Le promoteur François Veillette construit son projet «El Franco» sur les rives du lac Cadotte, à Trois-Rives.
Le promoteur François Veillette construit son projet «El Franco» sur les rives du lac Cadotte, à Trois-Rives.

Le «El Franco» atterrit dans Mékinac: un projet de 7 M$ se développe à Trois-Rives

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Trois-Rives — Il n’aura pas fallu de temps au coloré promoteur François Veillette pour trouver un autre emplacement à son projet «El Franco», dont la construction d’un hôtel en bordure du boulevard des Récollets avait été rejetée par la Ville de Trois-Rivières en juillet dernier. Le promoteur vient d’atterrir sur les rives du lac Cadotte, dans le secteur Saint-Joseph-de-Mékinac à Trois-Rives, où la construction de son projet est déjà en marche.

Toutefois, ce n’est plus d’un hôtel et de condos dont il est question, mais bien de la construction de seize maisons de luxe qui seront toutes mises en location court terme sur Airbnb.

Le promoteur a récemment fait l’acquisition de seize terrains de 45 000 pieds carrés chacun, tous en bordure du lac Cadotte, où il construira des résidences chauffées à l’énergie solaire allant d’une valeur marchande de 350 000 $ à 1,2 M$. Le nouveau projet «El Franco» est au total évalué à 7 M$.


« C’est un peu un mal pour un bien que ça n’ait pas fonctionné à Trois-Rivières, car on s’apercevait en même temps qu’en raison de la COVID, l’industrie de l’hôtellerie était en décroissance importante. »
François Veillette

«C’est un peu un mal pour un bien que ça n’ait pas fonctionné à Trois-Rivières, car on s’apercevait en même temps qu’en raison de la COVID, l’industrie de l’hôtellerie était en décroissance importante. Par contre, ce qui se passe dans le domaine de la villégiature dans Mékinac et en Haute-Mauricie, c’est incroyable! Ça affiche complet partout. Avec la pandémie, les gens recherchent justement la location et les grands espaces alors ça cadre parfaitement avec le marché», croit-il.

Les fondations de deux premières maisons ont déjà été coulées, et la construction des deux résidences devrait être terminée vers le mois de février, prévoit-il. La construction de type modulaire d’autres maisons débutera au printemps, nécessitant une cinquantaine d’ouvriers, estime François Veillette.

Le projet de François Veillette en bordure  du lac Cadotte représente un investissement de 7M$.

«Avec la pandémie, c’est plus difficile de s’approvisionner en matériaux de construction. Présentement, pour commander des fenêtres ou des fermes de toit, il faut s’y prendre des mois à l’avance. On compose avec ça aussi», signale celui qui se dit tout de même confiant de pouvoir mener à terme le projet rapidement.

Et comme il avait prévu le faire pour une éventuelle ouverture d’un hôtel à Trois-Rivières, François Veillette a déjà planifié la venue d’un artiste cubain de renommée internationale, El Chacal, afin de donner le spectacle inaugural pour lancer officiellement les activités du «El Franco». Le spectacle est déjà prévu pour le 13 août 2021, et le promoteur prévoit l’aménagement de multiples paliers à flanc de montagne afin d’accueillir 2000 spectateurs tout en respectant les normes de distanciation sociale si la pandémie n’est pas terminée. Les profits du concert sont déjà prévus pour être remis à des organismes qui œuvrent en prévention du suicide.

Collaboration

Visiblement encore échaudé de l’accueil reçu à Trois-Rivières, François Veillette indique avoir vécu une tout autre expérience à Trois-Rives, où il dit obtenir une collaboration exemplaire des autorités municipales. «Je me suis senti bien accueilli ici, la Municipalité ne nous a pas mis de bâtons dans les roues. C’est vraiment une tout autre histoire», indique celui qui avait annoncé son projet à Trois-Rivières lors d’une conférence de presse tenue sur les rives du fleuve Saint-Laurent, mais qui a appris quelques semaines plus tard que le changement de zonage nécessaire à sa réalisation était rejeté par le Comité consultatif d’urbanisme.

À l’époque, la Ville avait expliqué que le projet ne cadrait tout simplement pas avec les visées de développement pour ce secteur. En outre, le projet empiétait sur un terrain de la Ville que le promoteur souhaitait acheter, mais que la Ville n’était pas du tout intéressée à vendre.