Techno

Vaste enquête sur les géants du Web

NEW YORK — Les géants des réseaux sociaux, des moteurs de recherche et du commerce en ligne sont-ils devenus trop puissants? Washington a officiellement lancé mardi une vaste enquête pour le déterminer.

Déjà mis à l’index sur les questions du respect de la vie privée et des données personnelles, les colosses de la Silicon Valley se voient aussi de plus en plus reprocher d’être devenus quasi monopolistiques, au détriment de leurs utilisateurs.

Le ministère de la Justice ne nomme pas les entreprises visées par sa procédure, mais semble cibler les sociétés comme Google, Facebook, Twitter ou Amazon, dominantes sur leurs marchés respectifs.

Même s’il vend principalement des iPhones et autres appareils électroniques, Apple pourrait aussi être dans la ligne de mire dans la mesure où le groupe gère, avec l’App Store, une boutique en ligne.

Les autorités veulent déterminer comment ces entreprises sont parvenues à devenir aussi incontournables sur leur marché et si elles ont eu recours à des pratiques «ayant réduit la concurrence, empêché l’innovation ou affecté les consommateurs».

Élus et régulateurs américains de la concurrence fourbissent depuis plusieurs mois déjà leurs armes contre les géants du Web.

Google par exemple est régulièrement soupçonné de favoriser, dans les résultats de son moteur de recherche, ses propres services au détriment de ses rivaux.

La commission judiciaire de la Chambre des représentants a déjà lancé en juin une enquête sur «la concurrence sur le marché numérique», affirmant qu’un «petit nombre de plateformes dominantes et non régulées» avaient «un pouvoir extraordinaire dans le commerce, la communication et l’information en ligne». 

L’agence responsable de la protection des consommateurs (FTC) mène aussi des investigations.

Craintes des internautes

Les autorités expliquent dans un communiqué vouloir «prendre en compte les craintes répandues des consommateurs, des entreprises et des entrepreneurs» qui ont «émis des inquiétudes sur les services de recherche, sur les réseaux sociaux et sur les plateformes de commerce en ligne».

«Sans la discipline d’une compétition significative, les plateformes numériques peuvent employer des moyens qui ne répondent pas aux demandes des consommateurs», a commenté Makan Delrahim, en charge des questions antitrust au ministère américain de la Justice, dans le document.

Les autorités américaines ne sont pas les seules à reprocher leurs pratiques aux mastodontes d’Internet.

Les accusant d’enfreindre les règles de la concurrence, la Commission européenne a déjà infligé trois lourdes amendes à Alphabet, la maison mère de Google, et a annoncé la semaine dernière l’ouverture d’une «enquête approfondie» sur Amazon, qu’elle soupçonne d’utiliser à son avantage les données issues des détaillants indépendants utilisant son site.

Amendes et remèdes

Les régulateurs américains ont, eux, le pouvoir de non seulement imposer des amendes salées en cas de non-respect des règles de la concurrence, mais aussi d’ordonner des remèdes «structurels» afin de garantir plus de compétition sur le marché, y compris des scissions.

Pour l’analyste Dan Ives, de Wedbush Securities, une telle sanction semble toutefois peu probable.

«Ce combat des titans entre Washington et les géants du Web fait plus de bruit que de mal» pour le secteur et «va probablement résulter en quelques modifications du modèle économique plutôt qu’en dissolutions forcées des activités», a-t-il commenté dans une note.

«Je ne pense pas que les États-Unis soient sérieusement enclins à démembrer ces sociétés, parce qu’ils ont encore plus peur que les entreprises chinoises ne deviennent encore plus grosses», a aussi relevé Patrick Moorhead, fondateur du cabinet Moor Insights & Strategy.

Apple et Twitter n’ont pas souhaité commenter.

Google a pour sa part renvoyé à l’audition de son directeur des politiques économiques devant le Congrès la semaine dernière, Adam Cohen. Il y avait alors assuré que le moteur de recherche avait «aidé à faire baisser les prix et à augmenter les choix pour les consommateurs et les commerçants aux États-Unis et dans le monde entier».

Les sociétés concernées pourront en tout cas répondre de ces accusations à l’occasion de la publication de leurs résultats trimestriels, mercredi pour Facebook et jeudi pour Amazon et Alphabet.

Actualités

La Fabrique artisanale: l’appel de la nature

Monique Bélisle a gagné son pari en troquant la vie urbaine pour le caractère paisible de la campagne. Désormais installée à Dunham, la dame vit de sa passion pour la fabrication de produits cosmétiques, un intérêt qu’elle souhaite transmettre à autrui. Depuis deux semaines, les portes de son atelier-­boutique La Fabrique artisanale sont désormais ouvertes au public.

C’est à la suite d’une épreuve que la dame, établie à Longueuil depuis toujours, a tout remis en question. « Je me suis demandé si j’étais là où je voulais et ce que je voulais faire du reste de ma vie », explique-t-elle quant à sa prise de conscience.

C’est donc en 2015 qu’elle et son conjoint ont acquis leur propriété de la rue Bruce pour y couler des jours plus tranquilles. Une partie de la famille, c’est-à-dire le couple et leurs trois enfants plus jeunes, s’y installe l’année suivante tandis que les deux aînées de la fratrie demeurent sur la rive sud de la métropole. 

En 2018, Mme Bélisle quitte l’emploi qu’elle occupait depuis 16 ans, au siège social de Rona, pour vivre de son art : la fabrication de produits pour le corps et pour le bain.

« Le travail de bureau ne me tentait plus, raconte la principale intéressée. Je faisais déjà des savons, des crèmes et des bombes de bain qu’il m’arrivait de vendre à des collègues. C’est quelque chose que j’aime beaucoup faire. J’aime aussi beaucoup les odeurs. »

Le plaisir de créer   

C’est ainsi que, petit à petit, la Dunhamienne d’adoption s’est mise à vendre ses produits en ligne. 

Parfois, des passants s’arrêtaient à l’atelier et, séduits, repartaient avec un ou plusieurs produits.

Ce n’est toutefois que tout récemment que Mme Bélisle a décidé d’ouvrir sa boutique il y a environ deux semaines, du jeudi au dimanche.

Ce fut l’occasion pour elle de mettre à profit son côté créatif, puisque la propriétaire a fabriqué elle-même tout le décor de sa boutique et ses présentoirs. 

« J’aime créer quelque chose de mes mains, affirme-t-elle. En fait, c’est ce que j’aime de développer mes produits. »

Au fil du temps, Monique Bélisle a garni sa gamme de produits, si bien qu’on retrouve maintenant sur les tablettes de sa boutique des savons, bombes de bain, baumes à lèvres, ou même sa fameuse poudre à bulles pour les enfants, qu’elle rebaptise « poudre de lutin » ou « poussière de fée ».

La dame caresse l’ambition que ses produits soient un jour distribués dans certaines boutiques de la région, voire offerts dans des hôtels ou des établissements d’hébergement.

En plus de produits cosmétiques naturels faits sur place, la boutique du 214, rue Bruce propose de nombreux ingrédients de base, dont plusieurs en vrac, pour concocter ses propres produits.

Et si l’espace le permet un jour, Mme Bélisle aimerait offrir des ateliers de formation et de perfectionnement pour ceux qui souhaiteraient s’initier à la fabrication de produits cosmétiques. 

« Je voudrais partager ma passion et aider d’autres personnes à la découvrir, confie-t-elle. C’est tellement le fun ! »

« C’est relativement simple à faire. Quand tu commences, par contre, tu dois bien t’équiper. Il y a aussi des règles de sécurité à respecter. Sinon, c’est comme faire de la cuisine, il y a une recette à suivre ! » ajoute-t-elle.

Justice et faits divers

Triple meurtre en Colombie-Britannique: les portés disparus maintenant suspects

VANCOUVER — Deux jeunes hommes qui étaient portés disparus sont maintenant considérés comme des suspects dans la mort de trois personnes dans le nord de la Colombie-Britannique, a annoncé la Gendarmerie royale du Canada (GRC), mardi.

Kam McLeod, âgé de 19 ans, et Bryer Schmegelsky, âgé de 18 ans, sont des suspects du meurtre de l'Australien Lucas Fowler, de sa copine américaine Chynna Deese et d'un homme non identifié qui a été retrouvé à quelques kilomètres du véhicule incendié des jeunes hommes.

Affaires

Petites canettes, nouveaux parfums: Coca-Cola retrouve du pep

NEW YORK — Petites canettes, nouveaux parfums : l’offensive de Coca-Cola pour séduire les consommateurs, en l’occurrence les millénariaux (17-35 ans), de plus en plus critiques de la malbouffe, semble porter ses fruits après un deuxième trimestre marqué par de bonnes ventes.

Le géant des sodas a annoncé mardi une nette amélioration de sa rentabilité et de ses recettes au deuxième trimestre, en dépit du dollar fort et des tensions commerciales.

Il a dégagé un bénéfice net de 2,61 milliards de dollars, en hausse de 12,6% sur un an, pour un chiffre d’affaires de 10 milliards, en augmentation de 6,1%.

Cette bonne dynamique devrait se prolonger sur l’ensemble de l’année, a souligné le groupe d’Atlanta (sud-est), qui anticipe une croissance des ventes à périmètre et taux de change constants de 5% contre 4% prévus auparavant.

L’action était en hausse de 5,69% à 54,14 dollars en millieu d’après-midi, évoluant ainsi à des plus hauts historiques.

«Notre performance est largement due à une forte demande des consommateurs à la fois pour les versions sans sucre, pour nos marques de sodas emblématiques ainsi que pour le petites canettes avec moins de sucre», a expliqué le PDG James Quincey, à des analystes financiers lors d’une conférence téléphonique.

Coca-Cola a revitalisé ses boissons classiques - Coca-Cola, Coca-Cola Zero et Coca-Cola Plus - et propose désormais de nouveaux parfums comme Coca-Cola Orange Vanille.

Il a également multiplié différentes tailles de cannettes allant des conditionnements traditionnels (33 cl) à de nouveaux formats (20 cl et 15 cl) pour répondre aux critiques des diététiciens et des pourfendeurs de la malbouffe.

