Justice et faits divers

Incendie de Saint-Fabien: ces héros de l’ombre

SAINT-FABIEN — Quand le malheur frappe dans une communauté, il y a heureusement des gens qui, malgré l’émoi, n’hésitent pas à se rendre disponibles sans compter leurs heures. C’est le cas de Martine Therriault et de Stéphan Simoneau qui, lors de l’incendie qui a amputé une partie du centre du village de Saint-Fabien au Bas-Saint-Laurent, ont fait preuve de dévouement.

Martine Therriault n’avait pas dormi beaucoup. La gérante du casse-croûte du centre des loisirs a été appelée à 7h vendredi matin pour venir servir des repas chauds à une trentaine de personnes évacuées après qu’un camion-citerne de propane eut versé. Notons que le centre des loisirs de cette municipalité, située entre Rimouski et Trois-Pistoles, avait été désigné comme lieu d’hébergement pour les sinistrés. La dame a terminé sa journée de travail à 22h. Plus de 48 heures plus tard, elle et son équipe avaient servi des centaines de repas, puis offert autant de café aux pompiers et aux premiers répondants. 

Dans la nuit de samedi à dimanche, après une heure et demie de sommeil, la gérante du casse-croûte reçoit un appel. «On m’a dit qu’il y avait une catastrophe, qu’il y avait des évacués», raconte-t-elle. Quinze minutes plus tard, elle était au casse-croûte. Elle a fait à manger pendant 16 heures.

«C’est la première fois qu’on vit une situation comme ça, coup sur coup, indique Mme Theriault. On n’était pas prêts à ça. On s’est revirés vite et les gens étaient contents. Pour moi, c’est important. C’est du monde que je connais. On s’est mobilisés et j’ai fait rentrer du monde.» Les frais de repas offerts aux sinistrés étaient aux frais de la municipalité.

Actualités

Fausses informations sur les mosquées: Valérie Plante appelle à la vigilance

MONTRÉAL - Plusieurs jours après l'éclatement d'une controverse sur une fausse information voulant que des mosquées montréalaises aient demandé aux femmes de ne pas se présenter sur un chantier de construction, la mairesse de Montréal a fait un appel à la vigilance auprès de citoyens, de politiciens et de journalistes pour ne pas qu'ils réagissent à des rumeurs «qui font mal» aux communautés culturelles de la métropole.

Dans un message transmis sur les réseaux sociaux, dimanche après-midi, Valérie Plante a écrit que de tels propos erronés heurtaient les communautés et Montréal, «une ville inclusive».

Elle a ajouté qu'il allait de la «responsabilité» des intervenants publics d'être «solidaires et vigilants».

Dans un reportage présenté mardi soir, le réseau TVA a erronément allégué que des mosquées du quartier Côte-des-Neiges, à Montréal, avaient demandé l'exclusion de femmes sur un chantier de construction lors de la prière du vendredi.

La nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux et des groupes identitaires proches de l'extrême droite avaient promis une manifestation devant l'une des mosquées lors de la prière.

La Commission de la construction du Québec avait mené une vérification pour finalement conclure, après de multiples rencontres avec tous les intervenants, incluant les femmes oeuvrant sur le chantier, que l'information n'était pas véridique.

Le réseau TVA a présenté ses excuses, vendredi, précisant que «le reportage était fondé sur les témoignages rapportés à la caméra» de deux entrepreneurs et que les versions recueillies auprès de ces intervenants «ont changé» depuis.

«Rappelons qu'aucune femme n'a jamais été exclue du chantier de construction. En tant que première mairesse de Montréal, je tiens également à assurer que toutes les femmes ont leur place dans tous les milieux de travail. Ceci est d'autant plus vrai avec le plafond de verre que nous venons de briser», a ajouté Valérie Plante.

Justice et faits divers

Procès Normandeau : les élus rappelés à l'ordre

Requête Jordan ou non, les élus doivent respecter le processus judiciaire et mieux mesurer leurs commentaires sur la place publique, estime l’avocat de l’ex-ministre Nathalie Normandeau.

Le dépôt vendredi de la requête en arrêt des procédures pour délais déraisonnables de Nathalie Normandeau, Marc-Yvan Côté, Bruno Lortie, Mario W. Martel, France Michaud et François Roussy a fait réagir l’opposition à l’Assemblée nationale du Québec.

