La préfète de La Matapédia, Chantale Lavoie, et le maire d'Amqui, Pierre D'Amours, demande au CISSS du Bas-Saint-Laurent de solutionner dans les plus brefs délais la rupture de services en obstétrique à l'hôpital d'Amqui.

Amqui: un chirurgien refuse de pratiquer des césariennes

AMQUI – Les élus de la Matapédia dénoncent la rupture de services en obstétrique qui survient aux deux semaines à l'hôpital d'Amqui parce que l'un des deux chirurgiens, qui vient d'entrer en poste, refuse de pratiquer des césariennes. Les maires de la MRC et la préfète Chantale Lavoie lancent un cri du cœur auprès du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent afin de trouver une solution immédiate.

Cette situation sévit depuis un mois à la suite du départ de l'un des deux chirurgiens. Or, un jeune chirurgien a posé sa candidature, mais n'a pas les qualifications pour pratiquer des césariennes. Cependant, selon le directeur des services professionnels du CISSS du Bas-Saint-Laurent, il s'était montré intéressé à ajouter les césariennes à son expertise et avait même amorcé le stage nécessaire. «Une semaine avant d'entrer en fonction, on a été avisés à l'effet qu'il refusait de faire des césariennes […] parce que, entre autres, il avait eu des échanges avec l'Association canadienne de protection médicale [ACPM] et avec son association [Association québécoise de chirurgie]», raconte Jean-Christophe Carvalho. Or, devant le refus du nouveau médecin, le CISSS a appelé l'ACPM pour savoir si celui-ci serait couvert par les assurances s'il pratiquait des césariennes. L'organisme a confirmé que oui. Mais, le jeune chirurgien n'a pas changé d'idée.

105 km pour les urgences

Par conséquent, les deux semaines pendant lesquelles ce nouveau chirurgien est de garde à l'hôpital d'Amqui, les femmes qui se présentent pour accoucher sont transférées à Rimouski, à 105 km plus loin. Selon le CISSS, de 100 à 120 femmes par année accouchent à l'hôpital d'Amqui. De ce nombre, de 20 à 25 d'entre elles doivent subir une césarienne.

«On trouve la situation inacceptable, s'insurge le maire d'Amqui, Pierre D'Amours. On demande au CISSS de nous assurer qu'il y aura des ressources compétentes pour faire des accouchements dans la Matapédia en tout temps.» «On est en région, mais notre population n'a pas à être prise en otage, ajoute Chantale Lavoie. On est à 1h15 de Rimouski, même avec une lumière rouge sur le toit! Quand on parle de césarienne d'urgence, c'est trop long! Amqui n'est pas dans la brousse! On a une salle de chirurgie fonctionnelle.»

Le directeur des services professionnels assure que le CISSS s'active à trouver une solution, mais qu'il est dans un certain dilemme. S'il renvoie le nouveau médecin qui répond aux besoins de chirurgie générale, à l'exception des césariennes, la Matapédia se retrouvera en ruptures de chirurgie aux deux semaines, à moins de bénéficier de services de dépannage. «Une option possible serait de faire appel à du dépannage dédié à de l'obstétrique, suggère le DCarvalho. Une autre option serait qu'au fur et à mesure de la relation avec le nouveau chirurgien, on réussisse à le mettre en confiance et qu'il accepte de faire des césariennes.»