Affaires

Une Bugatti Chiron à 5 M$ à Gatineau [VIDÉO]

L’une des voitures les plus chères au monde vient d’arriver à Gatineau. On ne parle pas ici d’un 6 ou d’un 8 cylindres en « V », mais bien d’un « W16 » qui développe 1500 chevaux-vapeur sur ses quatre roues motrices. Un seul ensemble de ses pneus vaut autant qu’une bonne voiture chez la classe moyenne. La Bugatti Chiron, nouveau « bébé » du collectionneur et concessionnaire Olivier Benloulou, de OB Prestige Auto, est arrivée dans son garage du boulevard Gréber.

D’un blanc immaculé, avec des touches d’aluminium nettoyées au millimètre près, cette Chiron vaut 5 millions de dollars… Assez cher pour qu’un représentant de Bugatti traverse l’Atlantique pour livrer en personne ce bijou de technologie, pour lequel les plus fortunés ne se formalisent pas du prix des options.

Livres

L’auteure Esi Edugyan remporte le prix Giller

TORONTO — Le 25e prix Giller de la Banque Scotia a été décerné à l’auteure Esi Edugyan pour «Washington Black», lundi soir, lors d’un gala à Toronto.

Son roman raconte l’histoire d’un garçon de 11 ans qui échappe à l’esclavage dans une plantation de canne à sucre de la Barbade avec l’aide du frère de son maître.

Plus tôt cette année, Esi Edugyan avait été finaliste du prestigieux Man Booker Prize et du prix Writers’ Trust Fiction pour Washington Black.

Le jury composé de cinq membres a estimé qu’il s’agissait d’un «roman extrêmement captivant sur l’amitié et l’amour, et sur la façon dont l’identité est parfois un acte d’imagination bien plus vital que l’époque dans laquelle on vit».

C’est la deuxième fois que l’écrivaine de Victoria, en Colombie-­Britannique, remporte ce prestigieux prix littéraire décerné à l’auteur du meilleur roman ou recueil de nouvelles canadien publié en anglais, qui s’accompagne d’une bourse de 100 000 $. Elle avait déjà remporté le prix en 2011 pour Half-Blood Blues.

Éric Dupont finaliste

La liste des finalistes cette année comprenait notamment l’auteur québécois Éric Dupont pour Songs for a Cold Heart, traduction de La fiancée américaine, avec le traducteur du livre, Peter McCambridge.

Sur la liste figuraient également Patrick deWitt pour French Exit, Sheila Heti pour Motherhood et Thea Lim pour An Ocean of Minutes.

En acceptant le prix lundi soir, Esi Edugyan a déclaré à la foule qu’elle n’avait pas préparé de discours, car elle ne s’attendait pas à gagner.

Après avoir dressé une liste de personnes qu’elle souhaitait remercier, elle a affirmé que dans l’ambiance actuelle où «de nombreuses formes de vérité sont assiégées», la célébration des mots était d’autant plus importante.

Le jury était composé de Heather O’Neill, John Freeman, Kamal Al-Solaylee, Maxine Bailey et Philip Hensher.

Le prix a été décerné en présence de nombreuses personnalités littéraires lors d’un gala au Ritz-Carlton de Toronto, animé par l’humoriste Rick Mercer.

Affaires

Dans un Jardin déclare faillite

Après 35 ans d’activités, la chaîne de boutiques Dans un Jardin et sa filiale de fabrication, Art de Vivre Fabrication, vont cesser leurs opérations, la direction évoquant des difficultés financières insurmontables.

L’entreprise québécoise de produits de bain a annoncé lundi en fin de journée son intention de faire une proposition à ses créanciers, en vertu de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité.

Elle explique sa décision par la «diminution significative» de ses ventes et «la structure de coûts devenue trop importante».

La direction rappelle qu’elle a tenté de remédier à la situation dans les dernières années, en diminuant ses frais généraux et en fermant certains magasins moins rentables.

Ces efforts n’ont pas donné les résultats escomptés. Ainsi, les actionnaires ont conclu que «la seule option possible» était de cesser les opérations de l’entreprise.

Dans un Jardin commencera donc à liquider son inventaire.

L’entreprise québécoise d’origine française possède 55 boutiques, en plus de son unité de fabrication établie à Boucherville, au sud de Montréal, depuis 2007. Elle détient quelque 600 points de vente au Québec et au Canada.

