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Santé

Consentement pour le don d'organes: Fortin déçu de la réponse de la CAQ

Le projet de loi 399 sur le consentement lié au don d’organes, déposé il y a deux semaines par le député de Pontiac André Fortin, se voit pour l’instant opposer une fin de non-recevoir par le gouvernement Legault.

Le projet de loi intitulé « Loi instaurant une présomption de consentement au don d’organes ou de tissus après le décès », qui propose que chaque personne soit considérée comme un donneur sauf en cas de refus signifié avant la mort, ne sera pas appelé pour une étude par l’Assemblée nationale dans les six prochains mois.

Actualités

Décès de l’ex-photographe du Soleil Raynald Lavoie

Photographe de presse pour les sous-traitants du Soleil durant des décennies, Raynald Lavoie est décédé mardi à 74 ans.

Son ancien collègue Jean-Marie Villeneuve l’a bien connu : «J’ai travaillé 30 ans avec!» C’était un homme d’une grande stature, dit-il : «Il était comme un cheval, il n’y a personne qui était capable de le battre!»

Raynald Lavoie a vu Québec et le Québec se transformer, raconte Jean-Marie. En début de carrière, son «compagnon» est passé par le Studio Edwards, enseigne réputée qui avait été fondée sur la rue Buade en 1917. Puis il est entré dans la famille élargie du Soleil en décrochant un poste chez Photo Moderne qui avait un contrat pour fournir le visuel au quotidien de la capitale.

Il n’a plus quitté le journal, malgré les changements subséquents de sous-traitants : Photo Moderne a passé la main à Fovéa, puis à Optimage, puis à Focus1 avant que les photographes soient récemment intégrés officiellement à la rédaction.

Aux côtés de Raynald Lavoie, Jean-Marie Villeneuve a vu évoluer le métier, depuis le noir et blanc jusqu’aux prouesses technologiques des nouveaux appareils. «L’époque des chambres noires, c’était une époque magique. Ce n’était pas comme aujourd’hui avec le numérique. Fallait les développer [les photos] et les imprimer.»

Pendant les matchs de hockey, poursuit Jean-Marie, les photographes envoyaient leurs «rouleaux» de pellicule par taxi au journal entre les périodes.

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Justice et faits divers

Poupée-enfant: la preuve informatique trop préjudiciable, plaide la défense

La preuve informatique étendue contre Antoine Gagnon est préjudiciable et nullement utile pour trancher le litige, à savoir si la poupée-enfant constituait de la pornographie juvénile et si l’accusé savait ce qu’il commandait, estime la défense.

La Couronne veut faire admettre en preuve une analyse informatique qui démontre qu’au printemps 2017, Antoine Gagnon a visité 3768 sites Web en lien avec des poupées, pour la plupart après avoir lui-même fait un achat, le 17 avril 2017. Il a visité des sites d’achat, mais aussi des blogues où l’on voit des photos de petites filles et d’adolescentes en tenues légères.

Aux yeux de la défense, cette preuve est hautement préjudiciable pour l’accusé et nullement pertinente. «Vous ne pouvez pas tirer de liens entre les sites consultés et la commande de la poupée-enfant», fait valoir Me Pelletier. 

Les seules recherches Internet pertinentes pour la défense sont celles que l’accusé a faites dans les minutes avant de commander de la poupée. Et pour déterminer l’intention de l’accusé, il faut regarder les recherches avec les mots-clés qu’il a lui-même inscrits, ajoute la défense. Antoine Gagnon a notamment recherché des poupées avec des petites poitrines (flat chess).

Les policiers n’ont jamais retracé dans l’historique de navigation de l’accusé la page Web illustrant la fameuse poupée de 103 cm aux allures de fillette importée par Gagnon. Ils savent que l’ex-avocat a acheté la poupée le 17 avril 2017 parce qu’il a lui-même fourni la facture aux agents des services frontaliers. Rappelons qu’en raison du statut d’avocat, la fouille de l’ordinateur était restreinte.

Cette annonce de la poupée, avec son lien URL, aurait été la meilleure preuve, soutient Me Pelletier. 

«Mais on ne l’a pas alors on tente d’imputer à M. Gagnon une conduite amorale pour faire la preuve qu’il a commandé une poupée juvénile», dénonce Me Pelletier.

Comprendre les recherches

La procureure de la Couronne Me Valérie estime que si le tribunal refuse le dépôt de cette preuve, il l’empêche de faire la preuve hors de tout doute raisonnable de la connaissance que l’accusé avait de la nature de la poupée.

«On ne veut pas établir une preuve de mauvaise réputation, on veut juste établir le fait qu’il a fait des recherches pour commander l’objet qui est de la pornographie juvénile», résume Me Lahaie.

Antoine Gagnon a aussi fait deux recherches au sujet du procès de Kenneth Harrison, ce Terre-Neuvien accusé d’importation d’une poupée-enfant, ultimement acquitté.

La Couronne veut que le juge puisse considérer cet élément. «Si sa défense est qu’il voulait commander une poupée adulte, on veut pouvoir lui demander pourquoi vous avez été consulter des articles sur un procès en cours pour importation d’une poupée-enfant?»

Le juge Jean Asselin de la Cour du Québec rendra sa décision sur l’admissibilité ou l’exclusion de la preuve le 9 décembre.

Justice et faits divers

Procès du major Éric Duquette: au juge de rendre son verdict

Le major Éric Duquette a-t-il touché la fesse d’une militaire le soir du 1er décembre 2018, sur le plancher de danse de la barn, où se tenait le party de Noël de la 2e Escadre de la Base militaire de Bagotville ? L’officier supérieur a-t-il pressé son corps contre celui de sa subalterne, en lui susurrant à l’oreille qu’elle était « fucking hot » ? C’est maintenant au tour du juge militaire, le lieutenant-colonel Louis-Vincent d’Auteuil, de trancher si ces gestes ont bel et bien été posés. Le major Éric Duquette fait face à des accusations d’agression sexuelle, d’abus d’une subordonnée et de conduite préjudiciable au bon ordre et à la discipline. Après quatre jours de procès tenu en Cour martiale, la cause est entre les mains du juge D’Auteuil. Son verdict sera rendu vendredi.

LA POURSUITE DEMANDE AU JUGE DE NE PAS CROIRE LE MAJOR

Selon la procureure de la poursuite, la majore Elizabeth Baby-Cormier, il n’y a aucun doute que le major Éric Duquette trouvait sexuellement attirante la présumée victime, qu’il a commis deux agressions à son endroit et que ces agressions n’avaient rien d’accidentel. La procureure militaire a demandé au juge D’Auteuil de ne pas tenir compte du témoignage de l’accusé, qu’elle estime non crédible, et de celui de l’adjudante maître Lynn Macfadden-Davis, puisqu’il ne visait qu’à entacher la crédibilité de ses témoins.

Le fardeau de la preuve repose sur les épaules de la poursuite, c’est-à-dire qu’elle avait à convaincre le juge militaire D’Auteuil que l’accusé est coupable, hors de tout doute raisonnable.

Arts

Andrée Lachapelle s'éteint à l'âge de 88 ans

On aurait difficilement pu imaginer une plus belle sortie de scène pour la grande comédienne qu’aura été Andrée Lachapelle, décédée jeudi à l’âge de 88 ans.

À peine deux mois après la sortie du film Il pleuvait des oiseaux, dans lequel elle lègue un dernier grand rôle au cinéma québécois, l’actrice serait décédée des suite d’un cancer. Elle aurait demandé à recevoir l’aide médicale à mourir, selon ce que sa famille a révélé à Radio-Canada.

Gilbert Sicotte et Rémy Girard auront été ses derniers partenaires de jeu au grand écran dans le long métrage de la réalisatrice Louise Archambault.

Pour M. Girard, Andrée Lachapelle quitte «avec grande élégance, comme toujours».

«Madame Lachapelle, c’est l’élégance incarnée, la gentillesse, une personne de très haute qualité», a décrit celui qui se souvient d’avoir fait sa connaissance en 1980 à son arrivée à Montréal.

Très impressionné devant cette grande comédienne, le jeune artiste débarqué de Québec a rapidement réalisé qu’elle n’avait rien d’intimidant. L’image de la femme hautaine ou difficile d’approche que certains pouvaient avoir n’était absolument pas justifiée.

«Elle était une très belle femme, une beauté classique. C’est peut-être à cause de ça, mais elle n’était pas comme ça du tout, assure-t-il. C’était quelqu’un de tellement vraie, de tellement simple, tellement chaleureuse qu’on ne pouvait pas ne pas l’aimer.»

Gilbert Sicotte offre le même témoignage de sa récente partenaire de jeu au grand écran. Malgré son âge avancé et les longues journées de tournage sur le plateau d’»Il pleuvait des oiseaux», il n’a jamais entendu de plainte de Mme Lachapelle.

«Elle se sentait privilégiée et avait une façon de voir la vie qui ne retenait toujours que le côté positif des choses», garde-t-il en souvenir.

Les premiers contacts de Gilbert Sicotte avec Andrée Lachapelle remontent au début des années 1990. Il se souvient notamment du tournage du film Cap Tourmente, en 1993, alors qu’ils avaient partagé une maison durant un mois en compagnie d’une autre collègue, Élise Guilbault.

«On partageait le tournage et la vie de tous les jours. C’était très joyeux parce qu’Andrée aimait le plaisir, le party, la convivialité avec les gens. C’est pour ça, selon moi, qu’elle aimait autant le théâtre et le jeu», croit-il.

Pour lui, Andrée Lachapelle représente une génération qui a traversé plusieurs époques de jeu et de styles différents. Elle était des débuts du théâtre québécois et de la télévision.

«Elle a touché à tous les médiums et chaque fois, elle avait une énergie, une intensité qui a nourri tous ses personnages», conclut-il.

