François Lemay-Adam

Le feu sacré de l’engagement

TROIS-RIVIÈRES — L’engagement bénévole fait un peu partie de l’ADN de François Lemay-Adam. Il faut dire qu’il a grandi au milieu de beaucoup de monde. Son père est Chevalier de Colomb et les occasions d’aller au-devant des autres sont autant d’activités qui se vivent en famille. Pour le jeune garçon, la communauté est un point de repère naturel.

À son entrée à l’école secondaire L’Escale, François s’implique dans l’équipe technique de l’auditorium. Le parascolaire lui offre ainsi la chance d’embrasser une cause à lui et d’apprivoiser les rouages du travail d’équipe. Son et lumière, il est de tous les événements. D’abord à rouler les fils, puis à apprivoiser chaque interrupteur de l’endroit. Bientôt, le lieu n’a plus de secrets pour lui. Il installe, démonte et s’assure que tout tourne rondement. Encore maintenant, quelques années plus tard, on l’appelle parfois en renfort. Son numéro est au mur, si un pépin surgit...

C’est à un événement où il est à la technique pour la musique qu’il rencontre les pompiers de Louiseville. Sachant déjà rouler les fils, il donne un coup de main à rouler des boyaux. On lui lance une invitation. Aujourd’hui, 360 heures de cours plus tard — soirs et fins de semaine —, il est pompier à temps partiel. Son baptême du feu, il l’aura vécu dans l’eau, alors que les pompiers sont mobilisés pour venir en aide aux sinistrés des inondations de 2017. L’événement lui permettra de tisser des liens avec ses nouveaux collègues et de savourer le retour dans sa communauté, après quelques années d’études.

Or, sa grande cause, c’est vers l’âge de 14 ans que François la rencontre. Il se joint alors à une équipe du Relais pour la vie, l’événement qui rend hommage à ceux qui luttent contre le cancer ou que la maladie a emportés et qui vise à amasser des fonds pour la recherche. C’est une tante qui est touchée, la famille de François se serre les coudes. Le jeune homme marche et apprécie l’expérience.

L’année suivante, il est sollicité pour s’occuper du son pendant la durée de l’événement. L’année d’après, il est invité à participer au montage. Au cours de l’été qui suit, le responsable de la logistique ne revient pas. On lui demande de prendre les commandes de l’équipe. Il le fera en compagnie d’un ami.

L’événement en est alors à sa première présence à la Place Canadel, à Louiseville. Il faut apprivoiser les lieux. La commande est grande pour les jeunes hommes de cinquième secondaire. En plus, il pleut. Le Relais commence à 19 heures. Le montage se termine, in extremis, à 19 h 30. Mission accomplie!

L’année qui suit, le montage est bouclé à 17 heures. Et chaque année, cela va de mieux en mieux. À la dernière édition, à midi tout était prêt. L’équipe est rodée et revient d’année en année. Puisque tout va bien, le jeune homme se voit confier de nouvelles responsabilités. Premiers soins, barrage des rues, il est capable d’en prendre. Depuis l’année passée, M. Lemay-Adam est coprésident de l’événement.

En plus de la logistique, il faut maintenant assurer la cohésion entre les différents comités et faire le lien avec la communauté.

Celui qui autrement agit à titre de coordonnateur de la sécurité à l’usine de meubles Canadel de Louiseville ne s’aventure pas à prédire ce que l’avenir a en banque pour lui. Pour l’instant, ses implications multiples sont intégrées à son style de vie.

Le travail d’équipe, les réunions, le téléphone qui ne dérougit pas, le défi... Le coprésident carbure à l’adrénaline. Or, il n’en oublie pas la cause pour autant. C’est avec émotion qu’il évoque les lampions que l’on allume au début du Relais et le premier tour de piste des survivants. François Lemay-Adam prend alors le temps de lui-même faire deux ou trois fois le tour du circuit. Seul, le Louisevillois marque à ce moment une pause sur ses responsabilités et se recueille à la mémoire de ceux qui sont partis.