Justice et faits divers

Frank Angove Caron condamné à 44 mois de prison pour homicide involontaire

Poignardé à sept reprises puis aspergé de poivre de Cayenne. Abandonné en pleine nuit, confus et ensanglanté, sur l’autoroute. Enfin, l’inéluctable collision. La fin horrible de Steven Herbst, 27 ans, s’est éclaircie en partie mercredi avec le plaidoyer de culpabilité de Frank Angove Caron, 25 ans, condamné à 44 mois de pénitencier pour cet homicide involontaire.

Le 18 décembre 2018, un petit groupe de trafiquants de drogue s’interrogent sur un vol de stupéfiants qui a eu lieu dans les jours précédents à Beauport.

Ils décident d’amener Steven Herbst, consommateur et trafiquant, faire un tour de voiture pour l’interroger. 

Selon la version d’Angove Caron, le conducteur s’est mis à poignarder Herbst, assis au milieu de la banquette arrière. Herbst a reçu sept coups de couteau dans le mollet, dont un qui a rompu une artère.

Dans le brouhaha général, le conducteur immobilise son véhicule sur l’accotement de Dufferin, près des chutes Montmorency. Frank Angove Caron, assis à côté de la victime, réussit à ouvrir sa portière et sort, suivi de Herbst. Angove Caron asperge Herbst de poivre de Cayenne et retourne dans la voiture, qui part rapidement. «Je voulais juste m’autodéfendre», dira Angove Caron à la juge Hélène Bouillon de la Cour du Québec.

Tennis

Auger-Aliassime et Andreescu avancent à Miami

MIAMI — Félix Auger-Aliassime a prévalu 3-6, 6-1 et 6-2 contre Casper Ruud, jeudi, atteignant ainsi la deuxième ronde de l’Omnium de Miami.

Figurant au tableau principal du tournoi pour la première fois de sa carrière, l’athlète natif de L’Ancienne-Lorette a dominé 6-3 pour les bris et 8-2 pour les as.

Auger-Aliassime est classé 57e à l’ATP, 41 places devant Ruud, de la Norvège. Les deux joueurs ont dû se qualifier pour accéder au tableau principal.

Auger-Aliassime a brillé à Indian Wells la semaine dernière, battant Stefanos Tsitsipas et cheminant jusqu’au troisième tour.

Le Québécois affrontera au prochain tour le Hongrois Marton Fucsovics, 36e au monde. L’Européen a gagné leur seul affrontement en trois sets, à Vienne l’an dernier.

L’Allemand Maximilian Marterer a vaincu l’Américain Taylor Fritz 6-4, 3-6, 6-3; son prochain rival sera l’Ontarien Milos Raonic, 12e tête de série. Denis Shapovalov, 20e tête de série, représente aussi l’unifolié du côté masculin. L’Ontarien jouera contre Malek Jaziri ou Daniel Evans au deuxième tour.

Chez les dames, l’Ontarienne Bianca Andreescu, récemment couronnée à Indian Wells, a gagné 4-6, 7-6 (2) et 6-2 contre Irina-Camelia Begu. La bataille des bris s’est soldée en faveur d’Andreescu, 6-5. 

La jeune femme de 18 ans a maintenant un dossier de 29-3 cette saison.

Au deuxième set, la Canadienne a comblé un retard de 1-5 en gagnant cinq jeux de suite, sauvant une balle de match au passage. Elle a ensuite dominé le bris d’impasse, grâce notamment à deux amortis et une volée.

Andreescu avait aussi défait Begu à Indian Wells, au premier tour.

Classée 24e au monde, Andreescu aura comme prochaine adversaire Sofia Kenin des États-Unis, 32e tête de série. Elles ont divisé les honneurs de leurs deux premiers matches. Plus tôt cette année, Kenin s’est imposée en trois sets à Acapulco, en demi-finale.