C’est également, affirme-t-il, une réponse au mode de vie urbain et connecté des nouvelles générations et une action concrète à la prévention de l’obésité parce que ces nouveaux conditionnements contiennent moins de calories et moins de sucre.

Politique

25 millions d’artefacts transférés à Gatineau

Une pointe de flèche datant de 11 000 ans est au nombre des plus vieux artefacts qui seront entreposés dans les toutes nouvelles installations de Parcs Canada qui seront érigées en bordure de l’autoroute 50 à Gatineau et dont le concept architectural a été dévoilé mardi.

Certifié carbone zéro, le nouveau centre national de conservation de 8200 mètres carrés abritera la collection de quelque 25 millions d’objets archéologiques et historiques qui sont actuellement dispersés dans cinq bâtiments qui ne répondent plus aux normes de conservation, à Ottawa, Québec, Cornwall et Winnipeg. 

L’entreposage de ces artefacts sous un seul et même toit était devenu nécessaire, dit-on, car environ 60 % de la collection de Parcs Canada est en danger en raison de conditions d’entreposage et de mesures de sécurité environnementale jugées inappropriées. 

« Nous suivons les conseils des experts, donnés au gouvernement depuis belle lurette, qui disent que nos collections d’artefacts de Parcs Canada sont en danger parce qu’ils sont logés dans des endroits qui ne sont pas conformes aux normes modernes pour la sauvegarde et la préservation », a expliqué le député de Gatineau, Steve MacKinnon, parlant d’une des plus importantes collections du genre en Amérique du Nord. 

Plusieurs dizaines d’emplois « bien rémunérés » seront créés avec l’ouverture de ce centre national, a précisé l’élu, ajoutant que Gatineau « a développé un créneau très intéressant dans la conservation et la préservation des trésors nationaux ». 

« L’un des objectifs est de rendre cette collection-là disponible, que ce soit aux groupes communautaires, aux spécialistes, aux Autochtones ou à d’autres qui voudront venir l’examiner ou même souvent en emprunter des bouts pour des musées locaux, des installations culturelles à travers le pays », soutient M. MacKinnon. 

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Affaires

Vente à Air Canada: 35 millions$ pour les patrons de Transat A.T.

Si elle va de l’avant, l’offre d’Air Canada afin d’acheter Transat A.T. permettra à 23 hauts dirigeants, administrateurs ainsi qu’à d’autres cadres du voyagiste québécois de se partager une somme d’au moins 35 millions $.

Il s’agit de la contrepartie qui leur sera versée en échange des actions de la société mère d’Air Transat ainsi que des autres instruments financiers, comme des options et autres unités sur des titres, qu’ils détiennent.

L’information figure dans la circulaire de sollicitation envoyée aux actionnaires de Transat A.T. — et déposée mardi auprès des autorités réglementaires — en vue de l’assemblée extraordinaire du 23 août afin qu’ils puissent se prononcer sur l’offre de 13 $ par action, ou 520 millions $, d’Air Canada.

De plus, le montant de 35,1 millions $ ne tient pas compte des indemnités de départ totalisant près de 9,76 millions $ qui pourraient être octroyées aux cinq principaux dirigeants de Transat A.T. si on leur montre la porte après la conclusion de la transaction, prévue en 2020.

«Les indemnités sont payées si la personne est licenciée et cela n’est pas automatique avec la transaction», a indiqué un porte-parole du voyagiste, Christophe Hennebelle, au cours d’un entretien téléphonique.

Le président et chef de la direction de Transat A.T., Jean-Marc Eustache, est admissible à recevoir près de 11,7 millions $. Il aurait également droit à une prime de 5,5 millions $ s’il quitte l’entreprise. À cela s’ajouterait un traitement de 15,6 millions $ pour la retraite du dirigeant de 71 ans.

Philippe Sureau, un autre des cofondateurs de l’entreprise créée en 1987, pourra toucher plus de 4,5 millions $ — le deuxième montant en importance qui serait versé dans la foulée de la transaction.

Le «meilleur» choix

Même si certains importants actionnaires ont signifié leur opposition, Transat A.T. exhorte, dans la circulaire, les porteurs de titres de voter en faveur de l’entente annoncée le 27 juin dernier. Dans le document, le voyagiste soulève également des doutes sur les capacités du Groupe Mach, qui proposait 14 $ par action, à pouvoir réaliser une transaction.

«L’arrangement avec Air Canada offre la meilleure possibilité de maintenir les emplois à long terme [...] notamment les pilotes, les mécaniciens et les agents de bord», peut-on lire.

Le voyagiste, qui compte 5000 employés, souligne «l’intention» du transporteur aérien de préserver les marques Transat et Air Transat et de maintenir le siège social montréalais. On ne retrouve aucun engagement ferme.

La transaction — dont la clôture est prévue au début de 2020 et qui devra être approuvée par au moins les deux tiers des actionnaires de la société — pourrait se heurter à de nombreux obstacles, dont un examen minutieux des autorités réglementaires, l’opposition d’importants actionnaires ainsi que la possibilité que d’autres offres soient déposées.

Letko, Brosseau et associés, plus important actionnaire de Transat A.T. avec une participation légèrement inférieure à 20 %, et Penderfund Capital, qui détient 3,1 % des actions, ont déjà dit que l’offre d’Air Canada n’était pas assez élevée. Deuxième actionnaire en importance avec une participation de 11,56 %, le Fonds de solidarité FTQ a indiqué mardi analyser la circulaire, ajoutant qu’une rencontre avec Air Canada était prévue dans les «prochains jours».

Mardi après-midi, Letko, Brosseau et associés n’avait pas retourné les messages de La Presse canadienne.

Offre moins élevée

L’approche initiale d’Air Canada est survenue le 5 octobre. À un certain moment, la compagnie aérienne avait abaissé son offre, à 11,50 $ par action, en évoquant la mauvaise performance de Transat A.T. Le prix a été ramené à 12,50 $ l’action le 9 mai et à 13 $ trois jours plus tard.

Pour sa part, c’est le 21 janvier que Mach aurait signalé son intérêt «pour la première fois». Le groupe immobilier proposait initialement de 9 $ à 10,50 $ pour chaque action du voyagiste avant de faire passer son offre à 14 $ par titre en juin dernier, lors d’une annonce effectuée par voie de communiqué.

Transat A.T. souligne dans le document que le promoteur immobilier québécois n’a, «en aucun temps», fourni de preuve d’un «niveau de liquidités adéquat, une encaisse suffisante ou un engagement financier ferme».

«Mach n’a pas non plus fait quelque démonstration que ce soit quant à son plan d’affaires ni n’a démontré qu’il a les capacités, l’expérience et l’expertise nécessaires pour exercer avec succès des activités», peut-on également lire.

Par courriel, le groupe immobilier a dit être en train de prendre connaissance de la circulaire.

Justice et faits divers

Collision entre deux autobus scolaires près de Saint-Eustache

Deux autobus scolaires ont été impliqués dans une collision et ont pris feu mardi matin sur l’autoroute 640 Ouest, à la hauteur de Saint-Eustache. Une vingtaine d’enfants ont été transportés à l’hôpital pour des blessures mineures, à titre préventif, indique la Sûreté du Québec (SQ).

Au total, trois véhicules sont entrés en collision, lorsqu’il y a eu un ralentissement de circulation sur l’autoroute, vers 10h, dans la couronne nord de Montréal.

Le conducteur de l’autobus scolaire n’aurait pu arrêter à temps et a percuté la voiture qui se trouvait devant lui. Ce fut le même scénario pour le deuxième autobus, qui suivait le premier, a expliqué le sergent Claude Denis de la SQ.

Les deux autobus ont été calcinés. «Ils seraient une perte totale», a dit le sergent.

Sur une cinquantaine d’enfants, près de la moitié ont été amenés à l’hôpital. Les autres enfants sont en sécurité, a précisé le sergent Denis. Deux adultes, probablement des accompagnateurs, ont aussi subi des blessures mineures, a-t-il ajouté.

Quant aux trois conducteurs, ils n’auraient pas été blessés.

Les automobilistes circulant sur la 640 Ouest doivent quitter l’autoroute à la sortie de la 25e avenue, là où une voie de contournement a été organisée.

Une enquête sur cet accident est en cours, dit la SQ.

Rouge et Noir

Test antidopage: la LCF suspend Bourassa pour deux parties

Une autre tuile s’est abattue mardi sur le Rouge et Noir, qui a perdu ses trois derniers matches. Déjà privé de plusieurs joueurs importants, il devra maintenant se passer de son spécialiste des longues remises qui a échoué à un test antidopage.

Louis-Philippe Bourassa, 27 ans, a été suspendu pour deux parties par la Ligue canadienne de football (LCF). Un échantillon recueilli dans le cadre d’un contrôle antidopage a révélé la présence de substances interdites chez le spécialiste des longues remises : Ibutamoren et métabolite. Méthamphétamine (D- et L-) et métabolites, amphétamine (D- et L-).

« Nous comprenons que le résultat est dû à une substance trouvée dans un produit vendu sans ordonnance, et que le joueur ignorait que le produit contenait la substance interdite », a commenté le Rouge et Noir dans un communiqué émis en milieu d’après-midi.

« Bien que l’équipe soit déçue de se retrouver sans LP pour les deux prochains matches, le Rouge et Noir l’appuie fermement et l’équipe est impatiente de le retrouver dans la formation. »

Bourassa a été un choix de quatrième ronde du Rouge et Noir en 2017. Il s’agit de sa première violation de la politique contre le dopage de la LCF et de l’Association des joueurs de la LCF.

Une suspension de neuf parties est prévue pour une deuxième violation. La durée passe à un an pour la troisième fois qu’un joueur échoue à un test.

Une suspension à vie est imposée après une quatrième violation.

Louis-Philippe Bourassa complète un des meilleurs trios de la LCF au sein des unités spéciales avec les botteurs Lewis Ward et Richie Leone. Il avait disputé les 39 derniers matches de l’équipe, sera remplacé par le vétéran Michael Benson. Ce dernier a été embauché lundi par Ottawa après avoir passé les cinq dernières saisons en Colombie-Britannique.

