Vicky Groulx

15 mois pour avoir fraudé de proches aînés

Coupable d’avoir fraudé deux proches parents à Sherbrooke, Vicky Groulx a été condamnée à 15 mois de prison, à purger dans la collectivité.

La juge Claire Desgens de la Cour du Québec lui a imposé cette peine dissuasive, vendredi, au palais de justice de Sherbrooke.

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Le juge insiste sur le remboursement à la victime

« C’est une peine de détention. Il faut respecter les conditions sinon vous allez finir cette peine en prison », a prévenu la juge Desgens.

Vicky Groulx devra aussi effectuer 150 heures de travaux communautaires.

« On ne peut pas passer sous silence la gravité suggestive et objective des crimes commis (...) On ne peut s’attaquer impunément à des personnes âgées », signale la juge Desgens.

Vicky Groulx a reconnu avoir fraudé son grand-père puis sa grand-tante en 2016 et 2017. Son conjoint de l’époque David Guillemette avait aussi plaidé coupable à une partie des fraudes commises à l’endroit de la grand-tante de Vicky Groulx entre mars et avril 2017.

« Vous avez abusé de la confiance à un moment où ces personnes étaient vulnérables et hospitalisées. Vous avez abusé de la confiance de personnes significatives de votre entourage », a rappelé la juge Desgens.

La juge a considéré que les fraudes étaient motivées par le besoin de consommer de l'accusée. Le couple Groux-Guillemette consommait du crack qu’il payait avec l’argent volé à la grand-tante.

Ce sont les rechutes dans la drogue puis les dettes accumulées dans l’économie souterraine qui auraient mené Vicky Groulx dans une spirale infernale où elle s’est servie de gens qui l’aidaient pour « survivre ».

« Je ne prête pas beaucoup foi à votre mémoire de cette époque parce que vous minimisez beaucoup votre participation. Vos souvenirs semblent faussés pour ne pas mal paraître aux yeux du tribunal et des proches qui étaient présents dans la salle d’audience. Votre mémoire de l’époque était peut-être obscurcie par votre consommation de stupéfiants », signale la juge Desgens.

Crime à l’hôpital

La grand-tante était hospitalisée en mars 2017 lors du délit contre elle.

Elle leur avait demandé de louer un téléviseur avec sa carte bancaire en donnant son NIP.

Vicky Groulx et David Guillemette ont volé la carte et pigé dans le compte de banque de la victime.

La carte a été utilisée à plus d’une centaine de reprises pour effectuer des retraits, mais aussi des paiements directs de diverses marchandises.

Les deux accusés se renvoient la balle sur l’implication de chacun sur l’utilisation du montant de la fraude.

Ce n’est que la découverte du stratagème par les services de sécurité bancaire puis l’arrestation par le Service de police de Sherbrooke qui a mis fin à cette affaire.

La juge a souligné le témoignage de la grand-tante de Vicky Groulx qui lui a pardonné des gestes dont elle a été victime.

« La personnalité empathique qu’elle a est la marque d’une grande dame. J’espère que vous ne la décevrez pas à nouveau », signale la juge Desgens.

Vicky Groulx a aussi reconnu avoir pris un véhicule de son grand-père dans le consentement en août 2016.

Elle a aussi plaidé coupable à des accusations de fabrication de faux, de s’être servi de ces faux chèques, de vols de chèques sur cette même personne entre mai et juillet 2016.

Elle a volé un paquet de chèques à son grand-père. Elle avait demandé à plusieurs personnes d’encaisser les chèques et lui remettre l’argent.

C’est le fils de la victime, après l’émission d’un mandat d’inaptitude, qui s’est rendu compte de la fraude de 2290 $.

Pour rembourser le montant de cette fraude, Vicky Groulx n’a pas touché sa part d’héritage.

« Le montant de la fraude n’est pas un élément déterminant sur l’imposition de la peine. On parle de deux fraudes à l’égard de personnes âgées malades et qui comptaient sur vous et les services que vous leur rendiez », mentionne la juge.

Les positions de la défense et la poursuite étaient diamétralement opposées dans cette affaire. La procureure aux poursuites criminelles Me Émilie Baril-Côte demandait une peine exemplaire de détention. L’avocate de la défense Me Julie Beauchemin réclamait une sentence suspendue.

Le tribunal a retenu les regrets et remords sincères, les suivis réalisés, l’implication sociale et le cheminement à plusieurs problèmes rencontrés par Vicky Groulx.

« La partie n’est pas complètement gagnée. Vous avez encore besoin des suivis mis en place autour de vous », a mentionné la juge qui a imposé une probation de trois ans à la suite de la peine de détention.