Budget Girard

Budget: Investissement Québec et les sièges sociaux dans la mire

En plus de consacrer plus de 1,7 milliard $ pour stimuler la participation au marché du travail dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre, le premier budget du ministre des Finances Éric Girard précise certaines orientations du gouvernement Legault entourant Investissement Québec (IQ) et la question de la protection des sièges sociaux.

Parmi le bouquet de mesures au menu dans le document déposé jeudi, le gouvernement du Québec, qui nage dans les surplus, octroie également des millions de dollars au secteur de l’intelligence artificielle en plus de bonifier le congé fiscal pour les grands projets d’investissement dans les régions.

Congé fiscal en région

Un plus grand nombre de projets destinés aux régions devraient pouvoir bénéficier d’un congé fiscal puisque le ministre des Finances réduit le seuil d’admissibilité de

25 millions $, à 50 millions $.

Cette mesure, qui avait été annoncée en 2013, prévoit une aide fiscale correspondant à 15 % des dépenses admissibles sous la forme d’un congé de 15 ans sur le revenu provenant d’activités admissibles. Elle offre également une pause de 15 ans des cotisations d’un employeur au Fonds des services de santé.

Le gouvernement Legault estime que cette mesure devrait favoriser la réalisation de projets totalisant 800 millions $ au cours des «prochaines années». Des régions comme l’Abitibi-Témiscamingue, le Bas-Saint-Laurent, la Côte-Nord, le Saguenay-Lac-Saint-Jean sont notamment dans la mire de Québec.

IQ plus présente

Le bras financier de l’État québécois bénéficiera d’une bonification de 1 milliard $ de son capital-actions, qui atteindra 5 milliards $, pour «intervenir davantage auprès des entreprises à partir de ses fonds propres», en octroyant des prêts ou grâce à des prises de participations dans divers projets.

Si le budget annonce les couleurs du gouvernement Legault, il faudra toutefois attendre la refonte du mandat de la société d’État, pilotée par le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, avant d’en savoir plus sur cette stratégie — probablement en avril, alors qu’un nouveau président-directeur général sera nommé incessamment.

À l’heure actuelle, les engagements d’IQ totalisent environ

3,17 milliards $, d’après les informations fournies par les fonctionnaires du ministère des Finances.

De plus, dans le but d’englober les secteurs minier, forestier et des énergies vertes, le fonds Capital Mines Hydrocarbures — dont la capitalisation est de 1 milliard $ — adoptera le nom de «Capital Ressources naturelles et Énergie».

Pour rester ici

Le gouvernement Legault, qui a déjà dit qu’il n’hésiterait pas à intervenir afin de protéger certains sièges sociaux d’une prise de contrôle étrangère, met aussi 1 milliard $ dans une enveloppe destinée à l’accompagnement des «entreprises stratégiques» de la province — qui n’ont pas été identifiées dans le budget mais qui sont d’importantes compagnies.

Bien qu’une prise de participation dans une société d’envergure puisse s’avérer dispendieuse, M. Girard a estimé que la somme figurant dans le budget était un bon point de départ.

«Nous ne travaillons pas seuls, a dit le ministre des Finances. La Caisse de dépôt et placement du Québec, qui est indépendante dans ses choix, a [environ] 300 milliards $ sous gestion. Il s’agit de moyens supplémentaires et c’est important. On commence avec cela.»

Interrogé, M. Girard a reconnu qu’il était difficile de ne pas faire de lien avec la situation entourant SNC-Lavalin, qui a vu le cours de son action dégringoler après que les procureurs fédéraux eurent refusé de négocier un accord de réparation avec elle en plus d’être aux prises avec des difficultés financières.

La firme d’ingénierie établie à Montréal n’a pas d’actionnaire de contrôle, alors que la participation la plus importante — 20 % — est détenue par la CDPQ.

«[L’enveloppe] pourrait être utilisée pour SNC-Lavalin, mais le programme n’a pas été conçu [pour l’entreprise]», a dit M. Girard.