Le Rouge et Noir (2-3) disputera sa prochaine partie jeudi à la Place TD, recevant la visite des Stampeders de Calgary (3-2). Il a obtenu une de ses deux victoires en 2019 contre les champions de la coupe Grey, le mois dernier.

justice

Accusée du meurtre de son père

Une femme de 35 ans doit répondre du meurtre de son père survenu au cours des derniers jours à Drummondville.

Marina Bonard a été accusée du meurtre au deuxième degré de Jean Bonard, un homme de 76 ans.

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Vêtue d’un survêtement blanc, chaînes aux mains et aux pieds, elle a été amenée au palais de Drummondville mardi matin.

Rappelons que l’homme a été découvert inanimé lundi avant-midi dans sa résidence de la rue Maisonneuve. Son décès a été constaté à l’hôpital. La femme qui se trouvait sur place a été arrêtée par la suite.

Le dossier a été confié au Service des enquêtes des crimes contre la personne de la Sûreté du Québec (SQ).

Le poste de commandement mobile était toujours sur place mardi matin. Une équipe recueillait  toujours des éléments de preuve sur les lieux du crime, signale Ingrid Asselin, porte-parole de la SQ.

Marina Bonard demeure détenue jusqu’à la prochaine étape de son dossier, le 2 août prochain.

Fait divers

Un autre ponton chavire sur le Memphrémagog

Un autre ponton a chaviré dans les eaux du lac Memphrémagog au cours des derniers jours.

L’embarcation s’est renversée à sa première sortie non loin de la pointe Merry à Magog, jeudi dernier, rapporte le lieutenant Sylvain Guay, porte-parole de la Régie de police de Memphrémagog.

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 Un ponton chaviré tarde à sortir du Memphrémagog

« C’est un ponton à trois quilles, dit-il. Rendu au large, son propriétaire s’est aperçu qu’une des quilles prenait l’eau. »

« Il est vite revenu vers son point de départ, mais il n’a pas eu le temps avant que le bateau se renverse. »

Le ponton d’une vingtaine de pieds de longueur se trouve non loin de l’île Charest, ajoute M. Guay. On a installé des blocs de béton pour le tenir en place.

On a alerté les patrouilleurs nautiques et on a fait rapport au Bureau de la sécurité nautique. Un signal lumineux a été installé sur l’épave. « Le propriétaire a vu à son affaire », affirme Sylvain Guay.

« Il cherche une manière de le sortir de l’eau. Ce n’est pas facile comme opération. »

Il s’agit de la deuxième fois en un mois qu’un pareil incident se produit sur le Memphrémagog. À la fin juin, une embarcation nautique du même type a été renversée par les forts vents.

L’événement de la semaine dernière n’a pas non plus fait de victime. « Le propriétaire a été secouru par une personne se déplaçant en motomarine », précise Sylvain Guay.

« Il n’y a pas eu de déversement de liquide pouvant nuire à l’environnement. »

M. Guay mentionne qu’il est exceptionnel d’assister à autant d’incidents en si peu de temps. « Ça faisait des années que nous n’avions pas vu ce genre d’événement », assure-t-il.

Affaires

Les députés français approuvent le traité de libre-échange UE-Canada, après un débat tendu

PARIS — Les députés français ont approuvé mardi la ratification du traité de libre-échange controversé entre l’Union européenne et le Canada (Ceta), «positif» pour l’économie selon ses défenseurs, mais porteur de «risques» environnementaux et sanitaires pour ses opposants.

Entré pour partie en vigueur de manière provisoire il y a bientôt deux ans, ce traité a été approuvé par 266 voix contre 213 et 74 abstentions à l’Assemblée nationale, après d’âpres débats.

Rejeté par la quasi-totalité de l’opposition, de gauche et de droite, le texte a suscité des réticences jusqu’au sein du parti présidentiel La République en Marche (LREM), dont 52 députés se sont abstenus et 9 ont voté contre. Une contestation jamais vue depuis l’élection d’Emmanuel Macron en mai 2017.

L’ex-membre de LREM Matthieu Orphelin y voit un «avertissement politique clair et net» : «Si les prochains accords de commerce ne respectent pas plus le climat, la biodiversité et nos agriculteurs, ils ne passeront pas !».

«Le résultat est là», a conclu le secrétaire d’État aux Affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne, ajoutant que «nous serons très vigilants dans la mise en oeuvre de cet accord».

Négocié pendant plus de sept ans, l’»Accord économique et commercial global» (AECG) - en anglais Ceta - avait été approuvé par le Parlement européen en février 2017. Il doit être ratifié par les 38 assemblées nationales et régionales d’Europe.

Après le feu vert de l’Assemblée nationale française, ce sera au tour du Sénat, chambre haute du Parlement, de se prononcer, à une date qui reste à définir. Treize États, dont l’Espagne et le Royaume-Uni, l’ont déjà ratifié.

Risque sanitaire

Le Ceta, qui supprime notamment les droits de douane sur 98% des produits échangés entre les deux zones, est vivement critiqué en France par les agriculteurs et des ONG. Ils craignent une concurrence déloyale ainsi qu’un risque sanitaire pour l’Europe, le Canada n’ayant pas des normes aussi strictes que le Vieux Continent en matière notamment de viandes animales.

La Fondation Nicolas Hulot et l’institut Veblen ont fustigé mardi «une décision incompréhensible au regard du faisceau de menaces mises à jour».

L’ex-ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot avait appelé lundi dans une lettre ouverte les parlementaires à avoir «le courage de dire non» à ce traité, qui risque à ses yeux d’ouvrir la porte à des substances dangereuses du fait d’un abaissement des normes sanitaires.

L’examen du texte par les députés mercredi dernier avait donné lieu à près de 10 heures de vifs échanges, jusque tard dans la nuit.

Alors que le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian avait loué d’emblée un «accord important» dans un climat mondial «préoccupant», l’opposition pointait elle le double risque que ferait poser le Ceta sur la viande bovine : «sanitaire» et de «déstabilisation de la filière».

Plusieurs autres élus d’opposition s’étaient aussi inquiétés de l’importation de viande nourrie par des farines animales interdites en France.

«Fake news», leur avait rétorqué le président de la commission des Affaires économiques Roland Lescure (LREM).

«Il y a eu beaucoup de mythes autour de ce texte», a commenté pour sa part mardi la commissaire européenne au Commerce, la Suédoise Cecilia Malmström.

Hasard du calendrier, le vote sur cet accord jugé par certains anti-écologique a eu lieu le jour de la visite à l’Assemblée de Greta Thunberg, jeune égérie de la lutte climatique.

«On peut pas inviter Greta le matin et voter le Ceta le soir», a réagi le leader dui parti souverainiste «Debout la France» Nicolas Dupont-Aignan.

Cinéma

Le «Joker» et Bruce Springsteen au TIFF

TORONTO — Un film montrant Joaquin Phoenix dans la peau du Joker, un drame mettant en vedette Tom Hanks dans le rôle de Fred Rogers et un film tourné lors d’un concert de Bruce Springsteen font partie des projets inclus dans la programmation du prochain Festival international du film de Toronto (TIFF).

Les organisateurs ont dévoilé mardi les premiers galas et présentations spéciales pour le festival de cette année, qui se déroulera du 5 au 15 septembre.

L’un des galas sera l’occasion de voir le thriller psychologique très attendu «Joker» du réalisateur de «The Hangover» («Lendemain de veille») Todd Phillips, mettant en vedette Joaquin Phoenix dans le rôle du célèbre personnage de DC Comics, et Robert De Niro dans celui d’un animateur de talk-show qui l’influence.

«A Beautiful Day in the Neighborhood», de Marielle Heller, sera aussi présenté au festival. Le film met en vedette Tom Hanks dans la peau de l’animateur d’émission pour enfants Fred Rogers, et Matthew Rhys, dans celle d’un journaliste chargé de faire son portrait.

Bruce Springsteen aura lui aussi droit à un gala grâce à «Western Stars», de Thom Zimny, un documentaire tourné lors d’un concert lors duquel le musicien interprète les pièces de son album du même titre.

La semaine dernière, un autre film sur la musique avait été annoncé par le TIFF: «Once Were Brothers: Robbie Robertson and The Band», de Daniel Roher, qui deviendra le premier documentaire canadien à ouvrir le festival.

Le film de clôture sera «Radioactive» de Marjane Satrapi, qui met en vedette Rosamund Pike dans le rôle de la physicienne et chimiste Marie Curie.

Le plein de films biographiques

Natation

La Canadienne Kylie Masse gagne l’or au 100 m dos aux Mondiaux de natation

GWANGJU, Corée du Sud — Vingt-quatre heures après la conquête de l’or de la Canadienne Maggie MacNeil à la piscine, sa compatriote Kylie Masse a défendu son titre mondial avec succès au 100 mètres dos.

Masse a triomphé dans sa spécialité en 58,60 secondes, mardi, aux Championnats du monde de natation de Gwangju, en Corée du Sud. Elle n’est que la deuxième athlète au pays à obtenir deux médailles d’or à deux Mondiaux consécutifs, après le regretté Victor Davis de Guelph, en Ontario.

«C’est un sentiment incroyable, a dit celle qui s’entraîne à l’Université de Toronto sous la tutelle de Linda Kiefer et Byron MacDonald. C’était l’un de mes objectifs ici. Je suis vraiment satisfaite. Je ne pouvais demander rien de plus.»

L’Australienne Minna Atherton a fini deuxième à 0,25 seconde de Masse, devant l’Américaine Olivia Smoliga. Taylor Ruck, de Kelowna, en C.-B., a abouti au pied du podium.

L’Américaine Kathleen Baker, la détentrice du record mondial dans cette épreuve, a terminé sixième après s’être retrouvée à égalité en tête au virage.

«Je savais que ce serait une course difficile, a confié Masse. Le peloton est tellement fort; j’ai simplement essayé de me concentrer sur mon couloir et de m’en tenir à ma stratégie. Après le virage, je me suis donné le momentum et la vitesse pour terminer les 25 derniers mètres comme je le voulais.»

