La ministre des Affaires municipales Andrée Laforest se rendra à Sainte-Marie et à Beauceville mercredi.

Beauce: la ministre Laforest entendra les doléances des maires

Alors qu’une députée libérale et un député caquiste devaient entendre ensemble les doléances de maires beaucerons jeudi, la ministre des Affaires municipales Andrée Laforest prend de l’avance et ira sur le terrain mercredi.

La ministre doit se rendre à Sainte-Marie et à Beauceville pour rencontrer les maires et «discuter de leurs préoccupations» en lien avec l’avenir de leurs villes, durement touchées par les dernières inondations printanières. Les demandes des maires «seront par la suite examinées», indique Mathieu Noël, directeur de cabinet adjoint de Mme Laforest.

Le maire de Beauceville François Veilleux a déjà fait savoir qu’il souhaite remblayer et surélever le boulevard Renault, l’artère principale de la ville, pour éviter aux commerces d’être touchés par de nouvelles inondations. Il réclame une aide financière du gouvernement pour réaliser ces travaux. 

Ses homologues des villes et villages qui longent la rivière Chaudière sont également préoccupés par l’impact de la Zone d’intervention spéciale (ZIS), décrétée en juin, qui empêche toute reconstruction au cœur de leurs municipalités. 

Le cabinet de Mme Laforest explique que sa visite en Beauce a été devancée en raison «de l’actualité», et non parce que la députée libérale Marie-Claude Nichols, porte-parole de l’opposition en affaires municipales, sera sur place jeudi. «On fait pas notre agenda en fonction des libéraux», commente M. Noël. Le député caquiste de Beauce-Nord Luc Provençal, qui devait rencontrer les maires jeudi, a plutôt été invité à se joindre à la tournée de la ministre mercredi.

Des maires en furie

«Partout au Québec, on est interpellés par des maires, qui sont très inquiets. Il y en a qui sont vraiment en furie», indique Mme Nichols en entrevue au Soleil. La députée libérale entame une tournée de plusieurs régions touchées par la ZIS, qui la mène en Mauricie mercredi et en Beauce jeudi. 

Ce gel de la construction imposé par le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) a eu «l’effet d’une bombe» dans le milieu municipal, évalue Mme Nichols. La députée déplore que les municipalités et les citoyens portent le fardeau de vérifier s’ils font partie de la ZIS et de justifier leurs demandes pour en sortir. 

«C’est désolant que ça arrive durant la période estivale, parce que les villes n'ont pas tout le personnel en place pour répondre aux inquiétudes des citoyens. Il y en a qui doivent faire rentrer des gens en temps supplémentaire pour ça», dénonce Mme Nichols. 

La libérale pointe la «méthode de travail inefficace» du gouvernement, qui a interdit la reconstruction de façon très large, avant de faire des modifications à la carte des zones inondables «à la pièce».

Mme Nichols croit que la situation de la Beauce est «particulière». S’il faut éloigner certaines habitations des abords de la rivière Chaudière, «il faut faire en sorte de ne pas tuer l’économie de ces villes-là», croit-elle. «Je suis certaine qu’on peut encore faire des travaux tout en respectant la nature, pour permettre à ces villes-là d’exister.»