Il n’y aura pas de Festival western en 2020.
Il n’y aura pas de Festival western en 2020.

Le Festival western de Saint-Tite annule son édition 2020

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
Saint-Tite — La pandémie de COVID-19 force l’annulation d’un autre événement touristique majeur. La direction du Festival western de Saint-Tite a annoncé mercredi le report de sa 53e édition en 2021. 

L’annulation des festivités de 2020, initialement prévues du 11 au 20 septembre prochain, était inévitable depuis que le gouvernement du Québec a décrété l’annulation de tous les festivals et événements prévus d’ici le 31 août. Pas moins de 600 000 visiteurs se rendent chaque année pour ce festival tenu dans une ville de 3700 résidents.  

«On veut penser à la santé de tous, dont à celle des résidents de Saint-Tite», affirme le directeur général du Festival western de Saint-Tite, Pascal Lafrenière. 

«On leur impose toute cette visite chaque année, par respect envers eux, envers nos partenaires, les bénévoles et les festivaliers, ça devenait inévitable de reporter la 53e édition à 2021.» 

Les employés du festival ainsi que certains bénévoles ont appris la nouvelle mercredi, avant que la décision du conseil d’administration soit rendue publique. En plus des 19 employés permanents, le festival embauche chaque année une trentaine d’employés temporaires. À cela s’ajoutent près de 650 bénévoles qui contribuent au succès de l’événement. 

Le directeur général du Festival western de Saint-Tite, Pascal Lafrenière.

«Il y avait beaucoup d’émotion lorsque nous avons annoncé la nouvelle. Les gens étaient fiers de la programmation et avaient réussi à innover», ajoute Pascal Lafrenière. 

Devant l’incertitude engendrée par la pandémie de COVID-19, la direction du Festival western de Saint-Tite planchait depuis quelque temps déjà sur plusieurs scénarios, allant de la tenue de l’événement malgré les circonstances au report de l’édition 2020. 

«Si on décidait de tenir l’événement, c’est sûr qu’il y aurait eu moins de monde. Les gens peuvent encore avoir une crainte de se retrouver dans des foules et plusieurs ont perdu leur emploi», précise Pascal Lafrenière. «On ne connaît encore rien de l’après 31 août. Notre événement est à une semaine de cette date... Ça devient difficile de passer en une semaine d’une situation où tout est annulé à un événement qui attire plusieurs centaines de milliers de personnes dans les rues.»

Les terrains de camping aménagés pour le festival représentent aussi d’importants défis en période de pandémie alors que des mesures sanitaires et de distanciation sociale doivent être respectées. Dans ce contexte, même si la situation devient moins préoccupante en septembre, il est impossible de mettre en place des mesures sanitaires sur tous les sites. 

«Les terrains de camping sont beaucoup fréquentés par des personnes âgées. Et ils sont visés actuellement par les mesures de confinement. Ça devenait compliqué», note Pascal Lafrenière qui ajoute que la préparation des sites prend environ deux mois. 

«Comment faire alors pour préparer les sites, si les travailleurs ne peuvent pas être près l’un de l’autre? Tout devient très compliqué et risqué.» 

L’arrêt des différents circuits de rodéo au Québec, au Canada et aux États-Unis complique aussi l’organisation du Festival western de Saint-Tite. Les dix rodéos de Saint-Tite se tiennent à la fin de la saison pour les compétiteurs. À l’heure où les frontières sont fermées, les rodéos de Saint-Tite, qui attire près de 75 000 spectateurs, n’auraient pas eu le même niveau de compétition. La programmation artistique, qui regroupe normalement des artistes américains et canadiens, se voit aussi totalement chamboulée par les conséquences de la pandémie. 

«Si on avait pu tenir l’ensemble de nos activités, on perdait beaucoup, beaucoup, beaucoup d’argent en ayant moins de monde», précise Pascal Lafrenière. 

«Chaque année, on fait nos frais avec la vente des billets, mais reste que nous sommes un OBNL.»  

Le report à 2021 de la 53e édition entraîne malgré tout d’importantes conséquences financières, car son organisation allait bon train. «On perd encore beaucoup d’argent, mais on en perd moins en annulant cette année», ajoute le directeur général du Festival western. 

Événement touristique majeur pour la Mauricie et le Québec, le Festival western de Saint-Tite entraîne des retombées économiques annuelles de 45 millions $. Seul le Festival de jazz de Montréal engendre davantage de retombées économiques au Québec. Les organismes de Saint-Tite bénéficient aussi grandement des retombées du festival. Chaque année, 500 000 $ vont directement dans les coffres des organismes sportifs, culturels et communautaires de Saint-Tite et de la MRC de Mékinac. 

«On a considéré ces éléments dans notre décision. Mais il fallait se rendre à la raison. Ce n’était pas possible cette année», estime Pascal Lafrenière.