Le premier ministre du Québec François Legault a offert ses sympathies à la famille dans un message publié sur Twitter. «Elle a fait rêver les Québécois pendant toutes ces années avec ses personnages à la télé, au cinéma et au théâtre», a-t-il ajouté.

Justin Trudeau a lui aussi souligné le triste événement sur Twitter en parlant d’«une grande dame qui a énormément contribué à la culture québécoise».

Actualités

Journaux de GCM: le juge tranche pour les coopératives d'employés

Le projet de coopératives des six journaux de Groupe Capitales Médias obtient l'aval du tribunal; le juge Daniel Dumais de la Cour supérieure vient d'autoriser le plan d'arrangement avec les créanciers.

Le juge Dumais a pris environ 24 heures pour accepter la proposition recommandée par le séquestre de PwC, soit l’acquisition des six journaux par autant de coopératives où les employés seront les propriétaires majoritaires. «Le temps presse, les liquidités diminuent, écrit le juge Dumais. Il faut agir rapidement si on veut en arriver à une solution de restructuration qui permette de sauver l’entreprise Groupe Capitales Médias, ses journaux et les emplois qui en dépendent.»

Cette décision de la Cour supérieure ne vient toutefois pas clore les procédures puisque le plan reste à être approuvé par les créanciers à la mi-décembre. Le créancier principal de GCM, Investissement Québec, qui avait prêté 15 millions $ à l’entreprise, a déjà dit qu’il préférait l’offre des coopératives à celle de l’autre acquéreur potentiel, Métro Média. IQ a aussi indiqué qu’elle renonçait à sa créance dans la mesure où la réorganisation proposée se réalise.

La transaction n’est d’autant pas finale, rappelle le juge Dumais, qu’il reste encore du travail à faire pour boucler le financement requis. Les coopératives espéraient démarrer avec un fonds de 21 millions $. Environ 16 millions $ seraient confirmés pour l’instant.

Le plan des coopératives implique la terminaison des régimes de retraite à prestation déterminée de 900 retraités et 300 employés actifs. Tous les membres du régime subiront une perte d’environ 25% en raison d’un déficit de solvabilité.

Dans sa décision, le juge Dumais note que les syndicats et comités de retraite entendent collaborer à la restructuration. Le juge indique avoir entendu la déception et les inquiétudes des retraités, portées par le journaliste Pierre Pelchat, retraité du Soleil.

Le dossier reviendra devant le juge Dumais le 18 décembre pour homologation du plan, s’il est approuvé par les créanciers.

Étape importante et travail colossal

«Une étape importante a été franchie. C’est le fruit d’un travail colossal réalisé en peu de temps. Ça nous réconforte sur la qualité du plan proposé pour la pérennité des six quotidiens et de l’information en région, a commenté Jean-François Néron, membre du comité de formation des coopératives.

«Nous entamons le dernier droit qui mènera à la formation des coops. Nous sommes confiants de remplir les dernières conditions pour conclure une transaction. Notre objectif,c’est d’offrir aux travailleurs et à la population une coop sous le sapin juste à temps pour Noël», a conclu M. Néron.

Le dossier reviendra devant le juge Dumais le 18 décembre pour homologation du plan, s’il est approuvé par les créanciers.

Sherbrooke

Autre manifestation en soutien à la famille Batalla-Charris

Les Sherbrookois pourront une fois de plus manifester leur solidarité envers la famille Batalla-Charris menacée d’expulsion.

Un rassemblement est prévu samedi devant l’hôtel de ville de Sherbrooke.

À LIRE AUSSI: Expulsion de la famille Batalla-Charris: Brière ouvre la porte

Un appel à l'humanité empli d'espoir pour la famille Charris-Batalla

«Il est minuit moins une. Si aucune intervention politique ne se produit, la famille Batalla-Charris devra quitter son foyer des cinq dernières années le 27 novembre prochain», déclare l’organisateur, le Sherbrookois Marc Nadeau, dont les enfants vont à la même école que ceux du couple de Normando Charris et Carolina Batalla.

«Les deux parents ont un emploi, les deux plus vieilles fréquentent l'école de quartier et le petit dernier est né à Sherbrooke. À moins d’un mois de Noël, on ne peut accepter que la famille Batalla-Charris soit expulsée du Canada.»

Rappelons que mercredi leur demande de sursis de la mesure de renvoi en attendant que le Canada statue sur une demande de résidence permanente qui a été faite pour des considérations humanitaires vient d’être rejetée en début de semaine.

La manifestation, qui se tiendra vers 15h, a pour but faire pression sur le fédéral et leur permettre de continuer à vivre et s’épanouir chez nous, ajoute M. Nadeau.

Jeudi après-midi, sur la page Facebook Sherbrooke est Batalla-Charris, près d’une quarantaine de personnes disaient vouloir s’y rendre.

Samedi dernier, plus de 50 personnes s’étaient rassemblées devant le palais de justice de Sherbrooke afin de tenir une vigile pour demander au gouvernement d'accorder un sursis à la famille Charris-Batalla.

Pendant ce temps, Christine Labrie, députée de Sherbrooke, se penche aussi sur le dossier.

«Aujourd’hui (jeudi), dès que j’ai su que les démarches au niveau fédéral n’aboutissaient à rien, mon équipe a pris contact avec la famille pour lui recommander de déposer une demande dans Arrima, afin d’obtenir un certificat de sélection du Québec», affirme-t-elle.

« J’ai écrit à Simon Jolin-Barrette (ministre de l’Immigration) pour l’informer de la situation et lui demander s’il pouvait accélérer le traitement de leur dossier ou utiliser son pouvoir discrétionnaire, compte tenu des circonstances. J’espère qu’il sera sensible à la situation de cette famille et qu’il tiendra compte de leur maîtrise du français et du fait que les deux parents travaillent. Je trouverais ça vraiment malheureux qu’une famille aussi bien intégrée soit expulsée du pays, en pleine année scolaire en plus. Il faut penser à l’intérêt des enfants et leur offrir une stabilité.»

Santé

Les analphabètes seraient trois fois plus à risque de souffrir de démence

MONTRÉAL - L’analphabétisme pourrait tripler le risque de souffrir de démence, prévient une nouvelle étude américaine.

Les chercheurs de l’université Columbia ont examiné un millier de résidants de l’État de New York originaires de régions rurales de la République dominicaine, où l’accès à l’éducation est limité. Environ le quart des sujets étaient analphabètes.

Les participants ont été soumis à des examens médicaux, à des tests de mémoire et à des tests de raisonnement au début de l’étude, puis à tous les 18 ou 24 mois.

Le tiers des sujets analphabètes souffraient de démence au début de l’étude, contre seulement 18 pour cent des sujets capables de lire et d’écrire. En tentant compte de facteurs comme l’âge, le statut socioéconomique et la maladie cardiovasculaire, le risque de démence au début de l’étude était environ trois fois plus élevé dans le premier groupe que dans le second.

Après un suivi moyen de quatre ans, près de la moitié des sujets analphabètes et libres de démence au début de l’étude en étaient maintenant atteints, contre 27 pour cent des autres. En tenant compte des mêmes facteurs, le risque d’acquérir une démence pendant l’étude était deux fois plus grand pour les sujets analphabètes.

Il peut y avoir une explication directe ou une explication directe à la protection que semble conférer le fait de savoir lire et écrire, a dit Sylvie Belleville, la directrice scientifique du Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal.

«Ça pourrait être le fait que, quand on s’alphabétise, ça change notre cerveau, et quand notre cerveau est différent, il est plus à même de résister à différentes maladies, a dit Mme Belleville. Mais ça peut aussi être lié au fait qu’être alphabétisé amène tout un ensemble de facteurs qui sont favorables.»

Elle rappelle en effet que la science indique que les gens qui ont des activités diverses cognitivement stimulantes - comme la lecture, le théâtre, la visite des musées ou le bénévolat - semblent moins à risque de souffrir de démence. Ces activités sont évidemment plus facilement accessibles aux gens qui savent lire et écrire qu’aux autres.

«Si vous n’avez pas eu l’occasion d’apprendre à lire, ça veut dire que nous n’avez pas eu l’occasion de modifier structurellement les connexions et le nombre de connexions entre ces différentes régions (du cerveau), et donc vous ne pouvez pas bénéficier de ces connexions pour vous protéger quand arrive la maladie, a précisé Mme Belleville.

«Peut-être que justement, quand on est alphabétisés, on a accès à tout un ensemble de stimulations dans notre vie, et à de l’information aussi, ce qui fait que c’est une espèce de cercle vertueux qu’on met en place.»

Les conclusions de cette étude ont été publiées en ligne par le journal médical Neurology.

Affaires

Vol de données chez Desjardins: Guy Cormier veut instaurer une identité numérique

Peu de faits nouveaux ont filtré de la consultation parlementaire menée jeudi en vue d’examiner les causes et les suites à donner au vol massif de données personnelles survenu chez Desjardins cette année.

Le président de l’institution financière, Guy Cormier, s’est présenté devant les élus de l’Assemblée nationale pour répondre aux questions des députés et en a profité pour réaffirmer son projet de voir le Québec instaurer une véritable identité numérique.

En réponse aux interrogations de toutes sortes des élus des différents partis pendant 45 minutes, M. Cormier est resté sur ses positions, à savoir que Desjardins avait tout mis en oeuvre pour protéger ses clients, dès que la direction avait été informée, au printemps, du vol massif de données dont ils avaient été victimes.

Cherchant à se faire rassurant, il a rappelé que chaque année Desjardins investissait 70 millions $ pour assurer la sécurité et la cybersécurité des renseignements personnels de ses membres.

«La fraude interne est la bête noire de toute organisation» et la plus difficile à détecter, a-t-il commenté, refusant de porter le «bonnet d’âne».

