Le designer originaire de la région, Markantoine.
Le designer originaire de la région, Markantoine.

Le designer Markantoine prend du galon

Mathieu Lamothe
Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Le designer de mode Markantoine voit son travail être de plus en plus reconnu depuis quelque temps. L’intérêt accru de certains bonzes de l’industrie de la mode québécoise lui a en effet permis de participer à deux événements d’envergure à Paris au cours des dernières semaines.

Revenant d’ailleurs tout juste de la capitale française, où il a participé avec ses acolytes au salon Who’s next du 17 au 20 janvier afin d’y présenter ses collections, le créateur originaire de Shawinigan âgé d’à peine 30 ans ne se cache pas qu’il aimerait bien que son entreprise soit étendue à l’échelle internationale un jour. À la lumière des réactions le week-end dernier ainsi qu’en décembre dernier lors de la mission commerciale organisée par la Grappe métropolitaine de la mode – un organisme sans but lucratif ayant pour mission de contribuer à la croissance et à la compétitivité de l’industrie de la mode québécoise – il se dit confiant d’y parvenir un jour.

«On a rencontré entre autres des acheteurs et des agents qui sont prêts à nous représenter là-bas. On s’est fait un bon réseau de contacts. Nous avons d’ailleurs fait plusieurs ventes. C’est un bon point d’entrée pour le marché européen», confie-t-il.

Par ailleurs, il n’est pas question pour son équipe et lui de s’asseoir sur leurs lauriers. Dans cette optique, ils prendront part prochainement à une autre mission commerciale, à Las Vegas celle-ci, pour y présenter à nouveau leurs différentes lignes de vêtements, que Markantoine décrit comme du «streetwear» haut de gamme. Cette prochaine visite aux États-Unis revêt une importance particulière pour lui.

«Nous allons y rencontrer les délégués du Québec à Los Angeles. J’aimerais pouvoir exporter là-bas. C’est l’une des villes aux États-Unis où je crois que ma marque a le plus de potentiel. Le fait que mes créations sont colorées, l’esthétique autour de la marque et que c’est assez vivant, c’est une façon de s’exprimer. Ce n’est pas juste un vêtement pour être un vêtement. Si tu portes du Markantoine, c’est que tu en as envie et que tu aimes les vêtements qui ont cette esthétique-là. À L.A., c’est un peu ça, montrer qui on est», explique-t-il.

de la mode éthique

Percer à l’échelle mondiale n’est par contre pas le seul objectif de carrière de Markantoine. Il n’est notamment pas prêt à déménager sa production à l’étranger ou à utiliser des matériaux de moins bonne qualité afin de faire des économies, et ainsi, augmenter sa marge de produit. Il tient en effet à ce que ses vêtements soient conçus au Québec dans des conditions respectant les normes du travail d’ici et en utilisant des matériaux durables.

«On essaie d’utiliser des fibres pour que les vêtements soient durables», précise-t-il.

«Je n’ai plus de séquelles»

Par contre, Markantoine n’a pas fait les manchettes que pour des raisons positives au cours des derniers mois. Dans la nuit du 23 au 24 août dernier, son conjoint et lui auraient été victimes d’une agression à caractère homophobe dans Charlevoix, alors qu’ils célébraient la nouvelle collaboration du designer avec Simons. Une collection conçue par Markantoine est en effet en vente dans la chaîne des magasins implantée partout au Canada depuis quelques mois.

Markantoine a souffert de deux commotions et de fractures au visage. Il a dû également subir une chirurgie au nez.

«Aujourd’hui, je vais super bien. Je n’ai plus de séquelles, mais j’en ai eu pendant un bon moment. Mon but était d’en parler et de rappeler que cette bataille existe encore et que ce n’est pas terminé», mentionne-t-il, avant d’ajouter qu’il continue de collaborer avec les autorités policières responsables de l’enquête visant à retracer ses agresseurs et à déposer des accusations contre eux.