Justice et faits divers

Cannabis: des Canadiens plus au fait des risques, mais prenant encore le volant

Les Canadiens sont peut-être plus nombreux à croire que le cannabis affecte la conduite automobile, mais plusieurs prennent encore le volant moins de deux heures après avoir fumé, selon de récentes données de Santé Canada.

Le ministère fédéral vient de dévoiler lundi sa plus récente mouture de l'Enquête canadienne sur le cannabis de 2018, qui offre un portrait plus précis sur l'usage de cette substance que ses autres collectes de données, comme celles portant sur le tabac, l'alcool et les drogues. Ses plus récents chiffres ont été recueillis auprès de 13 000 Canadiens entre le 15 mai et le 9 juillet, soit avant la légalisation du cannabis, qui date du 17 octobre dernier.

Télévision

Mort du journaliste Michel Pepin

MONTRÉAL — L’ancien courriériste parlementaire de Radio-Canada, Michel Pepin, est décédé lundi, des suites d’un cancer du pancréas, a annoncé le diffuseur public. Il avait 57 ans.

Selon Radio-Canada, il était entouré de ses proches, dont son fils, l’économiste Simon Tremblay-Pepin. 

M. Pepin luttait contre la maladie depuis longtemps. En mars 2016, il avait annoncé sur les réseaux sociaux que des ennuis de santé «l’empêchaient désormais d’analyser la politique québécoise». Un an plus tard, il avait écrit que son congé se prolongeait, ajoutant qu’il «allait bien». 

Michel Pepin, le fils du syndicaliste Marcel Pepin, couvrait depuis 2010 la politique québécoise à l’Assemblée nationale en tant que journaliste et analyste. Il avait commencé sa carrière dans le Bas-Saint-Laurent à la télévision et la radio locales. Il s’était joint à Radio-Canada en 1988, après avoir brièvement travaillé au bureau de la ministre conservatrice Monique Vézina, à Ottawa. 

Les hommages ont afflué sur les réseaux sociaux, lundi après-midi, pour saluer ce «chic type», un journaliste «intègre et sympathique». Les politiciens de toutes allégeances se sont dits attristés par la nouvelle. Le premier ministre du Québec François Legault a déclaré sur Twitter qu’il gardait de bons souvenirs de «cet homme brillant et affable». La députée péquiste Véronique Hivon a dit qu’elle était «frappée par une grande tristesse» pour ce journaliste qu’elle «estimait et respectait beaucoup». L’ancienne députée libérale Fatima Houda-Pepin a parlé de lui comme l’un des «analystes les plus brillants». «Il faisait dans la nuance et non dans le jugement», a-t-elle écrit sur Twitter.  

Politique

Les conservateurs bloquent une motion contre le gouvernement Ford

Les conservateurs ont bloqué la motion de la députée fédérale d’Ottawa-Vanier qui souhaitait obtenir l’unanimité des élus en Chambre pour dénoncer les coupes qui affectent la communauté franco-ontarienne.

Mona Fortier n’a pas pu rallier les conservateurs derrière sa motion qui visait le gouvernement provincial de l’Ontario. 

À lire aussi: Services aux francophones en Ontario: Legault a demandé à Ford de reculer

Les libéraux déposeront une motion dénonçant les coupes de Doug Ford

« Que cette Chambre reconnaisse l’importance de la communauté franco-ontarienne au sein de la francophonie canadienne, et dénonce, sans équivoque, la décision du gouvernement de l’Ontario d’éliminer le Commissariat aux services en français et du projet de l’Université francophone de l’Ontario », stipulait-elle.

La députée libérale est déçue que ses collègues ne se soient pas tous ralliés pour dénoncer l’annulation du projet de l’Université de l’Ontario français et l’abolition du Commissariat aux services en français.

« C’est clair que c’est un recul très important pour la communauté franco-ontarienne et pour la population en Ontario. Le commissaire est là pour protéger et pour veiller à ce que les services en français soient bien respectés dans la province, c’est une dénonciation, non seulement de ma part comme parlementaire, mais aussi de tous les députés qui devraient être en accord pour ne pas couper une instance de la sorte. Même chose pour l’université. Le gouvernement s’y était engagé. C’est pour ces raisons que je voulais avoir le consensus unanime », explique la députée franco-ontarienne.