Les six coaccusés accusés de complot, fraude, abus de confiance et corruption de fonctionnaire ont été arrêtés en mars 2016. Les procédures seront en marche depuis 23 mois lorsque leur procès s’ouvrira en avril, un délai qu’ils jugent déraisonnable et qui contrevient, disent-ils, aux enseignements récents de la Cour suprême.

Sur Twitter, la porte-parole péquiste en matière de justice, Véronique Hivon, s’est dite «choquée, mais malheureusement peu surprise». Elle a interpellé le premier ministre libéral Philippe Couillard et la ministre de la Justice Stéphanie Vallée sur leur refus d’avoir recours à la clause dérogatoire pour se soustraire à l’arrêt Jordan de la Cour suprême. «Les Québécois ne pourraient accepter un arrêt de procédure!» s’inquiétait Mme Hivon.

Le député de Québec Solidaire Amir Khadir a lui souligné le caractère «explosif» de l’affaire et a envoyé un message au système judiciaire.

«On va juger très sévèrement ceux qui prendront une décision aussi insensée que de permettre à Mme Normandeau de s’en tirer», commentait le député de Mercier.

De tels propos de membres du pouvoir législatif au sujet d’un procès en cours n’ont pas leur place, se désole Me Maxime Roy, avocat de Nathalie Normandeau. 

«J’invite tous les politiciens à se comporter à la hauteur de leur fonction, a écrit l’avocat de Nathalie Normandeau sur sa page Facebook, en fin de journée dimanche. Vous connaissez fort bien la règle du Sub Judice. L’affaire est devant la Cour; laissez le système judiciaire mener son travail.»

L’expression latine «sub judice» signifie «devant le juge». Selon le site Web de l’Assemblée nationale, cette règle est codifiée depuis 1972. Selon cette règle, «les assemblées législatives doivent éviter de se placer dans une situation où elles pourraient entraver ou influencer une affaire en cours devant un tribunal». 

Véronique Hivon réagit

En soirée, la députée Véronique Hivon a réagi à la sortie de Me Roy, toujours sur son compte Twitter. «Il faut faire attention à ne pas laisser entendre que les élus ne peuvent s’exprimer, écrit Mme Hivon. Il y a une différence entre parler du fond d’une affaire en procès vs déplorer les effets de Jordan qui pourraient empêcher la tenue même d’un procès!»

Les accusés seront tous présents devant le juge André Perreault de la Cour du Québec à la fin janvier, pour plaider la requête en arrêt des procédures pour délais déraisonnables. Le juge Perreault devra trancher plusieurs autres requêtes, notamment une demande d’arrêt des procédures en raison des fuites médiatiques des enquêtes de l’UPAC.

Justice et faits divers

Barry Sherman et sa femme morts étranglés

MONTRÉAL - La police de Toronto a annoncé dimanche que le milliardaire canadien Barry Sherman, fondateur du groupe pharmaceutique Apotex, et son épouse Honey étaient morts par étranglement, sans éclaircir le mystère qui entoure ces «décès suspects».

Le médecin légiste, à l'issue des autopsies, a conclu que la mort des deux victimes avait été causée par «strangulation au niveau du cou», a indiqué la police.

Dans un communiqué laconique, la police de la plus grande ville canadienne se borne à indiquer que c'est «le service homicides de la police de Toronto qui est chargée de l'enquête sur les décès suspects».

Aucune hypothèse n'est donc écartée par les enquêteurs sur la mort de ce couple de septuagénaires philanthropes, dont la mémoire a été saluée par les plus hauts responsables politiques, les organismes généralement bénéficiaires de leurs dons ou encore le laboratoire Apotex.

À la suite d'un appel vendredi à 11h44 donné depuis le domicile des victimes, dans un quartier cossu de Toronto, la police a découvert sur place les corps identifiés comme étant «Barry Sherman, 75 ans, et Honey Sherman, 70 ans».

Selon des médias locaux, c'est l'agent immobilier chargé depuis un mois de la vente à près de 7 millions $ de la grande maison des Sherman qui a donné l'alerte en découvrant les époux, pendus à une balustrade au bord de la piscine intérieure.