La nageuse de LaSalle, en Ontario, avait aussi enlevé les honneurs du 100 m dos aux Mondiaux de 2017, ainsi que le bronze aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro en 2016. Elle est consciente qu’elle sera la cible en prévision des Jeux olympiques de Tokyo en 2020, mais a assuré qu’elle ne reculera devant aucun défi.

«Je veux continuer de m’améliorer. J’aimerais être plus vite; c’est mon objectif», a dit Masse.

Il s’agissait de la deuxième médaille d’or du Canada en autant de jours aux Mondiaux. MacNeil a gagné le 100 mètres papillon lundi.

Par ailleurs, l’Italienne Simona Quadarella a profité de l’absence de la championne en titre du 1500 m libre, l’Américaine Katie Ledecky, pour s’adjuger la victoire sur la distance en 15:40,89 - bien au-delà du record du monde de Ledecky de 15:20,48.

Un peu plus tôt mardi, la nageuse étoile américaine s’est retirée de la finale en raison d’un malaise. Ledecky a aussi déclaré forfait pour les qualifications du 200 m libre.

L’Allemande Sarah Köhler a obtenu l’argent, devant la Chinoise Wang Jianjiahe.

Quant à elle, la Torontoise Penny Oleksiak s’est qualifiée pour la finale du 200 m libre en terminant septième de sa vague en demi-finales.

«Je me sentais très bien au début et je l’ai un peu échappé par la suite, a expliqué Oleksiak, qui a mené sa demi-finale pendant les 150 premiers mètres. J’ai travaillé sur ma première moitié de course pour toutes mes épreuves. Je dois encore gagner en confiance.»

Sun, encore dans la controverse

Sun Yang est de nouveau au centre d’une controverse aux Mondiaux de natation. Cette fois-ci, bien malgré lui.

Sun a remporté le 200 m libre mardi soir, après que le Lituanien Danas Rapsys eut terminé premier avant d’être disqualifié pour avoir commis un faux départ.

Le nageur chinois a fini deuxième, mais a reçu la médaille d’or après que Rapsys eut célébré sa victoire dans la piscine.

Sun a semblé surpris, se cachant le visage avec ses deux mains, mais il s’est rapidement assis sur la corde délimitant son couloir et a levé ses deux bras vers le ciel - sous un concert d’applaudissements et de huées.

Le Japonais Katsuhiro Matsumoto a décroché la médaille d’argent, tandis que le Russe Martin Malyutin et le Britannique Duncan Scott se sont partagé la troisième marche du podium.

Sun a de nouveau été ignoré par ses adversaires sur le podium. Scott a gardé ses mains derrière son dos et refusé de serrer la main de Sun, demeurant dans son coin alors que les autres médaillés rejoignaient Sun sur la plus haute marche du podium pour les photographes.

Sun, qui a purgé une suspension de trois mois pour dopage en 2014, a obtenu l’autorisation de participer aux Mondiaux de Gwangju à la suite d’une audience devant le Tribunal arbitral du Sport en septembre qui menaçait sa carrière.  Avec AP

actualités

Le plus grand feu de l’histoire de Magog ?

Assistera-t-on au plus grand feu d’artifice de l’histoire de Magog le 2 août prochain? Les paris sont ouverts. Quoi qu’il en soit, les Magogois auront droit à un événement haut en couleur ce jour-là.

Bien connu à Magog, le restaurateur Renaud Légaré a annoncé, plus tôt cette année, qu’il souhaitait amasser de l’argent pour organiser un spectacle pyrotechnique en sol magogois. La collecte de fonds a jusqu’à présent bien fonctionné, de sorte qu’il a déjà recueilli 25 000 $ auprès de citoyens ordinaires et d’entreprises privées.

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« Selon moi, on offrira aux gens le plus beau feu d’artifice jamais vu ici. La thématique sera celle de Memphré, la légende du lac. Je suis très content de ce que les gens verront. Pas mal de monde a douté de moi au début, mais je sais qu’on aura quelque chose de beau, finalement », confie M. Légaré, en notant que Feux d’artifice de l’Estrie a reçu le mandat de préparer le spectacle.

Le spectacle pyrotechnique avait un double objectif : célébrer les 25 ans de la Cantine du lac, dont est propriétaire l’homme d’affaires, et pousser les Magogois à sortir de leur chaumière. Or, aujourd’hui, il est par surcroît question de répéter l’événement tous les ans et de greffer au feu d’artifice d’autres activités, tels spectacles de musique ou autres.

« Je ne veux pas trop en dire, mais c’est possible qu’il y ait une petite activité supplémentaire qui soit proposée aux gens dès la première édition. On verra. Pour ce qui est du futur de l’événement, ça dépendra des résultats de cette année », confie Renaud Légaré.

Justice et faits divers

Savoura: la SQ compte effectuer des recherches au sol dans une zone restreinte

La Sûreté du Québec (SQ) doit effectuer mercredi des recherches au sol et sur l’eau au nord du parc national du Mont-Tremblant, dans l’espoir de retrouver le président de Savoura, Stéphane Roy, et son fils de 14 ans, disparus depuis le 10 juillet.

«À la suite d’avancées dans les derniers jours, les enquêteurs de la SQ ont été en mesure de cibler une zone plus restreinte pour effectuer des recherches», a indiqué mardi soir le porte-parole de la SQ Claude Denis.

Mardi, deux hélicoptères ont survolé cette zone, et des sauveteurs ont été hélitreuillés pour effectuer des recherches dans la forêt «très dense», a souligné M. Denis.

«Demain [mercredi], il devrait y avoir des recherches au sol et sur l’eau, qui seront organisées dans cette zone restreinte qui est située au nord du parc du Mont-Tremblant», a-t-il affirmé.

Lundi, la SQ avait indiqué que les enquêteurs cherchaient à déterminer un territoire plus précis où concentrer leurs efforts.

Les recherches pour retrouver l’hélicoptère Robinson R44 piloté par le président fondateur des Serres Sagami ont jusqu’ici nécessité le survol de 20 000 kilomètres carrés de territoire densément boisé dans les Hautes-Laurentides.

Le territoire des fouilles s’est étendu du Lac-De la Bidière à Sainte-Sophie. Comme le pilote n’avait pas de plan de vol et qu’aucun signal de détresse n’a été détecté, à l’exception de quelques données cellulaires, il n’y a que peu d’information disponible quant au trajet emprunté par les disparus.

Le frère de Stéphane Roy, Daniel, avait confié à La Presse canadienne, lundi, que les proches n’ont pas perdu espoir de retrouver les deux disparus vivants. Il a décrit son frère comme un «battant».

«Nous, on n’abandonne pas; il y a un enfant de 14 ans là-dedans. Il n’est pas question qu’on laisse ces personnes-là à elles-mêmes», avait-il assuré.  

Santé

L’alcool envoie plus de femmes à l’urgence

Un nombre croissant d’Ontariens aboutissent à l’urgence des hôpitaux pour des problèmes liés à l’alcool, selon une étude dévoilée lundi qui constate d’ailleurs une hausse disproportionnée des visites chez les femmes et les jeunes adultes.

L’étude publiée dans le Canadian Medical Association Journal (CMAJ) révèle que le nombre de visites à l’urgence liées à l’alcool a augmenté en moyenne de 6,7 % par année de 2003 à 2016 en Ontario. 

L’intoxication due à la consommation excessive et les dégâts que cause la consommation à long terme sur les organes, comme le foie et le pancréas, expliquent la hausse des visites à l’hôpital liée à l’alcool.

Les chercheurs de l’ICES (Institute for Clinical Evaluative Sciences), de l’Hôpital d’Ottawa, de l’Institut de recherche Élisabeth-Bruyère et de l’Université d’Ottawa indiquent que les visites à l’urgence liées à l’alcool ont augmenté de 86 % chez les femmes (de 20,7 à 38,6 visites pour 10 000 personnes) et de 53 % chez les hommes (de 51,1 à 78,3 visites pour 10 000 personnes). 

L’étude révèle aussi que les femmes qui se sont présentées à l’urgence en Ontario en raison de l’alcool étaient plus souvent âgées de moins de 19 ans (âge légal pour consommer de l’alcool dans la province) comparativement aux hommes, soit 17 % contre 9 %. Les taux les plus élevés de visites liées à l’alcool concernaient les femmes de 15 à 24 ans et les hommes de 45 à 54 ans.

« Les hausses reflètent les données sur l’augmentation de la consommation moyenne d’alcool en Ontario et les taux élevés de consommation excessive d’alcool durant la période étudiée, surtout chez les femmes, à l’échelle du pays », a expliqué le Dr Daniel Myran, médecin de famille, résident en santé publique et en médecine préventive à l’Université d’Ottawa.

« C’est maintenant bien plus normalisé pour les jeunes femmes, les jeunes mères et les mineures de boire », a observé le Dr Peter Tanuseputro, auteur principal de l’étude et médecin scientifique à l’Hôpital d’Ottawa.

À titre de comparaison, alors que les visites à l’urgence toutes causes confondues ont aussi augmenté au cours de la période étudiée, la hausse de celles liées à l’alcool était 4,4 fois plus élevée, note en outre l’étude. Dans la période examinée par les chercheurs, le groupe d’âge qui présentait la plus forte hausse de visites à l’urgence était celui des jeunes adultes de 25 à 29 ans, avec une augmentation de 175 % (croissance de 27,2 à 74,9 visites pour 10 000 personnes).

« Nos conclusions révèlent un facteur générationnel troublant selon lequel les adolescents et les jeunes adultes présentent des hausses annuelles de méfaits liés à l’alcool au cours des 15 dernières années », a précisé le Dr Tanuseputro.

Les chercheurs ont répertorié 765 354 consultations associées à l’alcool sur la période d’analyse. Ils rappellent que la consommation d’alcool affecte lourdement la santé des Canadiens et fut la cause des décès chez 5,8 % des hommes et 0,6 % des femmes en 2017, selon les estimations.

Challenger de Granby

La retraite pour Frank Dancevic

Trois fois champion en simple et une fois en double du Challenger Banque Nationale de tennis, Frank Dancevic est à nouveau à Granby cette semaine. Mais voilà, il y est comme entraîneur. Car voyez-vous, il ne jouera plus.

