-Félicien, est morte noyée en février 2018, après avoir consommé l’équivalent de 12 verres de vin en moins de 30 minutes, selon le rapport du coroner. L’adolescente de 14 ans avait bu trois cannettes de 568 mL de la boisson FCKDUP, contenant 11,9 pour cent en alcool. Elle a été retrouvée dans un ruisseau près de son école secondaire à Laval.

Depuis jeudi, les boissons sucrées alcoolisées ne sont plus permises sur les tablettes. De nouvelles normes de pourcentage d’alcool par contenant ont été mises en place, ce qui fait en sorte que les limites équivalent maintenant à 1,5 consommation standard d’alcool. À titre comparatif, une cannette de FCKDUP représentait quatre consommations.

« Je trouve qu’une consommation et demie, c’est encore un peu trop, mais ça demeure un pas dans la bonne direction », a ajouté Alain Gervais, qui aimerait maintenant que l’affichage soit mieux réglementé, un peu comme ce qui a été fait pour l’industrie du tabac.

« Les publicités, souvent adressées directement aux jeunes, doivent être retirées, a-t-il exprimé. Présentement, ils sont sollicités directement sur des sites qu’ils fréquentent dès l’âge de 12 ou 13 ans. Ils sont interpellés très tôt, ce qui a pour effet de former la prochaine génération de consommateurs. »

Alain Gervais souhaite que des étiquettes de mises en garde soient apposées sur les contenants alcoolisés. « Un petit message de Santé Canada ne ferait pas de tort, et je pense qu’elle a le pouvoir de le faire », a-t-il soutenu.

Alain Gervais a parlé avec la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, jeudi. Elle lui a signifié son accord devant sa proposition, mais l’a sensibilisé au fait qu’il peut s’avérer ardu de faire changer une loi.

« Elle m’a suggéré de continuer la lutte. C’est sûr qu’on ne laissera pas tomber le combat. Je suis régulièrement en discussion avec le directeur général d’Éduc’Alcool, Hubert Sacy, et on ne lâchera pas le morceau. Cela dit, la mesure annoncée est un pas dans la bonne direction, et ça fait chaud au coeur. »