Aucune effraction n'a été constatée dans cette maison, avait assuré à des journaux une source policière. Selon elle, après avoir tué son épouse et avoir suspendu le corps, Barry Sherman se serait pendu à ses côtés.

Ce scénario semblait privilégié vendredi par la police qui avait alors indiqué ne rechercher «aucun suspect».

Colère de la famille

Mais la thèse du meurtre suivi d'un suicide a été fustigée samedi par les enfants Sherman : «nous sommes choqués» par «une théorie que ni leur famille, ni leurs amis, ni leurs collègues ne croient».

Déplorant les rumeurs non étayées, les descendants ont réclamé de la police une enquête «approfondie» pour faire la lumière sur «ces décès tragiques».

«Nos parents partageaient un enthousiasme pour la vie et un engagement envers leur famille et leur communauté totalement incompatibles» avec les rumeurs sur «les circonstances entourant leur mort», selon le communiqué des enfants.

Un descriptif qui cadre mal avec un geste prémédité ou le passage à l'acte d'un individu dépressif, d'autant que, selon les médias locaux, le couple avait donné il y a quelques jours rendez-vous à des amis en Floride pour les fêtes de fin d'année.

Barry Sherman avait créé en 1974 la société Apotex, spécialisée dans la fabrication de médicaments génériques, et en était toujours le président du conseil d'administration. Cette entreprise emploie plus de 11 000 personnes dans le monde, dont plus de la moitié au Canada sur une vingtaine de sites.

«Avec une profonde tristesse», la direction d'Apotex a salué la mémoire de son fondateur et de son épouse qui, à travers leur fondation, ont fait des dons de «plus de 50 millions $ au cours des 10 dernières années».

Ces dons étaient en grande partie destinés aux universités et à la formation de scientifiques. La présidente de l'université York de Toronto, Rhonda Lenton, a salué la mémoire de Honey Sherman, longtemps membre du conseil d'administration de York, et de son mari.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau, «attristé» par la mort des Sherman, avait rendu hommage à «leur vision et leur esprit».

D'après le magazine Forbes, Barry Sherman était parmi les 20 personnes les plus riches du Canada, avec une fortune évaluée à 4,7 milliards $.

Justice et faits divers

Familles jetées à la rue par un incendie: la solidarité dans l’épreuve

SAINT-FABIEN – Dans l’épreuve, la solidarité s’est très rapidement organisée dans la communauté de Saint-Fabien, située près de Rimouski. À 48 heures d’un accident impliquant un camion-citerne de propane qui a nécessité une dizaine d’évacuations et qui aurait pu avoir des conséquences tragiques, la communauté de 1900 habitants est éprouvée à nouveau, alors qu’un incendie majeur a jeté à la rue trois familles, à une semaine de Noël.

Jane Lefebvre et Marie Morneau, de l’organisme Notre maison de répit et d’entraide, avaient décidé d’organiser pour la première fois un grand bazar au Centre des loisirs du village, dimanche, question pour les gens de partager gratuitement leurs surplus. «Je voulais aider le plus de gens possible, explique Mme Lefebvre. Ce n’est pas juste pour les gens dans le besoin. C’est une façon écologique de récupérer les vêtements, les jouets et autres choses dont on ne se sert plus. C’est uniquement des dons.» Puis, le hasard a voulu que l’événement se tienne à quelques heures du terrible sinistre, qui a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche. 

Immédiatement, les deux bénévoles ont décidé de donner priorité aux sinistrés et de lancer un cri du coeur auprès de toutes les personnes qui peuvent donner des vêtements, de la vaisselle et tout ce qu’il faut pour les six personnes qui ont tout perdu dans l’incendie. L’appel a vite été entendu et les deux bonnes samaritaines ont immédiatement vu la générosité des leurs. Des gens sont venus faire des dons en argent et en certificats-cadeaux. 

Les deux femmes continuent à recevoir des dons en matériel ou en argent pour les prochains jours, voire les prochaines semaines. «On mobilise la communauté pour apporter le plus de choses possible parce qu’il ne leur reste plus rien, tout est parti en cendres», s’attriste Jane Lefebvre, qui n’avait dormi que 40 minutes parce que sa maison était dans le secteur.

Après avoir été recueillis par la Croix-Rouge, des sinistrés se sont rendus à la rencontre des bénévoles au grand coeur. «On les a rencontrés et on leur a parlé, raconte Marie Morneau. On se connaît.» «On leur a offert du soutien et de l’aide, ajoute Jane Lefebvre. On voulait faire notre part.»