Le dernier match en simple de Dancevic remonte au tournoi de la Coupe Rogers, l’été dernier. Et son dernier en double remonte au printemps, en Floride. Mais il vient tout juste de décider d’accrocher véritablement sa raquette.

« J’ai 34 ans et après 18 ans de tennis professionnel, mon corps est fatigué, a expliqué l’athlète de Niagara Falls, qui a déménagé ses pénates à La Prairie il y a quelques années. J’ai mal au dos, mais la douleur est encore supportable. Mais avant justement qu’elle ne devienne intolérable et que je ne sois plus capable de jouer avec mes enfants, je préfère abandonner… »

Les blessures ont fait partie intégrante du parcours de Dancevic. Tout de même, il s’est hissé au 65e rang mondial en 2007, ce qui demeure un très bel exploit. À l’époque, rappelons-le, les joueurs canadiens, 100 fois moins bien encadrés qu’ils le sont aujourd’hui, n’étaient pas rendus à rêver à autre chose qu’au top 100.

« J’aurais aimé en faire plus, j’aurais aimé me rendre plus loin, mais j’ai vécu de bons moments. J’ai représenté mon pays je ne sais plus combien de fois en Coupe Davis, j’ai vaincu des joueurs du top 10 mondial [notamment Andy Roddick-, alors no5, en 2007], j’ai fait le tour du monde. Le tennis a été et est encore bon pour moi. »

Mais Granby compte parmi ses plus beaux souvenirs.

« J’avais 15 ans quand je suis venu ici pour la première fois. Vous m’avez vu grandir et j’ai vu le tournoi évoluer. C’est ici, en 2003, que j’ai gagné mon premier Challenger. J’ai joué du très bon tennis sur ces courts. Et les gens m’ont toujours supporté de façon incroyable. J’imagine que j’ai été bon pour Granby, mais Granby a été très bon pour moi aussi. »

Il a triomphé à Granby en 2003, mais aussi en 2006 et en 2013. Seul le Japonais Takao Suzuki a gagné aussi souvent en simple. Au total, il aura fait le Challenger 14 fois et il a été brillant plus souvent qu’autrement. Il aura également été un des joueurs les plus populaires de l’histoire du tournoi.

Rester dans le tennis

Frank Dancevic va rester dans le tennis. Déjà capitaine de l’équipe canadienne de Coupe Davis, il est maintenant entraîneur à temps plein pour Tennis Canada. Cette semaine, il travaille avec Vasek Pospisil.

« Le tennis, c’est ma vie, lance-t-il. Je suis là-dedans depuis tellement longtemps. Et le fait que j’aime autant enseigner, que j’aime autant être entraîneur, m’a aidé à prendre la décision de passer à autre chose. Être entraîneur, ce n’est pas un prix de consolation. J’aime vraiment ça. »

Chose certaine, il fait travailler fort ses athlètes. Parlez-en à Vasek Pospisil, qu’il fait suer à grosses gouttes à chaque séance d’entraînement depuis qu’il est débarqué en ville.

« Vasek n’est pas à 100 %, mais il va tout faire pour jouer du bon tennis cette semaine. Il est heureux de revenir à Granby et il aimerait en donner aux gens. On verra bien… »

Au fil des ans, Frank Dancevic, à son meilleur ou pas physiquement parlant, a toujours essayé d’en donner au public granbyen. En fait, il s’en est toujours fait un point d’honneur. Normal, dans le fond, qu’il exige la même chose de ses athlètes...

Santé

Pour que l'argent suive le patient

Le gouvernement en parle depuis plus de sept ans, mais c’est seulement en septembre qu’un projet pilote se mettra en branle pour que l’ensemble des hôpitaux du Québec soient financés à la hauteur des services réels qu’ils offrent aux patients, et non sur une base historique.

Que ce soit sous Jean Charest, Pauline Marois, Philippe Couillard ou François Legault, le gouvernement du Québec avance graduellement depuis 2012 vers une révolution dans le financement des soins de santé. Au lieu que chaque hôpital reçoive le même budget que l’année précédente — en y ajoutant l’inflation —, le gouvernement veut calculer combien de soins y sont réellement donnés et établir le budget de chaque institution en fonction de ce nombre de soins.

Il s’agit d’implanter le financement axé sur le patient, aussi appelé financement à l’activité. La ministre de la Santé Danielle McCann a donné son accord pour qu’un projet expérimental de collecte de données se mette en place en septembre. L’objectif du projet pilote publié à la Gazette officielle du Québec le 17 juillet est «d’établir les meilleures pratiques en vue d’améliorer la performance, l’efficience et l’efficacité des pratiques cliniques et administratives en place». 

C’est que malgré les expériences préliminaires effectuées, notamment en chirurgie, le ministère de la Santé n’a pas encore de vue d’ensemble du nombre de soins offerts par les hôpitaux et de leur coût. Ceux-ci ne colligent pas l’information de manière uniforme. 

Depuis le début de l’année 2018, le ministère de la Santé déploie le logiciel de collecte et de traitement de données de Power Solutions. La firme a obtenu un contrat de 44 millions $ sur trois ans de la part du gouvernement. Son logiciel permet d’établir le coût par parcours de soins et services (CPSS). Marie-Claude Lacasse, responsable des relations médias au ministère de la Santé, indique que ce déploiement informatique doit être complété pour décembre 2019. 

«Les prochaines étapes dans les travaux menant au financement axé sur le patient sont la cueillette de données, d’élaborer la “recette” de calcul et de s’assurer de sa cohérence», explique-t-elle. 

Le projet pilote permet pour la première fois au Ministère d’accéder aux informations colligées par les établissements de santé, par exemple sur le type de soins offert, sur la durée en minutes d’un traitement, etc. 

Combien de temps le ministère de la Santé a-t-il besoin pour établir cette «recette» de financement? Impossible de le savoir pour l’instant. «Une analyse et une planification sont à venir», indique Mme Lacasse. 

Seul le domaine de la chirurgie est prêt à faire le saut vers le financement axé sur le patient, qui devrait se déployer au printemps 2020, indique Mme Lacasse. Quant au projet pilote qui débutera en septembre, il est d’une durée maximale de trois ans. 

À la remorque

Lorsque le gouvernement péquiste de Pauline Marois a dit oui au financement des hôpitaux axé sur le patient en 2014, l’objectif était d’implanter cette solution en quatre ans. 

C’est ce que recommandait le groupe d’experts présidé par Wendy Thomson, chercheure à l’Université McGill, dans son rapport Pour que l’argent suive le patient. L’échéancier «pragmatique» et «graduel» proposé devait se terminer en 2018. 

Force est de constater que cette réforme prend plus de temps que prévu, même si en 2012, le Québec était déjà à la remorque du virage effectué dans plusieurs pays européens. 

L’an dernier, la France a toutefois pris un pas de recul et a remis en question certains éléments du financement axé sur le patient. Des établissements de santé étaient tentés de multiplier les actes médicaux, qui s’avéraient parfois inutiles, afin de boucler leurs budgets. Pour éviter cette lacune, le ministère de la Santé dit vouloir inclure un volet sur la qualité des soins dans son calcul.  

Actualités

Funérailles d'un guide de pêche tué dans l’accident d'Air Saguenay

SAINT-JEAN — Les funérailles d’un guide de pêche expérimenté et père de trois enfants ont eu lieu lundi à Deer Lake, à Terre-Neuve-et-Labrador, une semaine après qu’un avion d’Air Saguenay à bord duquel se trouvaient six passagers s’est écrasé dans un lac du Labrador.

Un avis nécrologique pour Dwayne Winsor, 47 ans, publié par Parsons Funeral Home, annonce son décès survenu le 15 juillet et offre les hommages de ses proches et de sa famille.

M. Winsor était guide au Three Rivers Lodge, le point de départ de l’excursion de pêche au lac Mistastin qui s’est terminée dans la tragédie, lundi dernier. Des débris de l’avion De Havilland DHC-2 Beaver ont été repérés dans l’eau mardi.

Une courte biographie de M. Winsor sur le site web du Three Rivers Lodge le décrit comme un guide possédant 20 ans d’expérience au Labrador, qui faisait découvrir la rivière aux touristes et qui savait manier le filet de pêche.

Des amis du défunt provenant du monde entier ont laissé des messages sur son avis nécrologique en ligne, le décrivant comme un passionné de plein air et un guide patient.

«Sa passion pour la vie, son amour du plein air et son dévouement pour sa famille étaient contagieux et vivront éternellement», a écrit l’un d’entre eux.

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Crash d’un hydravion d’Air Saguenay: le pilote Gilles Morin était expérimenté [CARTE]

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Trois corps, dont celui de M. Winsor, ont été retrouvés depuis l’écrasement. Quatre hommes, soit le pilote québécois Gilles Morin, les frères américains Matthew Weaver et John Weaver III, ainsi qu’un autre guide de pêche de Terre-Neuve-et-Labrador, sont toujours portés disparus.

Les recherches se poursuivent

Des plongeurs de la Gendarmerie royale du Canada prévoyaient poursuivre lundi les recherches sous-marines dans le lac Mistastin commencées au cours du week-end, mais jusqu’à présent, aucun des quatre hommes disparus ni le fuselage de l’avion n’ont été retrouvés.

Un communiqué de la GRC publié lundi indique que des vents violents et des pluies diluviennes pourraient avoir fait couler l’avion, alors que sa queue et d’autres débris étaient visibles des airs quelques jours auparavant.

La déclaration indique que des «objets d’intérêt» non précisés, identifiés à l’aide d’un sonar à balayage latéral, feront l’objet d’une enquête lundi.

Le lac Mistastin, situé à environ 100 kilomètres au sud-ouest de la municipalité de Nain, a été formé par l’impact d’une météorite. Sa longueur est d’environ 16 kilomètres et sa profondeur «pourrait dépasser quelques centaines de mètres», a précisé la GRC.

Les plongeurs possiblement limités

Les plongeurs de la GRC peuvent atteindre un maximum de 45 mètres de profondeur, selon une entrevue avec le caporal John Stringer diffusée sur le site de la police fédérale.

Les objets étudiés lundi sont à la portée des plongeurs, indique la caporale Jolene Garland. Elle a toutefois reconnu que la profondeur du lac pourrait limiter les recherches des plongeurs.