Car le temps est venu «d’élargir notre regard» pour s’attaquer efficacement à ce «fléau mondial» du vol de données personnelles qui peut toucher n’importe quelle institution.

Plus tard, en mêlée de presse, il a réaffirmé une fois de plus que la direction de Desjardins avait «fait face à la musique» quand elle a été confrontée à cette crise d’une ampleur jamais vue, et que les autres institutions financières tout comme les entreprises devaient en tirer une leçon.

«C’est un jeu du chat et de la souris», entre les entreprises et les fraudeurs, d’où l’importance de demeurer vigilant et d’investir plus que jamais dans la protection des données, a-t-il fait valoir.

Au cours des derniers mois, Desjardins révélait qu’un de ses employés avait volé les données personnelles de tous ses clients particuliers, soit 4,2 millions de personnes. L’employé mal intentionné, qui aurait agi seul, a été congédié depuis. Aucune accusation n’a été portée contre lui, à ce jour.

Ces données incluaient notamment le nom et l’adresse des clients, ainsi que le solde de leur compte.

Sur un total de 45 000 employés, quelques centaines d’entre eux ont accès à des données personnelles des clients, à divers degrés.

En septembre, M. Cormier a annoncé la création d’un forum sur l’identité numérique des citoyens, qui devra documenter ce qui se fait de mieux en ce domaine à travers le monde. Jeudi, il a recommandé au gouvernement du Québec de participer à cette initiative, comme il l’avait fait à Ottawa il y a quelques mois, lors d’une consultation semblable.

Le président de Desjardins a dit juger «anormal» qu’en 2020 les citoyens doivent encore s’identifier dans différentes circonstances à l’aide de la carte d’assurance-maladie ou du permis de conduire, des outils d’identification qui ne sont pas conçus à ces fins.

«On multiplie les expositions, on multiplie les risques», en donnant nos données personnelles à toute occasion, en toutes circonstances à ceux qui souhaitent les obtenir.

À part Desjardins, les autres intervenants qui ont défilé devant les membres de la Commission des finances publiques sont l’Autorité des marchés financiers (AMF), Equifax Canada, l’Association des banquiers canadiens, l’Office de la protection du consommateur et un expert, titulaire de la Chaire de recherche en cybersécurité et en intelligence artificielle de Polytechnique Montréal, José Fernandez.

La crédibilité de M. Fernandez a cependant été mise en doute par les partis d’opposition, qui ont vu un conflit d’intérêts dans le fait que Desjardins a financé la Chaire, à hauteur de 1,2 million $.

La députée libérale Marwah Rizqy a réagi en disant qu’on ne mordait pas «la main qui nous nourrit». «Le conflit d’intérêts est patent, immanquable», selon elle.

L’opposition reproche aussi au gouvernement de ne pas avoir été consultée sur le choix des témoins invités à participer à cette consultation, qu’ils réclamaient depuis des mois.

L’opposition libérale et Québec solidaire ont surtout déploré l’absence de Revenu Québec et de la Sûreté du Québec.

L’Autorité des marchés financiers est venue accréditer le point de vue de Desjardins, estimant que la direction avait effectivement pris, comme elle le prétend, «les moyens appropriés» pour protéger ses clients victimes de cette fraude.

L’Association des banquiers canadiens a indiqué que la protection des données personnelles faisait partie «de l’ADN des banques», a dit son directeur général pour le Québec, Éric Prud’homme, rappelant l’importance de rester à l’affût des meilleures pratiques à l’échelle internationale en cybersécurité.

Par ailleurs, deux projets de loi liés à la sécurité des données personnelles devraient normalement être déposés dans les prochaines semaines. Depuis plusieurs mois, le ministre des Finances, Éric Girard, dit vouloir légiférer pour obliger les agences de crédit à offrir le gel ou le verrou de crédit. De son côté, la ministre de la Justice, Sonia LeBel, veut légiférer en vue de mieux protéger les données personnelles.

Santé

Les patients atteint de cancer se disent mal renseignés au sujet des effets secondaires

MONTRÉAL - Le tiers des adultes soignés pour un cancer estiment avoir été mal renseignés au sujet des effets secondaires possibles de leur thérapie, révèle une nouvelle étude américaine.

L’enquête a été menée auprès de plus de 400 personnes pour le compte de l’American Society for Radiation Oncology.

Trente-sept pour cent des patients soignés par radiothérapie auraient souhaité obtenir plus d’informations concernant les effets secondaires de leur traitement, contre 36 pour cent de ceux soignés par chimiothérapie et 34 pour cent de ceux qui ont eu besoin d’une intervention chirurgicale.

Plus le patient faisait état d’effets secondaires graves, plus il était susceptible de se considérer mal renseigné. Ainsi, 38 pour cent des patients qui rapportaient des effets secondaires intenses se sentaient mal informés, contre seulement 4 pour cent de ceux dont les effets secondaires étaient moins pénibles.

Le tiers des patients soignés par radiothérapie ont dit que les effets secondaires liés à la perte d’énergie, à la fatigue et à la faiblesse étaient plus prononcés que ce qu’ils anticipaient. Les patients soignés par radiothérapie, par chimiothérapie et par chirurgie étaient plus susceptibles de se plaindre de ces effets secondaires que ceux soignés uniquement par radiothérapie.

Les patients auraient souhaité être mieux renseignés concernant les symptômes gastro-intestinaux et la fatigue associés à la radiothérapie et à la chimiothérapie. Ceux soignés en radiothérapie mentionnent aussi l’irritation de la peau et ceux en chimiothérapie les dommages aux nerfs. Ceux qui ont subi une intervention chirurgicale ont évoqué les dommages aux nerfs, la douleur et les engourdissements.

Sur une échelle de 0 (effets secondaires minimes) à 100 (effets secondaires graves), les patients soignés en radiothérapie donnent un score moyen de 45, contre 47 pour la chirurgie et 63 pour la chimiothérapie.

Entre 18 et 26 pour cent des patients auraient souhaité obtenir plus d’informations concernant les effets secondaires avant le début de leur traitement.

Les conclusions de cette enquête ont été publiées par le Journal of Oncology Practice.

Affaires

Le changement climatique pose un risque au système financier

TORONTO - Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, a indiqué jeudi que l’institution développait de nouveaux modèles pour tenter de comprendre les conséquences importantes que le changement climatique pourrait avoir sur la stabilité financière.

Lors d’une discussion sur les risques émergents à Toronto, le modérateur ou les membres de l’auditoire n’ont pas interrogé M. Poloz sur le changement climatique, mais celui-ci a pris l’initiative de soulever certaines inquiétudes au sujet des risques de transition, alors que les appels à l’action vis-à-vis du changement climatique se multiplient.

Les commentaires du gouverneur surviennent alors même que la banque centrale mettait de l’avant, plus tôt cette semaine, ses priorités en matière de recherche sur les effets potentiels des changements climatiques. Dans un rapport publié mardi, la banque centrale évoquait notamment les risques physiques liés à l’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes, les risques financiers liés aux actifs échoués et les risques plus larges liés à un système marqué par l’accroissement de la volatilité et de l’imprévisibilité.

Le rapport de Miguel Molico, directeur principal de la recherche au département de la stabilité financière de la Banque du Canada, souligne que les secteurs à forte intensité de carbone, comme le secteur pétrolier et gazier, pourraient être touchés négativement par des changements importants dans les prix relatifs au cours de la transition vers une économie bas-carbone.

M. Molico a indiqué que la banque travaillait pour mieux comprendre les implications financières du changement climatique, notamment en concevant des tests de résistance climatique pour évaluer la résilience du système financier dans des scénarios hypothétiques extrêmes, mais plausibles.

En mai, la Banque du Canada a inclus, pour la première fois, le changement climatique parmi les principales préoccupations pour l’économie dans son rapport sur la santé du système financier.

Actualités

DPJ: la CAQ veut éliminer les listes d’attente d’ici un an

Le gouvernement québécois veut éliminer les listes d’attente des directeurs de la protection de la jeunesse (DPJ) d’ici un an.

C’est ce qu’a exprimé jeudi le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux et responsable de la Protection de la jeunesse, Lionel Carmant, durant la période de questions au Salon bleu du parlement de Québec. Son affirmation survient au lendemain de la publication d’un chapitre accablant dans le rapport annuel de la Vérificatrice générale du Québec (VGQ) à propos de trop longs délais d’attente aux DPJ, autant pour le traitement des signalements que pour l’application de mesures de correction. Les constatations de la VGQ utilisaient des statistiques de 2016 à 2018.

«On est en train d’ajouter des ressources partout. Les listes d’attente ont baissé de façon significative. Il y avait 3800 enfants en attente au mois de juin, on est rendu à 2000 enfants sur les listes d’attente. On continue à les éliminer. Nous, on veut les éliminer d’ici un an», a répondu le ministre Carmant, à une question de la cheffe parlementaire de Québec solidaire, Manon Massé, qui remet en doute le leadership du ministre dans ce dossier.

Moratoire sur la paperasse

M. Carmant rappelle que depuis son élection, il y a un peu plus d’un an, le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) a investi 65 millions $ et ouvert environ 500 postes chez les 19 directeurs de la protection de la jeunesse. Il a aussi mis sur pied la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, présidée par Régine Laurent.

Mais en attendant le rapport Laurent, le ministre posera d’autres gestes dès la semaine prochaine. Comme la déclaration d’un moratoire sur les formulaires. Fini l’ajout de nouveaux formulaires pour les intervenants et intervenantes du DPJ jusqu’à la conclusion de la commission, dont le dépôt du rapport final est attendu au plus tard le 30 novembre 2020, soit dans un an.

«On va permettre aux intervenantes de passer plus de temps avec les patients et moins de temps dans la paperasse, dit M. Carmant. Quand j’étais sur le terrain, elles se plaignaient toujours qu’il y avait des nouveaux formulaires qui apparaissaient. Pour le moment, on va les arrêter et on verra ce que la commission Laurent va nous dire sur la fonction du DPJ, parce qu’il n’y a pas grand-chose qui a changé depuis les 40 dernières années.»