Elle estime que la situation vécue en Ontario pourrait se reproduire ailleurs au pays. Selon elle, le gouvernement fédéral doit contribuer à renforcer la dualité linguistique.

Le député conservateur Alain Rayes s’est levé pour justifier ce refus, faisant valoir que la motion libérale était trop partisane. Il a mis de l’avant une motion différemment formulée, dans laquelle tout blâme à l’endroit du premier ministre ontarien Doug Ford était évacué. L’élu n’a pas réussi non plus à obtenir le consentement unanime.

La séance s’est déroulée dans un climat houleux. La ministre des Langues officielles, Mélanie Joly, en particulier, a attaqué sans ménagement les conservateurs et leur chef Andrew Scheer, qui était absent, lundi.

Elle l’a entre autres fait en exhortant le leader fédéral à demander « à son patron Doug Ford » de revenir sur ses décisions. La ministre a ainsi poursuivi sur le même ton qui lui a valu ces derniers jours moult critiques des députés conservateurs – en particulier ceux du Québec.

Ces élus sont visiblement sur les dents, l’enjeu des compressions infligées à la communauté francophone minoritaire en Ontario ayant fait grandement réagir au Québec où l’on espère faire des gains au scrutin d’octobre 2019.

Sur Twitter, ils multiplient les interventions, surtout pour reprocher à la ministre Joly ses déclarations. Le lieutenant politique québécois, Alain Rayes, a cependant refusé de dire si Doug Ford venait de freiner l’élan que les conservateurs disaient avoir au Québec.

Son chef a transmis lundi après-midi, tout juste avant le dépôt de la motion libérale, un communiqué de presse pour accuser le Parti libéral du Canada de « faire de la politicaillerie avec le bilinguisme officiel » au lieu de « s’engager dans un débat constructif ».

Il a soutenu que « depuis quelques jours, les libéraux de Justin Trudeau jouent à des jeux politiques irresponsables et cyniques avec le bilinguisme officiel » et « montent les Canadiens les uns contre les autres avec une basse rhétorique politique afin de faire des gains partisans ».

La veille, en conférence de presse, Andrew Scheer a affirmé qu’il avait discuté de l’enjeu avec le premier ministre ontarien en marge d’un congrès, mais sans lui demander de revenir sur ses positions.

Le dossier continue par ailleurs de faire réagir les citoyens.

Une pétition intitulée « Rétablissez nos acquis » lancée en ligne vendredi avait récolté près de 7000 signatures au moment de publier ces lignes, lundi après-midi.

Avec La Presse Canadienne

Affaires

Un Club Med aux accents de Charlevoix

PETITE-RIVIÈRE-SAINT-FRANÇOIS — La construction du Club Med au Massif de Petite-Rivière-Saint-François est déjà bien amorcée pour une ouverture prévue en 2020, avec l’objectif d’atteindre un achalandage de 580 000 jours/montagne, toutes activités confondues.

Club Med et Groupe Le Massif ont dévoilé lundi le concept achevé de l’hôtel de 302 chambres (la majorité quatre tridents, l’équivalent de quatre étoiles) actuellement en construction au pied de la montagne. «Nous avons opté pour un hôtel pavillonnaire de trois bâtiments reliés entre eux par des passerelles», explique Jérôme Henné, architecte chez Lemay-Michaud.

Ce style d’architecture a été retenu pour respecter les pentes naturelles de niveau de la montagne. Le plus haut bâtiment de huit étages permet d’avoir pour chaque chambre une vue dégagée sur le fleuve et de diminuer l’empreinte au sol. L’effet palier donné à l’ensemble empêche de créer un «effet de mur», se réjouit l’architecte.

M. Henné souligne que son équipe de concepteurs a puisé dans des éléments de l’architecture traditionnelle du Québec. Les bâtiments sont un mélange de différents matériaux dont la pierre et de déclin de bois, fréquemment utilisés. Même les couleurs réfèrent à la végétation environnante. L’immense fenêtre du lobby aux motifs d’une ceinture fléchée fait un clin d’œil aux racines québécoises.

«La richesse historique et culturelle de la région et l’authenticité des services et des gens vont permettre une offre intéressante. C’est ça que recherche la clientèle du Club Med», poursuit David Meyer, directeur de projet chez Club Med pour l’Amérique du Nord.

Charlevoix deviendra le premier Club Med quatre saisons. Parmi les installations, on y trouvera aussi une piscine intérieure et un spa, un centre de conférence de 350 mètres carrés et deux restaurants.

