Une affiche trompeuse dans le secteur Lac-à-la-Tortue avec, en arrière-plan, les amoncellements de sable conséquents aux travaux d’assainissement des eaux usées. C’est en raison de ces manœuvres que le Fastival ne parvient pas à prendre son envol.

Le Fastival toujours en dormance

SHAWINIGAN — Alors que le FestiVoix a brillé de tous ses feux à Trois-Rivières lors des derniers jours, l’éventuel nouveau Fastival de Shawinigan demeure un projet sur papier, incapable de se matérialiser en raison des importants travaux d’installation d’égouts en cours dans le secteur Lac-à-la-Tortue. La nouvelle version du Festi-Beach demeure sur pause pour un troisième été consécutif, mais le porte-parole du comité organisateur, Émile Cayouette, refuse de croire que cet intermède condamnera définitivement l’événement.

Pendant seize ans, la chaleur de juillet servait à mettre la table pour la présentation du Festi-Beach. En 2015 toutefois, le comité organisateur a amorcé un brassage d’idées pour renouveler la formule. Il a ainsi décidé de ne pas présenter d’événement en 2016, le temps que la réflexion produise son œuvre.

À l’automne de cette même année, le fruit paraissait mûr. Le comité annonçait la création du Fastival, dont la première édition se déroulerait les 15 et 16 juillet 2017. Sans délaisser les spectacles, l’événement devait miser davantage sur l’alimentation, les sports et la famille.

Or, cette première édition se fait toujours attendre. Cet été, impossible de présenter un événement festif à travers la machinerie, les montagnes de sable, les tuyaux et les tranchées.

M. Cayouette ne peut même pas confirmer le retour de l’événement en 2019.

«C’est une boîte à surprises», fait-il remarquer. «Après notre année sabbatique, on n’a jamais été capable de nous confirmer des dates en juillet. Il y avait beaucoup d’incertitude. Les artistes sont réservés en début d’année. On ne pouvait pas s’embarquer là-dedans.»

En 2017, Shawinigan ne pouvait rien garantir parce que l’obtention d’une aide financière plus généreuse pour le projet d’assainissement des eaux usées venait avec un échéancier plus serré. Le comité organisateur ne pouvait donc prendre aucun risque. Pour cette année, la décision devenait plus facile à prendre, au sens où il était assez évident qu’une activité de travaux très intense se déroulerait en juillet.

Le porte-parole croit toujours au potentiel du site pour des épreuves de volley-ball de plage et de course à pied. Pour le reste, il n’ose pas trop s’avancer. Il souhaite que de nouvelles têtes s’ajoutent au cours des prochains mois pour peaufiner la réflexion.

Personnellement, il n’est même pas convaincu que l’appellation «Fastival» résistera à une nouvelle analyse. Au registraire des entreprises, l’organisme à but non lucratif est d’ailleurs toujours enregistré au nom de «Festival d’été Festi-Beach de Shawinigan».

«Est-ce qu’on va vraiment retourner vers des spectacles?», réfléchit M. Cayouette. «Il y en a beaucoup, dans la région. Après avoir laissé ça pendant trois ans, est-ce que ça vaut la peine de retourner dans cette optique? Est-ce qu’il serait préférable de s’en tenir au plan sportif de qualité?»

M. Cayouette considère que malgré cet intermède, les festivaliers reviendraient nombreux au Lac-à-la-Tortue lors de la présentation du nouvel événement en raison de la qualité exceptionnelle du site.

«J’y crois beaucoup», insiste-t-il. «Nous avons quand même huit espaces de volley-ball. Le tour du lac refait à neuf, c’est un autre monde! Quand les activités reprendront l’an prochain, nous aurons le meilleur site que nous n’avons jamais eu.»

«Logiquement, on devrait être correct en 2019», s’encourage le responsable. «On devrait en savoir plus long vers la fin de l’année. Beaucoup de personnes devront s’asseoir ensemble autour du lac, en particulier les commerçants, pour remettre tout ça en question.»

Crédit de taxes
Même si l’organisation discute prudemment de ses plans d’avenir, le conseil municipal de Shawinigan lui a accordé une aide financière de 15 270 $ lors de sa dernière séance publique régulière. Ce montant servira à payer les taxes municipales et scolaires de leur immense terrain, précise M. Cayouette.

«On n’a pas de revenus et on veut garder cette propriété», résume simplement le porte-parole.

Au cours des derniers mois, le conseil municipal a multiplié les subventions à des organismes sans but lucratif pour leur permettre de payer leur compte de taxes. Le maire, Michel Angers, reconnaît qu’il s’agit d’une tendance lourde.

«On a fait le tour du Québec et tout le monde le fait», observe-t-il. «Mais je ne dis pas que je ne réfléchirai pas éventuellement à ça.»