Les tâches de transport de la clientèle effectuées par les intervenants et intervenantes seront aussi diminuées, ajoute-t-il.

Première ligne renforcée

Comme solution à plus long terme, le ministre estime qu’un renforcement de la première ligne des services de santé, en amont, désengorgera les listes d’attente des DPJ.

«Il y a beaucoup d’enfants qui vont directement au DPJ sans jamais avoir eu de services en première ligne. C’est inacceptable! Il y a aussi beaucoup d’enfants en attente de services en première ligne et, comme il ne se passe rien, ils sont envoyés au DPJ. Je le répète, mais le DPJ est rendu la salle d’urgence des services sociaux! Il faut que notre première ligne soit plus forte», indique M. Carmant, attribuant l’explosion des listes d’attente aux récentes années de coupes de l’ancien gouvernement libéral dans les services de santé de première ligne.

Après avoir mis des efforts sur le programme Agir tôt concernant les enfants de 0 à 5 ans, le gouvernement investira maintenant dans le programme Jeunes en difficulté, qui se concentre sur les 6 à 12 ans.

Musique

Coldplay ne partira pas en tournée pour des raisons environnementales

LONDRES - Le groupe britannique Coldplay a décidé de ne pas partir en tournée mondiale pour des raisons environnementales.

Le chanteur Chris Martin a déclaré à la BBC, jeudi, que le groupe ne partirait pas en tournée pour promouvoir son nouvel album parce qu’il souhaite prendre le temps de déterminer comment une tournée pourrait être bénéfique pour l’environnement.

«Nous serions déçus si elle n’était pas carboneutre», a-t-il déclaré.

Il a ajouté que Coldplay a déjà fait plusieurs tournées majeures et souhaite trouver une façon pour que la prochaine donne davantage qu’elle ne prend.

L’album «Everyday Life» sortira vendredi.

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Arts

«Les Belles-Soeurs»: une plainte pour discrimination raciale dans un théâtre peut aller de l’avant

VANCOUVER — Quand Ravi Jain a entendu parler de l’expérience d’une actrice de Victoria qui dit s’être vu refuser une audition pour un rôle dans «Les Belles-soeurs» parce qu’elle était noire, il a tout de suite pu s’identifier à l’histoire.

Ravi Jain, qui est le directeur artistique et fondateur du Why Not Theatre à Toronto, affirme que certains metteurs en scène canadiens soutiennent depuis longtemps que les acteurs de minorités visibles ne peuvent pas jouer certains rôles parce qu’ils se déroulent à une époque et dans un lieu qui les excluraient.

«Ce n’est tout simplement pas vrai. C’est une vision limitée de l’époque et des structures de pouvoir qui existaient», a-t-il avancé.

Il a tenu ces propos après une décision du Tribunal des droits de la personne de la Colombie-Britannique, plus tôt ce mois-ci, autorisant une plainte de Tenyjah Indra McKenna contre la Victoria Theatre Guild and Dramatic School et sa metteuse en scène bénévole.

Les documents du tribunal indiquent que Tenyjah Indra McKenna avait contacté la metteuse en scène Judy Treloar en août 2017 à propos d’une audition pour jouer un rôle dans la production par le théâtre du récit de Michel Tremblay «Les Belles-soeurs».

Judy Treloar a d’abord invité l’actrice à prendre le scénario, mais lorsque celle-ci lui a dit qu’elle était une femme noire, la metteuse en scène lui a répondu qu’une femme noire ne serait ni une soeur ni une voisine dans la pièce, selon les documents.

«Même si je n’aime pas dire cela, les quinze femmes de cette pièce sont des Québécoises et la pièce se déroule à Montréal en 1965. Une femme noire ne serait ni une voisine ni une soeur dans cette pièce, mais j’aimerais beaucoup vous rencontrer et vous entendre lire», peut-on lire dans un courriel envoyé par Judy Treloar à Tenyjah Indra McKenna.

Les documents indiquent que Judy Treloar a déclaré que son commentaire ne s’appuyait pas sur des préjugés raciaux ou des stéréotypes, mais plutôt de mois d’étude et de préparation pour la production de la pièce. Elle décrit le sujet de la pièce comme portant sur «les femmes québécoises blanches, xénophobes et de la classe ouvrière du quartier montréalais du Plateau-Mont-Royal», indiquent les documents.

Tenyjah Indra McKenna a mis en doute les sources de Judy Treloar dans une réponse par courrier électronique, ajoutant qu’elle avait grandi à Montréal.

«Fait intéressant, au cours des années 1960, ma famille a vécu et travaillé dans le même arrondissement de Montréal où se déroulent «Les Belles-soeurs»», a écrit l’actrice.

«Je me demande également - si vous hésitez à faire appel à une actrice noire pour assurer l’exactitude historique, combien d’actrices québécoises ou francophones allez-vous choisir?»

Depuis lors, le théâtre a offert 1500 $ à Tenyjah Indra McKenna, mis en place une formation sur la diversité pour les membres du conseil, le personnel de production et les employés, et nommé deux médiateurs pour traiter les plaintes de harcèlement ou de discrimination.

Le tribunal a décidé que cela ne suffisait pas pour rejeter la plainte.

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Affaires

Grève au CN: les réserves québécoises de propane épuisées d’ici cinq jours

MONTRÉAL — Le Québec se trouve dans un «état d’urgence» en raison de la grève à la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN), selon le gouvernement Legault, puisque les réserves de propane de la province risquent d’être épuisées d’ici cinq jours.

Jeudi, la pression a continué à s’accentuer sur le gouvernement Trudeau afin qu’il convoque le Parlement avant la reprise prévue le 5 décembre pour légiférer et forcer le retour au travail des 3200 cheminots en grève depuis mardi, ce qui préoccupe de nombreuses entreprises d’un océan à l’autre.

«On utilise à peu près six millions de litres de propane par jour, a expliqué le premier ministre François Legault, en mêlée de presse, à Québec. Nous disposons de réserves de 12 millions de litres. Nous avons commencé à faire des choix. Nous avons (du propane) pour quatre jours, quatre jours et demi.»

Les hôpitaux, garderies et résidences pour personnes âgées qui misent sur le propane pour chauffer ont été priorisés. Cette décision a toutefois des conséquences pour de nombreux éleveurs, qui doivent chauffer des établissements comme des poulaillers, ainsi que pour les agriculteurs pour faire sécher les céréales récoltées.

Même s’il souhaite une entente négociée entre le CN et la Conférence ferroviaire de Teamsters Canada, M. Legault estime qu’»on ne peut pas exclure d’avoir un projet de loi spéciale» pour forcer un retour au travail. Jeudi, les discussions se poursuivaient entre les deux parties. Ailleurs au pays, le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, a abondé dans le même sens.

Au terme d’une première réunion du conseil des ministres à Ottawa, le ministre des Transports, Marc Garneau, ainsi que sa collègue au Travail, Filomena Tassi, ont plutôt incité les deux parties à continuer de négocier.

«On comprend à quel point il est important pour l’économie de notre pays d’avoir un chemin de fer qui fonctionne, a dit M. Garneau, en point de presse. Nous comprenons l’ampleur de ce problème et nous encourageons le CN et les Teamsters à poursuivre les négociations, ce qui est le cas à l’heure actuelle.»

Environ 85 pour cent du propane consommé par le Québec est acheminé par voie ferroviaire, principalement depuis Sarnia, en Ontario, selon la présidente et chef de l’Association canadienne du propane, Nathalie St-Pierre.

«Les camions font la file pendant environ six heures à Sarnia pour obtenir du propane, a-t-elle expliqué au cours d’un entretien téléphonique. L’impact est significatif pour le Québec parce qu’il est difficile d’avoir accès à un approvisionnement en propane autrement que par train.»

En raison de la pénurie, il faudra «choisir entre la vie des poulets dans un poulailler et des récoltes perdues», a déploré la dirigeante de l’Association.

Advenant que l’impasse soit rapidement dénouée entre le CN et les Teamsters, il faudrait «plusieurs jours», voire des semaines, avant que l’approvisionnement en propane puisse revenir à la normale, selon Mme St-Pierre.

Même si la plupart des gens associent le propane au barbecue, cette dernière a rappelé que le gaz est essentiel pour alimenter plusieurs sites miniers, des usines de traitement des eaux ainsi que des tours de télécommunications dans des régions éloignées.

Agriculteurs en détresse

Entre-temps, la situation continue de se compliquer pour de nombreux agriculteurs, qui, après une saison des récoltes difficile en raison des conditions météorologiques, sont incapables de faire sécher leurs grains.

«Mon fournisseur de propane m’a prévenu de ne pas récolter de maïs humide, a indiqué jeudi le président des Céréaliers du Québec, Clément Leblanc, au cours d’une entrevue téléphonique. Il ne peut pas me garantir qu’il va venir me livrer du propane.»

Établi dans la région de Saint-Hyacinthe, M. Leblanc a cessé de récolter dans ses champs, où il reste pour environ 500 000 $ de maïs, puisque les grains ne se conservent que deux ou trois jours sans séchage.

De leur côté, des entreprises de distribution ont signalé à leurs clients, pour la plupart des agriculteurs, que la grève au CN allait les forcer à trouver des solutions de rechange.

«Nos clients doivent s’attendre à une perturbation importante de notre capacité à livrer du propane ainsi qu’à des délais de livraison plus longs dans les jours (et) semaines à venir», a notamment indiqué l’entreprise Capital Propane, située à Québec.

La Coop fédérée et l’Union des producteurs agricoles (UPA) ont déjà publiquement demandé à ce que les gouvernements agissent pour minimiser les conséquences de la grève au CN sur les agriculteurs, qui connaissent une saison des récoltes difficile en raison des conditions météorologiques.