Ski-in, ski-out

L’un des éléments centraux du concept est de permettre le ski-in, ski-out. Pour y arriver, le Massif a aménagé une nouvelle piste et en a élargi d’autres dans le secteur est de la montagne, souligne le vice-président opération pour Le Massif et directeur de la montagne, Frédéric Sujobert.

Le groupe installera aussi trois remonte-pentes, un tire-fesses sur 350 mètres et deux tapis magiques, qui donneront accès à un secteur déjà existant pour débutants et intermédiaires.

Enfin, une patinoire sera aménagée tout près de l’hôtel et de l’arrivée des skieurs.

75 % la première année

M. Meyer s’attend à un taux d’occupation de 75 % dès la première année. La clientèle devrait provenir en parts égales d’Amérique du Nord et du reste du monde, majoritairement d’Europe. 

Il faudra s’habituer. Les statistiques d’achalandage se feront dorénavant en jour/montagne plutôt qu’en jour/ski comme actuellement. Outre le ski, selon la saison, le Club Med veut promouvoir le vélo sous toutes ses formes; vélo à pneus surdimensionnés (fatbike), vélo de montagne et de descente; la randonnée pédestre, la raquette et le ski de fond. Des activités liées au fleuve pourraient aussi être développées.

Le directeur de la montagne pense que l’arrivée du Club Med provoquera une hausse du nombre de skieurs de 35 %, pour dépasser les 200 000 jours/ski. Toutes activités confondues, la fréquentation pourrait atteindre 580 000 jours/montagne sur quatre saisons d’ici 2022.

Recrutement

D’ici l’ouverture, le Club devra relever le défi de recruter 350 employés dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. Si la centaine de GO, gentils organisateurs, seront dénichés à même son réseau à travers le monde, il faudra développer des stratégies pour engager cuisiniers, serveurs et personnel d’entretien.  

Le projet de 120 millions $ inclut la construction de l’hôtel et le développement des infrastructures sur la montagne, rappelle le directeur de la station, M. Sujobert. De cette somme, 70 % proviennent de fonds privés et l’autre 30 % sont des prêts gouvernementaux. 

Depuis quelques années, Club Med ne désire plus être propriétaire des lieux où il s’installe. «Nous nous concentrons sur le cœur de nos activités qui est la commercialisation et l’opération des sites», précise M. Meyer. Les parties sont liées par un contrat de 15 ans et n’ont pas voulu révéler la mécanique du partage des profits.

Santé

«Risque chimique»: rappel de 53000 poupées du Dollarama

Quelque 52 775 ensembles comprenant une poupée et des meubles ayant été vendus dans les magasins Dollarama font l’objet d’un avis de rappel de Santé Canada en raison de leur teneur en phtalates trop élevée.

L’avis diffusé lundi par Santé Canada précise que les ensembles rappelés, de marque MONTOY, ont été vendus au pays entre le 16 octobre 2017 et le 5 octobre 2018. Douze articles accompagnent la poupée dans chaque ensemble, qui porte le numéro d’article 08-3048458 et le CUP 66788824057.

«La teneur en phtalates de la poupée et des articles en plastique est supérieure à la limite permise et ces produits présentent donc un risque chimique, indique Santé Canada. D’après des études, certains phtalates, y compris le DEHP, pourraient entraîner des anomalies de la reproduction et des troubles de développement chez les jeunes enfants lorsque des produits en plastique vinyle souple sont sucés ou mâchouillés pendant des périodes prolongées.»

En date du 8 novembre, Santé Canada ne rapportait aucun signalement d’incident ou de blessures découlant de l’utilisation de ces jouets fabriqués en Chine.

Les consommateurs qui possèdent l’un de ces ensembles doivent les placer en dehors de la portée des enfants «et les jeter ou les retourner là où ils les ont achetés pour obtenir un remboursement (aucun reçu requis)». Il est également possible de communiquer avec Dollarama en composant sans frais le 1-888-755-1006, poste 1000, ou sur le site Internet de l’entreprise (http://www.dollarama.com/fr/a-propos-de-nous/nous-joindre/).

L’avis précise par ailleurs qu’en vertu de la Loi canadienne sur la sécurité des produits de consommation, «il est interdit de redistribuer, de vendre ou même de donner les produits rappelés au Canada».