Heureusement, le brasier n’a fait aucune victime. Mais, cela n’empêchait pas pour autant les sinistrés d’être désemparés. «On voyait, dans leur visage, beaucoup de tristesse, mais avec un petit brin d’humour parce que je pense que ça fait partie de leur personnalité», décrit Mme Lefebvre. 

Affaires

Les épiciers profitent du retrait de la «cenne noire»

VANCOUVER - Les épiceries ont profité du retrait de la pièce d'un cent, selon une jeune chercheuse de l'Université de la Colombie-Britannique.

Christina Cheng, étudiante en économie et en mathématique, a rédigé que les épiciers canadiens ont pu ajouter 3,27 millions $ à leur revenu en arrondissant la somme des factures.

En 2012, le gouvernement fédéral avait annoncé le retrait de la petite pièce de monnaie de cuivre. Depuis ce temps, les paiements et opérations réglés en espèces doivent être arrondis au multiple de cinq cents le plus proche.

L'étudiante de 19 ans voulait savoir si le changement avait profité aux clients ou aux commerces.

«L'arrondissement devient toujours un jeu de devinette, a-t-elle expliqué. C'est un jeu de devinette amusant parce que ça ne peut pas nuire à court terme, en regardant quelques sous. Mais à long terme, je me demandais si cela s'accumulait.»

Curieuse, l'étudiante a profité de ses temps libres pour enquêter sur le sujet.

Premièrement, avec un camarade, elle a passé environ un mois et demi à éplucher plus de 18 000 prix dans des épiceries et a inscrit les données dans une feuille de calculs.

Ils ont découvert que la plupart des prix finissaient par 99 ou 98 sous, des chiffres qui seront arrondis pour des transactions non taxées.

À l'aide de stimulations informatiques, elle a créé des «paniers» avec différents articles. Elle a ajusté différentes variables, dont le nombre d'articles et le montant des taxes, en plus de tenir compte de données de la Banque du Canada sur les méthodes de paiements les plus privilégiées par les consommateurs.

Selon elle, l'impact a été peu important pour les Canadiens, mais chaque épicerie a pu récolter en moyenne 157 $ de plus par année.

En octobre, à Montréal, l'article de Mme Cheng portant sur sa recherche a gagné une compétition de l'International Atlantic Economic Society, qui récompense le meilleur article d'un étudiant au premier cycle universitaire. Son étude devrait être publiée en juin prochain dans le journal de l'organisation.

Karl Littler, du Conseil canadien du commerce de détail, dit que son organisation ne partage pas les conclusions de Mme Cheng.

Selon lui, la méthodologie employée par l'étudiante ne reflète pas les véritables «paniers» d'épicerie. Il avance que la moyenne de la facture d'épicerie se situe à 53 $ et qu'elle est composée d'un plus grand nombre d'articles que ce que l'on retrouve dans la simulation de l'étudiante.

Des membres du conseil ont remarqué - sans étudier la chose en profondeur - que l'arrondissement de la pièce d'un cent bénéficiait équitablement aux épiciers et aux consommateurs, a mentionné M. Littler.

«Il n'y a pas de plan maléfique pour s'emparer des sous», a-t-il souligné.

Christina Cheng a expliqué qu'avec sa recherche, elle avait seulement tenté d'étudier un enjeu qui touche presque tous les jours les Canadiens. Son objectif n'était pas de diaboliser l'industrie alimentaire, a-t-elle assuré.

Boxe

Après sa défaite contre Saunders, que réserve l'avenir pour Lemieux?

MONTRÉAL - Après la leçon de boxe qu'il s'est fait servir samedi par le Britannique Billy Joe Saunders, que réserve l'avenir pour David Lemieux?

Plusieurs seront tentés de déclarer Lemieux «fini» ou de dire qu'il ne fait pas partie de l'élite mondiale. Il faut éviter de sauter aux conclusions hâtives : Lemieux n'a perdu que deux fois à ses 15 dernières sorties, contre un extra-terrestre triple champion du monde en Gennady Golovkin et face à Saunders, lui aussi champion du monde et au style évasif qui en trouble plus d'un. Bref, il n'y a rien de honteux là-dedans.