«Cette crise du propane arrive en pleine période de séchage des grains et ne peut être prise à la légère», a fait valoir le président de la Coop fédérée, Ghislain Gervais, par voie de communiqué.

Selon l’UPA, les producteurs céréaliers sont aux prises avec «l’une des récoltes les plus humides depuis des décennies». Les besoins en propane sont plus criants que jamais, puisqu’il faut faire sécher les céréales.

Ce sont des chefs et des agents de train ainsi que les agents de triage du CN qui sont en grève depuis mardi - l’échéancier fixé pour conclure une entente avec la partie patronale.

Sans contrat de travail depuis le 23 juillet, les Teamsters se disent préoccupés par les longues heures de travail, des enjeux entourant la fatigue et ce que le syndicat considère comme des conditions de travail dangereuses.

Éducation

Réforme des commissions scolaires: une étude de l’IRIS avertit Québec

MONTRÉAL - Une publication dévoilée jeudi invite le gouvernement du Québec à revoir son projet de réforme des commissions scolaires et dénonce une centralisation des pouvoirs vers le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

L’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) affirme que le projet de loi 40 exclut de facto les parents et n’amène que d’infimes économies; l’organisme évoque à cet effet un montant annuel de 13 millions $.

La fiche technique de l’IRIS souligne que la rémunération des commissaires scolaires et tout le processus électoral ne représentent que 0,1 pour cent du budget annuel des commissions scolaires.

À propos de la faible participation de la population aux élections scolaires, l’IRIS soutient qu’elle s’explique en partie par un flou sur leur raison d’être. Les commissaires n’ont pas le pouvoir de moduler les taxes scolaires, et peu de personnes connaissent les enjeux dont ils débattent. Ils sont souvent considérés comme des administrateurs plutôt que des représentants politiques de leur communauté.

Afin de contrer la faible participation aux élections, l’IRIS propose de simplifier le processus de vote, par exemple en faisant coïncider les élections scolaires et municipales ou en permettant le vote électronique. D’autre part, il faudrait viser une plus grande démocratisation de la gouvernance scolaire et une amélioration de la transparence des commissions scolaires.

La fiche technique reproche au gouvernement de s’octroyer un plus grand contrôle sur les structures, les communications et la gestion du personnel. La fiche technique de l’IRIS précise qu’en ce sens, les changements proposés s’apparentent aux réformes qui ont touché le réseau de la santé et des services sociaux. Le gouvernement va bien au-delà de son engagement de transformer les commissions scolaires en centres de services.

L’IRIS rappelle que le projet de loi prévoit de faciliter l’inscription des élèves en dehors de leur territoire de résidence. Or, l’organisme observe que le Québec connaît d’importantes inégalités scolaires, notamment en raison du financement public de l’école privée et de la multiplication des programmes et projets particuliers à l’école publique. La proposition du ministre Roberge ne fera que les accroître, selon l’IRIS.

Actualités

Deux héros du SPS honorés

Les policiers Jasmin Bernier et Jean-François Durand ont agi avec héroïsme, le 8 janvier 2018, quand ils sont parvenus à maîtriser Tom Néron, dans une résidence de Rock Forest, alors qu’il venait d’assassiner sa mère de plusieurs coups de couteau. Parce qu’ils ont fait preuve de courage en intervenant sans connaître la configuration des lieux, le nombre de personnes à l’intérieur de la maison et la dangerosité du suspect, ils reçoivent jeudi un prix Cristal du gala des Prix des policiers du Québec, un prix décerné aux héros de l’ombre.

« C’est un peu imprévu dans notre parcours. Oui, cet appel était demandant, mais ça fait partie de notre travail », réagit d’emblée Jasmin Bernier, qui travaille au Service de police de Sherbrooke depuis 18 ans. « Nous recevons plusieurs appels à haut risque chaque année », ajoute-t-il.

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Néron déclaré non criminellement responsable d’avoir tué sa mère

Une confession de Néron soulève des questions

Santé

Les nourrissons seraient plus vulnérables à la rougeole qu’on le pensait

TORONTO - Les nourrissons seraient plus vulnérables à l’infection par la rougeole qu’on ne le pensait auparavant, laisse entendre une nouvelle étude.

Les résultats réfutent l’idée que la plupart des bébés sont protégés pendant une bonne partie de leur première année par des anticorps maternels transmis pendant la grossesse.

En fait, expliquent des chercheurs de l’hôpital torontois Sick Kids, la vaste majorité des 196 enfants étudiés étaient vulnérables à l’âge de trois mois. Et aucun des nourrissons n’était à l’abri à six mois.

Les bébés ne reçoivent généralement pas le vaccin antirougeoleux avant l’âge de 12 mois. Cela aboutit à un large écart de susceptibilité que l’auteur principal de l’étude a qualifié de «tout à fait alarmant».

Shelly Bolotin, une scientifique de Santé publique Ontario, a ajouté que les résultats soulignent la nécessité pour tout le monde de garder leur vaccination à jour afin de protéger les membres les plus vulnérables de la population.

«C’est vraiment inquiétant, car la rougeole est une maladie grave qui peut toucher les nourrissons, a dit Mme Bolotin, qui est également professeure adjointe à l’école de santé publique Dalla Lana et au département de médecine de laboratoire et de pathobiologie de l’Université de Toronto.

Cela peut être absolument dévastateur et nous devons nous assurer de protéger nos membres les plus vulnérables de notre population - les nourrissons.»

L’étude a été publiée en ligne jeudi et paraît dans l’édition de décembre du journal «Pediatrics», de l’Académie américaine de pédiatrie.

Les chercheurs ont constaté que 20 pour cent des nourrissons d’un mois et 92 pour cent des bébés de trois mois avaient des taux d’anticorps inférieurs au seuil de protection.

Mme Bolotin a indiqué que les chercheurs savaient déjà que l’immunité des nourrissons diminuait au cours des six premiers mois de leur vie, mais ils ne s’attendaient pas à une chute aussi rapide.

«Nous avons été surpris de voir que le déclin ou le manque de protection commençaient plus tôt, a dit Mme Bolotin, qui a collaboré avec l’autrice principale, la docteure Michelle Science, une spécialiste des maladies infectieuses au Sick Kids et également une médecin de contrôle des infections à Santé publique Ontario.

Elle a ajouté que l’hypothèse selon laquelle les bébés sont protégés plus longtemps repose sur des études menées dans des endroits où la rougeole reste répandue. Dans ces régions, les mères ont des taux d’anticorps plus robustes à transmettre à leur enfant, car leur immunité provient d’une infection naturelle et est constamment stimulée par une exposition continue à la rougeole.

En revanche, la plupart des Canadiennes en âge de procréer sont immunisées par la vaccination, car le Canada a éliminé la rougeole en 1998. Bien que les taux de vaccination soient élevés ici, la vaccination est associée à des taux d’anticorps plus faibles que ceux d’une infection naturelle.

Mme Bolotin a précisé que l’étude de Toronto est unique en ce qu’elle mesure les anticorps chaque mois de la vie d’un nourrisson, de la naissance à 12 mois. Des recherches antérieures ont porté sur la mesure des niveaux d’immunité chez les bébés à la naissance ou âgés de plus de six mois.

Un article d’accompagnement rédigé par deux autres experts qui apparaît également dans «Pediatrics» soulève la question de savoir s’il est temps d’envisager de modifier le calendrier de vaccination. Il conclut qu’il n’y a aucune raison de vacciner plus tôt, malgré les épidémies en cours aux États-Unis.

Mme Bolotin a reconnu qu’il s’agissait d’une question difficile pour les décideurs politiques qui devaient peser le risque d’infection par rapport au meilleur moment pour vacciner les enfants, dont le système immunitaire est en train de mûrir.

Les nourrissons âgés de six à 11 mois qui se rendent dans des régions où la rougeole est endémique sont encouragés à recevoir une dose précoce du vaccin en plus de leur dose habituelle à 12 mois, mais sinon, toutes les provinces du Canada recommandent le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) à 12 mois.

Le calendrier pour une deuxième dose du vaccin varie à travers le pays.

Le commentaire de «Pediatrics» suggère que la vaccination précoce pourrait effectivement nuire à l’efficacité d’une dose ultérieure, entraînant une baisse des taux d’anticorps par rapport aux enfants vaccinés pour la première fois à 12 mois.

«La vaccination précoce peut également altérer la réponse après la revaccination, entraînant une baisse des taux d’anticorps par rapport aux enfants vaccinés pour la première fois au cours de la deuxième année de vie», expliquent les auteurs, citant une étude sur l’immunité des enfants âgés de 5 à 10 ans, et une autre publiée plus tôt cette année qui traitait des impacts à court et à long terme sur les enfants aux Pays-Bas.

À la fin de la semaine dernière, selon Mme Bolotin, le Canada enregistrait 112 cas de rougeole cette année, la grande majorité d’entre eux étant importés ou liés à l’importation.

La rougeole peut entraîner des complications graves, notamment une pneumonie, une encéphalite et la mort.

Expositions

Un tableau de Picasso vendu pour une somme record à Toronto [PHOTOS + VIDÉO]

TORONTO - Une toile de Pablo Picasso qui a été mise aux enchères à Toronto mercredi soir a été octroyée pour 9,1 millions $, la somme la plus élevée jusqu’ici dans des enchères au Canada pour une oeuvre d’un artiste étranger.

La Maison Heffel avait indiqué que la «Femme au chapeau», l’oeuvre maîtresse de la vente automnale, affichait une estimation de vente allant de 8 millions $ à 10 millions $.

Cette huile sur toile, créée en 1941, est une représentation de la photographe Dora Maar, qui, durant sa relation avec Picasso, a été le sujet principal de sa série «Femme qui pleure».