De plus, une équipe stratégique dont le mandat sera de se pencher sur la protection des sièges sociaux verra le jour. Aucun échéancier n’a toutefois été dévoilé.

Encore une fois, il faudra attendre avant de connaître l’ensemble des modalités de cette nouvelle mesure, mais Québec souhaite intervenir rapidement, selon ce qui a été indiqué pendant le huis clos du budget.

Bien payés

On entend presque quotidiennement le premier ministre François Legault répéter sur toutes les tribunes qu’il désire créer des emplois bien rémunérés.

Pour y parvenir, le budget propose 380 millions $ au cours des cinq prochaines années destinés à des «projets innovants», alors que 329 mil-

lions $ seront consacrés à l’accélération de l’intelligence artificielle.

En ce qui a trait aux projets qualifiés d’innovants, on allongera

320 millions $ étalés sur cinq ans pour la décontamination de terrains, la construction d’infrastructures publiques ainsi que la mise en valeur de terrains «stratégiquement situés» et qui présentent un potentiel de développement intéressant.

Quelque 220 millions $ sont destinés à l’est de Montréal, Québec, Gatineau, Laval, Lévis, Longueuil Sherbrooke, Trois-Rivières et de Saguenay. Cent millions de dollars iront à des projets «à venir».

Justice et faits divers

Six ans ferme pour le sexagénaire «conjoint» d’une fillette

Carol Pelletier, 61 ans, ne comprend pas encore que c’était un crime d’avoir pris comme «blonde» une fillette âgée entre 9 et 12 ans. Il aura six ans de pénitencier pour y penser.

Pelletier, un homme de Lotbinière, a plaidé coupable à des gestes répétés d’agression sexuelle, des attouchements jusqu’à la pénétration, sur une petite voisine, Noémie*.

Le sexagénaire est entré dans la vie de l’enfant à titre d’ami et de pourvoyeur et, au fil du temps, s’est donné le statut de conjoint. 

La relation entre l’homme et l’enfant avait lieu au vu et au su de la mère. Une enquête policière est d’ailleurs ouverte concernant la dame.

La DPJ connaissait aussi certains éléments de la situation, car elle avait obtenu une interdiction de contact entre Pelletier et Noémie en 2017. 

Les corps policiers n’ont toutefois été avisés qu’au printemps 2018, lorsque la petite sœur de Noémie a filmé Pelletier en train de toucher l’entrejambe de son aînée. Carol Pelletier a déballé son sac aux policiers et raconté la relation en détail.

Cinq mois après avoir plaidé coupable, Carol Pelletier reconnaît mal l’adéquation de ses gestes, car, à ses yeux, la relation amoureuse était mutuelle. «Une enfant de 9 à 12 ans, une relation consensuelle, sa conjointe, énumère le juge Mario Tremblay de la Cour du Québec, d’un ton glacial. Dites-le sans rire!»

«il a gâché sa vie»

Noémie n’a donné que peu de détails aux enquêteurs au moment de l’arrestation de Pelletier, en avril 2018. La jeune fille était très attachée à Pelletier et bouleversée par la rupture.

Quelques mois plus tard, Noémie a accepté de remplir une déclaration sur les conséquences que le crime a eues sur elle, un document dont le contenu est confidentiel. Le juge Mario Tremblay a parcouru le document. «Ce sont des choses très troublantes qu’on peut lire, commente-t-il brièvement. Il a gâché sa vie.»

La procureure de la Couronne Me Mélanie Dufour et l’avocate de défense Me Nancy Quirion ont suggéré une peine de six ans de pénitencier. Cette peine, disent les avocates, tient compte de l’abus de confiance commis par Pelletier et de la gravité des gestes posés, mais aussi du fait qu’il a lui-même été victime dans l’enfance et a des limitations cognitives. La suggestion de six ans a été acceptée par le juge Tremblay, qui, d’un geste sec de la main, a envoyé Pelletier vers le box de détention.

