Washington a fait pression sur d’autres pays pour qu’ils limitent l’utilisation de la technologie de Huawei, prévenant qu’ils pourraient s’exposer à de la surveillance et à du vol d’informations.

Affaire Huawei: Pékin prévient Ottawa de «conséquences» s’il aide Washington

PÉKIN — La Chine affirme que le Canada doit être conscient des conséquences d’aider les États-Unis dans l’affaire impliquant le géant chinois des technologies Huawei, qui aurait provoqué la détention de deux Canadiens en Chine.

Les propos de vendredi du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Geng Shuang, surviennent après que le vice-président américain, Mike Pence, et le premier ministre, Justin Trudeau, aient appelé à la libération de Michael Kovrig et de Michael Spavor.

Les deux hommes ont été arrêtés le 10 décembre à la suite de la détention par le Canada d’une dirigeante de Huawei qui fait l’objet d’une demande d’extradition de la part des États-Unis pour fraude. Bien que la Chine ait nié avoir pris des mesures de représailles, il a souvent laissé entendre qu’il existait un lien étroit entre les cas.

Michael Kovrig, un ancien diplomate et expert de l’Asie à l’International Crisis Group, et Michael Spavor, un homme d’affaires, ont été accusés d’avoir comploté pour voler des secrets d’État. Le Canada a demandé à plusieurs reprises leur libération immédiate, qualifiant leur détention d’»arbitraire». Ni l’un ni l’autre n’a été autorisé à communiquer avec des avocats ou des membres de leur famille.

«Nous espérons que le Canada pourra bien comprendre les conséquences de se compromettre pour les États-Unis et prendre des mesures immédiates pour corriger ses erreurs afin de s’épargner les conséquences de dommages croissants», a déclaré M. Geng lors d’une conférence de presse quotidienne.

La directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, et fille du fondateur de l’entreprise est accusée d’avoir menti aux banques au sujet des relations de la société avec l’Iran, en violation des sanctions commerciales imposées par les États-Unis. Son avocat a fait valoir que les commentaires du président américain Donald Trump suggéraient que les poursuites contre elle étaient motivées par des considérations politiques.

Washington a fait pression sur d’autres pays pour qu’ils limitent l’utilisation de la technologie de Huawei, prévenant qu’ils pourraient s’exposer à de la surveillance et à du vol d’informations.

La Chine et les États-Unis sont actuellement aux prises avec un différend commercial qui a assiégé les marchés financiers mondiaux.

Un autre Canadien détenu en Chine, Robert Schellenberg, a été condamné à nouveau à mort dans une affaire de drogue à la suite de la détention de Mme Meng. Sa cause est actuellement en appel.

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Huawei renvoie ses employés américains chez eux, rapporte le Financial Times

Le Financial Times rapporte que le géant des technologies Huawei a ordonné à ses employés d’annuler des réunions techniques avec des contacts américains et qu’il a renvoyé chez eux plusieurs employés américains travaillant à son siège social chinois.

Ces mesures surviennent dans un contexte de tensions croissantes sur le commerce et la technologie entre les États-Unis et la Chine dans lesquelles Huawei est une cible principale.

Le quotidien cite l’architecte en stratégie de Huawei, Dang Wenshuan, qui aurait déclaré que les citoyens américains travaillant en recherche et développement ont été rapatriés il y a deux semaines, après que l’entreprise chinoise et 68 filiales aient été inscrites sur une liste noire.

Le texte indique qu’un atelier qui était en cours à l’époque a «pris fin précipitamment et les délégués américains ont été priés de retirer leurs ordinateurs portables, d’isoler leurs réseaux et de quitter les locaux de Huawei».

M. Dang aurait indiqué que Huawei limitait également les interactions entre ses employés et les citoyens américains.