Parmi les oeuvres canadiennes mises aux enchères, «Street, Alert Bay», la première toile majeure d’Emily Carr offerte sur le marché depuis de nombreuses années, a été vendue pour 2,4 millions $. Elle illustre une scène d’un village d’une Première Nation de la Colombie-Britannique peinte par l’artiste en 1912 peu après son retour d’un séjour en France.

Cinq oeuvres du Québécois Jean Paul Riopelle ont également été offertes aux enchères mercredi soir, dont «Composition/sans titre», une toile réalisée en 1955.

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Santé

Chez un jeune vapoteur canadien, un nouveau type de lésions pulmonaires

WASHINGTON - Un Ontarien de 17 ans a failli perdre ses poumons plus tôt cette année après cinq mois de vapotage intensif, et l’ingrédient soupçonné, le diacétyle, diffère de celui identifié aux États-Unis, soulignant les mystères qui restent à élucider sur les cigarettes électroniques.

Le cas, décrit jeudi dans le journal de l’association médicale canadienne (CMAJ), est intéressant, car les lésions sont différentes de celles qui ont été décrites aux États-Unis, où plus de 2.000 personnes sont tombées malades de ce que les autorités appellent «Evali», acronyme anglais signifiant «pneumopathies liées à l’utilisation de produits de cigarettes électroniques ou de vapotage».

Quarante-deux Américains en sont morts depuis l’été. Le Canada est relativement épargné avec huit malades recensés.

Aux États-Unis, les poumons des patients étaient surtout abîmés dans les alvéoles des poumons. Certains avaient comme subi des brûlures chimiques. Les enquêteurs fédéraux ont récemment conclu que l’ingrédient fautif était une huile de vitamine E, ajoutée dans des recharges liquides de vapoteuses, très souvent au cannabis.

Pour le cas canadien, les médecins ont diagnostiqué une bronchiolite oblitérante, c’est-à-dire une inflammation des bronchioles, qui sont les ramifications terminales des bronches.

La même maladie avait été observée chez des ouvriers travaillant dans une usine de popcorn micro-ondable et qui avaient inhalé accidentellement du diacétyle, produit utilisé par l’industrie alimentaire et qui donne un goût de beurre au popcorn. Le diacétyle est sûr sous sa forme ingérée, mais dangereux s’il pénètre les poumons.

Des études ont averti depuis des années que ce produit est omniprésent dans les liquides de cigarettes électroniques. Mais aucun cas n’avait auparavant été rapporté.

Les médecins canadiens concluent que l’on est loin d’être certains de la sûreté des ingrédients des e-cigarettes, au-delà du danger de la vitamine E.

Ce patient canadien était en bonne santé et vapotait quotidiennement des recharges aromatisées telles que pomme verte et barbe à papa, dans lesquelles il ajoutait lui-même régulièrement du THC, l’ingrédient psychoactif du cannabis (légalisé en 2018 au Canada).

Il s’est mis à tousser si fort qu’il s’est présenté aux urgences où les médecins, croyant à une pneumonie, lui ont d’abord prescrit des antibiotiques, avant de l’hospitaliser et l’intuber pour plusieurs semaines, les symptômes empirant.

Le jeune homme respirait si mal qu’une double greffe des poumons a été envisagée, avant que son état ne finisse par s’améliorer. Il est resté hospitalisé 47 jours.

Quatre mois après sa sortie d’hôpital, ses poumons gardaient des séquelles: le volume respiré était de 45% de ce qui est normal pour son âge et sa taille, disent les médecins qui l’ont traité à l’AFP.

«Ce serait classé comme une obstruction aiguë», a dit la médecin Karen Bosma, du Lawson Health Research Institute, à l’AFP. «C’est similaire à quelqu’un qui aurait fumé toute sa vie et aurait une maladie pulmonaire aiguë».

Autres sports

Basketball professionnel: place aux BlackJacks d’Ottawa

Après avoir perdu coup sur coup son équipe de baseball et de soccer en l’espace de deux mois, Ottawa fait le saut sur le bois franc et deviendra la septième franchise de la Ligue canadienne élite de basketball (CEBL) en 2020.

Le commissaire de ce circuit professionnel de première division sanctionnée par la FIBA, Mike Morreale, a confirmé mercredi la rumeur qui circule depuis le début de la semaine. Mieux, il a annoncé que cette formation s’appellera les BlackJacks et évoluera à l’aréna de la Place TD l’an prochain.

« Le premier match local aura lieu le 14 mai », a lancé Morreale en point de presse.

L’événement médiatique était tout sauf broches à foin. Le logo de l’équipe, un lièvre, a été dévoilé. L’impressionnant trophée remis à l’équipe championne de la ligue, qui est fait en partie de bois franc, se trouvait aussi sur place. T-Shirts et casquettes étaient déjà disponibles.

Des écrans avaient été aménagés pour présenter les faits saillants de la première saison de la CEBL qui a été disputée de mai à août dernier. Le circuit compte des équipes à Edmonton, Guelph, Fraser Valley, Hamilton, Niagara et Saskatoon.

« Nous avons attiré en moyenne des foules de 2000 spectateurs », a souligné Morreale.

C’est la cible fixée pour l’an un des BlackJacks, dont les uniformes seront dévoilés au début de la nouvelle année. Le noir, rouge et blanc risquent d’être à l’honneur.

Ça reflétera les uniformes des deux autres équipes sportives qui évoluent à la Place TD, le Rouge et Noir (LCF) et les 67’s (LHO).

Morreale avoue que le nom anglophone du Rouge et Noir, les RedBlacks, a servi d’inspiration au choix du nom des BlackJacks. Il s’agit aussi d’un clin d’œil au lièvre qui s’amusait à galoper sur le terrain de football durant des matches de la LCF, il y a deux ans.

« J’espère que vous aimerez le nom. Je m’attends à ce que certains n’aiment pas. Mais nous allons offrir du basket divertissant. Et c’est ça l’important. »

Il s’agit d’un retour du basket pro à Ottawa. Les défunts SkyHawks avaient survécu seulement deux saisons en 2013 et 2014 dans un circuit rival, la Ligue nationale de basketball du Canada.

Le commissaire croit que la nouvelle équipe pourra réussir là où les défunts SkyHawks ont échoué. « Ils jouaient dans un amphithéâtre beaucoup trop grand, ce qui ne sera pas notre cas », a-t-il rappelé.

Les SkyHawks ont disputé leurs matches locaux au centre Canadian Tire, domicile des Sénateurs d’Ottawa, lors de leur première saison. Ils avaient ensuite partagé leur temps entre le Cégep de l’Outaouais et le collège Algonquin durant l’an deux.

L’aréna de la Place TD peut asseoir environ 9000 spectateurs. Les BlackJacks risquent de fermer certaines sections afin de réduire de moitié la capacité d’accueil pour leurs matches locaux.

« Ottawa-Gatineau s’avère un marché de basketball intéressant avec la présence de deux équipes universitaires dominantes, les Ravens de Carleton et les Gee Gees d’Ottawa. C’est sans compter les nombreux joueurs locaux qui évoluent maintenant dans les rangs professionnels en Europe. Il y a un bassin important d’amateurs », a affirmé Morreale.

Richard Petko s’avère le propriétaire de la ligue et des sept formations qui joueront de mai à août. Le calendrier de la prochaine saison devrait passer de 20 à 24 ou même 28 matches.

Morreale affirme qu’attirer des joueurs dans la CEBL ne s’est pas avéré un problème durant l’an Un. « Nos joueurs touchent en moyenne 800 $ par match. C’est plus que ce qu’un joueur gagne dans la G-League », a-t-il dit au sujet de la ligue de développement de la NBA, qui compte notamment le club-école des Raptors en banlieue de Toronto.

Actualités

Dépôt d'un nouveau projet de loi pour des conseils municipaux transparents

La députée libérale de Verdun, Isabelle Melançon, a présenté mercredi un nouveau projet de loi visant à autoriser la captation de sons et d’images lors des séances publiques d’un conseil municipal ou d’un conseil d’une communauté métropolitaine. Mme Melançon dit s’être inspirée du livre Extinction de voix, plaidoyer pour la sauvegarde de l’information régionale de l’auteure et journaliste Marie-Ève Martel.

«À la lecture du livre, j’ai découvert des choses que j’ignorais», dit d’emblée Mme Melançon.

Affaires

L'industrie forestière craint les répercussions de la grève au CN

CALGARY — Une pénurie chronique de chauffeurs de camion à travers le Canada accentue l'impact de la grève des chefs et agents de train de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN), a indiqué mercredi le chef de la direction de l'Association des produits forestiers du Canada (APFC).

«L'APFC respecte le processus de négociation collective et le droit de grève des travailleurs, mais est préoccupée par les impacts économiques dévastateurs que ce conflit aura sur notre industrie, qui fait déjà face à d'importants vents contraires, sans oublier les impacts sur les familles et les collectivités forestières», a affirmé le chef de la direction de l'association, Derek Nighbor.

Affaires

Pas de produits de vapotage au cannabis sur les tablettes de la SQDC

La Société québécoise du cannabis (SQDC) ne vendra pas de produits de vapotage au cannabis pour le moment, a-t-elle fait savoir mercredi.

Elle y est pourtant autorisée. Le gouvernement du Québec a publié mercredi un règlement déterminant les catégories additionnelles pouvant être vendues par la SQDC. On y prévoit notamment la vente de produits comestibles et des extraits, ce qui vise les liquides de vapotage au cannabis.

Mais le même jour, le gouvernement a fait une mise en garde à ce sujet, rappelant aux Québécois les risques de développer une maladie pulmonaire aiguë associée au vapotage de cannabis (ou cannabinoïdes tels que le THC ou le CBD).

Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a ainsi invité la population à s’abstenir de faire usage de produits de vapotage de cannabis, qu’ils proviennent d’une source légale ou illégale.