* Prénom fictif

Actualités

Anne-France Goldwater s'oppose à l'euthanasie d'un pitbull jugé dangereux

MONTRÉAL — L'avocate bien connue Anne-France Goldwater tente de sauver un pitbull condamné à l'euthanasie après avoir attaqué six personnes, dont quatre enfants, en août dernier.

Mme Goldwater a plaidé jeudi devant le tribunal que la partie du règlement de la Ville de Montréal qui déclare qu'un chien doit être euthanasié une fois déclaré dangereux contrevient à la législation provinciale sur le bien-être des animaux.

Elle a soutenu que le chien devrait plutôt être envoyé dans un refuge spécialisé à New York, où il serait tenu à l'écart du public et jamais adopté.

Selon Mme Goldwater, les éléments de preuve démontrent que, dans le cas présent, le chien n'a pas fait l'objet d'une évaluation comportementale appropriée et que la propriétaire a été exclue du processus.

Mais un avocat représentant la Ville a soutenu que les agissements du chien le jour de l'attaque montrent clairement qu'il est dangereux et que les autorités municipales avaient parfaitement le droit d'ordonner sa mort.

La Couronne a annoncé cette semaine qu'il n'y aurait aucune accusation criminelle portée contre la femme qui surveillait le chien lorsque les attaques ont eu lieu.

Parmi les victimes, deux enfants - un frère et une soeur - ont été agressés par le chien lors d'attaques distinctes survenues le même jour, avant que les autorités ne saisissent l'animal.

justice

Bertrand Lee Buzzell de retour en prison

À peine libéré de prison, Bertrand Lee Buzzell y est retournée pour une nuit. L’individu a été arrêté tôt mercredi matin par les policiers de la Sûreté du Québec du poste de la MRC du Haut-Saint-François.

Buzzell rôdait autour d’une résidence inhabitée de la route 212 dans le Canton de Newport lorsqu’il a été repéré par un citoyen.

À lire aussi: 12 mois de prison pour vol de poulet dans un resto

Arrêté alors qu'il faisait cuire de la viande volée

Les policiers qui sont arrivés sur place ont interpellé Buzzell qui avait fui. Il a été arrêté à la suite d’une poursuite à pied d’environ deux kilomètres dans la neige.

Le suspect avait sur lui des outils de cambriolage lors de son arrestation. Il brisait aussi certaines conditions de probation.

Bertrand Lee Buzzell a comparu, jeudi, devant le juge Éric Vanchestein de la Cour du Québec au palais de justice de Sherbrooke.

Il a été accusé d’introduction par effraction dans la résidence du Canton de Newport, de possession d’outils de cambriolage et de bris de probation.

L’avocate de la défense Me Karine Poliquin a convaincu le tribunal de remettre l’accusé en liberté sous conditions. Il devra se rendre en thérapie fermée pour ses problèmes de consommation d’alcool et de stupéfiants.

Buzzell est bien connu des milieux policiers.

En février 2018, il avait été condamné à une année de prison pour divers vols.

Les multiples récidives de Bertrand Lee Buzzell en matière de vol avaient entraîné l’imposition d’une peine de douze mois pour un vol de poitrines de poulet à Magog.

Il avait été arrêté en octobre 2017 dans cette affaire à la suite d’un vol commis au restaurant Chich Taouk de la rue Principale à Magog.

Il avait plaidé coupable aux accusations d’introduction par effraction dans un commerce pour y commettre le vol, mais aussi le trafic de poitrines de poulet, de recel de divers articles dont la nourriture, de possession simple de stupéfiants de même que l’entrave au travail des policiers.

Bertrand Lee Buzzell possède de nombreux antécédents en matière vol et de stupéfiants à Magog.

À la suite du vol, la Régie de police Memphrémagog avait pu établir que Buzzell revendait la nourriture qu’il avait volée au restaurant Chich Taouk de Magog.