Ceci dit, ce cinglant revers - car c'en était un - aura un effet à court terme sur les plans du clan Lemieux. Mais encore là, pas trop marqué, aux dires de son promoteur, Camille Estephan, président d'Eye of the Tiger Management.

«C'est certain qu'on s'attendait à une victoire; on est déçu, a-t-il déclaré aux petites heures du matin, dimanche, dans les entrailles de la Place Bell de Laval. Mais ça ne nous coûte pas tant : David Lemieux va toujours avoir beaucoup de chances de se remettre avec des victoires. Ça ne nous fait pas avancer, mais ça ne nous fait pas trop reculer non plus. La télévision américaine va toujours le vouloir. Il a vraiment tout tenté [samedi].»

Lemieux et son entraîneur, Marc Ramsay, ont fait état d'une blessure à l'épaule gauche après le combat. Sans chercher d'excuses, le clan Lemieux aurait bien aimé pouvoir compter sur toutes ses armes pour tenter de contrecarrer les plans de Saunders.

«Nous, on avait prévu l'attaquer au corps dès le premier round. On voulait lui couper les jambes le plus rapidement possible, mais la distance a été difficile à trouver, a expliqué Ramsay. Avec la blessure de David survenue rapidement, nous n'avons pas pu exécuter notre plan. David devait contre-attaquer son jab avec un crochet décoché un peu de côté, pour ouvrir la porte pour ses approches. Là, on n'était pas en mesure de le faire. On l'a vu : à chaque jab qu'il lançait, le bras tombait. La puissance n'était pas au rendez-vous. Ça nous a enlevé un gros outil que nous avions prévu pour ce combat.»

Autocritique

Mais l'entraîneur prend également une part du blâme.

«Quand on est au sommet de l'industrie comme l'est David Lemieux, les styles, il faut les solutionner. C'est le job de l'entraîneur et du boxeur de faire ça. En équipe, il faut réussir à faire ça. [Samedi soir], nous n'étions pas à notre meilleur. David l'a toutefois prouvé dans le passé : c'est quelqu'un qui n'a pas peur de faire de l'autocritique. Je suis capable de faire la même chose. Nous allons mettre sur la table toutes les choses qui ont fonctionné et celles qui n'ont pas fonctionné. On va regarder en avant et foncer, comme on l'a toujours fait.

«Je pense qu'on a peut-être sous-estimé les jambes de Saunders. On savait qu'il allait s'en servir : on a beaucoup travaillé là-dessus au camp d'entraînement. On voulait s'approcher de lui. Je ne pensais pas qu'il allait être en mesure de nous éviter pendant 12 rounds. Je pensais qu'on allait être capables de s'approcher de lui, de lui faire mal au corps pour lui couper les jambes et de monter ensuite à la tête pour lui faire mal. Ce n'est jamais arrivé.»

Concrètement, Lemieux doit-il faire une croix sur les gros combats pour l'instant?

«Je l'ai déjà vécu avec d'autres boxeurs : le soir d'une défaite, ç'a toujours l'air dramatique. Mais nous ne sommes qu'à une victoire de relancer le train, a philosophé Ramsay. C'est comme ça la boxe : tu es toujours aussi bon que ta dernière performance.»

«Évidemment, une victoire nous aurait permis d'affronter un gars comme "Canelo" [Alvarez] tout de suite, a commenté Estephan. Là, ce sera un peu plus tard. Pour moi, ce n'est pas un désastre. C'est un petit recul.»

Actualités

Des manifestants montréalais dénoncent la décision de Trump sur Jérusalem

MONTRÉAL - Une manifestation s'est déroulée samedi au centre-ville de Montréal pour dénoncer la décision du président américain, Donald Trump, de reconnaître la ville de Jérusalem à titre de capitale de l'État hébreu.

Le député néo-démocrate Alexandre Boulerice s'est joint aux protestataires pour dénoncer cette décision «irresponsable» de Washington et condamner l'occupation de territoires palestiniens.

Il estime que plusieurs centaines de personnes se sont déplacées pour faire entendre leur mécontentement face à la Maison-Blanche, qui risque selon eux de faire dérailler le processus de paix au Proche-Orient.

La déclaration de Donald Trump, la semaine dernière, a immédiatement provoqué une nouvelle flambée de violence dans cette région déjà instable.