Le directeur estime de plus que la SQDC, «en vertu de sa mission de vente de cannabis dans une perspective de protection de la santé», ne devrait vendre aucun liquide de vapotage de cannabis jusqu’à nouvel ordre.

Contactée à ce sujet mercredi, la SQDC a confirmé avoir pris la décision de ne vendre aucun liquide ni produit de vapotage.

«À la lumière des nombreux cas de problèmes de santé qui ont été recensés récemment aux États-Unis, notamment chez les adolescents et les jeunes adultes, nous avons pris la décision de ne pas vendre de produits liés au vapotage parce que nous n’avons pas encore assez de données probantes pour déterminer la ou les causes», a indiqué Fabrice Giguère, porte-parole de la SQDC.

La mise en garde du directeur de la santé publique vient appuyer et légitimer cette décision, a-t-il ajouté.

Les faits

Dans cet avis du directeur de la santé publique, il est précisé qu’en date de mercredi, plus de 2000 cas de maladies pulmonaires liés au vapotage ont été signalés aux États-Unis, et plusieurs dizaines de décès ont été confirmés. La grande majorité (86 %) des personnes touchées ont rapporté avoir fait usage de produits contenant des cannabinoïdes, tels que le THC et le CBD. Le vapotage de cannabis joue donc un rôle important dans l’apparition de telles maladies pulmonaires, est-il écrit.

La mise en garde précise qu’à ce jour, «la cause de ces maladies demeure indéterminée» et qu’aucun produit, ingrédient ou composant ne semble émerger comme étant la cause unique et les causes pourraient être multiples. Si l’acétate de vitamine E a été identifié comme étant impliqué dans certains cas, il ne peut expliquer à lui seul tous les cas rapportés.

Au Canada, il y a huit cas confirmés ou probables de maladies pulmonaires liés au vapotage et d’autres cas sont en évaluation, écrit le directeur de la santé publique. Certains semblent liés au cannabis, d’autres au vapotage d’autres substances (nicotine ou arômes), peut-on y lire.

La Coalition québécoise pour le contrôle du tabac a salué «l’approche basée sur la prudence» manifestée par Québec par le biais de sa mise en garde sur le vapotage du cannabis et du règlement déterminant d’autres catégories de cannabis qui peuvent être vendues par la SQDC.

Arts

Occupation Double: Camille stratégique, mais pas si intense

Intense, stratégique et controversée. C’est ainsi que Camille a été qualifiée, lors de son aventure à Occupation Double. De retour de l’Afrique du Sud depuis mardi soir, la gestionnaire en informatique originaire de Chicoutimi ne s’en cache pas : elle était là pour gagner, quitte à être stratégique. Et elle n’est peut-être pas aussi intense que la production l’a montrée à l’écran.

Réglons une chose tout de suite : la relation avec Louis n’a pas survécu à la fin de l’aventure. « Ses sentiments n’étaient pas réciproques, mais nous sommes en bons termes », a-t-elle précisé, lors d’une entrevue avec Le Quotidien, mercredi après-midi.

Actualités

GCM: Desjardins a une responsabilité, insiste le maire de Gatineau

La décision du Mouvement Desjardins de tourner le dos au projet de coopératives porté par les employés et les cadres du Groupe Capitales Médias (GCM) pour sauver les six journaux régionaux, dont Le Droit, inquiète et déçoit le maire de Gatineau. Maxime Pedneaud-Jobin croit plutôt que Desjardins a la responsabilité de jouer son rôle de coopérant en étant partenaire dans l’aventure.

«Je ne connais pas les raisons de Desjardins, je ne connais pas tous les détails, mais on ne parle pas d’un plan d’affaires habituel, lance-t-il. On parle de l’avenir de nos quotidiens régionaux. C’est là où j’ai de la difficulté à comprendre parce que Desjardins ce n’est pas uniquement une banque, ça devrait être un partenaire. Dans ce sens-là, peut-être que plutôt que de se retirer, Desjardins pourrait trouver une façon d’améliorer le plan d’affaires qui est sur la table, essayer de le transformer pour que ce soit plus acceptable de leur point de vue. Ça serait plus constructif.»

Maxime Pedneaud-Jobin a été l’un des premiers maires au Québec à monter au créneau pour la survie des journaux régionaux de GCM. Il est à l’origine d’un des plus récents succès du milieu coopératif au Québec avec la création de la Laiterie de l’Outaouais. Défenseur affirmé de l’économie coopérative depuis qu’il est en politique, le maire de Gatineau s’explique bien mal l’attitude du Mouvement Desjardins, dont le retrait du projet pour sauver les journaux régionaux fait maintenant vaciller les dirigeants du Fonds de solidarité de la FTQ. 

Affaires

Le minage de cryptomonnaie, très bruyant, ne fait pas que des heureux au Québec

MONTRÉAL - Au printemps dernier, Bitfarms se présentait comme une «entreprise socialement responsable», qui valorise l’hydroélectricité inutilisée du Québec pour alimenter l’»économie numérique» de la province, tout en générant d’intéressantes recettes pour des régions en difficultés.

Mais depuis ce temps, la société de «minage de cryptomonnaie» a elle-même connu ses difficultés. Bitfarms a perdu le mois dernier son président et cofondateur, Pierre-Luc Quimper, en plus de trois autres cadres supérieurs. Le cours de l’action a aussi perdu environ 30 pour cent depuis sa première inscription à la Bourse de croissance TSX en juillet. Et les citoyens qui habitent à proximité des installations de «minage» de l’entreprise à Sherbrooke affirment que le bruit des ventilateurs est devenu insupportable.

Les dirigeants de Bitfarms assurent que les récents départs de dirigeants sont des choses qui arrivent en entreprise et ils font confiance aux investisseurs. Quant au bruit, Bitfarms soutient que le mur de 23 mètres qu’elle a proposé de construire à l’extérieur de l’usine de Sherbrooke contribuera à rétablir la paix et la tranquillité dans le secteur.

Mais les riverains n’en sont pas si sûrs. Marcel Cyr, qui habite en face de l’installation de Bitfarms, de l’autre côté de la rivière Magog, rappelle qu’à la suite des plaintes de résidants, l’entreprise a augmenté sa capacité - et a même annoncé une nouvelle expansion. «Ils ont une réaction qu’ils disent de bonne foi et au début, on les a crus, confie M. Cyr au téléphone. Maintenant, on ne les croit plus (...) Comment voulez-vous qu’on les croie?»

Jusqu’à récemment, Bitfarms était vu au Québec comme un géant naissant de Bitcoin, dirigé par le cofondateur millionnaire Pierre-Luc Quimper, qui avait créé sa première entreprise informatique à l’âge de 14 ans. Bitfarms a investi environ 80 millions $ au Québec depuis le début de ses activités en 2017. Elle utilise actuellement cinq centres de cryptominage au Québec, essentiellement de vastes espaces hébergeant des milliers de petits ordinateurs conçus pour faire du «hachage» - des milliards de tentatives par seconde pour résoudre un problème mathématique complexe.

Le premier ordinateur à résoudre le problème - en concurrence avec des appareils similaires dans le monde entier - reçoit une récompense Bitcoin, la principale source de revenus de Bitfarms. Chaque bitcoin vaut actuellement environ 11 000 $.

De bruyants ventilateurs

Les ordinateurs de Bitfarms fonctionnent généralement 24 heures sur 24, sept jours sur sept, et consomment d’énormes quantités d’énergie. C’est ce caractère énergivore qui a poussé Bitfarms et des entreprises semblables à s’installer au Québec et à tirer profit de son hydroélectricité relativement bon marché et abondante. L’entente entre la Ville de Sherbrooke et Bitfarms a permis à l’entreprise d’obtenir une garantie d’approvisionnement de 98 mégawatts d’Hydro-Sherbrooke. La Ville devrait recevoir environ 3 millions $ par an pour cette électricité.

Mais certains résidants sont furieux. Ces ordinateurs qui tournent à plein régime produisent beaucoup de chaleur et de grands ventilateurs sont nécessaires pour maintenir les installations au frais. Or, ces énormes ventilateurs, qui vrombissent jour et nuit, rendent fous des citoyens comme Marcel Cyr. «Ça détruit l’environnement, ça détruit la santé des humains, par le stress, la quiétude (...) dans ce qui était le secteur le plus tranquille de la ville de Sherbrooke, dit-il. On avait la paix, on veut que la paix revienne.»

Le conseiller municipal Marc Denault admet que si la Ville avait été prévenue de ce problème de bruit, elle n’aurait pas laissé l’entreprise s’installer dans l’ancienne usine de bâtons de hockey Sherwood. «Et je suis convaincu que Bitfarms aussi n’aurait pas choisi cet endroit-là», dit-il en entrevue.

En mai dernier, Pierre-Luc Quimper était gonflé d’optimisme. «L’avenir est devant nous», déclarait-il à La Presse canadienne. Mais il a tout de même démissionné en octobre, accompagné des vice-présidents Anthony Lévesque et Louis Valois et du responsable des relations publiques, Bahador Zabihiyan. Une source au fait des activités de Bitfarms, qui a requis l’anonymat, a évoqué des tensions entre les équipes de direction à Toronto et au Québec. «Les activités et les revenus sont au Québec, mais les bureaux sont à Toronto.»

Conflit de visions

Wes Fulford, PDG de Bitfarms, à Toronto, parle «de commérages». Mais sa description du départ de M. Quimper laisse tout de même entrevoir un conflit de personnalités - ou du moins d’orientations. «Il n’a jamais eu de patron. Il n’a jamais eu de conseil d’administration: il a été impliqué dans de petites entreprises en croissance», explique-t-il.