Affaires

Facebook a laissé des millions de mots de passe à la vue de ses employés

SAN FRANCISCO — Facebook a reconnu jeudi que les mots de passe de millions de ses utilisateurs avaient été accessibles par ses employés pendant des années, après qu'un chercheur en sécurité eut exposé ce problème dans une publication en ligne.

«La règle de sécurité 101 stipule qu'en aucun cas les mots de passe ne doivent être stockés en texte brut et doivent toujours être cryptés», a observé Andrei Barysevich, expert en cybersécurité pour Recorded Future. «Il n'y a aucune raison valable pour que quiconque dans une organisation, particulièrement de la taille de Facebook, ait besoin d'accéder aux mots de passe des utilisateurs en texte brut.»

Facebook a indiqué qu'il n'y avait aucune preuve que ses employés abusaient de l'accès à ces données. Mais des milliers d'employés auraient pu les fouiller. Le réseau social a précisé que les mots de passe étaient stockés sur des serveurs internes à la société, où aucun accès extérieur ne pouvait avoir lieu. Mais l'incident révèle une énorme omission pour l'entreprise, dont le profil a été miné par une série de pépins et de lacunes ces deux dernières années.

Le blogue sur la sécurité «KrebsOnSecurity» a indiqué que les mots de passe de quelque 600 millions d'utilisateurs de Facebook auraient pu être stockés en texte brut. Facebook a affirmé jeudi dans un article de blogue qu'il allait probablement informer des «centaines de millions» d'utilisateurs de Facebook Lite, des millions d'utilisateurs de Facebook et des dizaines de milliers d'utilisateurs d'Instagram que leurs mots de passe avaient été stockés en texte brut.

Facebook Lite est conçu pour les utilisateurs de téléphones plus anciens ou de connexions internet à faible vitesse et est principalement utilisé dans les pays en développement.

Facebook a affirmé avoir découvert le problème en janvier. Cependant, selon le chercheur en sécurité Brian Krebs, dans certains cas, les mots de passe étaient stockés en texte clair depuis 2012. Facebook Lite a été lancé en 2015 et Facebook a acheté Instagram en 2012.

M. Barysevich ne se souvient d'aucune grande entreprise qui aurait été surprise à laisser autant de mots de passe ainsi exposés. Il a ajouté avoir été témoin d'un certain nombre de cas où des organisations beaucoup plus petites avaient rendu ces informations facilement accessibles non seulement aux programmeurs, mais également aux équipes de soutien à la clientèle.

Santé

Des médecins prescrivent des exercices pour améliorer l’autonomie des aînés

MONTRÉAL — Les personnes âgées ont souvent tendance à se sédentariser au terme de leur hospitalisation, ce qui les rend encore plus fragiles et augmente leur risque de chutes et donc d’une nouvelle hospitalisation.

Un nouveau programme développé par deux chercheuses montréalaises pourrait toutefois briser ce cercle vicieux en permettant aux médecins de prescrire aisément des exercices physiques à leurs patients âgés au moment de leur congé, de manière à accentuer leur autonomie.

Mylène Aubertin-Leheudre, du département des sciences de l’activité physique de l’UQAM, et Marie-Jeanne Kergoat, de la faculté de médecine de l’Université de Montréal, ont mis au point un «arbre décisionnel» basé sur deux «tests»: le lever de la chaise - qui mesure la capacité cardiorespiratoire du patient - et un test d’équilibre qui permet de savoir si le patient est à risque ou non de chuter.

Ces deux tests fournissent un score au physiothérapeute ou au médecin, ce qui mène ensuite à l’un des 27 programmes d’exercices qui ont été créés.

Et c’est là une facette cruciale de cette approche: les exercices sont prescrits au patient par son médecin au même titre que la médication qu’il devra prendre. Il ne s’agit pas d’une simple recommandation, et cela ajoute une certaine urgence à la chose.

