Alex Harvey jubilait après avoir gagné la médaille d'argent à la poursuite 15 km.

Alex Harvey part dans la gloire [PHOTOS + VIDÉO]

Impossible d’imaginer un plus beau tour d’honneur! Après un podium de rêve, la veille, Alex Harvey a bouclé sa carrière avec une autre brillante deuxième place à la poursuite de 15 km, dimanche, en conclusion des finales de la Coupe du monde de ski de fond devant des milliers de spectateurs réunis sur les plaines d’Abraham.

Contrairement à samedi, cette journée dominicale était plus propice à la fête qu’à l’émotion. Et le prince du ski de fond au pays s’est assuré de combler tous les sujets de son royaume.

Harvey rêvait d’un podium, en fin de semaine, mais il a fait encore mieux en doublant la mise. Parti troisième de la poursuite, dimanche, il a suivi pas à pas le Russe Alexandre Bolshunov, qui cherchait à rejoindre le meneur Johannes Hoesflot Klaebo. Les deux poursuivants ont réussi à le faire à la mi-parcours, mais le Norvégien a profité de la dernière montée pour les devancer et filer vers la victoire des finales, mais surtout, enlever le précieux Globe de cristal de la saison.

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Pendant ce temps, Harvey profitait d’un autre sprint inspiré pour prendre la deuxième position de ce mini-tour de trois épreuves. Le fondeur de 30 ans de Saint-Ferréol-les-Neiges a réussi le meilleur temps de la journée.

«Je voulais donner la meilleure performance possible. Samedi, il fallait que je me force pour croire au podium, mais aujourd’hui, c’était à moi de le perdre et j’ai vraiment pu apprécier la journée. J’ai pu savourer le moment, surtout au dernier tour», a dit le héros de cette fin de semaine en qualifiant son temps le plus rapide du jour comme étant la «cerise sur le sundae».

Folle ambiance

Sur les Plaines, c’était la fête. Près du podium, l’ambiance était folle. «Alex! Alex! Alex!», criait-on. «Un an de plus, un an de plus», hurlaient ses amis.

«Non, aucune chance, c’est la plus belle façon de finir ma carrière», a dit le principal intéressé à propos de la possibilité que son coup double des deux derniers jours ne le fasse changer d’idée...

«Ça me réconforte encore plus dans ma décision. J’ai toujours voulu arrêter au top. Même si la saison a été difficile, les deux dernières semaines ont bien été, alors le temps est bon», a-t-il noté à propos de sa retraite.

Il s’est accroché aux bottes de Bolshunov, parti comme un enragé à la poursuite de Klaebo, qui aura signé la victoire à chacune des trois courses, ce week-end. Même chose pour la Suédoise Stina Nilsson, chez les dames. Dans l’aire d’arrivée, Harvey a d’ailleurs souligné la force du Russe, troisième de la poursuite et deuxième au classement général derrière Klaebo.

«Bolshunov ne court que d’une façon, c’est une locomotive, et je m’attendais à ce que le premier tour soit difficile. Après, j’ai réussi à récupérer et au dernier tour, je savais que le podium était assuré. Mais la beauté de notre sport, c’est que ce n’est pas tout le temps le plus fort qui gagne», a noté celui qui a tiré son épingle du jeu beaucoup plus par la stratégie que par la force musculaire.

Dimanche, il s’est élevé au rang des plus grands athlètes de l’histoire à Québec. Il a sauté une clôture pour aller enlacer son père, Pierre Harvey, qui l’attendait, bouteille de champagne à la main.

Vague d’amour

Le Norvégien Klaebo était impressionné par cette vague d’amour envers le fondeur québécois. Plusieurs compétiteurs portaient même une casquette de l’équipementier Salomon où il était inscrit «Merci Alex».

«C’est complètement fou. Honnêtement, je n’ai jamais vu ça», a confié Klaebo, le meilleur skieur au monde, à propos de l’ambiance qui régnait.

Une visite chez la gouverneure générale du Canada attend Harvey, mardi, à Ottawa. Il lui reste aussi quatre cours à suivre pour terminer son baccalauréat en droit. Et il se marie en juin.

«L’appel de la paternité, chanceux», lui rappelait d’ailleurs une affiche près du fil d’arrivée. Sa fiancée Sophie Ringuette se tenait juste derrière.

Bonne retraite, Alex Harvey!