Justice et faits divers

Six élèves d’une école secondaire de Toronto accusés d’agression sexuelle armée

TORONTO - Six adolescents ont été arrêtés et accusés relativement à une agression sexuelle présumée qui serait survenue dans une école secondaire privée pour garçons à Toronto, a indiqué la police lundi matin.

Les agressions auraient eu lieu à l’école secondaire catholique St. Michael’s, un établissement privé reconnu pour son programme sports-études. La police a par ailleurs indiqué lundi que de nouvelles accusations pourraient être portées au cours de l’enquête sur des allégations concernant trois autres agressions présumées à la même école, dont une deuxième d’agression sexuelle.

Selon la police, cinq des six accusés, accompagnés de leurs parents ou de leur avocat, se sont rendus à la police lundi matin, alors que le sixième élève a été arrêté alors qu’il se rendait à l’école.

L’enquêteur Dominic Sinopoli a précisé lundi que les six garçons avaient été accusés notamment de voies de fait et d’agression sexuelle armée, relativement à un présumé viol collectif qui aurait eu lieu sur le campus de l’école - et qui avait été capté sur vidéo. «Nous avons des motifs de croire qu’il y a d’autres cas d’agressions, et qu’il existe d’autres vidéos», a déclaré l’inspecteur Sinopoli en conférence de presse.

La direction de l’école avait expulsé huit garçons et en avait suspendu un autre, mercredi dernier, relativement à une agression sexuelle présumée dans un vestiaire et une affaire de bizutage violent, évoqué par la police, et lui aussi capté sur vidéo.

Selon des sources policières, l’agression sexuelle armée impliquerait des joueurs de l’équipe de football qui auraient immobilisé un autre élève dans un vestiaire et l’auraient agressé sexuellement avec un manche à balai. L’inspecteur Sinopoli a précisé lundi que la victime présumée allait bien: «il a obtenu le soutien dont il a besoin et qu’il mérite».

Le directeur de l’école, Greg Reeves, qui a qualifié d’»horrible» la vidéo de la présumée agression sexuelle, a expliqué qu’il ne l’avait pas signalée immédiatement à la police lorsqu’il l’a reçue, lundi dernier, parce que la victime présumée n’en avait pas encore informé sa famille.

L’inspecteur Sinopoli a toutefois estimé lundi que la direction de l’école aurait dû signaler immédiatement l’agression sexuelle présumée. Il a également invité les élèves de St. Michael’s et toute personne en possession de la vidéo à la supprimer immédiatement de leur téléphone portable ou d’un autre appareil, puisqu’il s’agit de pornographie juvénile. Or, la possession ou la transmission de pornographie juvénile constitue un crime.

Dans une déclaration publiée dimanche, la direction de St. Michael’s a annoncé qu’elle entreprendra un «examen indépendant» d’»attitudes et de comportements sous-jacents qui sont incompatibles avec sa culture et ses valeurs». Le directeur Reeves a déclaré qu’un «comité d’examen externe» sera créé dans les deux à trois prochaines semaines; il espère qu’un examen préliminaire sera terminé d’ici le printemps et qu’une enquête plus approfondie sera achevée d’ici l’été.

Justice et faits divers

Le chirurgien-dentiste Yvan Fortin admet avoir agressé sexuellement 10 employées

Le chirurgien-dentiste Yvan Fortin a reconnu avoir agressé sexuellement 10 employées de sa clinique du chemin des Quatre-Bourgeois à Québec. Il a été condamné à une peine de six mois à purger dans la collectivité, un châtiment jugé clément par plusieurs victimes.

Le pionnier dans l’implantologie dentaire devait commencer à subir son procès lundi, pour deux semaines. Après plusieurs négociations avec la Couronne, le dentiste de 67 ans a plutôt choisi de plaider coupable à toutes les accusations. 

Le ministère public a accepté de déposer une accusation globale, pour toutes les victimes, par voie sommaire plutôt que par acte criminel, «une procédure qui reflète plus adéquatement la gravité objective moindre des gestes posés et reconnus par l’accusé», peut-on lire dans l’entente convenue entre les parties.

Le Dr Yvan Fortin, dans le cadre de sa pratique en implantologie dentaire, procédait à de longues chirurgies complexes comportant des risques de complication, fait-on valoir. Il avait développé une position de travail, appelé «position à midi», visant, dit-il, à réduire ce risque de complications et à améliorer son efficacité et les résultats pour les patients.