Dans un communiqué transmis à La Presse canadienne, Pierre-Luc Quimper écrit: «Avec les trois autres fondateurs, nous avons embauché Wes (Fulford) pour nous aider à mettre en oeuvre notre vision. À un moment donné, ma vision d’entrepreneur et d’homme d’affaires était différente de celle de Wes, qui a une expérience bancaire traditionnelle».

De retour à Sherbrooke, le conseiller Denault a déclaré que Bitfarms avait montré sa volonté de résoudre le problème du bruit. Le PDG Fulford a annoncé que Bitfarms rénoverait l’intérieur de l’usine et construirait un mur extérieur pour atténuer le bruit des ventilateurs.

Il semble que l’entreprise a l’habitude de régler ses problèmes de bruit. Patrick Melchior, maire de Farnham, en Montérégie, qui accueille également une installation de Bitfarms, a déclaré que des résidants s’étaient aussi plaints du bruit en 2017. «Ils ont été tout de suite très coopératifs, leur but n’était vraiment pas de ne pas être un bon concitoyen corporatif, alors ils ont tout de suite travaillé avec une firme pour savoir comment réduire le bruit, confie-t-il. Les citoyens étaient très satisfaits, dossier clos», en quelques mois.

Actualités

L’offre des employés de GCM est la meilleure, dit le séquestre de la firme PwC

Plus simple, plus facile à négocier, un financement mieux attaché bien qu’incomplet; l’offre d’achat des coopératives des employés des six journaux de Groupe Capitales Médias est meilleure que celle de l’entreprise Métro Média, estime le séquestre Christian Bourque de la firme PwC.

L’associé responsable de la restructuration chez PwC Christian Bourque a présenté mercredi matin au juge Daniel Dumais de la Cour supérieure les deux offres reçues au terme du processus pour trouver un repreneur aux journaux de Groupe Capitales Médias (GCM), dont fait partie Le Soleil, placés sous la protection de la Loi sur la faillite depuis le 19 août.

Comme le gouvernement caquiste, le séquestre qui a examiné les offres et les finances du groupe recommande au tribunal d’autoriser la vente au collectif d’employés du Soleil, de La Tribune, du Nouvelliste, du Droit, du Quotidien et de La Voix de l’Est.

Christian Bourque privilégie cette offre notamment car, selon lui, les négociations seront nécessairement plus faciles avec des employés copropriétaires.

Dans le projet de coopérative, tous les abonnements déjà payés par les lecteurs (4,7 millions $) sont honorés intégralement. Le collectif des employés arrive avec un montage financier de 15 890 000 $ et un plan d’arrangement avec les créanciers. Ce plan prévoit la constitution d’un fonds de 250 000 $ pour payer les réclamations.

Le séquestre Christian Bourque a précisé au juge que le financement des coopératives de journaux, à la hauteur d’environ 21 millions $, n’est pas encore complété. 

Le Mouvement Desjardins, approché pour être investisseur, a confirmé publiquement mardi qu’il n’embarquait pas dans le projet. Les artisans du projet de coopératives se donnent encore un mois pour ficeler le montage financier. 

Le porte-parole du comité de création des coopératives, le journaliste Louis Tremblay du Quotidien de Saguenay, fait remarquer que Desjardins n’était pas la seule institution financière approchée pour faire une contribution de 1 à 2 millions $.

«En ce moment, il y a des discussions avec d’autres institutions financières au Québec pour remplacer Desjardins et que les Fonds des travailleurs maintiennent leur participation (d’environ 3 millions $), indique Louis Tremblay. On devrait avoir des réponses assez rapidement.» 

Les Fonds de travailleurs et une autre banque québécoise ont analysé le plan d’affaire des coopératives et l’ont estimé assez solide pour qu’elles veuillent agir comme prêteur, remarque le journaliste du Quotidien.

Plus de conditions

Métro Média, un propriétaire de journaux expérimenté, présentait lui un financement avec une marge de crédit bancaire de 9 millions $. L’offre d’achat de Métro Média comportait plus de conditions et assumait moins de passif, note le séquestre.

L’entreprise Métro Média prévoyait des mises à pied. L’offre des coopératives d’employés comporte aussi une certaine attrition, avec principalement la fermeture d’une imprimerie à Sherbrooke.

Les deux offres prévoient la terminaison des régimes de retraite à prestation déterminée pour les 1200 membres (900 retraités et 300 employés actifs). Cette terminaison surviendrait aussi avant Noël. Le séquestre a indiqué que la fin des régimes à prestation déterminée ferait économiser environ 4 millions $ par année aux nouvelles coopératives.

Tout dépendant de la fluctuation des taux d’intérêt, les membres des régimes devront assumer un déficit de solvabilité d’environ 25 %. Les retraités verraient alors leurs rentes diminuées de la même proportion.

Les offres prévoient aussi la fin du régime d’assurance collective pour les retraités.

Le juge Daniel Dumais a pris l’analyse de l’offre et du plan en délibéré. Il rendra sa décision d’ici vendredi.

L’accord d’Investissement Québec

Le plan sera soumis aux créanciers à la mi-décembre. Avec ses prêts de 15 millions $, Investissement Québec est le principal créancier de GCM. L’avocat mandaté par IQ a confirmé au tribunal que le bras financier du gouvernement appuyait l’offre retenue par le séquestre. Le ministre québécois de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a déjà indiqué que le gouvernement ne s’attendait pas à retrouver sa mise.

Confrontés à l’érosion des revenus publicitaires au profit des géants mondiaux du Web, les six journaux de GCM perdent encore à l’heure actuelle entre 150 000 et 200 000 $ par semaine.

Les revenus sont toutefois plus élevés et les dépenses plus faibles que ce que le séquestre anticipait. GCM a des liquidités jusqu’en janvier.

En date du 11 novembre, le passif du Groupe Capitale Médias est de 45,5 millions $ pour un actif beaucoup plus faible de 16,3 millions $.

Pour faciliter l’accès au nouveau programme de crédits d’impôt sur la masse salariale des travailleurs de l’information, le séquestre demande à la Cour de lui permettre de conclure la transaction selon la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies plutôt qu’avec la Loi sur la faillite. Les coopératives évaluent que le nouveau programme de crédits d’impôt leur amènera entre 5 et 6 millions $ annuellement.

Les retraités présents

Une douzaine d’employés retraités du Soleil étaient présents pour la présentation du syndic. Leur représentant, le journaliste Pierre Pelchat, a rappelé au juge que les retraités réclament la préservation de leurs rentes passées, qui sont pleinement capitalisées et ne nécessitent pas de cotisation de l’employeur. «On comprend que pour le futur, c’est un régime trop coûteux, convient M. Pelchat. On ne veut pas se créer de faux espoir, mais on a encore quelques semaines pour trouver des solutions.»

Une des solutions, dit le porte-parole des retraités, serait que l’ancien employeur Power Corporation se porte garant du régime de retraite jusqu’à l’extinction du déficit de solvabilité, à la faveur d’une hausse des taux d’intérêt.

Les retraités attendent présentement des avis juridiques pour savoir quels sont les recours possibles.

Au cours des prochaines semaines, les conventions collectives des employés devront être rouvertes pour prévoir la terminaison des régimes de retraite. Tel que le prévoit la loi, les employés actifs auront à voter sur les changements.

L’audition pour faire homologuer le plan d’arrangement aura lieu le 18 décembre.

Affaires

Un Amazon Québec pour les clients nationalistes? [VIDÉO]

Le premier ministre François Legault pourrait endosser l’idée d’un ancien adversaire politique de créer un Amazon Québec. Son ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, croit qu’une telle plateforme servirait mieux les clients «nationalistes».

Les deux hommes ont évoqué la création d’un Amazon Québec, mercredi, à quelques heures d’une rencontre avec des responsables d’Amazon Canada.

L’idée avait d’abord été lancée en 2017 par l’entrepreneur Alexandre Taillefer, qui est plus tard devenu le directeur de la campagne électorale du Parti libéral du Québec de Philippe Couillard.

En mêlée de presse, M. Legault a indiqué que l’absence de produits locaux sur Amazon était l’une de ses grandes «préoccupations». Il a dit vouloir s’assurer qu’Amazon ne vende pas uniquement des produits américains aux Québécois.

«L’important, c’est de savoir comment on fait pour rassurer les fournisseurs québécois», a-t-il déclaré en mêlée de presse.

Le ministre Fitzgibbon est allé plus loin. Le gouvernement pourrait «absolument» investir dans une plateforme québécoise, pourvu qu’elle soit «pérenne», a-t-il dit.

L’objectif serait d’aider les détaillants québécois, qui sont «très peu» présents sur Amazon, à vendre leurs produits au Québec.

«Pourquoi pas?»

«On a des produits, on a des clients qui sont nationalistes, qui aiment acheter québécois, alors peut-être qu’il est temps qu’on commence à regarder plus attentivement d’avoir une structure», a-t-il affirmé, en disant croire «beaucoup» au modèle d’Amazon.

Il a réfléchi à voix haute sur le nécessaire «mécanisme de livraison» qui devrait être mis en place. «Ce n’est pas juste de dire : “On crée une plateforme électronique”. Il faut aussi avoir le mécanisme pour livrer. Au Québec, on est innovant, on est capable, pourquoi pas?

«Je n’arrête pas de taper sur le clou qu’il faut innover. Bon, Amazon, ce n’est pas innovant comme tel, mais ce l’est en termes de structure», a-t-il ajouté.

M. Fitzgibbon ne s’est pas prononcé sur l’autre idée d’Alexandre Taillefer, celle de créer un YouTube et un Facebook québécois.

Amazon est une entreprise de commerce électronique américaine. Elle figure parmi les géants du web, aux côtés de Google, Apple, Facebook et Microsoft.

Autrefois spécialisée dans la vente de livres, l’entreprise offre maintenant la possibilité à ses clients de commander pour livraison toutes sortes de produits, y compris des aliments.