«Le médecin dit à son patient, ‘Basé sur votre test, je vous prescris ce programme d’activité physique à faire à la suite de votre séjour hospitalier pour continuer à être autonome et redevenir en forme’», a précisé Mme Aubertin-Leheudre.

À raison de 15 ou 20 minutes par jour, les patients sont par exemple invités à se lever plusieurs fois d’une chaise d’affilée sans se tenir avec les mains, à faire le balancier sur une jambe et l’autre en se tenant après une table, à se déplacer de côté ou en avant et en arrière, à lever les genoux en alternance en ayant une table à côté d’eux, ou encore à se mettre sur la pointe des pieds ou les talons en alternance.

Les chercheurs espéraient que la vingtaine de participants à leur projet effectueraient leurs exercices trois fois par semaine. Ils les ont plutôt faits quatre ou cinq fois.

D’emblée, l’étude a démontré une amélioration de la vitesse de marche et de l’équilibre des aînés. Aucune augmentation du nombre de chutes n’a été détectée. Les aînés ont aussi fait état d’une meilleure qualité de vie.

La prochaine étape du projet consistera à comparer le recours aux services de santé des patients qui auront fait ces exercices à celui des patients qui ne l’auront pas fait.

Note aux lecteurs: Cette version précise que Mme Aubertin-Leheudre est rattachée à l’UQAM et non à l’UdeM.

Environnement

Un rapport recommande plus d’investissements dans les autobus électriques

TORONTO — Un nouveau rapport d’un groupe de réflexion sur les énergies vertes réclame une augmentation des investissements dans les autobus électriques, ce qui permettrait à la fois de réduire les émissions de gaz polluants et de stimuler le secteur canadien de construction de ces véhicules, qui connaît une croissance.

Selon le document de Clean Energy Canada, même si le Canada est l'un des principaux constructeurs d'autobus électriques, les autorités de transport en commun du pays accusent un retard à ce chapitre par rapport à leurs pairs internationaux.

«Le Canada est prudent à propos de certaines de ces choses», a observé Merran Smith, directrice générale du groupe de réflexion établi à l'Université Simon Fraser.

«Les véhicules électriques commencent vraiment à décoller, mais les gens ne parlent pas tellement des autobus électriques et leur potentiel est énorme.»

La Chine est de loin le leader dans ce secteur, avec environ 99 pour cent des autobus électriques du monde. Le parc de Shenzhen à lui seul compte plus de 16 000 de ces véhicules. D'autres villes se sont également engagées dans cette direction, notamment Amsterdam, qui souhaite passer aux autobus zéro émission d'ici 2025, et Los Angeles, d'ici 2030.

Plusieurs villes canadiennes ont également fixé des cibles de parcs entièrement alimentés à l'énergie renouvelable, mais dans des délais moins serrés. Ainsi, Montréal vise 2040, alors que Toronto et Vancouver ciblent 2042 et 2050 respectivement.

Une étude de Bloomberg New Energy Finance révélait plus tôt cette semaine que la flotte mondiale d'autobus électriques réduirait la consommation d'environ 270 000 barils de diesel par jour d'ici la fin de l'année, puisque ces véhicules sont très utilisés et ont un impact démesuré sur la demande de carburant.

Le rapport de Clean Energy Canada estime également que d'ici 2030, les autobus électriques auront à peu près le même coût initial que ceux qui fonctionnent au diesel. Actuellement, les autobus électriques sont environ deux à quatre fois plus dispendieux.

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Mais les coûts des véhicules électriques sont bien moindres si l'on tient compte de toute la durée de vie des autobus. L'agence de transport en commun du Grand Vancouver Translink estime que les coûts de la durée de vie utile, qui tiennent compte du carburant et de la maintenance, seront à peu près les mêmes d'ici 2023. En considérant les dépenses de santé du diesel, le prix est déjà presque égal, a précisé Mme Smith.

