Benoit Ferland, président de l’Association des pompiers et pompières de Shawinigan; Michel Angers, maire et Shawinigan et François Lelièvre, directeur du Service de sécurité incendie.
Benoit Ferland, président de l’Association des pompiers et pompières de Shawinigan; Michel Angers, maire et Shawinigan et François Lelièvre, directeur du Service de sécurité incendie.

Le feu est éteint entre la Ville de Shawinigan et ses pompiers

Shawinigan — Après un an d’intenses négociations ponctuées de sorties incendiaires sur la place publique, l’Association des pompiers et pompières de Shawinigan est parvenue à s’entendre avec la Ville sur un contrat de neuf ans. La nouvelle convention collective couvre la période de 2017 à 2025 et chacune de ces années prévoit une hausse salariale de 2 %.

L’entente a été confirmée par les deux parties à la caserne Champlain, mardi matin. Cette conclusion permet également aux 16 pompiers temporaires de bénéficier d’un important rattrapage salarial, en sus des hausses annuelles de 2 %. Il ne s’appliquera toutefois qu’à compter de la date de la signature de la convention collective et non rétroactivement.

«Le rattrapage des pompiers temporaires leur permettra de les amener au même niveau de salaire que les pompiers permanents au cours des cinq prochaines années», précise le maire, Michel Angers. «Au total, il y avait 10 $ l’heure de différence entre les pompiers temporaires et ceux à temps plein. C’est vraiment énorme et les deux parties convenaient que ça n’avait pas de bon sens. Pour garder nos pompiers, il faut leur donner de bonnes conditions de travail. Nous étions d’accord pour un rattrapage complet au cours des prochaines années.»

Les pompiers bénéficieront également du même régime de retraite que les cadres de la Ville. L’assurance-maladie couvrira dorénavant 85 % de leur rémunération en cas d’absence, comme les autres employés municipaux, comparativement à 75 % auparavant.

Doléances

Au cours de la dernière année, le président de l’APPS, Benoit Ferland, avait exprimé de nombreuses doléances à la direction du Service de sécurité incendie et à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail. Il déplorait notamment le nombre insuffisant de pompiers en caserne, le manque de suivi des recommandations formulées par la CNESST et le manque d’équipement pour intervenir à des bâtiments de grande hauteur. Visiblement, l’ouverture des canaux de communication a permis de réduire les irritants.

«L’optimisation pour les bâtiments en hauteur a été réglée» explique M. Ferland. «Les équipements ont été adaptés et beaucoup de formation s’en vient. Nous restons avec le même nombre de pompiers en caserne, mais nous demandions à optimiser le déploiement des effectifs. Nous voulons être le plus (grand nombre) possible pour une meilleure efficacité, mais il y a un budget à respecter.»

Les parties s’entendent sur la fait que la crise de la COVID-19 a permis un rapprochement, puisque la situation imposait la réouverture du canal de communication. L’arrivée de Kim Dumais à la direction des ressources humaines de la Ville, en janvier, a visiblement changé la dynamique des discussions.

«Nous avions un objectif commun: la sécurité des pompiers et les services aux citoyens», indique M. Ferland. «La COVID a permis un rapprochement qui n’était peut-être pas là avant.»

En fait, le représentant syndical estime que les deux parties devraient pouvoir régler les irritants relevés par la CNESST sans passer par le Tribunal administratif du travail. De plus, une cinquantaine de griefs ont été réglés à la suite de cette entente.

De son côté, M. Angers s’était bien promis de récupérer le fameux 2 % accordé aux pompiers pour l’année 2015, à la suite d’une décision du tribunal d’arbitrage.

«Ils ont gagné le grief, alors nous leur avons payé ce 2 %», rappelle le maire. «Il y avait une volonté de le récupérer. Mais tout ce qui s’est passé pendant la pandémie, avec la collaboration, ça a été suffisamment intéressant pour qu’on puisse être capables, à l’intérieur de notre financier, de le régler de cette façon. Évidemment, il faut faire des compromis quand on veut arriver à une entente négociée.»

François Lelièvre, directeur du Service de sécurité incendie, paraît soulagé de pouvoir repartir sur de nouvelles bases avec un contrat de travail à long terme. Cette entente permet également la création de huit postes à temps plein, mais douze postes temporaires seront abolis. Au quotidien toutefois, le directeur assure que la couverture ne changera pas, avec 21 pompiers en garde interne et externe sur l’ensemble du territoire.

«Sur chaque relève de travail, des pompiers temporaires effectuaient de la garde», explique M. Lelièvre. «Dorénavant, elle sera faite par des pompiers à temps plein. Sur chaque relève, nous n’aurons donc que des pompiers à temps plein et nos pompiers temporaires viendront faire du remplacement.»

Cette réorganisation entraînera une augmentation du nombre de pompiers préventionnistes. Des lieutenants syndiqués apparaîtront également pour mieux coordonner les interventions.

Rappelons qu’en février, les membres du syndicat avaient rejeté une proposition de règlement à 70 %. Cette fois, l’entente a été acceptée dans une proportion de 88 % lors d’un vote en ligne. Quarante-deux syndiqués sont touchés par cette nouvelle convention collective.

En plus d’entériner cette entente mardi soir, le conseil municipal de Shawinigan a également adopté une résolution pour renouveler sa demande d’approbation du schéma de couverture de risques. En mars, les élus avaient demandé de surseoir à l’adoption du nouveau schéma, préférant d’abord privilégier la signature de la convention collective pour connaître le cadre financier prévisible au cours des prochaines années.