Nancy Gauthier

Absolution conditionnelle pour une femme qui a tenté d’étouffer sa mère

Le juge Paul Guimond s’est montré clément envers Nancy Gauthier, cette dame maintenant âgée de 56 ans qui a été reconnue coupable de voies de fait avec lésion commises sur sa mère en février 2015, en lui accordant une absolution conditionnelle, mercredi, au Palais de justice de Chicoutimi.

Dans le prononcé de la sentence de l’accusée représentée par Me Charles Cantin, le juge Guimond, de la Cour du Québec, a reconnu que les gestes posés à l’époque étaient graves et inacceptables en affirmant que la dame avait de la difficulté dans la gestion de ses émotions et de son agressivité. 

Il s’est penché sur les efforts de Mme Gauthier pour se réhabiliter dans la société. Le suivi d’une thérapie pour faire cesser sa consommation d’alcool et ses problèmes de dépression, sa volonté de retourner dans le monde de l’enseignement, des rapports favorables du Service de probation, les faibles chances de récidive de même que l’absence d’un passé criminel ont été considérés positivement par le juge. Celui-ci a considéré que l’absolution conditionnelle répondait aux quatre critères de l’article 418 du Code criminel.

L’ex-enseignante s’engage à conserver la paix pendant une période de probation de trois ans, à se présenter à la cour lorsque requis, à ne pas importuner la victime ou se trouver en sa présence à moins que cette dernière n’en fasse la demande, à effectuer 200 heures de travaux communautaires et à suivre les recommandations de son médecin et du service de probation.

Après le prononcé de la sentence, Me Cantin s’est montré fort satisfait que le juge Guimond se soit rendu à la suggestion de la défense, d’autant plus que sa cliente faisait face au début à des accusations de tentative de meurtre, de voies de fait armées et de voies de fait avec lésion qui auraient pu la conduire de quatre à cinq ans en prison. 

« Nous avons présenté toutes sortes de garanties pouvant prémunir la société devant une dangerosité quelconque», a lancé Me Cantin. Il a ensuite énuméré celles-ci, soit des suivis, des travaux communautaires, des consultations au besoin ou encore de devoir répondre aux directives d’agent de probation. «Ce sont toutes des conditions qui font que le processus est respecté pour assurer la sécurité du public, le respect des conditions imposées. Le juge a considéré qu’elle peut représenter un actif positif pour la société », a poursuivi le procureur. 

Mme Gauthier a été arrêtée en février 2015 à la suite d’une chicane survenue avec sa mère à propos d’un chien rendu malade après avoir ingéré une boîte de chocolats dans un contexte de consommation d’alcool.

La dame, qui avait 53 ans à l’époque, avait alors tenté d’étouffer sa mère âgée de 79 ans en utilisant un foulard en la surprenant par l’arrière et en menaçant de la tuer. La mère avait subi de légères blessures en tentant de se défendre à l’aide d’un couteau.

Après avoir été accusée de tentative de meurtre et de voies de fait armées, la Couronne, représentée par Me Jean-Sébastien Lebel, avait accepté de réduire les accusations à celles de voies de fait causant des lésions.

Lors des représentations sur sentence, Me Cantin avait exprimé le voeu de la victime de retourner dans le milieu de l’enseignement et de fréquenter à nouveau sa mère après être allée vivre dans la région de Montréal au cours des trois dernières années.