«Ils sont limités à la distance qu’ils peuvent atteindre, alors il est évidemment possible qu’ils deviennent dépassés dans ce qu’ils sont capables de faire», a-t-elle expliqué.

«Nous prenons les choses un jour à la fois.»

La cause de l’accident est toujours inconnue. Un porte-parole du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a déclaré lundi que des enquêteurs se rendraient sur les lieux pour inspecter l’avion après sa localisation et sa sortie de l’eau.

Techno

Huawei veut étendre le 4G dans le Nord

OTTAWA — Huawei Canada a annoncé que le gouvernement fédéral lui avait accordé son autorisation pour travailler avec une entreprise de télécommunications du Nord et une entreprise de développement inuite afin d’étendre les services sans fil 4G à haute vitesse dans 70 communautés de l’Arctique et du Nord québécois.

L’annonce faite par Huawei à Ottawa concerne l’extension du service 4G, qui est répandu dans les régions peuplées du sud du Canada, à des régions plus rurales et éloignées du Nord.

Le nouveau projet a été approuvé dans le cadre du Programme fédéral d’examen de la sécurité, conçu pour protéger les infrastructures critiques.

Selon un expert, le gouvernement fédéral a ainsi créé des conditions pour permettre au géant chinois des télécommunications de bénéficier d’un monopole sur l’Internet à haute vitesse dans le Grand Nord.

Michael Byers, un spécialiste des affaires de l’Arctique à l’Université de la Colombie-Britannique, souligne qu’étant donné la petite taille du marché dans le Nord, Huawei aura peu de compétition dans cette région où l’entreprise chinoise dispose d’un avantage concurrentiel en raison de son accès à la main-d’œuvre chinoise bon marché.

«La question est de savoir si une entreprise chinoise peut éventuellement détenir un monopole sur les communications dans les communautés éloignées de l’Arctique canadien», a indiqué M. Byers.

«Non pas parce que c’est une menace pour la souveraineté, mais parce que cela laisse ces communautés très vulnérables dans l’éventualité où les relations entre la Chine et le Canada se détérioreraient», a-t-il ajouté.

Huawei est une entreprise controversée au Canada parce que sa directrice financière, Meng Wanzhou, est au centre d’une bataille diplomatique entre le Canada et la Chine depuis son arrestation à Vancouver en décembre. Mme Meng avait été arrêtée en vertu d’un mandat d’extradition des États-Unis, où elle fait face à des accusations de fraude.

L’important contrat 5G

Huawei attend une décision du gouvernement fédéral pour déterminer si l’entreprise chinoise pourra fournir du matériel pour les réseaux sans fil 5G de prochaine génération dans le reste du pays. Les États-Unis font pression pour que le Canada ne fasse pas affaire avec une entreprise considérée comme un organe des services de renseignements chinois — une allégation que l’entreprise a niée une fois de plus lundi.

«Si vous vous rendez à notre bureau de Kanata, si vous vous rendez à notre bureau de Markham, il est faux de croire qu’il s’agit d’un repaire du docteur Terreur et que nous y travaillons sur le dernier scénario de la fin du monde. C’est un groupe d’ingénieurs qui règlent des problèmes d’ingénierie», a soutenu Alykhan Velshi, vice-président des affaires commerciales de la branche canadienne de Huawei.

Cependant, l’attribution du contrat 5G est étroitement liée au sort de deux Canadiens qui ont été emprisonnés en Chine peu après l’arrestation de Mme Meng. Le gouvernement Trudeau a qualifié d’«arbitraire» l’emprisonnement de l’ex-diplomate Michael Kovrig et de l’entrepreneur Michael Spavor, et beaucoup considèrent leur arrestation comme une mesure de représailles de la part de la Chine. Pékin a également bloqué les importations de certains produits agricoles canadiens tels que le canola, ainsi que les expéditions de viande.

M. Velshi a plaidé que l’entreprise menait ses activités au Canada depuis 2008 sans problème, et qu’elle entretenait une «coopération régulière avec les clients et les agences de sécurité», ce qui inclut l’annonce, lundi, d’un partenariat avec ICE Wireless et Iristel. Il a souligné à plusieurs reprises que l’entreprise était gérée au Canada, soumise aux lois canadiennes, avec une structure transparente.

Une société chinoise avant tout

Selon M. Byers, cette dernière déclaration est «fallacieuse».

«C’est une filiale d’une société chinoise. Elle est donc soumise au contrôle de son siège social. Ce siège est soumis au droit chinois, a-t-il soutenu. Quiconque pense que Huawei est indépendant du gouvernement chinois a tort.»

Pour ces raisons, Ottawa a raison d’avoir des inquiétudes à l’idée de permettre à Huawei de fournir l’équipement de base des nouveaux réseaux 5G, selon M. Byers. Mais il devrait également être préoccupé par la possibilité que Huawei détienne un monopole sur les communications Internet dans l’Arctique canadien, a-t-il soutenu.

Un porte-parole du ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a déclaré qu’il ne pouvait pas répondre à des questions sur la manière dont Huawei répondait aux exigences de conformité sur les infrastructures critiques du gouvernement.

Il a ensuite redirigé les questions des journalistes vers le Centre de la sécurité des télécommunications. Le CST est le service canadien d’espionnage électronique, qui relève du ministère de la Défense.

Dans un communiqué, le CST a indiqué qu’il travaillait avec 31 fournisseurs de services de télécommunication représentant plus de 99 % du marché canadien de la téléphonie mobile «afin d’atténuer le risque de cyberespionnage et de perturbation du réseau grâce à l’exploitation des vulnérabilités de la chaîne logistique dans l’actuel 3G/4G/Environnement LTE.»

Le service d’espionnage a ajouté que les accords de non-divulgation lui interdisaient de discuter de ses relations avec «des fournisseurs spécifiques et des sociétés de télécommunications canadiennes».

Justice et faits divers

Trois cadavres, deux disparus et un véhicule incendié en Colombie-Britannique

FORT NELSON, C.-B. — La Gendarmerie royale du Canada (GRC) demande à la population du nord de la Colombie-Britannique de «continuer à prendre des précautions générales en matière de sécurité et de faire preuve de vigilance», alors qu'elle poursuit son enquête sur deux affaires apparemment non liées survenues dans la région : un cadavre et un jeune couple qui aurait été victime d'un double meurtre.

La GRC affirme dans un communiqué qu'elle reconnaît l'inquiétude grandissante de la population après la découverte d'un corps, vendredi, près de la localité de Dease Lake, et la découverte, quatre jours plus tôt, des corps d'un homme et d'une femme sur le bord de la route vers l'Alaska, à environ 470 kilomètres de là.

Actualités

Trois personnes chutent d’une passerelle au Zoo de Saint-Félicien

Trois personnes, dont deux enfants, ont été blessées et une d’entre elles a été conduite à l’hôpital, après avoir chuté d’une passerelle dans le secteur de la petite ferme lundi au Zoo sauvage de Saint-Félicien. Cet incident est survenu lorsqu’un poteau a fendu, détachant l’ancrage de la rambarde en filet.

« Un coin de garde-corps du pont suspendu a cédé, ce qui a entraîné la chute de trois personnes, a expliqué Lauraine Gagnon, la directrice générale du zoo. Nous avions fait l’inspection des attelages, des câbles et des cordages au printemps et certains équipements avaient été changés. C’est un morceau de bois qui a craqué et brisé. C’est un événement difficile à prévoir. »

Sherbrooke

Des places limitées pour une photo avec la Coupe

Il vaudra mieux arriver tôt au Palais des sports le 30 juillet pour se faire prendre en photo avec la Coupe Stanley. Ce seront les 300 premières familles qui franchiront les portes qui auront la chance d’être photographiées avec David Perron et la Coupe.

À noter aussi que seul Cosmos Image sera autorisé à prendre des photos. Aucun cellulaire ne sera permis. Un lien sera par la suite envoyé pour télécharger la photo. Il n’y aura pas non plus d’autographes.

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Un défilé de la coupe Stanley à Magog

Les organisateurs citent une contrainte de temps pour expliquer ces restrictions. Ils prévoient tout de même « une petite mise en scène où les gens pourront applaudir David Perron » pour les personnes qui n’auront pas pu se faire prendre en photo.

« Dès 16 h la Coupe Stanley devra quitter en traversant la ville de Sherbrooke en passant par King Ouest, souligne le maire de Sherbrooke Steve Lussier dans une courte vidéo disponible sur Facebook.

Les portes seront ouvertes dès 13 h. Dans l’invitation officielle, on y parle de « grand rassemblement public qui donnera des frissons ».

Le joueur des Blues de St. Louis prendra ensuite la direction de Magog où il défilera dans les rues avec le précieux trophée. David Perron sera ainsi au parc de la Baie-de-Magog, quai MacPherson, pour signer le livre d’or en compagnie de la mairesse Vicki-May Hamm dès 16 h. Le départ du défilé de la coupe Stanley aura ensuite lieu à la pointe Merry. Perron réside à Magog durant la saison morte.

Rappelons que le dernier à avoir amené la coupe Stanley à Sherbrooke fut le recruteur des Penguins de Pittsburgh Luc Gauthier en 2017, et ce, pour une troisième fois.

Science

Génétique: les Inuits du Québec uniques au monde

Si les Inuits du Nunavik partagent leur culture avec les autres Inuits du monde, leurs gènes sont une autre paire de manches, selon une étude de l’Université McGill parue lundi. L’analyse du génome de 170 Inuits du Grand Nord québécois suggère qu’ils seraient génétiquement distincts des Inuits du Groenland, formant un groupe unique au monde à cet égard.

«Nos résultats montrent que les Inuits du Nunavik sont une population très homogène. […] Hormis quelques cas de mélange récents avec des Européens, les Inuits du Nunavik ne partagent presque pas d’ancêtres avec d’autres populations contemporaines et sont distincts des autres populations indigènes de l’Arctique, incluant les Inuits du Groenland», lit-on dans l’article qui vient de paraître dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS). Dirigée par les chercheurs de McGill Sirui Zhou et Guy Rouleau, la recherche a consisté à lire le génome de 170 Inuits du Nunavik et à le comparer à celui d’autres populations de l’Arctique. 