Edmonton, qui a lancé un projet pilote pour les véhicules électriques, mais n'a pas d'échéancier précis pour la mise en place d'un parc complètement renouvelable, a constaté que les coûts de maintenance étaient inférieurs de 40 pour cent à ceux des autobus diesel.

Le rapport de Clean Energy note que le Canada compte plusieurs constructeurs d'autobus électriques de premier plan, notamment New Flyer, de Winnipeg, GreenPower, de Vancouver, et les québécoises Lion Electric et Nova Bus. Ces entreprises pourraient être stimulées par une hausse de la demande nationale.

«Nous avons quatre grandes entreprises canadiennes qui construisent des autobus électriques, comme vous le savez au Manitoba, au Québec et en Colombie-Britannique. C'est vraiment l'occasion de soutenir ces produits fabriqués au Canada.»

Justice et faits divers

Le chauffard de l'Université d'Ottawa comparaît sous le signe de la colère

Un individu au tempérament colérique a comparu par visioconférence, jeudi, au lendemain de sa course folle dans les rues du centre-ville et du campus de l’Université d’Ottawa (UdO).

Marc-André Fournier, 36 ans, d’Ottawa, a été arrêté mercredi après-midi après avoir roulé à fond de train dans le marché By, sur la Côte-de-Sable, et le campus de l’UdO.

Tous ces secteurs étaient très achalandés à cette période de la journée. Plusieurs personnes peuvent s’estimer chanceuses d’être toujours en vie, alors que le chauffard aurait pu percuter d’innocentes victimes.

Heureusement, personne n’a été blessé, et le suspect a été arrêté promptement.

Le trentenaire est apparu dans l’écran servant aux comparutions par vidéo, jeudi midi, au palais de justice d’Ottawa.

« Bonjour », a dit la juge Julie Bourgeois, lorsque l’accusé a été amené devant la caméra, dans un petit local de la prison d’Ottawa.

« Il n’y a rien de bon dans ça », a répondu, du tac au tac, l’accusé irrité.

Vêtu d’un coton ouaté noir, capuchon sur la tête, le suspect a vu son dossier être remis à lundi prochain. La Couronne s’est opposée à sa remise en liberté.

Le tribunal l’a informé qu’il pouvait avoir accès à un avocat.

Toujours en anglais, Fournier a lancé « Passez une bonne journée » sur un ton cynique, lorsque les geôliers lui ont montré la porte de sortie.

Alors qu’un autre détenu, plus calme, se présentait devant la caméra pour y gérer son dossier, un cri distinctif provenant de Marc-André Fournier, dans un couloir au loin, a eu un écho.

« Va te faire foutre ! (F... Off !) », a hurlé le détenu, avant de crier d’autres mots inaudibles.

Le ministère public l’accuse de vol de véhicule à moteur, de possession de bien volé, de conduite dangereuse, d’avoir fui une scène d’accident, d’avoir résisté à son arrestation, de voie de fait, de refus de fournir un échantillon d’haleine et de non-respect de conditions de probation.

Vers 15 h 45, mercredi, plusieurs citoyens ont fait le 9-1-1 pour signaler la présence d’un conducteur ayant possiblement les facultés affaiblies, qui circulait de manière erratique et dangereuse à l’angle des avenues Laurier et King Edward.

Le chauffard a percuté plusieurs véhicules. Il a été appréhendé par la police après avoir terminé sa course sur un terre-plein de l’avenue Lees.

Des vidéos de la minifourgonnette présumément volée, filant à vive allure sur le campus achalandé, ont largement circulé sur les médias sociaux.

La direction de l’Université d’Ottawa est revenue brièvement, jeudi, sur cet « incident éprouvant pour bien des membres de notre communauté ».

L’UdO a précisé que des services de counseling étaient disponibles pour ceux qui ressentaient le besoin d’obtenir de l’aide.