Le psychiatre Pierre Mailloux tentera mardi et mercredi de convaincre le conseil de discipline du Collège des médecins de lever l’interdiction de pratique auprès des adolescents dont il fait l’objet.

Le Doc Mailloux veut traiter à nouveau des adolescents

TROIS-RIVIÈRES — Le psychiatre Pierre Mailloux sera de nouveau devant le conseil de discipline du Collège des médecins. Le Doc Mailloux tentera de convaincre le conseil de discipline de lever la radiation de pratiquer auprès des adolescents dont il fait toujours l’objet.

Lors de ces audiences qui se déroulent mardi et mercredi à Trois-Rivières, le psychiatre Pierre Mailloux souhaite démontrer qu’il peut reprendre sa pratique auprès des adolescents, mais n’a pas l’intention de demander de retrouver son droit de pratique auprès des enfants.

«Je n’ai actuellement pas le droit de pratiquer au niveau des adolescents. Mais je veux ravoir le droit d’évaluer et de prescrire auprès des adolescents de 13 à 18 ans», plaide le psychiatre Pierre Mailloux. «J’ai laissé tomber la portion enfant. J’en voyais très peu et il y a très peu d’enfants qui sont psychotiques, hormis quelques autistes sévères. La schizophrénie est une maladie du jeune adulte qui débute souvent à 15-16 ans.»

Le coloré psychiatre entend notamment mettre en lumière que les deux plaintes déposées contre lui en 2006 et en 2008 ne concernaient aucunement les adolescents. «La première ne concernait que des adultes et la deuxième touchait dix chefs d’enfants, de 12 ans et moins, et trois chefs concernant les adultes», explique Pierre Mailloux.

Actuellement, Pierre Mailloux peut pratiquer sans restriction auprès des adultes et des personnes âgées. Il peut même, depuis le 17 avril 2018, prescrire des doses élevées d’antipsychotiques dans les cas de schizophrénie réfractaire ainsi qu’utiliser plus qu’un antipsychotique à la fois chez un même patient. À la suite du jugement qui lui a redonné son droit de pratiquer, le psychiatre de Trois-Rivières avait la possibilité de prescrire de fortes doses d’antipsychotique uniquement sous la supervision d’un autre psychiatre. Cette période est toutefois terminée.

«Depuis bientôt un an, je suis de retour à la case départ d’avant 2006», mentionne-t-il en précisant que plusieurs croient toujours à tort qu’il fait l’objet d’une radiation professionnelle. «Il n’y a jamais eu de problème lorsque j’étais supervisé, puisque je suis en pleine pratique. S’il y avait eu un problème, les journaux l’auraient su. Tous les 68 cas qui recevaient des doses élevées d’antipsychotique et des doses concomitantes ont tous été évalués par des collègues.»

Pierre Mailloux affirme de plus que l’état actuel de la science démontre que la prise de fortes doses d’antipsychotiques pour de graves cas de schizophrénie est efficace. «Je ne fais pas ça pour le plaisir de la chose. C’est pour les cas très lourds dangereux pour eux-mêmes ou les autres», précise-t-il.

«La science me donne raison, entre autres dans l’utilisation d’antipsychotiques chez les adolescents. C’est maintenant reconnu par deux vendeurs d’antipsychotiques.»

À la suite des audiences de cette semaine, le conseil de discipline fera des recommandations au conseil d’administration du Collège des médecins qui statuera sur la requête du psychiatre Pierre Mailloux.