Le juge Michel Boudreault a fait preuve de clémence devant une femme qui était victime de violence conjugale et qui avait agressé son conjoint avec un couteau.  Il a cru que cet acte de violence était seulement un geste isolé.
Le juge Michel Boudreault a fait preuve de clémence devant une femme qui était victime de violence conjugale et qui avait agressé son conjoint avec un couteau. Il a cru que cet acte de violence était seulement un geste isolé.

« Je m’inquiète plus pour l’accusée »

Le juge de la Cour du Québec, Michel Boudreault, a fait preuve d’empathie et de clémence devant une femme accusée de voie de fait armée sur son conjoint, qu’elle a poignardé au bras. La femme de Jonquière avait été victime de violence conjugale de la part de cet homme à deux reprises avant qu’elle ne pose ce geste. Elle devra respecter une probation de 12 mois, mais le juge ne lui a pas imposé de peine à proprement parler, ajoutant qu’il se faisait plus de souci pour elle que pour la victime.

L’accusée avait lacéré le bras de son conjoint avec un couteau, lors d’une soirée où le ton avait monté. Elle lui avait infligé des blessures profondes de trois centimètres.

L’homme s’était rendu à l’hôpital et une accusation de voie de fait armée avait été déposée contre la femme âgée dans la cinquantaine, qui n’avait aucun antécédent judiciaire.

Ce qu’il faut savoir, c’est que le conjoint de l’accusée avait été condamné à deux reprises pour violence conjugale par le passé.

Les gestes de violence avaient été commis sur l’accusée, ce qui a pesé dans la balance lorsque le juge Boudreault a rendu sa sentence, vendredi matin, au Palais de justice de Chicoutimi.

La Couronne, représentée par Me Élise Tremblay, demandait 120 heures de travaux communautaires comme peine, alors que la défense, représentée par Me Julien Boulianne, demandait une probation de 12 mois.

«Je vous regarde, madame, et je suis d’avis que cet événement a été un geste isolé. Je ne vois pas une femme violente devant moi. Il faut aussi tenir compte du contexte. Vous avez, par le passé, été victime de violence conjugale», a expliqué le juge Boudreault.

«Je suis certain que vous ne serez pas une habituée du palais de justice», a ajouté le magistrat.

Étant donné que l’accusée a plusieurs problèmes de santé, notamment au niveau rénal et qu’elle se déplace avec une canne, le juge ne lui a pas ordonné de faire des travaux communautaires.

Mais elle devra suivre une probation de 12 mois, notamment en respectant les conditions habituelles de garder la paix et d’avoir une bonne conduite, mais elle devra avoir un suivi en tant que personne ayant posé un geste de violence, mais aussi en tant que victime de violence conjugale.

«C’est assez rare qu’on impose une probation pour protéger l’accusée, mais c’est le cas ici. Je m’inquiète plus pour l’accusée que pour la victime dans cette histoire», a affirmé le juge Boudreault.