Les coûts de déneigement sont à la hausse en 2019.

Le déneigement coûtera plus cher cet hiver

La Tuque — L’automne n’est pas encore officiellement arrivé que déjà les citoyens et les différentes municipalités de la région planchent sur les contrats de déneigement. Il faut dire que l’hiver peut parfois arriver très rapidement si l’on se fie à l’année dernière. D’ailleurs les quantités de neige très importantes reçues l’hiver dernier vont faire grimper la facture des déneigeurs et les budgets de déneigement de certaines villes.

Déneiger votre entrée coûtera plus cher cet hiver aux quatre coins de la région, sauf exception. Les entreprises de déneigement n’ont d’autre choix en raison de l’hiver dernier.

«Je suis sorti 14 fois de trop l’an passé. J’ai quatre machines. C’est 8 heures de travail, le gaz, les changements d’huile… Franchement, si je n’avais eu que la neige (comme emploi), je remettais mes clés en février. […] La facture va monter, on n’aura pas le choix», souligne Sylvain Veillette d’Entretien et déneigement Josyl à La Tuque.

«On est tellement sortis souvent qu’on a des clients qui nous ont donné de l’argent supplémentaire pour la saison. On n’a pas le choix d’augmenter nos prix», a-t-il indiqué.

Chez Déneigement express, le nombre de sorties a bondi de 30 % en 2018. Encore là, il y aura une augmentation sur la facture des clients, selon le propriétaire Paul Tremblay. Le scénario se répète aussi ailleurs dans la région. À Trois-Rivières, les factures seront majorées vers le haut. Entre 15 et 25 % selon les entrepreneurs à qui nous avons parlé. Ceux-ci doivent également compenser l’augmentation des coûts d’entretien et jongler avec la rareté de main-d’œuvre.

«Je vous dirais honnêtement que l’an passé, j’ai payé pour travailler. C’est soit que je monte mes prix ou que je ferme boutique. On a eu deux gros hivers en ligne et l’an passé, c’était assez incroyable. […] Mes employés ont fait pratiquement 100 heures de plus, il faut les payer. Il faut payer le diesel aussi, ce n’est pas du déneigement à la pelle qu’on fait», souligne Manuel Proulx de Déneigement Trois-Rivières-Ouest.

«(Le recrutement) c’est un problème généralisé dans le déneigement. Tout le monde a de la misère. C’est un emploi à temps partiel, de soir, de fin de semaine, de nuit, de jour… Ce n’est pas très attirant […] On arrive toujours à trouver, mais on ne peut plus choisir comme avant», ajoute-t-il.

La facture sera également plus salée dans certaines villes de la région. On remarque déjà que les soumissions sont à la hausse, notamment à Trois-Rivières. Sur les 18 zones de déneigement, il y en a trois d’entre elles dont le contrat était à renouveler.

«Il y a eu une ouverture de soumissions le 30 août dernier et la Ville a constaté que l’augmentation de prix était assez importante. Présentement, la Ville analyse les différentes options pour la suite. On va regarder si on retourne en appel d’offres, est-ce qu’on en donne une partie aux cols bleus, est-ce qu’on peut solliciter de nouveaux soumissionnaires… On ne le sait pas. On est rendu à cette étape-là actuellement», a indiqué Guillaume Cholette-Janson, porte-parole à la Ville de Trois-Rivières.

Les augmentations des montants globaux par rapport aux soumissions de la Ville varient entre 80 et 140 % d’augmentation selon les différentes zones.

À La Tuque, les contrats de déneigement ont été accordés l’an dernier pour des périodes de 2 ou 5 ans. En raison de soumissions qui avaient fait un bond de 30 à 50 %, la Municipalité avait aussi fait le choix d’effectuer le déneigement de certains secteurs.

«C’était trop cher. L’an passé, on est allé jusqu’à trois fois en appel d’offres pour certains contrats [...] Cette année, les contrats sont déjà établis», a fait savoir Hélène Langlais, directrice des communications de Ville de La Tuque.

«Si on est allé vers cette démarche-là, c’était pour donner un meilleur service à la clientèle et bien dépenser les deniers publics», a-t-elle ajouté.

L’expérience s’est avérée positive et la Ville ne regrette pas son choix, bien qu’on a dû payer aux alentours de 47 000 $ de plus que si on avait accordé les contrats. On n’a toutefois pas manqué de rappeler que l’hiver a été particulièrement difficile et qu’on a dû sortir une douzaine de fois de plus que les autres années.

«On considère, comme organisation, que c’était une très bonne décision […] On a profité de la situation de l’année dernière pour se réorganiser, repenser en équipe notre fonctionnement, réfléchir à nos façons de faire, s’améliorer… Ç’a été un beau succès et un beau test avec toute la neige qu’on a reçue», a indiqué Hélène Langlais.

La Ville de La Tuque étudie également la possibilité d’acquérir des équipements supplémentaires qui pourraient augmenter considérablement la performance et l’efficacité des opérations.

À Shawinigan, bien que la majorité des territoires offerts à contrat par la Ville sont couverts pour la saison 2019-2020, on doit vivre avec des coûts plus élevés dans certains secteurs.

Dans le secteur Saint-Gérard-des-Laurentides, on note une hausse de près de 20 %. Dans le secteur de Shawinigan-Nord, on note également une augmentation aux alentours de 80 % des coûts.

À Nicolet, aucun changement n’est à prévoir puisqu’il s’agit d’un contrat de cinq ans.

«On est dans la dernière année de ce contrat-là, donc les impacts pourraient peut-être se faire sentir à la prochaine soumission. Pour l’instant, il n’y a pas de changement et l’hiver passé n’aura pas d’impact», a indiqué Sébastien Turgeon, conseiller en communication pour la Ville de Nicolet.

Le scénario est également le même du côté de Bécancour. La facture sera la même que prévu au contrat pour l’hiver prochain.

«Nous, c’est un contrat de trois ans qui peut être prolongé jusqu’à cinq ans. On en est à la deuxième ou troisième année. Il n’y aura donc pas de changement», a confirmé le maire Jean-Guy Dubois.