De manière générale, ceux que l’on nomme «Inuits» de nos jours sont les descendants des «Thuléens», des chasseurs de baleines originaires de l’Alaska qui ont commencé à essaimer dans tout le Grand Nord il y a environ 1000 ans, et qui se sont rendus jusqu’au Groenland. Ce faisant, ils ont complètement remplacé une population qui était déjà présente, les «Dorsétiens», qui chassaient les petits mammifères marins, mais pas les baleines, et qui sont aujourd’hui disparus. Les Thuléens ont migré en plusieurs vagues successives et leur arrivée dans le nord du Québec remonte à il y a 700 à 800 ans, d’après l’Institut culturel Avataq.

Cependant, M. Rouleau et son équipe ont trouvé que même si leur culture est la même, les Inuits du Nunavik sont beaucoup moins apparentés qu’on pourrait le penser, génétiquement parlant, aux autres Inuits du monde. Ce sont les Inuits du Groenland et des Yupiks de Sibérie qui sont leurs plus proches parents, mais le lien de parenté remonterait à plus de 10 000 ans.

En fait, ils sont plus proches des «Paléo-Eskimos» (les Dorsétiens et d’autres avant eux) que des Thuléens, selon le communiqué de presse de McGill. L’article des PNAS est muet sur ce qui a pu se passer, et il n’a pas été possible de s’entretenir avec M. Rouleau au moment d’écrire ces lignes, mais on peut imaginer que les Dorsétiens du Québec n’ont pas été remplacés par les Thuléens, mais qu’ils auraient plutôt été assimilés.

Quoi qu’il en soit, les chercheurs ont par ailleurs identifié des variantes génétiques chez les Inuits du Nunavik qui suggèrent une adaptation à une diète riche en graisses — les autres populations inuites du monde montrent elles aussi le même genre d’adaptation. Ceux du Québec montrent toutefois d’autres variantes génétiques qui les rendent plus vulnérables aux anévrismes intracrâniens, une déformation d’artères du cerveau qui peut avoir de très graves conséquences.

Actualités

Agression au McDonald's: l'accusé de retour en cour jeudi

On ne saura pas avant jeudi si l’homme accusé d’avoir agressé une fillette de neuf ans dans les toilettes d’un restaurant McDonald’s, le 15 juillet, est apte à subir un procès.

Christopher Dégarie Giroux devait revenir devant la cour lundi, au palais de justice de Granby, mais il n’a pas été amené devant le tribunal.

Évaluation prolongée

À la défense, Me Danielle Dontigny­ a demandé à ce que l’évaluation psychiatrique de son client soit prolongée jusqu’au 25 juillet.

Ce que le juge Serge Champoux­, de la Cour du Québec, de concert avec Me Valérie Simard-Croteau, du ministère public, a accepté.

L’homme de 22 ans, qui souffrirait d’une déficience intellectuelle, a été arrêté le 22 juillet dernier alors qu’il fuyait les lieux de l’infraction.

Quelques minutes plus tôt, il aurait agressé sexuellement sa victime dans les toilettes du restaurant McDonald’s de la rue Denison Est.

Des accusations de contacts sexuels avec une mineure et non-respect d’ordonnance de la cour ont aussi été déposées contre lui.

Répétition

L’histoire se répète pour M. Dégarie­ Giroux puisqu’il a déjà été trouvé coupable des mêmes chefs d’accusation au palais de justice de Longueuil, en mai 2018.

Il avait alors écopé de 90 jours de prison à purger de façon discontinue. Il lui était également interdit d’approcher des mineurs.

Dans le présent dossier, Me Simard-Croteau s’est opposée à sa remise en liberté compte tenu de son passé criminel et de la nature des accusations. 

Entre-temps, il est interdit à l’accusé de communiquer avec la victime ou ses proches. Selon le Code criminel, M. Dégarie Giroux s’expose à une peine maximale de 14 ans de prison.

fait divers

Enquête pour meurtre à Drummondville

Une femme âgée dans la trentaine a été arrêtée à la suite de la découverte du corps d’un homme dans une résidence de la rue Maisonneuve à Drummondville. Une enquête pour meurtre a été ouverte.

La victime, un septuagénaire, a été retrouvée inanimée vers 9 h 25 lundi matin, selon la Sûreté du Québec (SQ).

« Il a été transporté à l’hôpital où son décès a été constaté », signale la porte-parole de la SQ, Béatrice Dorsainville.

« Une femme a été arrêtée sur les lieux. »

Le dossier a été confié au Service des enquêtes des crimes contre la personne de la SQ, ajoute Mme Dorsainville. Le poste de commandement mobile a été déplacé sur les lieux.

La suspecte dans cette affaire a été rencontrée par les enquêteurs pour un interrogatoire.

Mme Dorsainville ne peut dire le lien entre les deux personnes.

Elle ne peut non plus dévoiler dans quelle condition se trouve la victime.

Cet événement tragique n’est pas sans rappeler un autre meurtre survenu dans le même secteur de la ville de Drummondville au cours des dernières années. Félix Pagé de Drummondville a été condamné à une peine de prison à vie au palais de justice de Drummondville en février dernier. L’homme de 25 ans avait été reconnu coupable par un jury d’avoir tué puis démembré Roland Baker chez lui, rue Plamondon, en mai 2017.

Justice et faits divers

Pas d’essoufflement de l’effet #MoiAussi

Le taux d’agressions sexuelles signalées à la police a encore augmenté au pays en 2018, relève Statistique Canada, et il ne semble pas y avoir d’essoufflement dans le nombre de plaintes déposées par les victimes, près de deux ans après que le mouvement de dénonciation #MoiAussi soit devenu viral.

L’année 2018 a connu une hausse des agressions sexuelles rapportées à la police de 15 % par rapport à l’année précédente.

Une «augmentation considérable», pour une deuxième année de suite, remarque l’organisme fédéral de statistiques dans son plus récent rapport sur le crime, dévoilé lundi.

En tout, quelque 28 700 agressions de cette nature ont été déclarées aux forces policières l’an dernier.

La quasi-totalité (98 %) de ces agressions déclarées a été classée comme étant de niveau 1, ce qui veut dire qu’elles n’impliquaient pas d’arme ou n’avaient pas causé de lésions corporelles apparentes à la victime, ajoute Statistique Canada dans son rapport. Ce qui ne signifie pas qu’elles ne laissent pas de blessures psychologiques.

Le mouvement de dénonciation des agressions sexuelles #MoiAussi a connu son apogée dans les réseaux sociaux en octobre 2017. Tout de suite après, Statistique Canada a constaté que le nombre d’agressions sexuelles signalées à la police et jugées fondées avait explosé. Il rapportait alors que le nombre moyen de victimes d’agressions sexuelles déclarées à la police au pays était passé de 59 par jour avant #MoiAussi à 74 après la naissance du mouvement. Bref, une hausse de 25 % pour la période d’octobre à décembre 2017, comparée à la période équivalente en 2016.

«Il y avait clairement un effet #MeToo», a commenté en entrevue Yvan Clermont, le directeur du Centre canadien de la statistique juridique, une division de Statistique Canada.

Ce qui a été constaté à la fin de 2017, «s’est poursuivi au cours des mois de 2018. Alors il ne semble pas y avoir eu d’essoufflement du mouvement sur l’incitation des victimes à rapporter ces crimes-là», a-t-il poursuivi.

La pointe de l’iceberg

Mais cette tendance n’a pas commencé en 2017 : l’organisme fédéral de statistiques souligne qu’il s’agit de la quatrième augmentation annuelle consécutive du taux d’agressions sexuelles.

Malgré ces hausses des plaintes déposées auprès de la police, un triste constat s’impose : cela ne serait encore que la pointe de l’iceberg. «Le nombre d’agressions sexuelles déclarées par la police est vraisemblablement une sous-estimation du nombre réel d’agressions sexuelles survenues au Canada, puisqu’il arrive souvent que ces types d’infractions ne soient pas signalés à la police», est-il écrit dans le rapport. Il est estimé que seulement 5 % des victimes portent plainte. «C’est très peu», juge M. Clermont.

Un autre facteur qui a joué est que la définition d’un «crime jugé non fondé» a été modifiée. Bref, cela a fait en sorte que plus d’infractions sont désormais considérées fondées, menant à une augmentation du taux de criminalité.

Il faut aussi noter que ces chiffres ne permettent pas de conclure qu’il y a eu une hausse des agressions sexuelles au pays. Ce qui est dégagé par les données est que les présumées victimes ont été plus nombreuses à porter plainte auprès de la police.

Fraude et cannabis

Les données dévoilées lundi révèlent aussi une augmentation de 2 % des crimes au pays, toutes infractions confondues.

Il s’agit là aussi d’une quatrième hausse consécutive, «alors que depuis 1991 (le sommet), on avait noté pratiquement que des baisses», rappelle M. Clermont.

L’indice de gravité des crimes a aussi augmenté de 2 % dans le même intervalle. Cet indice permet de tenir compte du fait que les crimes les moins graves sont souvent plus fréquents, alors que des crimes graves comme les meurtres sont plus rares.

L’augmentation de 13 % des fraudes - incluant le vol d’identité et la fraude d’identité - au Canada a contribué à l’augmentation globale du crime.

Statistique Canada a par contre noté une diminution de 13 % des crimes haineux. Ils avaient bondi en 2017 de 47 %. Malgré ce recul, le nombre de crimes haineux demeure plus élevé que celui enregistré chaque année depuis 2009 - sauf pour 2017, note l’organisme.

Quant au cannabis, on peut se demander si sa légalisation le 17 octobre 2018 a eu un impact sur le nombre de crimes commis en lien avec cette drogue.

Mais il est encore trop tôt pour le mesurer, dit M. Clermont. Statistique Canada ne détient les données que pour 2018, et le cannabis n’a été légal cette année-là que 2 mois et demi. Il faudra attendre pour tirer des conclusions, avertit-il.

Mais de façon générale, les crimes reliés à cette substance avaient déjà commencé à baisser depuis le début des années 2010.

