Alan Barnes s’expose à une peine pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison pour l’attaque effectuée par ses chiens.

Attaque de chiens à Potton: Alan Barnes officiellement accusé

Le propriétaire des chiens qui ont sauvagement attaqué une femme à Potton (Estrie) en mars dernier a été officiellement accusé, lundi, de négligence criminelle ayant causé des lésions corporelles.

Alan Barnes, 59 ans, était absent du palais de justice de Granby, mais il a été représenté par Me Geneviève Cardin, de la défense. Pour son client, Me Cardin a demandé à ce que le dossier soit reporté en janvier, le temps de prendre connaissance de la preuve.

Le juge Érick Vanchestein, de la Cour du Québec, a accepté que la cause soit remise au 20 janvier. M. Barnes, qui avait été arrêté en août, comparaissait par voie de sommation.

La défense « veut avoir le temps de prendre connaissance de toute la preuve », a indiqué Me Laurence Bélanger, du bureau de la Couronne, à sa sortie de la salle d’audience.

Selon Me Bélanger, la poursuite — qui sera représentée par Me Claude Robitaille — « a une perspective raisonnable de condamnation ». Au moins un dossier similaire s’est déjà soldé par une sentence, a mentionné l’avocate.

La Couronne devra démontrer que les gestes — ou l’absence de geste — commis par l’accusé font preuve « d’un écart marqué face à ce qu’aurait fait une personne raisonnable », a dit Me Bélanger.

En vertu du Code criminel, M. Barnes s’expose à une peine maximale de 10 ans de prison. Il n’y a pas de sentence minimale pour ce type d’infraction.

Jogging

Ses trois chiens ont blessé sérieusement Dominique Alain, 55 ans, le 29 mars dernier alors que la femme joggait à proximité de son domicile du chemin de l’Aéroport. La barrière de sa propriété était alors ouverte.

En entrevue à La Tribune peu de temps après l’attaque, M. Barnes signalait que ses chiens « n’ont jamais montré d’agressivité envers qui que ce soit » et jugeait la situation « très bizarre ». Ils ont depuis été euthanasiés.

La victime a dû subir de nombreuses interventions chirurgicales, notamment aux bras et aux jambes. L’un de ses triceps a été complètement mangé. Mme Alain juge que les lois devraient être plus sévères envers les propriétaires de chiens.

Selon le maire de Potton, Jacques Marcoux, ce n’était pas la première fois que les chiens de M. Barnes mordaient quelqu’un.

« Il appartient à chacun de garder le contrôle sur ses chiens et M. Barnes a été négligent de ce point de vue, a dit M. Marcoux à La Tribune. C’est maintenant à la justice de traiter l’affaire. »

Depuis le triste événement, le Canton de Potton a entrepris de modifier sa règlementation municipale et a délégué la gestion de ses chiens dangereux à Société protectrice des animaux de l’Estrie.

Alan Barnes possède un antécédent judiciaire. Il y a un an, il a été condamné à payer une amende de 150 $ pour avoir proféré des menaces.