Le juge Pierre L. Rousseau de la Cour du Québec a accepté la suggestion de peine des parties, soit 18 mois de détention ferme.

Agressée sexuellement par son oncle, une femme a gain de cause

Il y a trois ans, Manon Coll a eu peur de mourir d’une grave infection pulmonaire. Sur son lit d’hôpital, elle a décidé qu’elle n’amènerait pas dans sa tombe les agressions sexuelles subies durant son adolescence.

Manon, aujourd’hui âgée de 47 ans, a vu son oncle André Côté, 69 ans de Québec, partir pour la prison vendredi après-midi.

Le juge Pierre L. Rousseau de la Cour du Québec a accepté la suggestion de peine des parties, soit 18 mois de détention ferme.

Il y a quelques mois, Côté, sans antécédent judiciaire, a été déclaré coupable au terme de son procès de quatre agressions sexuelles commises durant l’été 1986.

Le juge Pierre L. Rousseau n’a pas cru le sexagénaire, qui faisait valoir son excellente réputation et niait tout geste sur sa nièce.

Le juge a plutôt prêté foi au témoignage de Manon, qui relatait que pendant cet été-là, elle a vécu avec sa mère, ses frères et sœurs chez son oncle André Côté et sa tante, hospitalisée après un accouchement difficile.

André Côté nie toujours les gestes et a porté sa condamnation en appel.

C’est durant la nuit, à quatre occasions, que l’oncle a fait des attouchements aux seins, aux cuisses et à la vulve de Manon, âgée de 14 ans. Il a aussi fait une pénétration digitale et tenté de la pénétrer avec son pénis.

Manon avait tout raconté à sa mère. Cette dernière, aujourd’hui décédée, lui aurait demandé de se taire, pour ne pas accabler davantage sa tante malade.

Brisure dans la famille

Côté nie toujours les gestes. Assis en première rangée dans la salle d’audience, il hochait la tête en signe de dénégation et a porté sa condamnation en appel.

Manon, elle, ne regrette rien. Même si la dénonciation a fait une brisure dans la famille, brisure qui la fait souffrir elle aussi.

«J’ai eu tellement de problèmes avec mes souvenirs d’enfance, tellement de blocages dans mes relations amoureuses. C’était assez», confie Manon. 

Manon Coll avait fait lever l’ordonnance de non-publication protégeant son identité.