Le Latuquois, Gérard Tremblay, a reçu cette épinglette pour son 90e don de sang.
Le Latuquois, Gérard Tremblay, a reçu cette épinglette pour son 90e don de sang.

Le don de sang malgré la pandémie

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
La Tuque — Gérard Tremblay donne du sang depuis qu’il a 18 ans. L’habitué des collectes de sang d’Héma-Québec à La Tuque se dirige tout droit vers son 100e don. C’est son objectif. Il a reçu dernièrement l’épinglette qui a officialisé un total de 90 dons, ce n’est pas rien. Il devait la recevoir au printemps dernier, mais la COVID s’est invitée. Il faut dire que la pandémie a forcé Héma-Québec à prendre une série de précautions supplémentaires et à modifier certaines façons de faire.

«J’étais très content de recevoir l’épinglette. Je ne pensais pas me rendre là, mais là je veux me rendre à 100 dons […] Je fais ça pour aider les autres, un jour peut-être que c’est moi qui vais en avoir de besoin», lance le Latuquois Gérard Tremblay.

En mars, en plein cœur de la première vague de coronavirus, on se souvient que les personnes de 70 ans et plus devaient rester à la maison en raison des consignes sanitaires. C’est ce qu’a fait le septuagénaire, lui faisant manquer du même coup une collecte de sang mobile en Haute-Mauricie.

«J’en ai manqué seulement quelques-unes, dont une cette année à cause du virus», explique-t-il.

«Ce n’est même pas 3 % des gens dans la population qui font un don, alors quelqu’un qui en a fait 90, c’est certain que c’est remarquable. On peut parler de quelqu’un de très assidu au don de sang», a lancé Marc Germain, vice-président aux affaires médicales et innovation.

Il faut dire qu’il y a entre deux et trois collectes par année seulement à La Tuque.

Gérard Tremblay, qui est en pleine forme, a recommencé à donner du sang dès qu’il a pu et le Latuquois est satisfait des mesures mises en place pour la santé et la sécurité.

L’homme de 75 ans apprécie d’ailleurs le nouveau système de rendez-vous implanté par Héma-Québec et il n’est pas le seul. La réservation d’une plage horaire facilite le déroulement de l’événement dans un contexte pandémique.

Gérard Tremblay a reçu une épinglette pour son 90e don de sang.

«La prise de rendez-vous est maintenant pour toutes les collectes incluant les collectes mobiles. Les gens apprécient beaucoup le concept. Pour nous, ça facilite la planification, mais évidemment, c’est beaucoup de travail», souligne le vice-président aux affaires médicales et innovation chez Héma-Québec.

Une plate-forme web a également été déployée pour la prise de rendez-vous. Même si la formule est appréciée, on ne sait pas si elle perdurera au-delà de la pandémie pour les cliniques mobiles. L’option est évaluée.

«On va évaluer, entre autres, si l’on peut soutenir ce genre d’activités à long terme du point de vue financier et si ça va convenir encore une fois qu’on sera sorti du contexte de pandémie, mais c’est certainement une hypothèse qui est sur la table», note M. Germain.

Héma-Québec a aussi déployé de nombreuses mesures sanitaires pour protéger les donneurs, les bénévoles et les employés dans le contexte qui sévit depuis plusieurs mois.

Malgré tout, Héma-Québec a quand même réussi à maintenir la réserve à des niveaux adéquats pour les besoins hospitaliers.

«On n’a pas vécu de pénurie à depuis le début de la pandémie. On a eu des périodes un peu plus difficiles, en particulier dans certains groupes sanguins, mais on a été capable de s’ajuster rapidement», assure Marc Germain.

L’absence des gens de 70 ans, qui représentent un bassin important de donneurs, aurait pu faire mal au début de la crise, mais on assure que les gens dans la population générale qui étaient admissibles ont très bien répondu à l’appel. La réserve a pu être maintenue adéquatement.

«Si on se souvient, la première vague de la pandémie s’est traduite aussi par une forte diminution des activités de soins dans les milieux hospitaliers, beaucoup de chirurgies qui ont été annulées et reportées. Ce qui fait que la demande en produits sanguins a diminué pendant les premiers mois de la pandémie par exemple. Ça nous a donné un coup de pouce», note le vice-président aux affaires médicales et innovation.

Gérard Tremblay a ajouté une autre épinglette de don de sang dans sa collection.

Actuellement l’état de la réserve est satisfaisant aux yeux d’Héma-Québec, mais c’est un travail quotidien rappelle l’organisme.

«La réserve de sang peut aller très bien aujourd’hui et que dans deux semaines, ça aille beaucoup moins bien. Ce n’est jamais gagné pour tout le temps. […] C’est presque 1000 dons par jour qu’on doit recueillir pour maintenir la réserve.»

«Ça va bien, c’est bon signe, mais ce n’est pas une garantie non plus, donc on continue à encourager les gens de continuer à donner et à se manifester lorsqu’il y a une collecte dans leur région. Il faut prendre rendez-vous», rappelle-t-il.

L’intervalle entre les dons de sang a aussi été revu dans le contexte de la pandémie. Il est actuellement de 56 jours pour une femme et de 28 jours pour un homme. Cette décision donne accès à un plus grand bassin de donneurs tout en étant sécuritaire.

«On avait une grande préoccupation de pouvoir maintenir la réserve de sang», affirme-t-il. Un des plus grands défis qui demeure est le calendrier des collectes. À titre d’exemple, en temps normal, plusieurs collectes de sang se tenaient dans les cégeps et universités à l’automne. Une proportion importante des dons provenaient de ces milieux.

«Avec les restrictions imposées en vertu de la pandémie, on ne peut pratiquement plus faire de collectes en milieu scolaire. Il a fallu repenser le calendrier de collecte pour augmenter par exemple notre présence dans les régions éloignées où nous allions moins souvent dans le passé. Ça représente d’autres enjeux de logistique et c’est plus cher.»

Collecte de sang du maire à Trois-Rivières

La 30e édition de la collecte de sang du maire se déroulera les 29 et 30 octobre au centre commercial Les Rivières. Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, invite les citoyens à poser un geste de solidarité qui pourrait sauver des vies.

Il faut toutefois noter que la prise de rendez-vous est obligatoire pour faire un don de sang. Il faut téléphoner au 1 800 343-7264 ou envoyer un courriel au jedonne@hema- quebec.qc.ca.

Le Latuquois a bien l’intention de se rendre à 100 dons.

Pour savoir quand et où donner dans la région, il suffit de se rendre sur le site d'Héma-Québec.