Julien Gagnon, de Québec, a reconnu sa culpabilité à un grand excès de vitesse. Dans sa Porsche Boxster, il a roulé à 205 km/h dans la Réserve faunique des Laurentides lorsqu’il a été capté par les policiers de la Sûreté du Québec, en septembre 2013.

Arrêté à 205 km/h sur la 175

Cinq ans, quatre mois et seize jours après avoir été arrêté pour un grand excès de vitesse (GEV) dans la Réserve faunique des Laurentides, Julien Gagnon, un dentiste de Québec, a plaidé coupable aux accusations déposées contre lui.

Le 13 septembre 2013, il a été intercepté par des patrouilleurs de la Sûreté du Québec alors qu’il était au volant de sa Porsche Boxster. Il circulait alors à une vitesse de 205 km/h dans une zone de 100 km/h.

Me Stéphane Harvey, qui représente les intérêts de l’accusé, a fait parvenir un plaidoyer de culpabilité au procureur de la Couronne, Me François Bourgeois. Le juge Réjean Bédard, de la Cour du Québec, chambre pénale, a entériné la décision de l’accusé, qui n’était pas présent pour apprendre le montant de son amende.

Julien Gagnon, 62 ans, est condamné à une amende de 1290 $ et devra assumer les frais de la cour qui atteindront près de 1200 $, pour un total de près de 2500 $, sans oublier les frais de ses avocats.

De plus, la Société de l’assurance-automobile du Québec lui a imposé 24 points d’inaptitude sur son permis de conduire. Il voit donc son permis de conduire être révoqué pour une période de trois mois. Comme il lui reste encore neuf de ces points à son dossier, il devra se tenir à carreau pour les deux prochaines années, car un ajout de six points d’inaptitude le mènera à nouveau à une révocation de son permis de conduire pour une période plus longue que trois mois.

« Et son permis de conduire lui coûtera 400 $ de plus pour les deux prochaines années en raison du nombre de points accumulés au dossier », a expliqué Mario Vaillancourt, porte-parole de la Société de l’assurance-automobile du Québec (SAAQ).

Longue saga

Le dossier du dentiste de Québec aura donc traîné en longueur.

Arrêté pour un grand excès de vitesse (GEV) en septembre 2013, il aura finalement mis près de 66 mois avant de régler sa contravention.

« Ce fut une longue saga judiciaire. Il y a plus de cinq ans que ça se déroule devant le tribunal. Après l’arrestation, l’accusé n’a rien demandé durant deux ans. Et à un moment donné, son premier avocat a demandé une divulgation de la preuve », explique Me Bourgeois.

« Ensuite, l’accusé a demandé la récusation du juge Bédard à la suite d’une décision qu’il avait rendue, mais ce ne fut pas accepté. L’autre partie s’est rendue à la Cour supérieure avec une requête en certiorari, pour une révision judiciaire, mais ce fût là aussi rejeté », a poursuivi le procureur de la Couronne.

Le clan de l’accusé a même demandé un arrêt des procédures en raison des longs délais dans cette affaire.

Mais ni l’accusé ni l’avocat ne se sont présentés au tribunal pour faire valoir leur point de vue.

Me Harvey, le dernier procureur au dossier de l’accusé, a fait parvenir un plaidoyer de culpabilité, lundi en fin d’après-midi, au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Me Harvey a profité de l’occasion pour déposer une demande afin de limiter les frais administratifs, étant donné que le dossier traîne depuis plusieurs années et qu’il y a eu de nombreuses apparitions au rôle de la cour.

Le juge Bédard a rejeté la demande estimant que les délais étaient largement attribuables à l’accusé.

Julien Gagnon a notamment fait appel à au moins cinq procureurs durant cette longue période de procédures judiciaires.

« Avant de me prononcer sur la demande de limiter les frais administratifs, j’aimerais voir le dossier pour en évaluer l’épaisseur et me faire une idée du nombre de fois où l’affaire est revenue », a indiqué le magistrat.

Le dossier de Julien Gagnon fait au bas mot près de six pouces d’épaisseur, démontrant qu’il y avait eu de nombreux procès-verbaux rédigés chaque fois que le dossier était appelé devant le tribunal.