Le directeur du Centre canadien de la statistique juridique note toutefois une «exception notable» qui l’a étonné : en 2018, les infractions d’importation et d’exportation de cannabis ont augmenté de 22 %.

Cinéma

Pas de Festival des films du monde de Montréal en 2019

Le président fondateur du Festival des films du monde (FFM), Serge Losique, a annoncé lundi qu’il n’y aurait pas d’édition du festival montréalais en 2019.

Par communiqué, le festival précise que la pause servira à «mieux préparer l’édition 2020».

Aucun film n’avait été sélectionné pour l’édition de cette année.

Le communiqué indique par ailleurs que M. Losique n’accordera pas d’entrevue à ce sujet «à cause de la fatigue extrême et sur l’ordre de ses médecins».

Le festival, fondé et dirigé par M. Losique, a vécu des difficultés financières ces dernières années, ayant notamment perdu du financement gouvernemental et des commanditaires. En 2016, plusieurs employés avaient quitté le navire, déplorant le leadership déficient de M. Losique.

«Acheter du temps»

Martin Bilodeau, rédacteur en chef de Médiafilm, estime que M. Losique ne fait qu’acheter du temps.

«Je ne suis pas surpris de la nature du communiqué, dans la mesure où ce n’est pas Serge Losique qui va reconnaître qu’il baisse les armes. Il va simplement acheter du temps, et c’est ce qu’il fait ici», a affirmé M. Bilodeau en entrevue.

«Stratégiquement, ce n’est pas une mauvaise idée. Ça nous laisse en suspens, mais je ne crois pas que le Festival des films du monde va revenir», a-t-il ajouté.

En août 2017, Québecor avait racheté la «lourde dette hypothécaire» du prestigieux cinéma Impérial, propriété d’un organisme sans but lucratif présidé par Serge Losique. Famous Players avait offert l’Impérial au FFM en 1995, mais ce joyau montréalais, utilisé notamment par les festivals et pour les premières «tapis rouge», était aux prises avec de graves difficultés financières et menacé de décrépitude.

Moribond depuis 10 ans

Puis, l’an dernier, le FFM avait réussi de justesse à présenter sa 42e édition après avoir eu des difficultés avec Revenu Québec, qui avait déposé une requête en cour demandant une injonction pour empêcher la tenue de l’événement quelques semaines avant l’ouverture prévue.

Serge Losique avait finalement répondu à l’exigence de Revenu Québec, qui lui demandait de payer une «sûreté» de 32 800 $ s’il voulait demeurer inscrit au fichier de la taxe de vente du Québec (TVQ).

Selon M. Bilodeau, le FFM est moribond depuis plus de dix ans, et n’a plus aucune pertinence sur la scène nationale et internationale.

«Mais Serge Losique est dans une espèce de bras de fer avec les médias, qui lui disent ça, qui lui envoient ce message depuis des années­. Il est dans ce bras de fer avec même, je dirais, la raison, parce que la raison lui donne tort», a-t-il laissé tomber, parlant de «problèmes logistiques pratiquement insurmontables».

Comme d’autres observateurs, M. Bilodeau estime que le fondateur du FFM à la fin des années 70 n’aura pas su se retirer à temps.

«C’est un homme qui a été important, mais qui est malmené par son orgueil. Ce qui se passe, c’est qu’il refuse de reconnaître que ce festival-là n’est plus pertinent. [...] Il aurait pu dire, je suis allé au bout de quelque chose, j’ai voulu, je me suis obstiné, je me suis battu. Il aurait raison de dire ça, et on l’applaudirait d’une certaine façon, mais là, c’est de refuser l’inévitable», a-t-il dit croire.

L’absence du FFM ne va pas «créer un trou dans le calendrier ou créer un manque», à part peut-être auprès de quelques «partenaires privilégiés», qui n’ont plus de toute façon le rayonnement dont ils bénéficiaient auparavant avec le festival, selon M. Bilodeau.

Affaires

Le ménage continue chez SNC; la Caisse de dépôt s’impatiente

La tourmente dans laquelle se trouve SNC-Lavalin préoccupe son plus important actionnaire, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), qui est sortie de sa réserve habituelle pour exiger des «actions décisives».

Il s’agit d’un changement de ton marqué alors que le bas de laine des Québécois a épaulé la firme dans sa croissance au cours des dernières années tout en se portant à la défense de cette dernière en dépit des accusations criminelles qui pèsent sur elle depuis 2015.

Lundi, la CDPQ a toutefois signalé que sa patience avait des limites quelques heures après l’annonce d’une autre restructuration chez SNC-Lavalin, qui comptabilisera notamment une charge de 1,9 milliard $ en plus de retirer ses prévisions pour l’exercice puisque l’entreprise devrait afficher des résultats «nettement inférieurs» à ce qui était attendu. La firme abandonnera également les contrats à prix forfaitaire et pourrait se départir de ses activités dans le domaine des hydrocarbures.

«La situation dans laquelle se trouve la société exige des actions décisives, sans délai, de la part de son conseil d’administration», a fait valoir le gestionnaire de régimes de retraite, dans un communiqué.

Les mauvaises nouvelles dévoilées par SNC-Lavalin ont aussi déplu aux investisseurs, puisque lundi après-midi, à la Bourse de Toronto, l’action de la firme abandonnait 6,04 pour cent, ou 1,54 $, pour se négocier à 23,97 $.

La Caisse, qui détient une participation d’environ 20 pour cent dans l’entreprise, a qualifié la tendance actuelle d’»inacceptable», ajoutant qu’elle comptait suivre la situation «de près» dans les «prochaines semaines», sans toutefois commenter davantage.

Pourtant, pas plus tard qu’en février, en marge du dévoilement des résultats annuels de l’institution, son président et chef de la direction, Michael Sabia, avait estimé que le potentiel de la firme québécoise demeurait «impressionnant». Il avait également rappelé que la société avait apporté d’importants changements au sein de sa gouvernance et de son équipe de direction depuis 2012, lorsque les scandales ayant entaché sa réputation ont éclaté.

En plus de son bloc d’actions, la Caisse avait également prêté 1,5 milliard $ à SNC-Lavalin afin de l’aider à acquérir la firme londonienne WS Atkins en 2017 pour 3,6 milliards $.

Un virage

Dans un effort visant à s’éloigner de la vision de son prédécesseur, où les activités de construction ainsi que le secteur pétrolier et gazier jouaient un rôle important, le président et chef de la direction par intérim de la société, Ian Edwards, a opté pour un virage vers les services d’ingénierie, de conception ainsi que vers le secteur nucléaire.

En plus de cesser de soumissionner sur des contrats à prix fixe, qui font souvent l’objet d’importants dépassements de coûts, SNC-Lavalin regroupera ses activités liées aux ressources et à la construction - deux segments où la performance est loin d’être au rendez-vous - dans une entité distincte.

Nommé en juin en remplacement de Neil Bruce, qui avait quitté pour la retraite, M. Edwards a estimé qu’il s’agissait d’une «première étape» afin de réduire le niveau de risque.

«Les projets clé en main à prix forfaitaire sont la cause première des problèmes de rendement, a-t-il estimé, dans un communiqué. En abandonnant ce type de contrats (...) nous nous attaquons à la source du problème.»

La firme montréalaise explorera aussi «toutes les options» pour son secteur des ressources, y compris la vente de ses activités pétrolières et gazières, où l’on comptabilisera une charge de dépréciation supplémentaire de 1,9 milliard $. SNC-Lavalin s’attend également à dévoiler, le 1er août, une perte d’exploitation ajustée liée aux activités d’ingénierie et de construction oscillant entre 150 millions $ à 175 millions $.

Plus tôt cette année, SNC-Lavalin avait sabré ses prévisions pour 2018 à deux reprises en trois semaines en plus de cesser de soumissionner sur des projets miniers. L’entreprise avait cité les turbulences provoquées par la querelle diplomatique entre le Canada et l’Arabie saoudite, un marché névralgique du secteur pétrolier et gazier, ainsi que des retards liés à un contrat minier au Chili, qui a été annulé par la société d’État Codelco.

De plus, en mai, SNC-Lavalin avait dévoilé un plan visant à réduire son empreinte dans 15 pays en plus d’afficher une perte de 17 millions $ au premier trimestre.

Si les nouvelles financières ont été qualifiées de négatives par les analystes financiers, ceux-ci ont néanmoins estimé que la compagnie prenait les mesures nécessaires pour tenter de redresser la barre.

«Nous avons fait valoir la nécessité d’un virage stratégique vers (les services d’ingénierie) ainsi que le nucléaire et cette étape est maintenant franchie», a estimé Maxim Sytchev, de la Financière Banque Nationale, dans une note.

Visage différent

Aux commandes de SNC-Lavalin pendant près de quatre ans, M. Bruce avait réalisé l’acquisition d’Atkins, la plus importante de l’histoire de l’entreprise, en 2017. L’exposition de la firme au secteur pétrolier et gazier s’était également élargie avec l’achat de Kentz pour 2,1 milliards $ en 2014.

L’an dernier, cette division a représenté environ le quart des revenus totaux de 10,08 milliards $. Elle n’a toutefois généré que 3,8 % des bénéfices avant intérêts et impôts, soit le pourcentage le plus faible de ses quatre principales divisions de la firme. De son côté, la parte du secteur mines et métallurgie été 345,6 millions $.

Les activités liées aux contrats à prix fixe seront regroupées sous l’entité SNCL Projets. D’après l’analyste Chris Murray, d’Altacorp Capital, le carnet de commandes de la firme compte pour 3,2 milliards $ de contrats à prix fixe, dont celui du Réseau express métropolitain. Les activités jugées plus profitables se retrouveront sous l’égide de SNCL Services d’ingénierie.

Environ 80 pour cent des contrats à prix fixe devraient être complétés à la fin de 2021, selon M. Murray, qui s’attend à ce que le tout soit complété d’ici 2024.

SNC-Lavalin est également au coeur d’une tempête politique qui continue d’ébranler le gouvernement Trudeau en raison de pressions indues qui auraient été effectuées auprès de l’ex-procureure Jody Wilson-Raybould afin qu’elle négocie une entente à l’amiable avec la compagnie pour lui éviter un procès criminel.