Les Palestiniens n'ont pas manqué de manifester leur colère, piétinant des affiches à l'effigie de Donald Trump et mettant feu à des drapeaux tant israéliens qu'américains.

Des musulmans de la Jordanie à l'Indonésie sont également descendus dans les rues afin de s'opposer à cette annonce concernant la Ville sainte.

Jérusalem abrite d'importants lieux sacrés pour les chrétiens, les juifs et les musulmans. Les Palestiniens voient le secteur est de la ville comme une future capitale, tandis qu'Israël ne souhaite céder aucune partie de la ville.

«M. Trump, comme dans bien d'autres dossiers, joue un peu à l'apprenti sorcier avec le conflit au Proche-Orient. Il ne se pose pas en partisan la paix et d'une solution négociée, mais va vraiment d'un seul côté, celui d'Israël», s'est indigné Alexandre Boulerice en entrevue avec La Presse canadienne.

Le président américain a lancé le processus pour déménager l'ambassade américaine de Tel-Aviv à la Ville sainte.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a demandé à la communauté internationale de lui emboîter le pas, ce à quoi s'est refusé le premier ministre canadien.

Le Nouveau Parti démocratique se réjouit de cette décision de Justin Trudeau de maintenir l'ambassade à Tel-Aviv, mais réclame une condamnation plus vigoureuse de la colonisation israélienne.

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RASSEMBLEMENT CONTRE L'ESCLAVAGE EN LIBYE

Un rassemblement s'est également tenu samedi midi à Montréal pour dénoncer la résurgence de l'esclavage en Libye, récemment mise au jour par le réseau CNN.

L'événement organisé par la Ligue des Noirs du Québec et d'autres organisations des communautés culturelles visait à dénoncer la traite de migrants d'Afrique subsaharienne, interceptés alors qu'ils tentent de gagner l'Europe.

Le député solidaire Amir Khadir s'est joint aux manifestants pour condamner ces «poches de racisme violent» qui subsistent, et ce, pas seulement en Afrique.

En entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, l'élu de Mercier a tenu à souligner que les dirigeants qui ferment les yeux sur ces atrocités le font avec la complicité des politiciens européens.

La diffusion de ces images qui montrent des personnes vendues au plus offrant constitue un «réveil brutal», soulève M. Khadir.

Il exhorte les Nations Unies et les pays occidentaux à intervenir auprès de la Libye, de la Mauritanie et des pays du Golfe persique, mais aussi à dénoncer les politiques d'immigration européennes qui refoulent les migrants et les placent dans ces situations de vulnérabilité.

«Il y a des dizaines, sinon des centaines, de milliers de Québécois et de Canadiens d'origine africaine et haïtienne qui s'attendent à ce que les gouvernements Couillard et Trudeau [...] prennent des actions plus énergiques pour mettre fin à tout ça», a-t-il soulevé.

Il invite la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, à faire parvenir «un message bien senti» à l'ONU et aux dirigeants européens à cet effet.

Justice et faits divers

Le procès de Normandeau doit avoir lieu, martèle l'opposition

MONTRÉAL - Face au dépôt d'une requête pour faire annuler le procès de Nathalie Normandeau, l'opposition martèle que cette ancienne vice-première ministre ne doit pas échapper à la justice.

Son avocat a invoqué vendredi l'arrêt Jordan pour demander un arrêt des procédures. En vertu de cette décision de la Cour suprême, le délai maximal d'un procès - du dépôt des accusations à sa conclusion - est fixé à 18 mois pour les dossiers devant les cours provinciales et à 30 mois pour les dossiers devant les cours supérieures ou nécessitant la tenue d'enquêtes préliminaires.

Nathalie Normandeau a été arrêtée en mars 2016; il s'est donc écoulé 21 mois depuis le dépôt des accusations. Son procès devant la Cour du Québec doit s'amorcer le 9 avril prochain et la Couronne estime qu'il s'étirera sur quatre mois.

Le député solidaire Amir Khadir se désole que des coupes budgétaires et l'inaction gouvernementale eurent placé le système de justice dans une telle position de vulnérabilité.

Il dit espérer que les magistrats qui détermineront si le dossier revêt des circonstances exceptionnelles sont conscients du caractère «explosif» de l'affaire.