Il se trouvait à être placé derrière la tête du patient et pouvait utiliser ses deux mains dans la bouche du patient.

«L’accusé admet que la position de travail à midi a pu provoquer un inconfort chez les victimes puisqu’il en a résulté des contacts non consensuels, notamment entre son genou et la région pubienne des victimes, ce qui est de nature à porter atteinte à l’intégrité sexuelle des victimes», peut-on lire dans l’entente présentée à la cour.

Dès 1997, des employées avaient manifesté verbalement au directeur de la clinique leur malaise face à cette proximité. Même mis au courant, le chirurgien-dentiste a continué dans sa façon de faire. Par insouciance à l’endroit des victimes, l’intention de l’agression sexuelle a donc été démontrée, ont indiqué les parties.

Plusieurs assistantes dentaires ont démissionné après les gestes posés.

Les infractions se sont déroulées sur une période de 18 ans, uniquement sur une collègue et des employées de la clinique. Aucune patiente n’a été l’objet d’agression sexuelle.

Les 10 victimes étaient présentes dans la salle d’audience pour entendre le plaidoyer de culpabilité.

Depuis le dépôt des accusations en 2014, le Dr Fortin s’est départi de sa clinique et d’une société de recherche et développement en implantologie dentaire. Il a cessé de faire des conférences et des enseignements à une clientèle internationale.

Son droit de pratique a été «sévèrement restreint», rappelle-t-on dans l’entente. Devant son ordre professionnel, le Dr Fortin a enregistré des plaidoyers de culpabilité et s’est fait imposer une radiation d’un an, qui n’est plus effective à l’heure actuelle.

Assignation à domicile

Le procureur de la Couronne Me François Doyon-Gascon et l’avocat du dentiste, Me Maxime Roy, ont suggéré de manière commune l’imposition d’une peine de six mois à purger dans la collectivité. 

Le juge Steve Magnan de la Cour du Québec a accepté cette suggestion parce qu’il l’estimait non déraisonnable.

La peine de six mois n’est pas «courante», a commenté le juge Magnan, en rappelant que les tribunaux imposent régulièrement des peines de 12 mois de prison à des agresseurs sexuels sans antécédent judiciaire, comme Yvan Fortin. «Ce n’est pas une peine sévère, mais c’est quand même une peine d’emprisonnement», a souligné le juge.

Un seul manquement à ses conditions d’emprisonnement avec sursis pourrait conduire Yvan Fortin derrière les barreaux d’une prison, a ajouté le juge.

Le chirurgien-dentiste sera assigné à domicile pour les trois premiers mois de la peine, sauf pour exercer un travail. Il aura par la suite un couvre-feu à respecter.

Il sera en probation durant un an et inscrit au registre des délinquants sexuels pour 10 ans.

M. Fortin aura l’interdiction de communiquer avec les 10 victimes.

Le chirurgien-dentiste est pratiquement retraité, a dit son avocat. Les parties proposent tout de même de lui interdire d’effectuer tout acte de médecine dentaire nécessitant la présence de personnel. Il lui sera toutefois permis de donner des formations ou des séminaires.

«Sentence bonbon»

Adèle*, l’une des dix plaignantes, s’est montrée très déçue de la peine de six mois dans la collectivité, qu’elle qualifiait de «sentence bonbon». «Il est confiné chez eux, dans son château, pour six mois, pas le droit de prendre du vin», énumère Adèle. 

Il a agressé 10 femmes sur une longue période; pour moi, ce n’est pas assez pour ce qu’il a fait subir.»

Le conjoint d’une autre plaignante aurait lui aussi souhaité une peine plus sévère, avec de l’emprisonnement ferme. Lui et sa conjointe veulent maintenant poursuivre le chirurgien-dentiste en dommages devant une cour civile.

Le procureur de la Couronne convient que la peine est clémente. «La raison pour laquelle on la suggère, c’est que le risque de récidive est nul, rappelle Me François Doyon-Gascon. Il n’a plus de clinique où travailler, il a des restrictions à son droit de pratique. Les victimes ont été avisées et ont accordé une grande valeur au plaidoyer de culpabilité.»

En plus d’être pénible pour les victimes, un procès comporte toujours des risques, rappelle le procureur de la Couronne. Le chirurgien-dentiste aurait pu être acquitté sur un ou plusieurs chefs d’accusation.